The Guardian : « Le conte de fées tourne au désastre »

Publié par Danaé Dutrieux le 26 avril 2012 | Maj le 18 juin 2016

Voici la traduction d’un article anglais du Guardian sur Disneyland Paris qui y va un peu fort… 

Disneyland Paris fête cette année son vingtième anniversaire… Criblé de dettes.

Disneyland PAris désastre

Malgré les visites annuelles qui se comptent par millions et les 60€ de dépenses minimum par adulte, le parc a engrangé des pertes s’élevant à 55,6 millions d’euros l’année dernière; sa dette, elle, atteignant la modique somme de 1,9 milliard d’euros. C’est dire, leurs dettes sont telles que le chef de la direction a avoué qu’ils les rembourseraient encore pour les douze prochaines années. Bien que le lancement des 20 ans ait vu du beau monde (Zinedine Zidane ou encore Salma Hayek), Disneyland Paris ne prévoit pas de nouvelle attraction, comme ce fut le cas pour les anniversaires précédents. L’austérité est de rigueur au Pays des Rêves.

Plus de 200 millions d’euros de perte pour Disneyland Paris

Le parc, qui s’étend sur environ 2000 hectares à l’est de Paris, a accumulé des pertes de plus de 212 millions d’euros ces dernières années, et ce en dépit d’une augmentation des ventes s’élevant à plus de 1,3 milliard d’euros par an. De plus, le prix des actions de la société a chuté de 50%, pour tomber à 4,43€.  Cette situation laisse un City analyste de renommée sceptique… En effet, il affirme que la société est dans un état tellement déplorable qu’elle « ne fera probablement jamais de profit ». Disneyland Paris est la première destination touristique en Europe, loin devant le Louvre, et a récemment accueilli son 250 millionième visiteur, depuis son ouverture en 1992. A une époque où l’Europe traverse une crise économique et en vue d’attirer un maximum de visiteurs, Disneyland Paris offre des rabais de 50% sur ses combinaisons entrées/hôtels. Cette initiative ne lui a valu qu’une hausse des revenus de 23 millions d’euros l’année dernière.

Mickey, rentre chez toi

Les premiers pas de la société en Europe ne présageaient rien de bon… Lors de son lancement, l’ex-directeur, Mickael Eisner, a été chaleureusement accueilli par une vague de protestation, scandant « Mickey, rentre chez toi ! » et lançant des œufs.

Le jour de son ouverture, le 12 avril 1992, les automobilistes étaient prévenus des probables embouteillages aux alentours du parc. En effet, le gouvernement français prévoyait pas moins d’un demi million de visiteurs ce jour-là. Seulement, le parking était à moitié rempli: environ 25’000 personnes des 50’000 s’y sont rendues.

Peut-être l’erreur de Disney de bannir le vin y est pour quelque chose… Un personnel déguisé autorisé à la seule vente de softs, alors qu’on se trouve à quelques pas des meilleurs vignobles et producteurs de champagne du monde !

Premier gain 3 ans après l’ouverture !

La ban du vin sauté, l’augmentation du nombre de visiteurs et le parc engrange son premier profit en 1995. Cependant, des rumeurs se sont vite répandues : le parc est en bonne voie pour faire faillite, Walt Disney, qui possède 40% de la société et ses banques se voient dans l’obligation de renflouer le parc, pour le sortir d’affaire. Simultanément, la société cède à la pression et change son nom. Eisner le saluera par la suite : « En tant qu’Américains, le mot ‘Euro’ fait écho au glamour. En Europe, c’est différent, il fait plutôt référence au business, au monétaire et au commerce ». C’était sans doute un bon choix : aujourd’hui, on l’aurait associé à la crise économique. Disneyland a également rencontré des problèmes avec son personnel. En 2009, lors d’une des journées les plus remplies de l’année pour le parc, le staff s’est mis à manifester dans le parc contre le gel des salaires. Manifestation qui aura pour conséquence la première annulation de la parade.

Un parc sur la bonne route économique

Récemment, Philippe Gas, sixième directeur de Disneyland Paris, a admis que le parc n’a pas fonctionné comme ils l’auraient voulu, mais qu’à présent, ils connaissent la situation la plus prospère de leurs histoire.

« Cela n’a pas été évident, mais maintenant, nous avons un planning de paiement, qui verra nos dettes réglées d’ici 2024. Nous n’avons plus besoin de Papa et Maman pour nous sortir des ennuis ».

Mais le City analyste, qui désire garder l’anonymat, a déclaré que Disneyland Paris « devrait certes avoir un bel avenir grâce au vingtième anniversaire, mais à mon avis, il ne fera jamais de profit ».

in « The Guardian » 11 avril 2012

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