Vaiana : La Légende du Bout du Monde

Notre critique de Vaiana, la Légende du Bout du Monde

Vaiana

Vaiana, princesse de la tribu des Motunui

Alors que « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » sortira dans les salles françaises à partir du 30 novembre prochain, le Grand Rex propose depuis le 16 novembre des séances exclusives. Nous avons eu la chance de pouvoir découvrir le nouveau film d’animation des Studios Disney, et nous vous proposons de découvrir ci-dessous notre avis général.

  • Production : Walt Disney Animation Studios
  • Titre original :  Moana
  • Titre français : Vaiana : La Légende du Bout du Monde
  • Sortie française : 30 novembre 2016
  • Sortie américaine : 23 novembre 2016
  • Durée : –
  • Long-métrage d’animation 3D
  • Réalisateur : John Musker, Ron Clements
  • Scénario : Ron Clements, John Musker et Taika Waititi
  • Musique : Mark Mancina

  Vaiana, la Légende du Bout du Monde

Après Zootopie, sorti en février en France, les Studios Disney nous offre une deuxième ration d’émerveillement cette année. Si le film mettant en scène Nick Wilde et Judy Hopps s’appuyait sur un scénario totalement original, on retrouve avec « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » la formule qui a fait le succès des Walt Disney Animation Studios dans les années 90.

Pas étonnant donc de retrouver à la tête du projet Ron Clements et John Musker, à qui on doit notamment Aladdin, La Petite Sirène ou encore Hercule. Le duo mythique des Studios Disney se reforme pour notre plus grand plaisir, 6 ans après La Princesse et la Grenouille. « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » s’est avéré être un véritable défi technique pour ces derniers, puisqu’il s’agissait de leur première réalisation entièrement en animation « moderne », assistée par ordinateur. Tout ceci n’a en rien empêché ces artistes de légende de réussir leur pari et de nous offrir cette merveille d’animation.

Vaiana : La Légende du Bout du Monde

Vaiana et Maui

Une aventure dans les Îles Polynésiennes

Dès les premières minutes, les spectateurs embarquent pour un voyage dépaysant, à la rencontre de Vaiana et sa tribu, vivant paisiblement à motu Nui, île fictive du Pacifique Sud entourée d’une barrière de corail. Entre traditions polynésiennes et vie en communauté, tout semble destiner Vaiana à prendre la succession de son père, le chef Tui, à la tête de la tribu. Mais une malédiction ancestrale va pousser l’héroïne au delà du récif à la recherche du demi-dieu Maui, pour briser le sortilège en restituant son cœur à la déesse Te Fiti.

Grâce notamment à un aspect visuel à couper le souffle, « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » s’inscrit comme une référence dans le domaine de l’animation moderne. Après avoir relevé le défi d’animer des cheveux (Raiponce), ou de la neige (La Reine des Neiges), les Studios Disney repoussent leurs limites en animant, et surtout en personnifiant l’Océan. Au delà de l’Océan, c’est toute une faune et une flore d’un écosystème qui ont été fidèlement reproduites par les animateurs. John Musker et Ron Clements nous ont récemment confié avoir beaucoup voyagé à Tahiti et dans les Îles Fidji et Samoa, pour s’imprégner d’un maximum d’informations sur l’environnement local.

Une longue recherche pour les équipe artistique du film

La recherche a joué un rôle fondamental dans l’élaboration de « Vaiana, la Légende du Bout du Monde », et c’est donc tout naturellement que le duo de réalisateurs a désigné Ian Gooding a la tête de l’équipe artistique. Ce dernier, ayant déjà collaboré avec Musker et Clements sur Aladdin et la Princesse et la Grenouille, a eu très à cœur de pousser au maximum le rapport au réel du film. Le sentiment de dépaysement est accentué également par la transposition sur grand écran des coutumes et du folklore polynésiens : les spectateurs vont alors découvrir une culture qui s’axe autour de valeurs fondamentales telles que la famille, les traditions et la préservation de la Nature.

Lors de leur voyage d’étude, les animateurs ont pu rencontrer et s’entretenir longuement avec des habitants des îles, qui leur ont fait part de l’importance de l’Océan dans l’union des peuples. D’autres éléments visuels du film sont culturellement importants pour les locaux: les tatouages, ayant toutes sortes de significations, ou encore les habits des protagonistes en tapa, tissu très résistant, dont la fabrication se transmettait de génération en génération. Si les rites et les coutumes ont parfaitement été reproduits, l’une des forces de « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » est que le film présente une part d’imaginaire, inspirée de la mythologie polynésienne. Durant son périple, Vaiana se rendra au Pic de l’Impossible pour plonger dans Lalotai, le monde des monstres, à la recherche du crochet magique de Maui.

Vaiana la Légende du Bout du MondeUne réussite visuelle

Lalotai est un endroit particulièrement intéressant puisqu’il confronte Vaiana et Maui aux pires créatures se cachant dans les entrailles de la Terre. Visuellement parlant, c’est un univers sombre aux couleurs fluorescentes évoluant au rythme des protagonistes. Comme tout projet cinématographique, l’équipe du film a rencontré un certain nombre de problèmes. Pour certains artistes, il s’agirait même du film d’animation le plus problématique jamais réalisé, d’un point de vue technique. Les animateurs ont du travailler et sublimer des éléments naturels en les faisant même interagir avec des personnages humains.

Plus généralement, la réussite visuelle de Vaiana, la Légende du Bout du Monde ne se résume pas uniquement aux décors et concerne également les personnages de l’intrigue, parfaitement animés. Que ce soit Vaiana et ses longs cheveux ondulés, ou Maui et ses tatouages animés, les personnages sont plus dynamiques et vivants que jamais : une évolution qui se ressent dans les scènes d’action, où les animateurs ont pu se permettre plus de liberté de mouvements.

Des personnages « made in Disney »

Bien évidemment, avec « Vaiana, la Légende du Bout du Monde », les Studios Disney retrouvent une histoire plus traditionnelle et convenue que Zootopie. Mais chaque film Disney comporte son lot d’évolutions dans le traitement du personnage principal, notamment sur ses différences caractérielles. Si Raiponce était curieuse et battante tout en restant naïve, et si Anna (La Reine des Neiges) était débordante d’énergie, Vaiana s’affirme comme un personnage au fort tempérament, n’étant pas à la recherche du grand amour.

Celle-ci n’a qu’une préoccupation: sauver son peuple, et elle n’hésitera pas à prendre les choses en main, quitte à tenir Maui le demi-dieu par l’oreille pour lui ordonner de la suivre. Durant tout le film, l’évolution du personnage principal sera constante: elle qui n’avait jamais mis les pieds au delà du récif, se retrouvera propulser à des kilomètres de son île natale. Mais dans sa quête, elle aura à faire équipe avec un personnage bien particulier : Maui. Ce demi-dieu, imbu de lui-même, mènera dans un premier temps la vie dure à Vaiana en la considérant comme une simple fan de sa grandeur. Aux premiers abords, Maui apparaitra comme un personnage à l’égo surdimensionné, solitaire, et aux propos à la limite du sexisme. Mais au fur et à mesure de l’intrigue, celui-ci va voir en Vaiana un véritable espoir et surtout il va tordre le cou à ses idées reçues.

maui-vaiana

Le personnage de Maui le demi-dieu

Comme le veut la coutume, Maui a le corps rempli de tatouages de ses différents exploits. Son Mini-Maui jouera le rôle de conscience, à l’image d’un Jiminy Cricket (Pinocchio) et raisonnera le demi-dieu de faire le bon choix. Pour animer cette version miniature de Maui, les artistes ont opté d’utiliser les techniques de l’animation traditionnelle et le dessin manuel. John Musker et Ron Clements nous ont expliqué que ce choix était dû à leur amour inconditionnel pour l’animation traditionnelle, utilisée également pour la séquence d’ouverture. Le duo est accompagné par l’un des animaux de compagnie de Vaiana: Hei Hei, poulet débile à la tête dure et qui passe son temps à tenter d’engloutir des cailloux. Hei Hei apporte la dose d’humour à cette aventure, amenant la plupart des gags du film. Là encore, Disney utilise une formule qui a fait son succès avec le « sidekick » (faire-valoir) des héros, en utilisant un animal comme beaucoup d’autres avant (Meeko, Pascal, Cri-Kee…).

Un périple plus que compliqué pour Vaiana

Sur son chemin, Vaiana croisera la route d’un certain nombre de nuisances: les Kakamoas, tribu de charognards marins inspirée d’un mythe océanien, ou l’imposant Tamatoa, crabe de cocotier ayant élu domicile dans Lalotai. Mais la menace la plus importante aura été celle la plus difficile à réaliser pour les animateurs: la déesse Te Kā. Divinité anthropomorphe constituée de lave, Te Kā a nécessité une attention particulière en matière d’animation. L’équipe technique a donc joué sur ses traits et ses proportions pour créer un personnage surnaturel aux aspects féminins.

déesses Te Kā dans Vaiana la légende du bout du monde

Te Kā

Aux antipodes de Te Kā, on retrouve l’île mère Te Fiti, symbole de prospérité, qui arborait des montagnes fleuries et verdoyantes avant que Maui ne vienne lui dérober son cœur. Depuis, son environnement s’est peu à peu détruit pour ne laisser place qu’à un sable de couleur noire. Sur Terre, Vaiana peut également compter sur sa famille et son cochon Pua, qui fera craquer petits et grands. Son père, le chef Tui, et Sina, sa mère, ont à cœur de protéger la tribu, quitte à dissimuler le passé, fait d’explorations et de navigation, aux yeux de tous. La grand-mère de Vaiana, de son côté, préfère méditer au bord de l’eau et charge Vaiana de sa quête en lui confiant son collier et le cœur de Te Fiti. L’héroïne sera alors déchirée entre écouter ses parents et rester dans le cocon familial ou suivre les conseils de sa grand-mère et partir pour un voyage initiatique…

Pua

Pua, le petit cochon de Vaiana

Que ce soit dans le caractère de son héroïne, la présence de sidekicks ou la dimension familiale très importante, les Studios Disney retrouvent des sentiers battus qu’ils connaissent et qui ont fait leur succès.

Des chansons bientôt cultes

Que serait un bon Disney sans ses chansons ? « Vaiana, la Légende du Bout du Monde » ne déroge pas à cette règle et présente un certain nombre de chansons, interprétées par les différents personnages. À la tête de la bande-original, on retrouve un trio d’artiste: Mark Mancina, Opetaia Foa’i et un certain Lin-Manuel Miranda, artiste très en vogue dans le milieu du musical, après le succès fulgurant du spectacle « Hamilton ». Après avoir interprété la chanson « Jabba Flow » pour Star Wars: le Réveil de la Force, il signe pour la première fois les paroles des chansons d’un film d’animation. Sa carrière chez Disney n’en est qu’à ses balbutiements puisqu’il jouera Jack dans Mary Poppins Returns (2018) et est annoncé dans le projet du « film live » La Petite Sirène ainsi que dans un nouveau projet d’animation avec Byron Howard (Zootopie).

Les chansons du film Vaiana, la Légende du Bout du Monde

Entre inspirations polynésiennes et héritage Disney, les chansons de Vaiana, la Légende du Bout du Monde s’inscrivent dans la lignée des Grands Classiques Disney musicaux, tels que La Petite Sirène, La Belle et la Bête ou plus récemment la Reine des Neiges. Les chansons vont faire la force du film d’animation, en délivrant un message et en respectant différentes fonctions narratives:

  • « Where You Are » va permettre d’ouvrir le film de la meilleure des manières, en présentant l’univers de Vaiana et les protagonistes principaux de l’intrigue. Cette chanson va poser les bases des relations entre chaque personnage et va montrer l’amour de Vaiana pour l’Océan, qui semble l’appeler depuis sa naissance.
  •  « We Know The Way » va contextualiser l’histoire des ancêtres de Vaiana, lorsqu’elle découvre cette vision du passé dans la caverne secrète. La chanson comporte dans la version originale des paroles en anglais mais également en dialecte polynésien, grâce notamment au travail de Opetaia Foa’i.

Les personnages clés de l’intrigue vont également chacun avoir leur thème musical de référence :

  • « You’re welcome » pour Maui (Pour les Hommes en VF) dresse le portrait du demi-dieu, en narrant ses exploits d’antan lors d’une chanson au rythme très entraînant et à l’aspect visuel intéressant.
  • « Shiny » offre à l’impressionnant Tamatoa une véritable chanson d’antagoniste, qui n’est pas sans rappeler « Pauvres âmes en perdition » (interprétée par Ursula dans La Petite Sirène), tant par la musicalité que le résultat visuel de la scène.

« How Far I’ll Go » ou Bleu Lumière en Français titre phare !

Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule chanson, il s’agirait très certainement de « How Far I’ll Go » merveilleusement interprété par Auli’i Cravalho (« Bleu Lumière » en VF, par Cerise Calixte), qui s’impose comme le titre phare de la bande-originale. Véritable moment clé du film, le parallèle avec « Let it Go » est tout à fait possible. Cerise Calixte nous confiait d’ailleurs ne pas avoir peur de « devenir le cauchemar des parents » lors de notre rencontre.

Un film dépaysant et très émouvant

Avec Vaiana, la Légende du Bout du Monde, les Walt Disney Animation Studios ajoutent un nouveau film d’animation à leur nouvel âge d’or, insufflé avec La Princesse et la Grenouille. Dépaysant, émouvant et surtout porté par une héroïne forte et dans l’ère du temps, Vaiana, la Légende du Bout du Monde présente tous les arguments pour conquérir le cœur du grand public. Les spectateurs aimeront à coup sûr cette plongée au cœur de la culture polynésienne et la force se dégageant de sa mythologie. Reste à savoir si Vaiana, la Légende du Bout du Monde suivra la même trajectoire que La Reine des Neiges, devenue, depuis sa sortie, une référence de l’animation et un symbole pour toute une génération d’enfants.

Vaiana : La Légende du Bout du Monde
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