Gareth EdwardsAprès 4 semaines dans les salles obscures du monde entier, alors que Rogue One: A Star Wars Story s’approche petit à petit du milliard de dollars de recettes mondiales, le réalisateur a tenu à faire quelques révélations sur son long-métrage. C’est pour le Podcast Empire Special que Gareth Edwards a consenti à livrer quelques secrets de tournage. Attention, la suite de cet article contient beaucoup de spoilers pour ceux qui n’auraient pas vu le film.

Les révélations de Gareth Edwards…

Gareth Edwards avait deux ans quand le premier Star Wars est sorti. Il a grandi avec les figurines, les films et tous les produits dérivés. Pour lui, réaliser un film Star Wars, c’était comme accomplir un rêve de gosse qui semblait pourtant bien réel. Comme quoi, nos rêves d’enfance peuvent encore se réaliser… A ses yeux, avoir des X-Wing sur le plateau, des stormtroopers, ou des rebelles, c’était en quelque sorte rejouer avec ses jouets d’enfant.

Deuxième anecdote révélée par le metteur en scène : c’est le seul film de la saga Star Wars qu’il souhaitait réaliser. De ce fait, il a réalisé un film directement lié à celui qui lui a fait aimer le cinéma. Et si la production lui avait proposé de prendre la suite de JJ Abrams pour la nouvelle trilogie, il aurait probablement dit « non ».

Autre indiscrétion et pas des moindres : il y avait bien un menu déroulant dans le premier jet du scénario. Mais les producteurs Lucasfilm ont jugé bon de bien différencier les spin-off des autres film de la saga. Pour Gareth Edwards, l’histoire de Rogue One provient elle-même du menu déroulant de Star Wars – épisode IV. Ainsi, pour changer un peu, il a décidé de faire un prologue, un procédé cher à la saga James Bond.

le prologue de Rogue One

Dans les séquences de bataille finale, tenez-vous bien, certaines images proviennent des rushs d’origine de Star Wars, un Nouvel Espoir. C’est lors d’une visite au Skywalker Ranch de Georges Lucas que le metteur en scène a mis la main sur les bobines originales. Et comme un gosse, il a voulu dépoussiérer sa mémoire. Bien sûr, les images sur bobines ont 40 ans et ont souffert des affres du temps. Mais hop, un petit coup de baguette magique de la part d’ILM, la firme d’effets spéciaux, pour pouvoir intégrer ces images, et le tour est joué. Par ailleurs, Gareth Edwards, en tant que fan, voulait vraiment voir apparaître le gold leader dans son film. Et son souhait a été exaucé.

Pour continuer avec les souhaits, sachez également que Gareth Edwards effectue un caméo, dans son film, un peu à la manière de Stan Lee dans les productions Marvel. Il est présent vers la fin du métrage.

Et les petits secrets de tournage…

C’est un souhait de Gareth Edwards d’avoir une scène dans laquelle on voit Dark Vador dans la cuve de Bacta. Comme le seigneur Sith est en général un méchant implacable aux yeux des spectateurs, il a voulu créer un peu d’empathie envers le personnage en le présentant amputé,  blessé, et susciter ainsi une once d’émotion à son égard. Et pour la petite histoire, c’est aussi parce qu’il avait beaucoup apprécié les scènes dans l’Empire Contre Attaque, où l’on voit l’arrière du crane de Dark Vador. Il s’agissait donc de rendre également hommage à ce passage. Sinon, comme il le dit lui-même, « j’aurais été jaloux de ne pas avoir le même genre de scène ».

On aperçoit du lait bleu dans le film : ce passage a été réalisé complètement par hasard. Lors d’un voyage en Tunisie pour ses 30 ans, le réalisateur a bu du lait bleu sur les lieux de tournage de Star Wars Episode 4 (A Douz dans l’Ouest Tunisien, on peut retrouver la maison de l’oncle Owen. NDLR). Ainsi, pour retrouver ce simple détail qu’il avait en mémoire, il s’est adressé à la cuisine du studio en plein tournage, et le colorant bleu a été obtenu avec des petits œufs de Pâques dilués dans le liquide. Tout cela n’a jamais été planifié.

Peter Jackson

Peter Jackson était présent aux studios de Pinewood en Angleterre lors du tournage du film. Gareth Edwards lui a envoyé un email pour savoir s’il voulait venir faire un tour sur le plateau alors qu’il allait tourner la dernière séquence mémorable avec Dark Vador. Peter Jackson a répondu « Bouge pas, je suis là dans 30 minutes ». Le réalisateur du Seigneur Des Anneaux est arrivé pile poil au moment du début de tournage de cette scène et a assisté en avant-première à cette séquence. Et sachez, pour la petite histoire, que Gareth Edwards est vraiment très fier de cette séquence (et nous aussi d’ailleurs, on ne va pas le nier), et quoi qu’il fasse désormais dans sa carrière, ce passage du film restera comme un des points d’orgue de sa vie de réalisateur.

Gareth Edwards a aussi été très surpris que Disney accepte la mort de tous les personnages dans Rogue One. On est bien d’accord, ce n’est pas vraiment monnaie courante chez la firme aux grandes oreilles, mais rassurez-vous, il y avait bien une première mouture dans laquelle les personnages survivaient, version finalement peu logique dans la mesure où aucun des rôles n’apparaissaient dans les films suivants.

Au grand désespoir des fans, le face à face Tie Figter / Jyn Erso, présent à la fin de la première bande-annonce, a bien été tourné et était prévu dans le premier montage. Mais lors des reshoots du mois de juillet 2016, c’est tout le dernier acte qui a été entièrement repensé, y compris ce moment-là. Alors oui, le réalisateur est déçu que ce moment n’apparaisse pas, cependant, il a fallu faire des choix cohérents pour le film.

C’est Guy Henry, un acteur britannique repéré dans la série Young Sherlock Holmes, qui prête sa voix et son corps à la modélisation 3D de Peter Cushing décédé en 1994, l’interprète du Grand Moff Tarking. Pour interpréter ces rôles, l’acteur britannique a pris comme mentor Peter Cushing et a regardé tous ses films et mimiques. Il est ainsi apparu comme une évidence pour Gareth Edwards que l’acteur prête ses traits aux ordinateurs de chez ILM. Et lors de leur premier entretien, Gareth Edwards lui a vendu le rôle de la façon suivante : « Maintenant, vous allez être dans un film. C’est un grand film, c’est un Star Wars, mais nous ne verrons pas votre visage. Et vous n’êtes pas autorisé à le dire à qui que ce soit ».

Enfin, pour en finir avec tous ses secrets de tournage, nous allons évoquer la dernière phrase du film. Sachez que celle-ci provient de Star Wars, un nouvel espoir, alors que l’image vidéo sort tout droit d’un ordinateur.

Et c’est d’ailleurs pour ces deux dernières prouesses qu’ ILM a annoncé, il y a quelques jours via son compte twitter, avoir gagné un Sci-Tech Award (Scientific and Technical Awards). Le prix a été décerné par l’Académie des Oscars. Il récompense les effets spéciaux concernant la reproduction faciale de Peter Cushing et l’intégration de la jeune Carrie Fisher, alias princesse Leia, dans le film.

Voilà, vous savez désormais tout sur Rogue One: A Star Wars story.