Hercule

  • Production : Walt Disney Animation Studios
  • Titre original :  Hercules
  • Titre français : Hercule
  • Sortie française : 26 novembre 1997
  • Sortie américaine : 27 juin 1997
  • Durée : 89 Minutes
  • Réalisateur : John Musker, Ron Clements
  • Scénario : John Musker, Ron Clements, Bob Shaw
  • Musique : Alan Menken

L’histoire du film

Grand, beau et musclé… Hercule, ce héros en puissance va vous entraîner dans un tourbillon débordant d’humour !
Avec sa force impressionnante doublée d’une maladresse légendaire, Hercule se sent légèrement à l’étroit dans son corps d’humain ! Le mystère de cette force incroyable s’éclaircit lorsqu’il découvre qu’il est le fils de Zeus, Dieu de l’Olympe. Hercule décide alors de reconquérir son statut de Dieu. Il supplie Phil Octet, entraîneur de champions à la retraite de reprendre du service pour l’aider à relever les défis qui l’attendent. Mais Hadès, l’infernal Dieu des Enfers est prêt à tout pour l’empêcher de réussir. Il lance à la poursuite d’Hercule, Peine et Panic ses deux acolytes, aussi bêtes que méchants et n’hésite pas non plus à se servir de la séduisante Mégara… Après toutes ces épreuves, Hercule devra comprendre que pour un Dieu, l’essentiel n’est pas sa puissance physique, mais bien le pouvoir de son coeur…

 

50e long-métrage d’animation des Walt Disney Studios Animation, Hercule est sans aucun doute l’un des films les plus originaux et marginaux de ce que les Studios ont pu proposer jusqu’à ce jour. Adoré ou détesté, c’est un film qui  laisse rarement indifférent.

CRITIQUE DU FILM Disney HERCULE

A partir de 1989 et jusqu’à la fin des années 90, les Walt Disney Animation Studios entrent dans une période de renouveau, qu’on appelle aujourd’hui la Renaissance des studios, avec des classiques comme la Petite Sirène (1989) la Belle et la Bête (1991), Aladdin (1992), le Roi Lion (1994) (et l’inoubliable Bernard et Bianca au Pays des Kangourous, 1990)

En 1997, alors que cette renaissance commence doucement à s’essouffler suite à la réception moins spectaculaire de Pocahontas, une légende indienne (1995) et du Bossu de Notre-Dame (1996), les studios font de nouveau appel à John Musker et Ron Clements, deux réalisateurs qui ont déjà fait leurs preuves entre autres avec la Petite Sirène et Aladdin. Dans la plus grande tradition Disney, la musique sera assurée par Alan Menken, responsable des Bandes Originales de la plupart des films sortis durant la Renaissance. Pour Hercule, Menken a choisi un style plutôt Gospel pour narrer les exploits du héros, choix qui peut paraître étrange pour un film axé sur la mythologie Grecque, mais qui s’avère plutôt astucieux, car quoi de mieux que le gospel pour raconter l’histoire des Dieux ? Quand à l’esthétisme du film, il est inspiré par les dessins du caricaturiste anglais Gérald Scarfe, ce qui assure au film une identité propre, facilement distinguable des autres long-métrages d’animation Disney.

Hadès dessiné par Gérald Scarfe

Le film, à l’exception de la Grèce qui y voit une appropriation culturelle au profit du commerce, fut globalement bien reçu du public et des critiques pour son style si particulier, son rythme impeccable, et surtout son humour bien dosé qui mêle clin d’œils à la mythologie Grecque et références culturelles modernes. Notons également les nombreuses similitudes avec l’histoire de Superman, dont les réalisateurs, grands amateurs de comics, se sont légèrement inspirés.

Cependant, Hercule ne parvient pas à reproduire le succès de ses prédécesseurs, sûrement victime de son originalité qui n’a pas rassemblé un public aussi large que des classiques comme la Petite Sirène ou La Belle et la Bête. Une suite avait d’ailleurs été envisagée, mais elle laissa place à une série animée diffusée sur Disney Channel (suite qui comporte d’ailleurs un épisode cross-over avec Aladdin !).

LA MYTHOLOGIE REVISITÉE par Disney

La mythologie Grecque regorge de thèmes qu’il n’aurait pas été approprié de montrer à un public familial (violence, sexe, cannibalisme, inceste, etc…). Bien entendu, les Walt Disney Animation Studios ont alors adapté le mythe d’Hercule, tout comme ils l’avaient fait de nombreuses fois auparavant avec les contes de fée.

Ici, Hercule n’est plus le fruit d’une union extra-conjugale entre Zeus et Alcmène, mais le véritable héritier d’Héra et de Zeus. Il n’est plus question d’une série de douze travaux imposés, mais plutôt d’une quête personnelle pour s’accomplir en tant que héros au grand cœur. Hercule devient alors le protagoniste Disney classique de cette époque, celui qui, pour citer Belle, « veut vivre autre chose que cette vie« .

 

Comme dit précédemment, ce long-métrage se rapproche tout autant de la mythologie Grecque que d’un autre mythe, plus moderne… car Hercule est un jeune homme maladroit, doté d’une force surhumaine qu’il ne parvient pas toujours à maîtriser, forcé de vivre parmi les mortels dans une famille d’adoption alors qu’il vient en vérité du ciel…Cette histoire semblera assez familière aux fans de Superman !

Le film pullule de références diverses à la mythologie, ainsi Hercule chevauche Pégase (qu’il ne rencontre jamais dans le mythe original), se bat contre les Titans (qui ressemblent ici d’avantage à des esprits représentants plusieurs éléments qu’aux Titans de la mythologie), et affronte Hadès, le dieu des Enfers, encore une fois présenté comme un antagoniste (à l’instar de 90 % des films portant sur la mythologie) alors que le Hadès de la légende n’a jamais rien commis de particulièrement maléfique, bien au contraire (rappelons que les Enfers des Grecs n’ont rien à voir avec l’Enfer des Chrétiens.).

DES PERSONNAGES Disney HAUTS EN COULEUR

Si Hercule représente ici le protagoniste Disney standard, les personnages qui l’entourent se démarquent énormément de ce dont les Studios nous avaient habitués jusqu’ici, surtout en ce qui concerne la « princesse » et le méchant.

Mégara, la jeune femme qui va faire tourner la tête d’Hercule (et l’une de ses femmes dans la mythologie, celle qu’il assassinera dans une crise de folie provoquée par Héra), travaille en premier lieu pour Hadès. C’est la seule fois, à ce jour, que l’héroïne se trouve du côté du mal, bien qu’elle y soit forcée par un pacte. C’est également la première à avoir connu plusieurs hommes, brisant ainsi la règle du « seul et unique amour » instaurée dès Blanche-Neige, et complètement désuète de nos jours. En effet, si Mégara (ou Meg, comme ses amis aiment à l’appeler – du moins si elle en avait) est forcée de travailler pour Hadès, c’est qu’elle lui a vendu son âme pour sauver la vie de son ancien petit copain… qui l’a quittée pour une autre femme aussitôt après. Cet épisode a fait de Meg une jeune femme cynique, sarcastique, dotée d’une vision réaliste (voir pessimiste) de la vie, des hommes, et de l’amour…pas vraiment les traits de caractère que l’on associe à une héroïne Disney ! Chacune de ses répliques fait mouche, allant du « Je suis une demoiselle, je suis en détresse, et je m’en sortirai seule »  jusqu’au « Les gens font parfois de drôles de choses quand parle leur cœur » en passant par « Je ne prends plus aucun homme, je les jette », ce qui montre l’étendue du développement de son personnage durant le film.

Mégara et Hadès, en pleine discussion, niveau de sarcasme au maximum.

Hadès, quant à lui, est pour beaucoup de personnes le meilleur élément du film. Il n’est pas rare de le voir dans le top 3 des meilleurs méchants Disney sur les nombreuses listes qui existent sur internet, et même les « anti-Hercule » apprécient ce personnage.  Au début du développement du film, il était censé être un méchant sombre, très sérieux, un peu comme le Maître des Ténèbres dans Taram et le Chaudron Magique… jusqu’à ce que James Woods, son doubleur dans la version originale, décide de s’approprier le personnage et d’en faire un Dieu des Enfers flamboyant (au sens propre comme au figuré), au débit de parole impressionnant, capable de vendre et négocier absolument n’importe quoi (à la manière d’un vendeur de voiture, comme le dit M. Woods), et à l’humour mordant. Hadès est l’exemple type du personnage qui a surpassé la popularité du film dont il est originaire… Son seul défaut serait peut-être son manque d’efficacité en tant que « méchant ». Il change de plan pour se débarrasser d’Hercule au moins quatre fois au cours du film, alors qu’il aurait très bien pu se confronter à lui dès le début au lieu de confier cette tâche à ses sbires.  La rancœur est sa réelle motivation, ce qui en fait un méchant aux motivations très compréhensibles. Qui aimerait être enfermé aux Enfers, injustement méprisé par tous, pendant que le reste des Dieux fait la fête sur l’Olympe ?

DES DÉFAUTS SCÉNARISTIQUES du film

La plus grosse faille de ce film réside dans son scénario. La base est plutôt simple, mais l’exécution très mal ficelée. Par exemple, comment Hadès, le Dieu des Enfers, Royaume des Morts, peut-il ne pas être au courant que Peine et Panique (ses sbires) ont échoué dans leur assassinat de « bébé » Hercule ? On peut penser qu’il aurait suivi l’arrivée de l’âme d’Hercule aux Enfers avec un intérêt tout particulier, n’est-ce pas ? Peut-être n’est-il pas très consciencieux, par manque de passion pour son travail… mais au début du film, Hadès certifie être toujours trop occupé (d’ailleurs Zeus lui reproche de se « tuer au travail ». Haha.). Réponse : facilité scénaristique !

Il existe beaucoup d’autres failles, qu’il serait fastidieux de répertorier ici…

CONCLUSION du grand classique d’animation Disney

Hercule, de par son originalité tant au niveau de l’intrigue, de l’esthétisme, de la musique et des personnages, mérite complètement sa place au sein de la famille des Grands Classiques d’animation Disney de la Renaissance, et ce malgré une intrigue parfois bancale et un héros principal somme toute assez cliché. A visionner d’urgence pour tous les amateurs d’humour et de mythologie Grecque !

Critique de Naomi Huart

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Hercule
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