The Imagineering Story : la série documentaire sur Disney +

Publié par Edouard Cardey le 26 novembre 2019 | Maj le 14 décembre 2019

Pour beaucoup de fans des parcs à thème Disney, ce qui fait la magie de ces derniers est la façon dont sont fabriquées les différentes attractions et l’imagination qui a été nécessaire pour les envisager puis ensuite les créer. Depuis la sortie de la plateforme de streaming Disney+ le 12 novembre dernier, une série documentaire appelée The Imagineering Story montre les différentes étapes par lesquelles sont passés Walt Disney et ceux qu’on appelle les Imagineers afin de donner vie aux attractions maintenant populaires.

Poster de la série the Imagineering Story disponibles sur Disney +

Poster de la série the Imagineering Story

Fiche technique de la série The Imagineering Story

  • TitreThe Imagineering Story
  • ShowrunnerLeslie Iwerks
  • Genre : documentaire
  • Durée moyenne des épisodes : 65 minutes
  • Nombre d’épisodes : 6

Synopsis : Derrière la magie de chaque parc Disney, se cache de la boue, de la sueur et des peurs. Créer la joie est un travail ardu. Depuis près de 70 ans, un mélange unique d’artistes et d’ingénieurs cultive la notion impossible de l’esprit d’un seul homme, Walt Disney, et un seul phénomène global qui touche le cœur de millions de personnes. Ces designers sont appelés les Imagineers.

Notre avis sur premier episode : The Happiest Place on Earth

Le premier épisode de cette série documentaire de 6 heures réalisée par Leslie Iwerks nommé The Happiest Place on Earth nous plonge directement dans la création du parc que l’on surnomme ainsi : Disneyland, premier du nom. Ainsi, on fait un voyage à travers le temps en commençant par l’émergence de l’idée du parc en 1928 jusqu’à la mort de son créateur, Walt Disney, le 15 décembre 1966.

Ce premier épisode est une vraie mine d’or en terme d’informations ou d’interviews jamais vues (même pour les fans Disney les plus hardcore) avec l’apparition de certains des premiers Imagineers tels que John Hench, Harriet Burns, Marc Davis, Alice Davis et Mary Blair qui racontent à leur façon ce qu’ils ont vécu à l’époque.

La première partie fait le point sur les difficultés de la construction du parc au travers de l’entreprise WED (Walt Elias Disney), difficultés de réalisation et financières. Des scènes qui nous sembleraient invraisemblables nous sont partagées sur les tests effectués pour les attractions ou encore le premier jour d’ouverture catastrophique.

Extrait de la serie The Imagineering Story

Disneyland à l’ouverture

Mais comme l’a dit Walt Disney lorsqu’on a lui dit tous ces problèmes : « Disneyland ne sera jamais complet tant qu’il y aura de l’imagination ». Ainsi, la deuxième partie de l’épisode nous montre comment les Imagineers ont dû devenir multi-tâches afin de continuer à créer les projets de plus en plus fous de leur patron. Cela passe par l’apprentissage par Bob Gurr de la physique afin de créer le Matterhorn, la création des premiers audio-animatronics, l’ajout de touches humoristiques dans les attractions Jungle Cruise et Walt’s Disney Tiki Room et les évolutions techniques de ces derniers pour devenir de plus en plus réalistes.

L’évolution des audio-animatronics est montrée dans cette épisode via :

  • La foire mondiale de New-York de 1964 où des attractions majeures, qui seront ensuite implantées dans le parc à thème, ont été présentées ;
  • L’évolution des robots est aussi montrée avec une autre attraction phare des parcs Disney Pirates of The Carribean où le but n’était pas juste de montrer une prouesse technique mais de raconter une histoire avec. Il fallait aller toujours plus loin selon Walt Disney. 
Extrait de la serie The Imagineering Story

Audio-Animatronic d’Abraham Lincoln en 1964

L’épisode se conclut par la fin de vie de Walt Disney avec les difficultés auxquelles il a dû faire face durant les années 60 où la concurrence a tenté de copier son œuvre ou de se démarquer. Néanmoins, cela n’a pas empêché l’homme à la souris de continuer à viser grand avec son nouveau Projet X qui est la création d’une ville communautaire en Floride (EPCOT) dont il n’aura pas la chance de voir l’ouverture puisqu’il mourra le 15 décembre 1966.

Ce premier épisode de The Imagineering Story est un must-see pour ceux qui s’intéressent à l’histoire derrière les attractions phares des parcs à thèmes Disney. Mêlant surprise, honnêteté et émotions, on vivrait presque pendant une heure les mêmes aventures que lors d’une visite dans un parc.

Le deuxième épisode : What Would Walt Do

Le deuxième épisode de la série The Imagineering Story reprend l’aventure directement après la mort de Walt Disney et les nombreux projets qu’il a laissés en suspens aussi bien à Disneyland qu’en Floride avec le fameux Projet X. La grande question que s’est posée son équipe d’Imagineers suite à cet événement étant : « Que ferait Walt ? ». La première réponse a été de développer l’attraction qu’il avait imaginé pour un fameux manoir victorien présent dans New Orleans Square à Disneyland Resort : l’Haunted Mansion. Le documentaire nous dévoile les différents secrets de ce classique des parcs Disney.

A la mort de Walt Disney, c’est Roy, son grand frère, qui prit la présidence de l’entreprise WED. On apprend qu’il laissa de côté le projet EPCOT pour se concentrer sur un deuxième Magic Kingdom à Walt Disney World qui ouvrit en 1971 avec son lot de nouveautés. On y visite la fraîchement créée entreprise MaPo pour les audio-animatronics, les célèbres Utilidoors tant espérés par Walt pour son premier parc, et les décisions prises pour d’un côté apporter les  sensations recherchées par les adolescents et de l’autre côté correspondre à ce que l’homme à la souris voulait pour ses parcs.

Extrait de la serie The Imagineering Story

L’arrivée de Space Mountain

Cet épisode montre aussi les difficultés auxquelles ont dû faire face les États-Unis durant les années 70 avec la guerre du Vietnam et la crise économique. C’est à ce moment là que deux projets phares ont commencé à voir le jour et qui aboutiront avec 6 mois d’écart :

  • Une version revue du parc Epcot qui passera du statut de ville communautaire à celui d’une foire mondiale permanente invitant les visiteurs à s’immerger dans les cultures mais aussi dans les innovations de notre monde et leurs origines ;
  • L’export des parc Disney à l’international avec l’ouverture de Tokyo Disneyland.

L’épisode se termine sur une touche maussade en montrant qu’après ces deux gros projets, l’Imagineering a été mis de côté par un nouveau chef exécutif. Mais l’histoire nous montrera que l’Imagineering est finalement bel et bien présente…

Le troisième épisode : The Midas Touch

Comme dit précédemment, l’Imagineering n’a pas disparu à la fin des années 60 et ce grâce aux hommes qui ont repris les rênes de la Walt Disney Compagny et qui sont mis en avant dans cet épisode de The Imagineering Story : Michael Eisner et Frank Wells. Considérés comme les Walt et Roy Disney de l’époque, ils ont su donner un coup de jeune aux parcs à thème de différentes façons. L’une d’elle est la création de la première attraction n’utilisant pas une licence Disney : Star Tours. Le documentaire nous montre comment les Imagineers ont travaillé avec Georges Lucas pour créer une nouvelle expérience unique en son genre.

L’utilisation d’un film donne à Eisner l’idée de créer une nouvelle expérience qui permettrait aux visiteurs de découvrir les coulisses d’un studio de cinéma. Mais plus le temps passait, plus les idées florissaient et le simple tour s’est transformé en un troisième parc à thème : Disney-MGM Studios (actuellement Disney’s Hollywood Studios). On découvre la volonté des Imagineers de recréer le Hollywood de l’époque avec son architecture et des attractions rendant hommage au 7ème art (dont un tour nommé The Great Movie Ride disparu depuis).

Photo d'une documentaire The Imagineering Story avec l'ouverture de Star Tour.

Ouverture de Star Tour

Le documentaire nous montre aussi l’évolution de la créativité de la WED Entreprises renommé par Michael Eisner Walt Disney Company. On découvre les astuces utilisées pour créer Splash Mountain, le mésusage des ascenseurs pour donner vie à l’Hollywood Tower Hotel ou encore le défi qu’a été la combinaison entre la motion capture et la mise en scène pour créer l’Indiana Jones Adventure le tout narré par le célèbre Tony Baxter.

Mais à l’instar de Walt Disney et de Roy Disney, Michael Eisner voulait créer son propre Magic Kingdom. C’est ainsi qu’est né Euro Disney (qui deviendra plus tard Disneyland Paris). The Imagineering Story nous montre les difficultés éprouvées par Disney que ce soit d’un point de vue politique que où créatif pour plaire au public européen. Son but était de créer le plus beau parc et pour cela, Fantasyland, Frontierland et Discoveryland ont été revus par rapport à leurs cousins américains. Mais la folie du projet associée à une crise économique en France fera que le succès ne sera pas celui escompté.

L’épisode se termine par la tragique mort de son associé Frank Wells qui était celui qui mettait l’Imagineering au premier plan. Cet événement et la perte de confiance d’Einser  entraina un coup dur pour la Walt Disney Company

Le quatrième épisode : Hit or Miss

L’épisode 4 de la série The Imagineering Strory se ressent comme un aveu sur les échecs qu’a connus la Walt Disney Company entre 1994 et 2005. En effet, à la suite de la mort de Frank Wells et de « l’échec » de Disneyland Paris, Michael Eisner perd confiance en l’Imagineering et décide de se lancer dans de nouveaux business. C’est à ce moment là que naît  la Disney Cruise Line qui a su changer les codes des croisières classiques et qui a été rentable dès son premier jour.

Cet épisode compare les succès et les échecs de Disney durant ces années et trouvent une raison qui se veut sincère et transparente. L’échec du projet Disney’s America d’Eisner amènera à la création de Disney’s Animal Kingdom en Floride. Celui-ci connut un succès grâce à l’investissement des Imagineers pour la thématisation, la préservation des animaux, la volonté de créer des univers réels, le tout chapoté par un nouveau venu : Joe Rohde.

Outre-Pacifique, l’Oriental Land Compagny investit pour un deuxième parc pour Tokyo Disneyland qui se veut être un « deuxième Magic Kingdom ». Le documentaire nous montre l’ingéniosité de l’équipe d’Imagineers de Steve Kirk pour réinviter leur notion de parc à thème et pour créer un « parc sur la mer ». On y voit aussi les coulisses de création de nouvelles attractions pour ce parc qui met en avant l’exploration aquatique.

Photo dudocumentaire The Imagineering Story et la maquette de Tokyo Disney Sea.

Maquette Tokyo Disney Sea

Mais cette décade a connu de nombreux échecs à la suite des décisions économiques et de management. Ils pensaient pouvoir créer de plus petits parcs avec beaucoup moins de budget et cela donna des parcs sans saveurs comme Disney California Adventure et Walt Disney Studios. Quand bien même certaines attractions sont devenues iconiques (comme Soarin), le reste ne représentait pas la qualité Disney. De même pour Hong Kong Disneyland qui devait en plus s’adapter au public chinois qui ne connait pas grand-chose des parcs à thème.

L’épisode se conclut avec le départ de Michael Eisner de la Walt Disney Compagny et une interview de Joe Rohde. Celui-ci conclut que l’Imagineering est un métier compliqué car toujours en tension avec le côté commercial. Mais c’est l’équilibre entre les deux qui permet à la machine de fonctionner.

Le 5ème épisode : The Carrousel of Progress

Ce 5ème épisode d’Imagineering Story porte bien son nom puisqu’il relate une époque qui a été un tournant pour la Walt Disney Company. Cela commence en 2005, année du 50ème anniversaire de Disneyland Resort et durant laquelle Bob Iger est devenu CEO de l’entreprise. Et comme on a pu voir dans les précédents : il a récupéré une compagnie en péril qui se laissait dépasser par les films d’animations Pixar. Cet épisode montre la politique choisie par Iger pour remontrer la pente en se basant sur trois piliers.

Premièrement : des contenus créatifs. C’est en partant du constat du manque d’immersion et de création que Bob Iger s’attaque à son premier projet : reconstruire le parc Disney California Adventure. Après le rachat de nombreux studios (dont Pixar), il décida de créer de nouvelles attractions incluant de nombreuses interactions avec les visiteurs, un show nocturne et unique et une nouvelle atmosphère unique au deuxième parc d’Anaheim. On y voit aussi comment avec l’aide des Studios Pixar, en particulier John Lasseter, ils ont pu créer Cars Land.

L’ajoute de contenus créatifs s’est aussi étendu dans des attractions classiques. Cet épisode montre la difficulté de vouloir moderniser une attraction « classique » adulée par les fans sans pour autant les froisser. Il prend pour exemples les versions de Noël de certains attractions, l’ajout de personnages Disney dans it’s the small world ou dans le voyage en sous-marins qui a créé la colère de certains fans.

Le renouveau des attractions classiques a aussi été possible grâce au deuxième pilier de Bob Iger : le développement des technologies. On voit dans l’épisode The Carrousel of Progress l’avènement des mappings (techniques de projections) qui a donné un coup de jeune aux « vieilles attractions » et permis une révolution pour les spectacles de nuit. Ces nouvelles technologies ont aussi été utilisées dans les nouveaux bateaux de la Disney Cruise Line permettant de créer des expériences intimes malgré les endroits petits. Néanmoins, les Imagineers ont aussi dû lutter contre l’arrivée rapide des technologies dans les maisons des visiteurs qu’il fallait toujours réussir à surprendre.

Photo du Mystic Manor qui est abordé dans le 5 ème épisode de the Imagineering Story.

Mystic Manor

Le dernier pilier de la politique du nouveau CEO est l’expansion international. Ainsi, l’épisode montre l’énorme expansion construite en 2012 à Hong Kong Disneyland incluant leur célèbre Mystic Manor, une prouesse de technologies et d’Imagineering. La dernière brebis galeuse était le parc Walt Disney Studios qui s’est vu lui aussi attribué un nouveau land et une attraction complètement toquée : Ratatouille.

Ainsi, en 10 de présidence par Bob Iger, les parcs et l’Imagineering ont connu de nombreux changements et de nombreuses réussites. Le CEO de la Walt Disney Compagny vise un nouveau projet qu’il négocie depuis 1999 : Shanghai Disneyland

Le sixième et dernier épisode : To Infinity and Beyond

Ce dernier épisode de The Imagineering Story est sûrement le plus impressionnant de tous. Il reprend là où le précédent s’était terminé : la construction de Shanghai Disneyland.La première partie développe la façon dont il a été construit et les difficultés à prendre en compte pour le nouveau marché qu’est la Chine. Ce parc peut se définir en une phrase « authentiquement Disney, distinctement chinois ». Pour cela, des classiques ont dû être abandonnés, des lands se sont transformés et surtout des attractions se sont modernisées afin de faire du visiteur un acteur à part entière.

Suite à ce voyage chinois de 6 ans, Bob Weis (Président de la Walt Disney Imagineering) s’est rendu compte que les parcs à thèmes Disney ne pouvaient plus se contenter de leurs acquis et devaient évoluer aussi bien dans la technologie que dans la thématisation. Ainsi est né un projet atypique : Pandora au parc Disney Animal Kingdom. Le documentaire montre la difficulté technique qu’a été de créer ce monde imaginé par James Cameron et les différents secrets de réalisation de l’univers global (propice à la nuit) et des différents attractions. Par exemple, on voit que Flight of Passage est une évolution de Soarin et de nombreuses images sur le développement de l’audio-animatronique du Chaman.

C’est dans la même optique que sur la côte ouest, l’attraction Tower of Terror a été transformée en Guardians of the Galaxy : Mission BreakoutCet épisode développe l’histoire de cette transformation (avec ses émules) et surtout répond à une question principale : comment transformer l’émotion créée par une attraction en une autre émotion. Enfin, la dernière partie de l’épisode est entièrement dédiée au développement de Star Wars : Galaxy’s Edge dans les deux parcs américains. On y voit les secrets derrières chaque recoin, l’attention qui a été portée et l’intention que les Imagineers ont voulu donner. Bien sûr, on y voit aussi les coulisses des deux attractions de ce land avec les difficultés qui ont été rencontrées pour les développer (expliquant certains retards).

La conclusion de cette épisode (et donc de la série) se veut enthousiaste. Au final, les Imagineers d’aujourd’hui sont ceux qui ont foulé Disneyland les premiers jours et ceux de demain sont ceux qui foulent les douze parcs Disney actuellement. L’Imagineering ne cessera donc d’exister tant que l’imagination de ses équipes se pose la question  » Et si … ? »

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