Banniere_The Walt Disney Company

C’est l’affaire juridique du moment chez Disney aux Etats-Unis. Deux anciens salariés du complexe floridien de Walt Disney World Resort viennent de poursuivre devant la justice leur employeur. Quel est le motif de cette affaire prud’homale ? Ces deux employés, Leo Perrero et Dena Moore, auraient été remplacés par des travailleurs de nationalité étrangère illégalement. A noter qu’ils ont également été licenciés par Walt Disney World Resort en janvier 2015. Comble selon ces personnes, ils auraient dû prendre 90 jours pour former leurs remplaçants, des étrangers détenteurs de visas H-1B, le visa le plus répandu pour ces types de travailleurs étrangers hautement qualifiés. D’après Leo Perrero et Dena Moore toujours, s’ils n’acceptaient pas le « deal », ils ne recevraient aucune indemnité ou prime de départ. Ces deux employés ne seraient pas les seules victimes dans cette situation. On dénombre 300 cas semblables. Ces poursuites s’amoncellent au tribunal fédéral de Tampa : Disney est l’une des sociétés mises en cause, tout comme HCL et Cognizant.

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Ces deux dernières entreprises, qui ont enfreint la loi fédérale du pays, sont des sous-traitants, connus pour présenter dans leurs ressources humaines un nombre important de dossiers de type « H-1B » comme il est admis dans le monde du travail outre-Atlantique. La loi interdit aux entreprises d’effectuer un remplacement d’employé américain par des travailleurs « H-1B ». L’ensemble des poursuites en cours d’enquête mettent en avant ce procédé illégal. Le procureur Sara Blackwell s’est penché sur toutes ces affaires au sein de la Equal Employment Opportunity Commission. Cette dernière a d’ailleurs déclaré que The Walt Disney Company n’est pas la seule des sociétés qui, appuyée par des sous-traitants, embauche des immigrants à la place de travailleurs américains. Mais la maison de Mickey, de par sa visibilité et ses parcs à thèmes, est la première compagnie à être pointée du doigt.

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Dans la plupart des cas, il s’agit en fait pour l’entrepreneur de forcer un peu la main à son employé et lui demander de signer un accord de cessation d’activité, afin de l’empêcher par la suite d’intenter quelconque poursuite judiciaire ou s’exprimer publiquement à l’encontre de l’entreprise. Certains employeurs iraient même jusqu’à proposer des sommes de dédommagement sous le manteau allant jusqu’à $20 000. « Disney n’a pas réussi. Ils n’ont pas pu faire signer cette clause. On ne peut donc pas les poursuivre, ni en parler », a déclaré Blackwell sur CNNMoney. La théorie judiciaire ne peut pas être prouvée factuellement, ce qui rend le procédé encore plus pervers. Ces deux plaintes sont très significatives, s’insurge le procureur. « Nous voulons montrer ce qui se trame sous le nez de l’Amérique » a-t-elle ajouté.

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De son côté, Walt Disney World Resort vient de débloquer 100 nouveaux postes-clefs et a informé ces employés licenciés qu’ils pourraient en faire la demande. Mais Perrero aurait parlé d’une interdiction informelle d’être réembauché durant une période d’un an. D’autres auraient même été informés qu’ils devaient attendre au moins un an avant de rejoindre à nouveau l’entreprise. Moore est passé par plusieurs postes au sein de la subdivision de Walt Disney Parks & Resort et parle aujourd’hui d’emplois créés spécifiquement pour des remplacements par des détenteurs de visas H-1B ou d’autres étrangers. Il est important d’avoir à l’esprit que chaque année un quota limité de visas H-1B est délivré et a accès à l’emploi aux Etats-Unis. Si des entreprises sous-traitantes s’arrachent ces personnes, elles suppriment toutes les perspectives d’épanouissement d’autres entreprises qui ont besoin vraiment de l’expertise dans de nombreux domaines technologiques de cerveaux venus de l’étranger.

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Disney se dédouane de toute responsabilité et déclare ne pas faire de mal. « Ces poursuites sont fondées sur une théorie judiciaire insoutenable et sont une déformation biaisée de la réalité » déclare Mickey dans un communiqué officiel. « Contrairement aux dits rapports, Madame Moore s’est vu offrir un nouveau poste au sein de l’entreprise, au salaire comparable, et plus d’une centaine de travailleurs touchés par ces changements ont été réembauchées ». Cognizant a déclaré qu’elle se conformait à toutes les règles américaines concernant les visas. Une manière habile de se dédouaner de ce problème alarmant pour le monde de l’emploi outre-Atlantique et qui profite financièrement aux grosses compagnies ? L’affaire est analysée par les médias du pays, notamment le New York Times.