Compte Rendu de la Masterclass Disneynature Chimpanzés

Publié par Brocéliande Nausicaa le 20 janvier 2013 | Maj le 4 juin 2016
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l’Affiche du film « Chimpanzés »

Walt Disney a toujours voué une admiration certaine pour le documentaire animalier avec sa série True-Life Adventures entre 1948 et 1960 qui comprend « Le Désert Vivant », « La Vallée des Castors », « L’Ile aux Phoques » ou encore « Le Jaguar : Seigneur de l’Amazonie ». Aujourd’hui, cette fièvre du cinéma documentaire renait avec le label Disneynature depuis 2008 qui signe aujourd’hui sa dernière merveille : Chimpanzés. Radio Disney Club a pu assister pour notre plus grand plaisir à la masterclass du film à Paris. En voici le compte-rendu.

C’est au cinéma parisien « Le Saint Germain » que nous avons été accueillis pour découvrir, un mois avant sa sortie française, le film Chimpanzés (20 février 2013). Au sein d’une masterclass plus intéressante que jamais dans une salle étoilée qui fait la décoration du Cinéma Saint Germain, nous avons pu rencontrer les auteurs de ce film d’exception et une meneuse de conférence dynamique !
Après la projection du film dont notre rédacteur de choc Alexy vous fera une excellente critique, nous avons pu suivre un véritable déluge d’informations sur la façon dont le film a été réalisé  au fil du dossier de presse qui nous a été distribué en entrant dans la salle. Ont été présents ce soir là les deux réalisateurs du film : Alastair Fothergill et Mark Linfield. Tous deux ont signé de grands succès dans le monde du documentaire animalier dont Alastair Fothergill qui est un peu le « Steven Spielberg » de ce genre cinématographique qui a déjà signé le film « Félins » et Mark Linfield avec « Un jour sur Terre ». On déplore l’absence de Don Hahn, producteur exécutif du film mais aussi de « la Belle et la Bête », « le Roi Lion » ou encore « Frankenweenie » !

De gauche à droite : Alastair Fothergill, Mark Linfield; Christophe Boesch et Jean-François Camilleri

De gauche à droite : Alastair Fothergill, Mark Linfield; Christophe Boesch et Jean-François Camilleri

Présents aussi à cette masterclass, le président de Walt Disney Company France, Belgique et Pays Bas ainsi que Disneynature, j’ai nommé Jean-François Camilleri. Le film ayant aussi un partenariat avec le magazine GEO qui est auteur d’un article sur le film, son rédacteur en chef Eric Meyer fût aussi présent.  Enfin, nous avons eu l’occasion de rencontrer Christophe Boesch, un des plus grands primatologues du monde qui a passé plus de 30 ans en compagnie des Chimpanzés dans la forêt Taï située en Côte-d’Ivoire. Il est aussi le fondateur de la Wild Chimpanzee Foundation.

Après des présentations pour le moins prestigieuses des invités d’honneur nous avons eu droit, à travers plusieurs mini-vidéos et diaporamas, à une visite des coulisses junglesques du film. Et pour le coup, nous ne pouvions rester insensibles à ce qui nous a été raconté car nous avons appris que les conditions de tournage avaient été plus que difficiles. Dans ce « Koh Lanta » cinématographique, il a fallu 5 ans avant de pouvoir approcher convenablement les Chimpanzés et 3 ans de tournage où il fallait parcourir souvent des dizaines de kilomètres par jour pour atteindre les lieux de tournage. L’équipe a dû affronter la fameuse saison des pluies et l’humidité omniprésente qui menace le matériel et qui rend souvent les sentiers de la canopée infranchissables.

Oscar, le héros du film !

Oscar, le héros du film !

C’est avec l’aide de Christophe Boesch, consultant scientifique et de Jane Goodall (Non non, ce n’est pas la femme de Tarzan *rires*), à la tête de la fondation éponyme qui lutte aussi pour la protection des Chimpanzés, que les équipes ont été guidées à travers la forêt à la rencontre de ces animaux fascinants. Telle une approche ethnologique, il fallait prendre contact avec ces habitants de la forêt plus que malicieux et les mettre en confiance sans les mettre en danger. L’équipe du film devait donc suivre un protocole minutieux, subir un entrainement physique intense afin d’être capable de suivre les primates qui pouvaient parcourir parfois une vingtaine de kilomètres par jour, porter un masque triple épaisseurs, pour ne pas transmettre de maladies aux chimpanzés, et ne pas les approcher à moins de sept mètres.  Suivre et filmer les Chimpanzés nécessite beaucoup de ruse aussi bien d’un point de vue lumière que d’un point de vue « gestuelle » de caméra. En effet, la densité de la jungle ne permet pas forcément d’avoir une lumière correcte et les Chimpanzés étant très sombres avec leur pelage noir, il était  souvent difficile d’obtenir des plans potables. Pour ce qui est de leur suivi, il fallait imaginer des astuces comme des tyroliennes où la caméra glisse sur un fil pour pouvoir obtenir des plans là où l’homme ne peut aller. Voyant que la caméra avait tendance à trop bouger, l’équipe du film a eu l’idée de stabiliser la caméra en y accrochant deux roues de vélo de course sur chaque côté ! Disney ne recule devant rien et fait preuve une fois de plus d’une imagination débordante.  Enfin le film n’est pas avare en situations humoristiques entrainées par le narrateur de choc Ary Arbittan, humoriste pour la version française qui a déjà fait la première partie de Gad Elmaleh entre autres. Le tout, propulsé par une musique orchestrée par Nicholas Hooper,  avec Caro Emerald avec son tube « That Man » ou encore « Rise » des Sisters Mcclain dont la chanteuse fait un carton du côté des séries de Disney Channel comme « Section Genius ». On y retrouve aussi d’autres artistes qui font de la BO de Chimpanzés, une envolée musicale tout à fait adaptée à son ambiance fraiche, parfois dramatique mais ô combien légère !

Mais réaliser un film sur ces animaux et même les animaux en général, ce n’est pas quelque chose de facile. On ne peut écrire le scénario d’un documentaire et ce n’est pas Disneynature qui dira le contraire car son but est de puiser des histoires que la Nature a conçu elle-même et les retranscrire sur grand écran. Ce qui offre un spectacle unique puisque le cinéma permet une qualité sonore et une immersion totale dans un décors que ne permet pas forcément la télévision. D’où cette délicieuse impression de voyager au sein d’un film comme Chimpanzés et d’être totalement plongé au coeur de la forêt. « Il y n’a pas meilleur scénariste que la Nature » c’est bien vrai car même la Nature écrit des histoires à faire pâlir grand nombre de scénaristes. Mais la grande Dame est imprévisible et il y a toujours une possibilité que le film soit annulé pour x raison au dernier moment et c’est ce qui a failli se faire avec Chimpanzés. Au moment de la mort de la mère d’Oscar, le film était compromis car les chances de survie de l’adorable chimpanzé étaient maigres. Mais un coup de théâtre magistral a sauvé le tout, enchantant les réalisateurs et fascinant les scientifiques ! Mais ça, nous vous laissons le découvrir !

Les réalisateurs du film en compagnie de Jane Goudall

Les réalisateurs du film en compagnie de Jane Goodall à l’Avant-Première Mondiale.

En parallèle de ce film, le but est surtout de faire un travail de conscientisation pour que les spectateurs puissent s’investir dans la sauvegarde des Chimpanzés. Nous avons eu aussi droit à un diaporama expliquant le combat de la Wild Chimpanzee Foundation qui se bat auprès de la population locale pour stopper la chasse aux primates et à leur braconnage. C’est en travaillant avec les autorités locales que la forêt Taï en Côte-d’Ivoire, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, renforce son action dans les recoins où le braconnage est le plus actif. Christophe Boesch travaille aussi au sein des populations même, organisant des pièces de théâtre avec des enfants ou des étudiant en guise d’apprentissage de l’animal et surtout de son respect. Et nous avons pu apprendre avec plaisir que cette initiative marche !

Logo de la fondation

Logo de la fondation

Une autre volonté du film a été de faire prendre conscience aux spectateurs que les animaux pouvaient avoir une culture qui leur est propre et que les Chimpanzés en sont un très bon exemple, qu’ils soient proches de nous ou nous proches d’eux. Et on nous a expliqués que chaque tribu de Chimpanzés, en fonction de leur localisation géographique, a sa manière de communiquer et que chaque geste pouvait être interprété d’une manière différente. Il y a même des gestes uniques et propres à chaque tribu comme le cassage des noix par exemple qui est typique des Chimpanzés de la forêt Taï. Toutes ces spécificités, ces merveilles du monde visent à pousser le spectateur à venir à la rencontre de d’autres espèces animales et de prendre conscience que notre planète est à connaitre, à respecter et surtout à protéger. Disneynature nous apprends que pendant la première semaine d’exploitation du film, une partie des recettes sera versée à la Wild Chimpanzee Foundation pour soutenir son action. Nous vous invitions aussi à vous rendre sur le site de la fondation afin d’en savoir plus. Pourquoi pas voyager aussi au sein de la forêt et découvrir par vous-même une des plus belles facettes de la Nature ? On nous fait bien comprendre que pour mieux protéger la Nature il fallait déjà commencer par mieux la connaitre.

Enfin, nous apprenons au fil des différentes questions posées par les spectateurs présents que Disneynature travaille actuellement sur le projet « Grizzli », le prochain film du récent label qui proposera une histoire au pays des ours ! A noter qu’un futur film sur les singes du Sri Lanka va aussi voir le jour ! Bref un joli programme pour un label déjà plusieurs fois récompensé sur de nombreux festivals autours de la Nature comme le Jackson Hole Wildlife Film Festival ou encore le  Wildscreen Bristol Film Festival.

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