court métrage Inner Workings

Le 30 novembre prochain sort dans les salles obscures le tant attendu nouveau film d’animation Disney « Vaiana, la Légende du Bout du Monde ». Mais qui dit nouveau film dit également court-métrage d’animation. Et si les studios Disney nous ont déjà précédemment offert de réelles pépites visuelles, telles que le très poétique Paperman (2012) ou plus récemment Le Festin (2014), « Raison, Déraison » semble encore une fois s’inscrire directement dans cette lignée.

Faites la connaissance de Paul, un personnage comme les autres… ou presque !

Paul est un homme normal. Il suit le rythme « métro-boulot-dodo » en étant dirigé davantage par son cerveau, à défaut d’écouter son cœur…

Si l’histoire semble se rapprocher dangereusement de celle du film d’animation Pixar « Vice Versa » sorti en 2015, le fond reste pourtant bien différent : si le premier était davantage axé sur les émotions seules, ce dernier va au-delà de la métaphore raison/émotion en jouant sur le pouvoir que peut avoir notre corps tout entier sur nos vies. Chaque organe joue ici pleinement son rôle : si le cerveau fait en sorte de placer le personnage principal dans une vie rangée voire étroite, les autres vont tout entreprendre pour lui faire vivre pleinement sa vie d’homme.

Bien au-delà d’un simple cours d’anatomie, à l’image des livres « oldshool » dont s’est inspiré Leonardo Matsuda, le réalisateur, c’est ici un véritable message d’espoir et d’optimisme qu’il veut délivrer. Tout cela en réservant bien entendu des moments hilarants servis par des personnages principaux et secondaires truculents.

Un court-métrage ambitieux, porté par un réalisateur de talent.

Leonardo Matsuda n’est pas un novice de l’animation, loin s’en faut. Ayant débuté à la Fox au département animation sur le film « Les Simpsons », il entre dans les Walt Disney Animation Studios en 2009, où il voit son nom apparaître dans les génériques des dernières productions animées (Les Mondes de Ralph, Les Nouveaux Héros ou encore Zootopie). C’est ici, avec « Raison, déraison » qu’il se fait une place de choix en devenant directeur d’animation et pose ainsi son nom sur un projet entièrement personnel, du choix de la période dans laquelle évolue l’histoire (les années 80) jusqu’à son esthétisme. Il s’est inspiré notamment de ses origines brésiliennes et japonaises pour faire un court à son image : à côté d’une certaine « rigidité » japonisante, on retrouve un aspect folklorique et « kitch » propre à son pays du Sud, qu’il met au service même de l’intrigue du court-métrage.

Au-delà de tout cela, ce court-métrage saura éblouir par les techniques utilisées. Sans véritables nouveautés artistiques, l’équipe d’animateurs a cependant opté pour un mélange de genres, entre animations graphiques 2D et 3D.

Assurément, si ce court-métrage est bien diffusé dans l’ensemble des cinémas (la question restant en suspens vu le peu de considération que certaines salles ont pour ces petits films), il saura ravir petits mais également, et peut-être plus encore, grands, par l’écho que chacun pourra associer à sa propre vie. Avant de se plonger dans les eaux turquoises du monde de Vaiana.