Duckenstein ou Frankenstein chez la famille Duck !

Publié par Séverine Jacquard le 1 juillet 2020 | Maj le 1 juillet 2020

Aujourd’hui, on vous emmène dans un univers (pas si) sombre et effrayant, à la découverte d’un des dernier nés de la collection Disney chez Glénat BD, le livre Duckenstein.

duckenstein

Fiche technique du livre Duckenstein

  • Titre : Duckenstein
  • Scénariste : Bruno Enna
  • Illustrateur : Fabio Celoni
  • Langue : française
  • Éditeur : Glénat BD
  • Date de sortie : 10 juin 2020

Résumé

Au XIXème siècle, au Pôle Nord, un explorateur et son équipage recueillent un scientifique et artiste désabusé du nom de Victor Von Duckenstein. Celui-ci va petit à petit leur révéler son histoire : pour l’amour de la belle Daisy Beth, il a défié les règles de la création et a élaboré un être vivant, mélange de carton et de peinture, qui a fini par s’envoler dans la nature. Victor et sa créature se passent alors le relai pour raconter cette histoire, à la fois effrayante et épique.

Notre avis sur le livre

Si vous êtes de fervents lecteurs du magazine Super Piscou Géant, vous êtes sans doute familier de ce type de récits issus de la littérature classique et réadaptés à la sauce Disney. Depuis de nombreuses années, les grands classiques servent en effet de source d’inspiration aux dessinateurs et aux scénaristes des aventures de la famille Duck. D’ailleurs, le livre Duckenstein aux éditions Glénat est en réalité une réédition d’une bande dessinée parue en plusieurs épisodes pour la première fois en France en 2018, dans le numéro 207 du magazine Super Picsou Géant. L’éditeur en propose aujourd’hui une réédition luxueuse dans un seul volume, sur du papier et avec une impression de grande qualité.

Duckenstein dans Toppolino, un magazine italien

Le titre en lui-même est tout à fait explicite : il s’agit d’une réécriture par deux auteurs italiens, Bruno Enna et Fabio Celoni, du célèbre classique de Mary Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne. Bien sûr ici, les passages effrayants et morbides sont habilement remplacés afin de permettre une lecture par tous, même pour les lecteurs les plus jeunes. Cela n’empêche pas les auteurs de créer l’illusion d’un univers légèrement gothique et lugubre, cher au cœur des fans du roman Frankenstein. Les fervents amateurs de littérature classique se régaleront également en essayant de retrouver quels éléments de l’œuvre originale ont été conservés et adaptés par les auteurs, à commencer par les noms des personnages principaux, incarnés dans cette version par les membres de la famille Duck.

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le personnage de Victor Von Duckenstein, alias Frankenstein, interprété dans cette version par le plus célèbre des canards : Donald Duck. Sa chère et tendre moitié, Elizabeth, est quant à elle renommée pour l’occasion Daisy Beth et est bien évidemment campée par la fiancée de Donald. Et c’est toute la famille Duck qui se voit ainsi attribuée un rôle dans cette histoire, que ce soit Riri, Fifi et Loulou, devenus pour l’occasion Wilm, Wolf et Waldo, Gontran Bonheur qui campe une fois encore le rival de Donald, ou l’oncle Picsou dans le rôle du patriarche aigri et vindicatif. Quant à la créature de Frankenstein, elle est interprétée elle aussi par un canard anthropomorphe du nom de Growl, d’après le cri rauque et effrayant qu’il émet pour communiquer.

Cette pléiade de personnages hauts en couleur se relaient pour nous faire (re)découvrir l’histoire de Frankenstein. Par d’habiles mises en scènes, les auteurs nous permettent de ressentir l’effroi que pouvait susciter la lecture du roman de Mary Shelley, tout en édulcorant les éléments les plus effrayants, comme par exemple la recherche de matière première pour créer la créature de Frankenstein, qui dans le roman s’apparente à un pillage de tombe, alors qu’ici, il s’agit plutôt de déterrer des matériaux défectueux cachés par l’un des professeurs de Victor Von Duckenstein. La scène reste donc visuellement très effrayante, alors que le sujet est accessible à tous les lecteurs, puisqu’on n’y déterre pas des cadavres, mais des morceaux de carton. Il en est de même d’ailleurs pour la fin de l’histoire, qui est évidemment bien moins cruelle que celle du roman original, et chacun finit par trouver la place qui est la sienne. Eh oui, les histoires se terminent bien dans la famille Duck.

Un seul conseil donc si vous n’avez pas encore lu cette petite pépite : foncez ! Elle rappellera aux anciens lecteurs des magazines Disney le bonheur de découvrir une réécriture subtile et drôle d’un grand classique de la littérature, et donnera envie aux lecteurs les plus jeunes de découvrir l’histoire qui a donné naissance à cette aventure un poil effrayante, mais surtout délicieusement divertissante.

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