Hommage : Dean Jones, l’éternel pilote de Choupette

Publié par Florian Mihu le 3 septembre 2015 | Maj le 6 janvier 2017

Disparu le 1er septembre 2015 à l’âge de 84 ans après un combat contre la maladie de Parkinson, la Légende Disney Dean Jones aura non seulement marqué les années 1960-70 au cinéma mais aura traversé plusieurs générations de fans des personnages cultes qu’il a incarné sur grand écran…

LA mort de Dean Jones

Quand Dean Jones débuta sa carrière devant la caméra en 1956, il ne se souciait d’aucune stratégie future, attendant patiemment sa retraite. L’ancien crooner reconverti en acteur a d’ailleurs rappelé à l’occasion d’un entretien qu’il aurait aimé avoir un plan fixé pour sa carrière, mais s’est toujours évertué à faire ce qu’il devait faire jusqu’à ce qu’il atteigne le succès.

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Alors que son parcours dans le septième art et la musique est impressionant, Dean Jones a marqué les esprits d’un certain nombre de participations chez les studios Disney. Variety a même recensé six de ses films Disney parmi une liste des plus grands succès au box-office incluant Un Amour de Coccinelle, L’Espion aux Pattes de Velour, 3 Etoiles, 36 Chandelles, Quatre Bassets pour un Danois, La Cane aux Œufs d’Or et Le Fantôme de Barbe-Noire.

David Vogel, ancien patron des Walt Disney Studios, a un jour déclaré à propos de Dean Jones : « Quand vous pensez à Disney, vous pensez à lui [Dean Jones]. »

Né le 25 janvier 1931 à Decatur en Alabama, Dean s’adonnait à de nombreuses passions très jeune, notamment la pêche dans le Tennessee et le chant ; son père, ouvrier sur les chemins de fer, l’accompagnait à la guitare pour se perfectionner. Il quitte le foyer familial à l’âge de 15 ans pour entamer une carrière de chanteur mais ramasse également quelques jobs ici et là (chargeur de charbon, cueilleur de coton ou encore plongeur en restaurant). Il fait ses premiers pas de chanteur sur les planches d’un club à la Nouvelle-Orléans, payé alors trois dollars la soirée et un repas. Après quatre mois d’expérience, il rejoint sa maison à Decatur et y complète son diplôme d’études secondaires.

Dean Jones

Dean Jones Un grand acteur

Après son année de chant à l’Asbury College dans le Kentucky, il est recruté à San Diego dans l’United States Navy pour quatre années. Chacun de ses jours de congé est consacré au developpement de sa future carrière qu’il espère proche. Il ne manque jamais une occasion d’aller percer dans divers établissements d’Hollywood. C’est après un casting et des tests concluants qu’il décroche un premier contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Mais au lieu d’allier sa passion, le chant, au cinéma, il fait ses premiers pas au cinéma en campant des rôles plutôt durs et dramatiques. Ses premières affiches restent malgré tout assez prestigieuses, tant par les réalisateurs que les acteurs qu’il rencontre (mais à qui il donne souvent la réplique) : Thé et Sympathie (1956) de Vincente Minnelli, La Dernière Torpille (1958) avec Glenn Ford en rôle-titre, ou encore le film musical Le Rock du Bagne avec le King (1957).

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Le début des années 1960 est synonyme pour Dean de gloire sur les planches de Broadway avec Under the Yum Yum Tree, finalement adapté au cinéma en 1963. Connu alors pour son rôle vedette dans la sitcom Ensign O’Toole diffusée sur NBC entre 1962 et 1963, Walt Disney voit en lui l’incarnation d’un nouveau style et espère en faire la figure incontournable de ses studios pour les prochaines années. Sa toute première collaboration avec Mickey survient en 1965 dans L’Espion à la Patte de Velour. Dirigé par Robert Stevenson, il y interprète l’inspecteur du FBI Zeke Kelso (allergique aux poils de chat) qui se retrouve chargé d’une mission par Patti Randal (Hayley Mills), retrouver Margaret Miller, enlevée sous les yeux du chat siamois de Patti, PV, à qui un indice a été laissé au cou par la victime. Les frères Sherman y signent d’ailleurs la chanson « That Darn Cat! ». Ce divertissement connaît un bon accueil lors de sa sortie à Noël et permet à Jones de se hisser au rang d’acteurs  en vogue. C’est assez naturellement que Walt Disney va lui confier l’année suivante le premier rôle de sa nouvelle comédie, Quatre Bassets pour un Danois, nouvelle production animalière qui rapporte la modique somme de 6 millions de dollars.

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Dean Jones chez Disney

Dès lors, Dean Jones s’impose comme l’homme à qui tous les scénarios profitent, et en particulier chez Disney. Malgré la mort du maître, l’acteur continue d’enchaîner les succès, le plus souvent comiques : du (Le) Fantôme de Barbe-Noire, face à Peter Ustinov et toujours réalisé par Stevenson en 1968, à Un Candidat au Poil en 1976 en passant par Monkey’s Go Home ! avec Maurice Chevalier, La Cane aux Œufs d’Or, Le Cheval aux Sabots d’Or ou encore 3 Etoiles, 36 Chandelles, le nom de l’acteur s’inscrit dans l’inconscient collectif Disney. Mais l’année 1968 va consacrer à tout jamais l’artiste à Hollywood. Choupette et le pilote automobile Jim Douglas se rencontrent enfin dans Un Amour de Coccinelle.

Jones reprendra son rôle dans non pas Le Nouvel Amour de Coccinelle mais dans la deuxième suite, La Coccinelle à Monte-Carlo, sorti neuf ans après le premier opus. Il acceptera également de participer à la série télévisée dérivée des films diffusée en 1982, Herbie, the Love Bug mais aussi dans le passable téléfilm Un Nouveau Départ pour la Coccinelle en 1997, sous la direction de Peyton Reed (Ant-Man). Mais la carrière de Dean Jones chez Disney ne se limite pas qu’à ça. Il est apparu également assez souvent sur le petit écran dans le cadre de l’émission spéciale The Wonderful World of DisneyLa Fabuleuse Histoire de Mickey (comme narateur du coumentaire hommage) et Disney’s Greatest Dog Stars.

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Dean Jones dans Beethoven

Dès la fin des années 1970, il limite ses apparitions au cinéma ou à la télévision. C’est plus à titre de guest-star qu’en véritable pilier de casting que Dean Jones participe à certains projets. Apparaissant dans le téléfilm produit pour ABC The Long Days of Summer, l’émission spéciale Kraft Salutes Walt Disney World’s 10th Anniversary ou même la série Arabesque, il finit par reprendre le chemin des plateaux en 1991 pour Larry le Liquidateur. L’un de ses rares rôles antipathiques, il le décrochera dans Beethoven l’année d’après, où il incarnera le Docteur Herman Varnick. Il ajoute à sa carrière quelques rôles ici et là, comme dans le film Danger Immédiat en 1994, le téléfilm ABC Un Cerveau Artificiel en 1995 (remake du long-métrage de 1969 L’Ordinateur en Folie) ou ses doublages pour la série animée Beethoven en 1994 ou le téléfilm animé Batman et Mr. Freeze : Subzero en 1998. Sa dernière apparition dans une oeuvre cinématographique remonte à 2009 dans le téléfilm Mandie and the Secret TunnelSes apparitions mineures lui permettent de courir des jours paisibles en Californie, où il soutient avec sa fondation créée en 2008 les personnes de confession juive, chrétienne ou de toute autre religion, persecutées dans le monde.

Dean Jones a eu deux enfants de sa première union avec Mae Inez Entwisle. Après son divorce en 1970, il se remarie avec l’actrice Lory Patrick, qui restera à ses côtés jusqu’à la fin. Dean Jones est par ailleurs honoré dans le panthéon des Légendes Disney depuis 1995. C’est bien la moindre des choses pour un acteur qui a fait briller le catalogue des studios pendant près de 20 ans. Choupette se retrouve désormais orpheline de son pilote de course préféré, qui aura laissé une empreinte forte et un sourire éternel dans l’histoire de la compagnie aux grandes oreilles.

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