• Production : Marvel Studios
  • Titre original :  The Good Dinosaur
  • Titre français : Le Voyage d’Arlo
  • Sortie française : 25 novembre 2015
  • Sortie américaine : 27 novembre 2015
  • Durée : 1h40
  • Long-métrage d’animation 3D
  • Réalisateur : Peter Sohn
  • Scénario : Bob Peterson et Enrico Casarosa
  • Musique : Thomas Newman

Le synopsis

Peter Parker a une vie très occupée, partagée entre son combat contre les vilains et la personne qu’il aime, Gwen Stacy. Il attend donc son diplôme de fin de lycée avec impatience. Peter n’a pas oublié la promesse qu’il a faite au père de Gwen : la protéger en restant hors de son existence. Une promesse qu’il ne peut pas tenir. Les choses vont changer pour Peter quand un nouveau vilain fait son apparition, Electro, quand un vieil ami fait son retour, Harry Osborn, et quand Peter découvre de nouveaux indices sur son passé.

The Amazing Spider-Man 2 : la critique

Rares sont les figures super-héroïques notoires de l’empire hollywoodien à constituer sans cesse, au fil des décennies, un gagne-pain sans bornes, représentant ainsi un potentiel incommensurable pour le (ou les) studio(s) prompt(s) à le magnifier soit sur support animé soit en prises de vues réelles. Fort est de constater que le super-héros arachnéen prouve bel et bien son omnipotence sur tous ses confrères depuis plusieurs temps. Il réussit sans peine à rassembler dans sa toile nombre d’adeptes, jeunes ou moins jeunes, que ce soit sur grand ou petit écran, dans la commercialisation de ses produits dérivés mais aussi et surtout dans ce qu’il maîtrise le mieux, le comic book. Alors, remarquerez-vous finement, comment Spider-Man peut-il encore séduire autant qu’à ses premières heures dans ce flot intensif et dense de culture super-héroïque ? De quelle manière son patrimoine peut-il toujours s’affirmer dans la culture pop, avec une préséance notable dans l’univers des super-héros qui n’a jamais démérité ni été égalée ? Spidey s’offre le luxe de ne jamais ternir sa réputation chaque décade durant, et ce depuis sa création remontant au 15 août 1962, date de parution de la revue Amazing Fantasy #15, dans laquelle il apparaît pour la première fois, imaginé par Stan Lee et dessiné par Steve Dikto. C’est moins d’un an plus tard que la vraie aventure, qui dure depuis plus de cinquante années maintenant, débute avec le mensuel phare de Marvel Comics, The Amazing Spider-Man (mars 1963). Il est évident que Spider-Man est rapidement devenu un super-héros mais aussi, ni plus ni moins qu’un personnage iconique de la culture-pop internationale, du fait, première cause directe, de son extrême popularité qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, popularité toujours croissante, captant de près comme de loin l’intérêt de toutes les générations. Il est assez aisé de définir ce succès : tout un chacun peut s’identifier assez aisément à ce personnage de la Maison des Idées par excellence. C’est avant tout un homme, doté certes de super-pouvoirs, mais réunissant ce que beaucoup de lecteurs ou spectateurs rencontrent, à des degrés divers et dans des contextes qui leur sont propres,  dans la vie : des problèmes de tout ordre, des tragédies, des incertitudes, des choix existentiels qui en découlent, des moments de joie et de plaisir et cette idée si noble et simple soit elle d’aider son prochain sans rien attendre en retour. Là réside tout l’attachement que suscite ce personnage si proche des hommes qu’il sauve au quotidien. Spider-Man dans sa simplicité apparente et sa complexité humaine est un réel exutoire, loin des préoccupations galactiques, extra-terrestres, technologiques ou névrosées d’autres emblèmes super-héroïques qui occupent malgré tout une place de choix.

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Marc Webb

C’est sans doute le postulat d’entrée de Marc Webb qui a souhaité rendre au Spidey des salles obscures ce qui appartenait avant tout à Spidey : sa personnalité réhumanisée, sa vie de Peter Parker. L’année 2012 est en effet un tournant majeur pour l’Homme-Araignée qui va surprendre à nouveau dans un reboot entièrement repensé. The Amazing Spider-Man permet habilement à Sony Pictures, à travers sa filiale de production Columbia Pictures, d’avoir toujours la main mise sur le héros de New York, confortant leur suprématie d’adaptation au cinéma du personnage, Marvel ayant légué les droits à la société. Remontons à la fin de l’année 2009… Sam Raimi, formidable initiateur de la vie du super-héros en trois actes, sortis de 2002 à 2007, insufflant un nouveau souffle au genre sur grand écran par la même occasion, est alors en pré-production du quatrième opus avec Tobey Maguire toujours en tête d’affiche. Mais voilà, la production et le réalisateur entretiennent un climat de mésentente constante provoquant, en janvier 2010, l’arrêt définitif du projet, suivi très vite de l’annonce d’un reboot de la fructueuse franchise. Beaucoup de raisons plus ou moins officielles sont entrées en jeu dans cette décision : sensiblement, de probables pressions de Sony à l’encontre de Sam Raimi pour presser la production et le tournage du film, des divergences artistiques, notamment sur le script revu plusieurs fois, des nécessités économiques que s’imposait Sony dans le budget du quatrième volet inconciliable avec la vision de Raimi. A noter également, les droits d’adaptation en produits dérivés reviennent dès lors à Marvel Entertainment, filiale de la maison de Mickey. Quoiqu’il en soit, Spider-Man est et restera le symbole à part entière de l’ère novatrice des super-héros au cinéma des années 2000, si l’on omet peut-être la saga X-Men (lancée par Bryan Singer pour la Fox) adulée ou Batman (revu et corrigé par Christopher Nolan chez DC Comics / Warner Bros Pictures) plus que jamais épique. C’est donc dans un contexte concurrentiel et une pression toujours plus forte, amenée notamment par le succès planétaire du Marvel Cinematic Universe des Marvel Studios chez Disney, que Spider-Man rebooté doit faire face, une fois de plus, à la critique en 2012. Quand Kevin Feige réussit brillamment dans la complexité des mélanges de genres au sein du MCU, la méthode admise, les autres studios ne peuvent plus que se plier à ce système en tentant de calquer ce principe de saga construite logiquement et entremêlée. Le principe de reboot ne prévaut pas exclusivement à Sony quand on constate les nouvelles adaptations de Superman, Batman et bientôt Les Quatre Fantastiques.

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Ainsi, après un premier volet accueilli en demi-teinte, il est vrai, tant par sa fadeur évidente que par son parti pris essentiellement à destination d’un public « teen-ager », et des résultats commerciaux mitigés (752 millions de dollars de recette), Marc Webb ((500) Jours Ensemble) se lance dans la difficile entreprise d’édifier pas à pas, grâce à ce second volet, ce qui préfigurera par la suite. Il n’aura fallu que deux années au réalisateur pour mener à bien ce projet, à coup de promotions surabondantes (quatre bande-annonces, nombre de spots TV, extraits, featurettes, photos et affiches du film). Oui, mais voilà, le projet est certes alléchant au demeurant quand on apprend que deux spin-offs consacrés à Venom et les Sinistres Six sont programmés, ainsi que deux autres volets The Amazing Spider-Man, mais bien trop maigre en comparaison avec l’échelle proéminente des Marvel Studios qui ont installé au fur et à mesure l’univers des Vengeurs et comptent désormais s’atteler à une nouvelle franchise risquant d’être toute aussi fructueuse, Les Gardiens de la Galaxie. L’univers très terrestre de l’Homme-Araignée est certes très dense et à même de pouvoir s’adapter de façon magistrale, mais n’offre pas l’étendue cosmique, technologique ou divine pourvue par les Marvel Studios, et arrive en conséquence très vite à ses propres limites. Alors Sony presse non seulement le pas à un rythme effréné, à raison d’un film tous les deux ans, mais de façon assez prématurée, grille des étapes dans la construction de son « Spider Cinematic Universe ». Il est évident que précipiter de tels objectifs aussi ambitieux que ceux menés par Kevin Feige et Alan Horn est très risqué ! Ou alors, il est clair que Sony souhaite avant tout parvenir à plaire à tout prix, et en premier lieu aux jeunes, au mépris d’une construction logique et graduelle d’un univers cinématographique se voulant complexe. Le pari était donc risqué de trop en faire d’un seul coup. Quel en est l’aboutissement ?

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Fort est de constater, pour notre plus grand bonheur, que la trame originale et la destinée de chacun des personnages est encore respectée dans ce deuxième volet. La joie du fan de comics ne peut que transparaître à l’appréciation du travail de Marc Webb s’attachant à faire revivre aussi fidèlement qu’il peut l’esprit et l’univers bien singuliers de la série Ultimate Spider-Man. Tout autant singulier quand on sait que le Peter Parker décrit dans cette nouvelle version est un opposé radical de celui adapté par Sam Raimi et interprété par Tobey Maguire. Alors que ces derniers s’étaient attachés à sacraliser le super-héros et le poids de la responsabilité qu’il l’incombe corrélées au rôle posthume de la posture sage de l’Oncle Ben, Marc Webb prétend décomplexer, depuis le premier film, la symbolique du super-héros. Cette vision est toujours aussi soutenue que dans le premier volet, célèbre pour ses fameuses scènes au lycée. C’est avec un humour très potache (parfois un peu emphasé) et une profonde humanité qu’il nous dépeint son Peter Parker. Le talent d’Andrew Garfield est tout à fait approprié dans cet exercice de style. L’effet est tout aussi saisissant quand il enfile le costume. On a vraiment du mal à se représenter un personnage unique en son genre. C’est avant tout Peter Parker qui préfigure dans l’interprétation de Spidey, copie semblable du Spidey jeune, insolent et maladroit d’Ultimate Spider-Man. Les plus puristes parleront, et à raison, d’une parfaite adaptation à l’écran d’un personnage de comics. Andrew Garfield n’est certes pas sur le même créneau que Tobey Maguire, mais en omettant ce type de comparaison, il va sans dire que son interprétation est juste, vitaminée et très divertissante. Marc Webb persiste et signe dans son profond remaniement de la figure héroïque désacralisée et proche de la population new-yorkaise et réussit avec brio ce pari ! Tant les scènes avec les gangsters que les passages très drôles au foyer de sa tante May, ou encore ses rencontres avec les habitants qu’il sauve mais aussi aborde tout aussi aisément, sont un pur régal. Le scénario bien ancré et assumé dans ce genre démontre clairement son aptitude à vouloir proposer une vision plus saine et détendue de Spider-Man, une vision somme toute plus sensée pour ce personnage. Point tout autant fidèle à cet esprit, la relation avec son premier amour, Gwen Stacy, incarnée par Emma Stone, étoffée et en phase avec l’intrigue. Pour une fois, la belle demoiselle ne tient pas le rôle de figurante féminine de second plan, et ça n’est pas plus mal. Les acteurs, sans prétention aucune, confirment leur statut d’icônes amoureux. Le spectateur peut tout bonnement s’identifier à l’un ou l’autre, de manière très naturelle. L’humour bien dosé et pinçant de Gwen Stacy apporte une couleur intéressante au duo. Par ailleurs, Spider-Man est toujours tiraillé au plus profond de sa conscience entre sa promesse qu’il a faite à son père dans le premier épisode et l’affection véritable qu’il voue à sa fille. Une torture même qui épanouit l’histoire jusqu’au bout… La déchirure et les épreuves traversées par Peter sont essentielles et constituent conséquemment les choix qu’il effectue. Une fois encore, Peter Parker prend le dessus sur l’Homme-Araignée dans ce désir constant d’humaniser le personnage. Le pari « émotion » est amené non sans mal mais ne suffit évidemment pas à faire apprécier l’histoire.

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Le retour de  Harry Osborn

Car, en effet, le point contestable du film est sans nul doute, on ne le répétera jamais assez, son désir absolu, de façon prématurée et peut-être bâclée pour certains éléments, de vouloir en faire et en montrer trop. L’apparition de l’ex-meilleur ami de Peter Parker, Harry Osborn, joué par un talentueux Dane DeHaan, veut chambouler toute l’intrigue classique que suit Spidey en parallèle. Ici également, il ne s’agit pas de faire évoluer film après film ce personnage et la fraternité redécouverte avec Peter Parker, comme Sam Raimi l’avait fait avec James Franco, mais bel et bien d’accélérer la cadence. Le personnage débarque presque comme un cheveu sur la soupe dans le film. Ses motivations à réinvestir la vie de Peter Parker sont bien précises et la relation amicale est, on le regrette, trop survolée pour en être convaincante. L’acteur livre une prestation malgré tout très correcte. Au même titre, Jamie Foxx dans la peau du super-vilain principal du film, Electro (ou Maxwell Dillon), est tout aussi persuasif, en tout cas pour la majeure partie de ses interventions. Son personnage, qu’il soit humain ou transformé, bénéficie, tout comme pour la campagne de promotion, et à juste titre, tant son aboutissement visuel est bluffant, d’une place de choix sur le devant de scène. On regrettera néanmoins que ce personnage emblématique de l’écurie arachnéenne de Marvel,apparu pour la première fois en 1964, n’assume pas jusqu’au bout les revendications qui l’ont poussé à se retourner contre l’Homme-Araignée et plus généralement contre le système mis en place. Le super-vilain électrisant de Times Square prend des allures de pantin malmené par l’intrigue en milieu de film et finit malheureusement par en devenir la victime stricto senso. Son sort est rapidement achevé dans un combat final frôlant le pathétisme. Mais son aspect extérieur une fois transformé est impressionnant et la manifestation de ses pouvoirs à plusieurs reprises est sans doute l’effet spécial le plus élaboré de la production. On pourrait croire que l’arrivée du Bouffon Vert « version 2.0 » soit le gage de palier à cette défectuosité scénaristique. Il n’en est rien puisque le Bouffon Vert, peut-être plus important que tous ses confrères super-vilains, bâclé dans sa transformation, débarque très tard pour clore l’histoire et ouvrir de nouvelles portes de l’univers étendu installé par Marc Webb. Néanmoins, l’utilisation du Bouffon Vert est très finement pensée. Il ne joue pas le rôle qu’on lui connait trop bien dans la trilogie de Sam Raimi, mais celui de l’instigateur et manipulateur de l’histoire, à la source des méfaits contre Spider-Man, laissant présager une suite forte intéressante. Dernier super-vilain plutôt anecdotique pour le coup, celui du Rhino, apparu pour la première fois en 1966 dans un comics. L’explication de l’arrivée du Rhino dans le film reste un mystère sauf si l’on considère que Marc Webb a souhaité nous donner un aperçu des Sinister Six. Dans ce cas, tout parait très ridicule, mais est-ce bien le but de rendre ce personnage machiavélique ? Pas certain… Aleksei Sytsevich intervient quelques minutes lors d’une folle course-poursuite rocambolesque dès le prologue du film et sera oublié jusqu’à la toute fin où son personnage malmène à nouveau l’Homme-Araignée, mais cette fois-ci sous l’égide du Bouffon Vert, en armure digne de celles présentes dans la saga Transformers, un prélude du spin-off sur la nouvelle confrérie de vilains ralliés contre Spider-Man à New York. On espère néanmoins que ce degré de pathétisme incarné par Paul Giamatti en titan prêt à réduire à feu et à sang New York, ses habitants et son protecteur, ne sera spécifique que de ce super-vilain. Le trio de super-vilains est une force incontestée de l’intrigue malheureusement mal maitrisée. C’est en dents de scie que l’on profite de leurs apparitions, certaines plus évidentes et convaincantes que d’autres. La technicité mise à l’œuvre pour leur rendu rattrape néanmoins leurs lacunes scénaristiques et s’harmonise avec l’ambiance visuelle générale du film, très proche de celui des jeux vidéos mais aussi et surtout des comics Ultimate Spider-Man. Là aussi, Marc Webb ne réduit pas la relation vilain-héros à de simples ritournelles usées mais fait le pari de laisser pleine liberté au Peter Parker présent sous le masque d’interférer avec les super-vilains, le rendant certes toujours plus humain, mais conférant aux relations avec les méchants un style encore jamais abordé au cinéma aujourd’hui. Du petit mafioso au très grand destructeur aux super-pouvoirs, Spidey reste le même, quoi qu’il en coûte d’ailleurs…

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Tante May

L’un des rôles trop passif dans le film mais bien plus charismatique que d’autres, est sans doute celui de Tante May, jouée par la brillantissime Sally Field, qui campe un personnage fort attachant et entièrement dévoué au Peter Parker fraîchement diplômé du lycée. Son rôle est un facteur clé dans la recherche perpétuelle de Peter sur ses origines et la filiation interrompue avec ses parents. Peter trouve enfin des réponses à ses questions sur cette mystérieuse disparition qui a entraîné son adoption. La scène d’introduction du film nous fait le lien entre le premier et le deuxième volet, non sans mal. Richard Parker, bien plus mis en avant que son épouse Mary, intervient indirectement dans les épreuves que doit subir non seulement Peter mais surtout Spider-Man. La société scientifique Oscorp, se penchant sur la technologie biologique, est au cœur du film et des mystères percés des parents de Peter. Elle est d’ailleurs le théâtre de la plupart des intrigues du film, offrant une bien maigre vision du New York des gratte-ciels de Spider-Man. Ainsi, rien de bien extraordinaire dans cet aspect parental de l’histoire et là-aussi une façon très expéditive voire désagréable pour le spectateur de ressentir quelconque émotion. Et il va sans dire que l’émotion n’est tout autant pas palpable à la fin du film, assez préméditée. Certes, le coup de théâtre ajoute au relief de la saga et au devenir du héros, et l’on s’en doute, permet définitivement au film de se placer au rang de rampe de lancement de l’univers étendu. Remarquons également qu’un autre personnage nuisible de l’Homme-Araignée, celui d’Alistair Smythe, joué par B. J. Novak, fait de très brèves apparitions qui auraient pu apporter de la valeur ajoutée à l’ombre qui plane sur l’avenir du Tisseur mais il n’en est rien. On regrettera enfin l’absence au montage de Shailene Woodley dans le rôle de Mary Jane Watson. Marc Webb s’est peut-être rendu compte (trop tard ?) du trop plein de personnages tous aussi riches les uns que les autres, et attendra donc le troisième volet, concordant avec la fin du deuxième.

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Le spectacle technique est lui bien une pure merveille !

Il retranscrit si bien l’ambiance des comics qu’on en oublie que l’on visionne un film. The Amazing Spider-Man – Le Destin d’un Héros surprend par sa qualité visuelle assumée entre cinematique de jeu vidéo et recherche graphique à la Sin City. L’un de ses principaux atouts sans doute ! On oublie donc le New York noyé dans le sombre du premier opus et l’on admire les couleurs éclatantes de l’île de Manhattan et la haute voltige à coup sûr saisissante du super-héros des new yorkais, tous plus fans les uns que les autres. Son costume est par ailleurs d’autant plus soigné : yeux blancs, amincissements et souplesse ciselés, couleurs plus proches de celle des comics, toiles d’araignée prodigieuses, figures acrobatiques poussées. Spider-Man évolue dans un univers visuel saturé en couleurs et en reliefs. L’esprit fidèle du comics se fait immédiatement ressentir, d’autant plus prononcé avec les clichés ralentis tout au long de l’épisode.

La musique signée d’Hans Zimmer,

Quant à elle, est un mélange incohérent de thèmes, certains très réussis comme celui d’Electro ou d’autres très usités. Les quelques envolées lyriques sont malgré tout très appréciables, tout comme les petites divagations musicales accompagnant le rôle principal (à commencer par la référence à la chanson culte « L’Araignée » dans un contexte bien différent de celui de Sam Raimi qui avait également rendu hommage à ce monument du patrimoine musical) et amenant, là encore, beaucoup de décompléfixication au personnage, qui se retrouve bien malgré lui dans une enchevêtrement scénaristique hors du commun. Hans Zimmer s’est attelé à la tâche de réunir à ses côtés Pharrel Williams, Alicia Keys et Kendrick Lamar pour composer, écrire et/ou interpréter le morceau, servie en générique de fin, « It’s on again », plutôt abouti.

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Au demeurant fort ambitieux, le deuxième film de la saga arachnéenne rebootée s’envole vers un univers conséquent et à tout point de vue sans limites. Les apports riches d’éléments scénaristiques et de personnages magnifient tantôt et ridiculisent à d’autres moments le fameux destin du héros, pris entre plusieurs tenailles. Si bien que l’on sort de la salle avec une amère conviction que les prochains volets ont tout à se bonifier en ne prenant pas le même risque de vouloir en démontrer trop en si peu de temps. La force très sensible des producteurs a été de laisser libre cours au bon jugement de Webb qui s’est intéressé, là encore, au destin singulier du jeune new yorkais, simple mortel, avant de le ramener à sa propre condition de héros éternel. Le film The Amazing Spider-Man – Le Destin d’un Héros est un vrai bain de divertissement visuel, faisant fi de toute sobriété hollywoodienne. Son avantage réside aussi dans le talent bonifié des acteurs, à même de s’intégrer dans la vision du réalisateur, qui aime tout complexifier dans l’intrigue et tout simplifier dans les tempéraments psychologiques. Est-ce là le point négatif où l’on pourra appuyer ? Notre avis est que ce grand bazar finira par la suite par se décanter de lui-même et assez logiquement. Le génie d’adaptation d’un comics est bel et bien présent, un vrai fourre-tout qui élucide chaque problème au fur et à mesure des numéros. La profusion est sans doute le maître-mot motivant le cinéaste, n’oubliant pas de conférer à son super-héros toute la profondeur suffisante pour être à même d’affronter les épreuves qui lui tombent dessus. Le style enlevé et le contenu dense font de ce film une vraie réussite, mais qui, à l’évidence et légitimement, ne peut pas plaire à tout le monde, encore moins à toute l’ « intelligentia geek ». Garantissant un style novateur et enlevé, le film se place haut la main dans les très bons blockbusters super-héroïques. Spider-Man confirme dans ce nouveau volet sa suprématie dans le monde des super-héros tant son potentiel adaptatif est immense.