Retour sur la pétition « Save Disneyland Paris » (1/2)

Publié par Alexis Richard le 20 septembre 2013 | Maj le 4 juin 2016

Alors que la pétition « Save Disneyland Paris » a dépassé les 7.000 signatures, nous revenons sur l’évolution d’un phénomène qui a fait émule parmi la communauté des fans de Disney(land).

E V O L U T I O N . . .

Tout commence avec la visite début juillet d’un fan belge à Disneyland Paris, qu’il visite annuellement. Il revient de cette visite de quelques jours marqué par la déception et le mécontentement. Le 14 juillet, il publie un article sur son blog bilingue le Parcorama – connu pour ses « contrôles qualité » sur les parcs d’attractions à travers le monde – où il tire la sonnette d’alarme sur la situation du parc en matière de services, de maintenance, de qualité, etc.

Beaucoup de fans s’entendent sur le constat dressé par le fan et les commentaires publiés vont dans ce sens. Pour certains, le Parcorama dit tout au haut ce que beaucoup de fans pensaient jusqu’alors tout bas. On retrouve dans l’article les thèmes qui seront repris plus tard dans la pétition : fermeture et gestion d’horaire des attractions, maintenance, gestion des visiteurs sur le parc, restauration, pannes à répétition, prix pratiqués, … Pour le rédacteur la responsabilité revient avant tout à The Walt Disney Company, plus grand actionnaire d’Eurodisney SCA.

Suite au succès de l’article, une pétition argumentée est lancée le 1er août. La pétition qui cherche un compromis avec la lettre ouverte est créée à l’initiative du bloggeur belge avec l’aide cinq autres fans européens (malgré ce qu’à pu en dire la presse et le viseur des détracteurs). Hébergée sur le site change.org elle est à échelle internationale – puisque traduite dans les 6 langues entendues sur le parc (anglais, français, allemand, néerlandais, italien et espagnol) – et se dresse contre la dégradation notoire et la qualité dégressive du complexe touristique parisien. Introduite ainsi sur le site le Parcorama : « Se plaindre, c’est une chose; agir c’est mieux. », elle repose sur quatre points : maintenancecoupes budgétairesnourriture et le parc Walt Disney Studios. Trop, c’est trop ! Le mécontentement général gagne les rangs des fans de Disneyland Paris et la pétition fait le buzz.

Sous le nom « Save Disneyland Paris », la pétition s’est trouvée comme ambassadeurs les deux mouettes de l’attraction Crush’s Coaster et est directement adressée à Robert IGER, PDG de The Walt Disney Company. L’information circule largement sur les forums et les réseaux sociaux de fans avant d’intéresser les médias (le Parisien, le Figaro, etc.). A peine deux semaines plus tard, elle atteint déjà les 4.000 signatures.

Tandis que la pétition recueille encore de nombreuses signatures et même si beaucoup s’entendent sur les faits exposés, un parti anti-pétition voit le jour. Avant que Disneyland Paris ne réagisse officiellement à ce sujet (détails plus bas).

Malgré cela, un peu plus d’un mois après sa publication la pétition atteint le 7 septembre le seuil symbolique des 5.000 signatures ce qui lui permet d’être envoyée à Bob Iger. Parmi les signataires, mêmes des américains soutiennent la pétition.

Aujourd’hui, la pétition reste ouverte pour continuer d’y exprimer son soutien. Elle a gagné presque 2.000 signatures supplémentaires, dépassant le plafond fixé initialement.

 Save DLP (1)

A N A L Y S E . . .

Il y avait tout lieu de croire qu’un mouvement de contestation de ce genre à l’encontre de Disneyland Paris verrait le jour tôt ou tard. Devant des décisions de la direction qui tendent plus à réduire voire à supprimer plus qu’à ajouter ou à améliorer.

D’abord, parmi les facteurs variés qui ont favorisé cette « crise » du parc, on peut retrouver surtout : l’éternelle mauvaise santé financière du parc qui se résume à une lourde dette et une organisation comptable complexe, la crise financière que personne n’ignore et qui frappe toute l’Europe, des guests irrespectueux dont les exploits sont de plus en plus repris sur le net, une comparaison constante et aussi inutile qu’immotivée avec les autres parcs Disney à succès (Walt Disney World ou Tokyo Disneyland) qui renforce un autre facteur : l’exigence des fans, caractéristique déjà considérée au moment de concevoir le parc, souvenons nous-en.

Ensuite, même si l’équilibre entre qualités et défauts semble aujourd’hui fragile, de l’autre côté de la balance nous pouvons retrouver (à titre de rappel) : d’abord l’esthétique unique du resort puis l’entretien du parc assuré quotidiennement même de nuit, les réhabilitations non négligeables quoiqu’incomplètes (d’un autre côté, n’est-ce pas un sujet à la fois prioritaire et incontournable dans la gestion d’une telle infrastructure à vocation touristique ?), les nouveautés car il y en a tout de même et qui permettent à la fois de satisfaire les fans mais aussi de séduire la clientèle, un accueil optimal recherché par le personnel du parc, le programme de mécénat des Disney Volunt’EARS, la concentration considérable de métiers d’artisanat, …

Dans le cadre du rapport d’activité 2012 marqué par la satisfaction des festivités du 20ème anniversaire et la mise à l’honneur des CM, Philippe GAS affirmait que leur « politique à long terme fait ses preuves et porte ses fruits à court terme » et parlait aussi « d’investissement dans la qualité et la notoriété ». Or, celle-ci se voit sérieusement compromise et il n’est pas moins sûr que les guests fonctionnent à la même vitesse. Plus encore, le PDG d’Eurodisney SCA précisait que « nous gagnons une plus grande liberté d’action pour nos investissements futurs » permettant « d’envisager l’avenir sereinement » alors que l’information selon laquelle un gel des projets à partir de 2014 persiste.

Les défauts repris dans la pétition ne sont pas inédits pour les habitués. Avant tout, ils ont une conséquence en commun, c’est la répartition des guests sur le parc. Problématique pour les fans, les visiteurs mais aussi sans doute les Cast Members. Des restaurants fermés (dont certains aux extrémités du parc), l’absence de spectacle (ou leur réduction), la suppression de la parade nocturne, les pannes qui paralysent les attractions, etc. Tout ceci ne provoque que la concentration des guests qui engendre à son tour des plaintes sur la surpopulation par endroit.

Quant aux Walt Disney Studios, tout en étant ce qu’ils sont, ils n’en restent pas moins une page inachevée pour l’Imageenering dont les festivités pour les 10 ans ont été plutôt discrètes.

En matière de restauration, sujet de plus en plus délicat, il ne faut pas le nier, Disneyland Paris sans avoir recours à des solutions miracles paraît prendre conscience de la situation critiquée et s’en défend, ce qui peine encore à convaincre pourtant. On pense par exemple au recrutement d’un nouveau chef au California Grill de l’hôtel Disneyland afin d’optimiser son offre de haut standing. Tout en sachant que les prix pratiqués restent un sujet difficilement défendable. Un exemple frappant : le pop-corn vendu sur le parc. Il faut savoir que si une impression négative à l’égard des repas est avérée, l’effet proportionnel est inquiétant quand on sait que 30 millions de repas sont servis chaque année.

Save DLP (2)(Crédits photos: Disney Central Plaza)

Beaucoup s’accordent à dire que cette conjoncture trouve sa source dans la structure financière de Disneyland Paris, considérée comme sa plus grande faiblesse et la contraint aux économies de bout de chandelles et à chercher de l’argent là où il y en a le plus et le plus rapidement accessible.

Malgré tout cela, Disneyland Paris conserve une place prépondérante à échelle européenne et internationale dans son domaine. Il ne faut pas oublier que Disneyland Paris a été récemment récompensé par le World Travel Awards comme meilleur parc à thèmes d’Europe et tient parfois une bonne place parmi le classement des parcs d’attractions internationaux. Disneyland Paris ce sont aussi des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : plus de 50 attractions (autant de restaurants et de boutiques), la première destination touristique européenne (devant la Tour Eiffel et le Louvres), le plus grand pôle de restaurant en France, 14.500 salariés, …

Cependant, au niveau des palmarès, il arrive que quelquefois Disneyland Paris soit détrôné notamment par des rivaux de plus en plus affirmés. Si Disneyland Paris est classé en tête des classements par son nombre de visiteurs qui en fait la première destination touristique d’Europe, dans son Top 10 des parcs d’attractions français, le site Trip Advisor, place le Puy du Fou devant Disneyland Paris en termes de satisfaction des visiteurs. D’autre part, voici ce que les appréciations globales dressent comme classement de certains parcs d’attraction européens :

–          EUROPA PARK (5/5)

–          EFTELING (4.5/5)

–          LE PUY DU FOU (4.5/5)

–          DISNEYLAND PARIS (4/5)

–          FUTUROSCOPE (4/5)

–          PARC ASTERIX (4/5)

–          PORT AVENTURA (4/5)

–          MOVIE PARK GERMANY (3.5/5)

Save DLP (7)

>>> Suite de notre article : « Réactions » et « Conséquences et Conclusions »

Retour sur la pétition « Save Disneyland Paris » (1/2)
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3 commentaires sur "Retour sur la pétition « Save Disneyland Paris » (1/2)"

  1. Arnaud

    J’aurais jamais imaginé Europa Park (mon home park) en 1er en tant des satisfaction Oo Et surtout devant Disney !

  2. Argent Internet

    J ai passe un moment plaisant sur votre page, un tres grand merci bien pour cette excellente.

  3. Once_Upon_A_Dream Post author

    Merci pour ton avis qui nous encourage à poursuivre nos efforts pour assurer l’actualité du Monde Disney et des Parcs Disney !

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