Rose rebelle : La Belle et la Bête à l’heure de la Révolution française

Publié par Charlène Delcourt le 25 décembre 2021 | Maj le 25 décembre 2021

Les rayons jeunesse/ados des librairies ne cessent de s’enrichir avec des romans Disney, la plupart étant soit des réécritures des contes que l’on connaît, soit des histoires se passant avant les films. La nouvelle série The Queen’s council, dont Rose rebelle est le premier tome, se déroule cette fois à la suite du film d’animation, montrant ce qu’il se passe dans la vie de nos héros après le générique de fin. Et c’est moins idyllique que ce qu’on aurait pu penser !

Rose rebelle

Fiche technique du roman Rose rebelle

  • Titre original : Rebel rose
  • Titre français : Rose rebelle
  • Nom de la série : The Queen’s council
  • Autrice : Emma Theriault
  • Traductrice : Laurent Laget
  • Éditeur : Hachette
  • Nombre de pages : 399
  • Date de sortie : le 12 mai 2021

Résumé

« Et ils vécurent heureux à jamais » n’était que le début…

Belle a vaincu la malédiction, rendu à la Bête sa forme humaine et restauré le château au sein du royaume d’Aveyon. Mais nous sommes en 1789 et la France sombre dans la Révolution. 

Le feu du mécontentement brûle à Paris et ce n’est qu’une question de temps avant que la révolte n’atteigne Aveyon.

Belle, qui rêvait autrefois de partir à l’aventure à travers le monde, est désormais déchirée entre son passé de roturière et son futur en tant que reine. 
Quand elle croise la route d’une magie très ancienne, que des voix la mettent en garde contre la destruction prochaine de son royaume, et que tous ceux qu’elle aime se retrouvent en danger, Belle n’a plus le choix : elle doit prendre la place de reine qui lui revient, et sauver son peuple.

Une nouvelle série qui place les princesses Disney au pouvoir, épaulées par les esprits des reines du passé, une force mystique qu’on appelle la Voix de la Reine.

Des personnages fidèles à eux-mêmes et à leur histoire

Rose rebelle se lit comme une suite directe du film d’animation de 1991, et contient de nombreuses références à cette histoire qui a enchanté plusieurs générations d’enfants – et d’adultes. Le récit débute quelques mois après que la malédiction qui pesait sur la Bête et les habitants du château ait été rompue, alors que Belle et son tout nouveau mari Léo partent en voyage à Paris. Petite surprise dès les premières pages du roman donc, celui que l’on a l’habitude de voir nommé « Prince Adam », même si ce nom n’est jamais mentionné dans le film d’animation, est donc ici rebaptisé Léo. Ce choix plutôt étonnant est justifié au travers d’une phrase du personnage, qui confirme bien par la même occasion que Léo n’est pas son nom de naissance, de quoi rassurer les puristes, à défaut de les convaincre.

En dehors de ce détail, les amoureux de La Belle et la Bête ne seront pas dépaysés, beaucoup des personnages du film d’animation sont présents dans Rose rebelle, et c’est un plaisir de les retrouver, tant ils sont fidèles à l’image que l’on a d’eux. Une Belle intelligente et indépendante, un Big ben râleur et guindé, un Lumière drôle et frivole, une Mme Samovar sage et affectueuse, un Zip taquin, chacun retrouve très naturellement ses traits de caractère. Le roman introduit également quelques nouveaux protagonistes, qui s’intègrent bien à tout ce petit monde.

Le personnage de Belle est particulièrement intéressant à suivre, autant dans ses actions que dans ses pensées, alors qu’elle cherche sa place dans un monde qui n’est pas le sien et tente de surmonter un certain nombre de difficultés. Ce roman adopte un point de vue plutôt habile, en axant en grande partie l’histoire et les réflexions de l’héroïne sur les différences de milieu entre elle et son époux, et les circonstances particulières (et discutables) dans lesquelles ils se sont rencontrés, des sujets finalement assez peu abordés voire rapidement balayés dans le film d’animation, où Belle semble s’habituer assez facilement à cette nouvelle vie et à ce que la Bête a pu lui imposer. L’image de la vie supposément idyllique et parfois naïve des princesses Disney en prend un coup, mais ce point de vue rend le roman bien plus réaliste, mais également plus mature et moderne à différents égards.

Une intrigue ancrée dans l’Histoire

L’originalité de Rose rebelle se situe certainement dans le cadre dans lequel l’histoire prend place, à savoir la Révolution française, en 1789. Si l’intégralité du roman ne tourne pas autour de cet évènement historique, il influence tout de même tout le récit, et plonge le lecteur entre politique, complots et intrigues de cour, dans la principauté d’Aveyon que gouverne Léo-alias-la-Bête.

Pour ceux dont les connaissances historiques sur la Révolution datent un peu, pas d’inquiétude à avoir avec cette lecture, les exigences ne sont pas très élevées, des rappels sont faits pour guider les lecteurs et l’histoire se suit très facilement. On s’y laisse d’ailleurs prendre rapidement, et les pages se tournent toutes seules durant une grande partie du roman !

Malheureusement, les retournements de situation manquent parfois de subtilité, et Rose rebelle perd légèrement de son charme sur la dernière partie qui traîne en longueur et diminue la crédibilité et l’intérêt de l’histoire. Dans cette dernière partie, la Voix de la Reine, fil rouge de la série The queen’s council si l’on en croit la quatrième de couverture du roman, fait office de Deus ex machina et permet de régler en quelques pages ce que l’autrice avait pris le temps d’installer sur toute une partie de son récit.

Si cela écarte pour nous Rose rebelle du coup de cœur, ça n’en reste pas moins une lecture prenante, originale et divertissante, qui devrait plaire aux passionnés de la Belle et la Bête !

Nous sommes curieux de voir quelle tournure prendra la série dans le prochain tome de The Queen’s council, Feather and flame, écrit par Livia Blackburne et qui sera consacré à Mulan, à paraître le 1er février 2022 en anglais.

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