mickey et ses amis top départ

Qui ne connaît pas au moins un dessin animé Disney ? « Personne », me répondrez-vous. « Le Roi Lion », « La Reine des Neiges », « Aladdin », « Toy Story » ou que sais-je encore… Il s’agit là de piliers de l’enfance de beaucoup d’entre nous. Les longs-métrages Disney sont synonymes de rêve et d’enchantement. Outre ces films, la compagnie aux Grandes Oreilles a aussi démontré son savoir-faire dans la création de dessins animés diffusés sur Disney Channel. Mais vous êtes-vous déjà demandé comment étaient créés ces divertissements ? A l’occasion des 20 ans de la chaîne, le journal « Le Figaro » a eu le privilège de se rendre dans les studios de Los Angeles où est conçue la nouvelle série « Mickey et ses amis : Top Départ ! ».

Top Départ : Une idée neuve basée sur des valeurs humaines

Cela faisait maintenant 10 ans que Disney Junior diffusait La Maison de Mickey, un programme destiné aux touts-petits. Désormais, les enfants pourront retrouver Mickey et ses amis : Top Départ ! tous les mercredis à 17 heures.

Ce nouveau divertissement s’annonce bien différent de son prédécesseur. En effet, le renouveau était au centre de ce projet : le vice-président des programmes de la chaîne, Joe d’Ambrosia a exprimé son souhait d’inculquer de nouvelles valeurs aux tous jeunes téléspectateurs. Dans cette nouvelle série, Mickey et ses amis s’affronteront aux quatre coins du globe, dans le cadre de courses de voitures. Si La Maison de Mickey invitait les enfants à résoudre des problèmes, nos chères têtes blondes découvriront désormais les différentes cultures du monde, la solidarité mais aussi la tolérance. Autant de valeurs partagées par Mickey. En effet, ce dernier est toujours compréhensif, bon joueur et prêt à aider son prochain. Les studios ont également décidé de ne rien se refuser, puisque le célèbre chef britannique Gordon Ramsay donnera de la voix lors d’un épisode.

Autre point important pour Joe d’Ambrosia : donner plus de place à Minnie et Daisy. Plus question qu’elles soient relayées au second plan. Cette nouvelle série vise à les mettre en avant et à les dépeindre comme des personnages indépendants. Le vice-président de la chaîne précise d’ailleurs que :

« Elles sont des entrepreneuses, vivent leurs propres aventures et gèrent leur garage. »

On doit l’idée d’un programme centré sur les courses de voiture à Rob LaDuca et Mark Seidenberg, producteurs exécutifs de la série. Ces derniers sont des fans de voitures. Ainsi, pas question de faire les choses au hasard pour Mickey et ses amis : Top Départ !. Les deux compères ont fait de nombreuses recherches, notamment sur les automobiles de l’époque. Le but de ce travail minutieux était d’associer chaque personnage à une voiture précise. Un bolide bien défini pour chaque personnalité : voilà le maître-mot. LaDuca et Seidenberg en sont donc venus à la conclusion qu’une Ford des années 1930 correspondrait parfaitement à Mickey, tandis que son homologue féminin roulera dans une voiture d’inspiration française. Enfin, pour coller avec leurs caractères loufoques, Donald et Dingo seront respectivement propriétaires d’un bateau et d’une douche sur roues !

Rob LaDuca et Mark Seidenberg, les producteurs exécutifs de la série

L’écriture du scénario : de la confrontation d’idées à la naissance d’une histoire

Trouver l’idée d’une nouvelle série n’est que la première étape d’un long processus. Vient ensuite l’écriture d’un scénario, qui n’est certainement pas la chose la plus simple. Sur un tableau et à l’aide de post-it, les scénaristes affichent leurs idées, les croisent, en affichent d’autres puis recommencent encore. Un rien peut aider à créer un scénario : un gag, un mot, une situation… Toutes les idées sont bonnes à prendre. LaDuca et Seidenberg ont expliqué comment se déroulait cette étape :

« On échange sur nos envies, comme imaginer un épisode se déroulant dans une ferme. Ensuite, on développe un synopsis d’une page que l’on soumet à la chaîne. »

Une fois la trame de l’épisode trouvée, il revient aux scénaristes de peaufiner le tout en imaginant les gags et les rebondissements qui donneront tout son intérêt au dessin animé. Le projet est ensuite renvoyé au diffuseur qui va s’assurer que l’épisode est conforme aux normes qui sont fixées : par exemple, tout élément qui serait de nature à heurter le goût du public ne pourra pas être conservé. De la même manière, puisque Mickey et ses amis vont être amenés à parcourir le monde, la chaîne s’assure que les informations données sur chaque pays sont exactes.

Si cette dernière autorisation est donnée, les scénaristes sont ensuite en charge de rédiger un script complet.

La direction artistique, ou comment donner vie aux décors d’un dessin animé

Nous avons à présent une idée et une histoire à proposer aux spectateurs. On sait que nos personnages vont se trouver dans un lieu donné et avec des objets particuliers. Mais, à ce propos… Comment donner vie à tous ces éléments ?

Les petites mains qui sont en charge de ce travail font partie de la direction artistique. Pour Mickey et ses amis : Top Départ !, c’est Sy Thomas qui s’est occupé de veiller à ce que les décors correspondent le plus possible à la réalité. Il s’est ensuite chargé de reproduire le tout en images de synthèse. Il explique d’ailleurs que :

« Il fallait faire attention à ne pas emprunter à des univers similaires, comme celui de Cars. Capitola, la ville où Mickey et ses amis habitent, est un mélange du lac de Côme que j’adore, des plages californiennes et de Los Angeles pour les autoroutes ! »

Sy Thomas s’est inspiré des grands monuments des capitales pour pouvoir représenter ces dernières. Il a d’ailleurs précisé au Figaro que ce n’était pas toujours chose aisée que de reproduire les édifices en images de synthèse, notamment en ce qui concerne le Colisée.

Le dessin des personnages, ou la création de la personnalité de chacun

Étape suivante : dessiner chaque personnage Disney. Cela n’a rien de bien compliqué pour les principaux protagonistes dont on connaît déjà les traits. Tout le travail réside vraiment dans les divers personnages que Mickey et ses amis vont rencontrer au cours de leurs voyages. Lors du reportage effectué par le Figaro, l’un des dessinateurs, Ed Wexler, planchait sur une moufette ainsi qu’un hippopotame vêtu d’une salopette. Afin de permettre ensuite la modélisation en image de synthèse, les dessins sont effectués sur une tablette et sous tous les angles.

Le dessin des personnages n’est pas toujours une étape facile, selon Ed Wexler :

« Parfois, quelques heures suffisent pour dessiner de pied en cap un protagoniste, parfois il me faut plusieurs jours. »

Le story-board : l’étape où l’histoire se précise davantage le dessin animé

Le story-board est une étape importante dans la création d’un dessin animé. C’est là où les choses se précisent. Un peu plus tôt, les scénaristes ont établi la trame de l’épisode. Ce script va alors être « découpé » et étudié précisément : les scènes vont être décomposées, et chaque angle de vue va être envisagé pour ne sélectionner ensuite que le meilleur. Le story-board ne doit pas être négligé car, en fonction des choix faits, l’épisode sera plus ou moins dynamique. Il faut ainsi être assez rigoureux sur cette étape.

Alors que chaque scénario se compose d’une quinzaine de pages environ, les personnes travaillant sur le story-board en traitent une seule par jour en moyenne. Preuve, donc, qu’il s’agit d’un travail colossal !

Une fois le story-board établi, les dessins doivent être colorisés. Steve Santillan s’occupe de cette étape : le choix des teintes et des textures peut lui prendre jusqu’à plusieurs semaines.

Steve Santillan s’occupe de la mise en couleurs du dessin animé

Élément primordial : s’assurer que l’épisode parle aux enfants

Avant même l’étape de l’animation, le studio tient à s’assurer que l’épisode parlera aux tout-petits. Ainsi, après avoir réuni tous les dessins dans un livre, un panel d’enfants est invité pour écouter le déroulement de l’épisode, et pour jeter un œil aux images. Leurs réactions sont précieuses, puisqu’elles peuvent remettre totalement en question le travail effectué.

« Nous souhaitons être sûrs qu’ils comprennent, et qu’ils y prennent autant de plaisir que nous qui sommes dans notre petite bulle d’écriture. » (Rob LaDuca et Mark Seidenberg)

Tableau à partir duquel l’histoire va être racontée aux enfants

L’animation et le doublage : la finalisation de l’épisode

Après 18 mois de travail pour créer un épisode de 11 minutes, ce dernier prend enfin vie grâce à l’étape de l’animation. Une soixantaine de personnes auront permis à l’histoire de prendre vie. Un travail colossal, on vous le disait !

Afin de rendre l’épisode compréhensible, le dessin animé va être doublé en français par des comédiens. Mais, faire du doublage n’est pas si simple : pour trouver le bon ton, il sera parfois nécessaire de faire plus d’une dizaine de prises. Comme toujours, rien n’est laissé au hasard chez Disney. La précision compte, et l’étape du doublage ne fait pas exception à cette règle.

Tout ce travail, dont on ne parle (malheureusement) que très peu, permet de donner vie aux dessins animés qui nous plaisent tant.

Saviez-vous qu’autant de temps et de travail étaient nécessaires pour créer un dessin animé d’une dizaine de minutes ? Cela vous donne-t-il envie de passer de l’autre côté de l’écran ?