Sept ans après un Toy Story 4 qui ressemblait à un adieu parfait, personne n’attendait vraiment un cinquième chapitre. Et pourtant, le voici, en salles depuis le 17 juin 2026. La question qui brûle les lèvres de tous les fans est simple : fallait-il rouvrir cette boîte à jouets ? Après l’avoir vu, notre réponse tient en une phrase : Pixar réussit là où beaucoup de suites de trop s’effondrent. Voici notre avis complet, spoilers signalés, avec notre note en fin d’article.
- Note : 4/5
- Points forts : l’émotion intacte, un thème d’une justesse rare, une animation somptueuse
- Réserve : une structure qui rappelle par moments les opus précédents
- Pour qui : les familles, les nostalgiques, et tous ceux qui ont grandi avec Woody
Ce que Toy Story 5 réussit haut la main
La première force du film, c’est de ne jamais trahir ses personnages. Woody, désormais en retrait, Buzz toujours vaillant, et surtout Jessie propulsée au premier plan : chacun garde sa voix, son humour, ses failles. La cowgirl hérite ici d’un vrai rôle de meneuse, et ce choix scénaristique donne au récit un souffle nouveau, sans jamais donner l’impression de forcer le passage de témoin.
Sur le plan visuel, Pixar frappe fort. Trente ans après le tout premier Toy Story, le studio livre des images d’une richesse folle : les textures des jouets, les jeux de lumière, les reflets sur les écrans de la fameuse tablette. On sent le savoir-faire d’un studio au sommet de sa technique, mais qui n’oublie jamais de mettre cette technique au service de l’histoire. Les gags fonctionnent, le rythme tient, et les quelques clins d’œil aux volets précédents arrivent au bon moment, sans lourdeur.
Enfin, l’écriture évite le piège du fan service permanent. Oui, on retrouve avec plaisir Rex, Monsieur Patate et les petits aliens à trois yeux. Mais le film raconte une vraie nouvelle histoire, avec un enjeu inédit, plutôt que de recycler les recettes qui ont marché.
Les réserves : peut-on tout pardonner ?
Soyons honnêtes : Toy Story 5 n’est pas exempt de défauts. Sa structure suit un schéma que les habitués de la saga reconnaîtront vite. Un danger surgit, les jouets sont séparés du groupe, une mission de sauvetage s’organise. Ce squelette narratif a fait ses preuves, mais il installe par instants une légère sensation de déjà-vu, surtout dans le premier tiers.
La presse ne s’y est pas trompée : c’est le film le mieux noté par le public de toute la saga, mais celui qui recueille le score critique le plus bas de la série principale. Ce paradoxe résume bien notre ressenti. Le cœur y est, l’émotion aussi, mais on ne retrouve pas tout à fait le vertige d’écriture de Toy Story 3. Certains personnages secondaires, notamment les nouveaux venus, auraient mérité davantage de temps pour exister vraiment.
Rien de rédhibitoire, donc, mais ces quelques accrocs empêchent le film d’atteindre la perfection des meilleurs opus. Une réserve mesurée, à la hauteur d’un très bon film qui frôle le grand.
Le thème : les jouets face aux écrans (attention, léger spoiler)
Ce paragraphe évoque le ressort central du film, sans en dévoiler le dénouement. Le vrai coup de génie de ce cinquième volet, c’est son antagoniste. Fini le collectionneur cupide ou la garderie chaotique. Cette fois, la menace s’appelle Lilypad, une tablette tactile en forme de grenouille, dotée d’une voix envoûtante signée Greta Lee. Lilypad ne veut pas détruire les jouets : elle veut simplement capter toute l’attention de l’enfant. Et c’est bien plus insidieux.
Ce choix résonne avec une force rare. Quel parent d’aujourd’hui n’a pas vu un écran prendre le pas sur les jeux traditionnels ? En transformant cette angoisse contemporaine en moteur dramatique, Pixar signe une fable d’une justesse troublante. Le film ne diabolise jamais la technologie de manière simpliste : il interroge notre rapport à l’attention, à la présence, à ce qui compte vraiment dans l’enfance. C’est intelligent, jamais moralisateur, et souvent bouleversant.
L’émotion, elle, est bien là. Sans trop en dire, sachez que le film ménage plusieurs moments qui serrent la gorge, dignes de la tradition Pixar. Prévoyez un mouchoir, surtout dans le dernier acte.
Sa place dans la saga : après Toy Story 4, un pari gagné
C’était le grand risque. Toy Story 4 se terminait sur une note d’adieu si aboutie qu’une suite pouvait passer pour un caprice commercial. Or, ce cinquième chapitre justifie son existence. Là où le quatrième film parlait de trouver sa place et de savoir partir, le cinquième parle de rester présent dans un monde qui change. Le fil thématique est cohérent, et l’ensemble forme une conclusion plus riche que prévu.
Faut-il le voir comme le nouveau point final de la saga ? Peut-être. Mais si point final il y a, il est digne. Toy Story 5 ne déshonore jamais l’héritage de la franchise Pixar la plus aimée, et c’est déjà une immense réussite. Pour resituer tous les chiffres, la durée, le casting complet et la date d’arrivée sur Disney+, consultez notre fiche complète sur Toy Story 5.
La bande-annonce
Pour vous replonger dans l’ambiance avant la séance, voici la bande-annonce officielle :
Accueil critique et public : les chiffres parlent
Notre enthousiasme n’a rien d’isolé. Le film a marqué les esprits partout dans le monde, et les indicateurs le confirment :
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Score public Rotten Tomatoes | 95 % (record absolu de la saga) |
| Score critiques Rotten Tomatoes | environ 93 % (Certified Fresh) |
| CinemaScore public | A |
| Box office mondial | plus de 888 millions de dollars, milliard franchi depuis |
| Entrées France | près de 2,7 millions de spectateurs |
Ce score public de 95 % sur Rotten Tomatoes constitue le plus haut de toute l’histoire de la saga, devant même les opus adorés de la critique. Le CinemaScore A traduit un bouche-à-oreille excellent, et les près de 2,7 millions d’entrées en France confirment que le public a répondu présent. Fait rare, le public s’est montré ici plus enthousiaste que la presse : preuve que le film touche là où on ne l’attendait pas forcément, dans le cœur des familles.
Notre verdict : faut-il aller voir Toy Story 5 ?
Oui, sans hésiter. Toy Story 5 n’est pas le meilleur épisode de la saga, et il ne prétend pas l’être. Mais c’est un très bon film, porté par une idée forte, une émotion sincère et une exécution impeccable. Pixar prouve qu’il reste capable de raconter des histoires qui parlent à toutes les générations, en osant un sujet aussi actuel que délicat.
Notre note : 4/5. Un point en moins pour une structure un brin familière, mais quatre points gagnés par la justesse du propos et la force des dernières minutes. Si vous avez grandi avec Woody et Buzz, ce film vous attend comme un vieil ami. Et si vous découvrez la saga en famille, il fera parfaitement office de porte d’entrée émouvante.
Pour qui ? Pour les familles avec enfants, évidemment, mais aussi et surtout pour les adultes nostalgiques qui ont grandi avec la trilogie originale. Les plus jeunes riront des gags, les plus grands essuieront une larme. C’est exactement ce qu’on attend d’un grand Pixar.