Blanche Neige et les sept nains : un remake en live-action qui interroge

Publié par Florence Varaldi le 27 janvier 2022 | Maj le 31 janvier 2022

Mulan, Le Roi Lion, La belle et le clochard, La petite sirène, Pinocchio : c’est la folie des remakes chez Disney et c’est au tour de l’iconique Blanche Neige de passer par la case live-action. Un exercice de style bien compliqué qui fait couler beaucoup d’encre.

Le premier casse-tête des live-action chez Disney : le casting de Blanche Neige

Nous avons déjà pu voir à quel point les réactions au choix de casting de Halle Bailey pour l’adaptation de La petite sirène ont été houleuses. Celles du live-action de Blanche Neige le sont tout autant. Ainsi, le rôle de la douce Blanche Neige sera interprété par Rachel Zegler, jeune actrice latino-américaine de 21 ans que vous avez pu voir récemment dans West Side Story.

Quant à sa Némésis, la Méchante Sorcière, celle-ci sera incarnée par l’actrice israélienne Gal Gadot (Red Notice, Wonder Woman, Mort sur le Nil).

Adapter un film de 1937 aux standards de notre époque est tout sauf simple. Si Disney est applaudi par certains pour ses démarches inclusives, les studios sont également violemment pris à partie et accusés de ne pas respecter l’œuvre et l’esprit de Walt Disney en offrant ses premiers rôles à des acteurs et actrices d’ethnies/de genres différents de ceux des films d’animation originaux.

La dernière levée de boucliers en date contre le film en live-action a de quoi interroger. Mais que s’est-il donc (encore) passé ?

Le coup de gueule de Peter Dinklage contre les studios

Peter Dinklage, connu pour son rôle épique de Tyrion Lannister dans Games of Thrones s’est lancé dans une diatribe confondante lors de l’enregistrement d’un podcast « WTF » de Marc Maron.

J’ai été un peu surpris qu’ils soient très fiers de confier le rôle de Blanche-Neige à une actrice latino. Vous racontez toujours l’histoire de Blanche Neige et les sept nains. Prenez un peu de recul et regardez ce que vous faites là. Ça n’a aucun sens pour moi, a-t-il dit à Maron. Vous êtes progressiste dans un sens et vous continuez à faire cette putain d’histoire arriérée de sept nains vivant ensemble dans une grotte, que faites-vous ? Est-ce que je n’ai rien fait pour faire avancer la cause depuis ma tribune ? Je suppose que je ne fais pas suffisamment de bruit pour être entendu.

Accuser Disney de doubles standards, voilà bien ce que l’acteur fait ici. Cependant, si on peut comprendre le point de vue de l’acteur, n’est-ce pas ici pousser le bouchon un peu loin ?

Peter Dinklage est Tyrion Lannister dans Games of Thrones

Qu’est-ce que Blanche Neige et les Sept Nains à la base ? C’est une histoire destinée aux enfants, un conte de fées merveilleux. Et à quoi servent-ils ? Pourquoi racontons-nous ces histoires à nos enfants ?

Pour nourrir leur imaginaire.

Pour leur donner la possibilité de projeter une difficulté qu’ils vivent dans leur vie d’adulte en formation dans une histoire imaginaire et voir, comprendre, comment les personnages la résolvent. Et à leur tour, utiliser les clés proposées dans cette histoire pour résoudre leur difficulté.

Nous leurs lisons ces histoires pour les confronter à la douleur, la peine, la peur dans un contexte sécurisant. Dans les contes des frères Grimm, tout est loin d’être tout blanc ou tout noir. La peur et le chagrin sont omniprésents, les héros terriblement humains malgré leur nature magique. Mais les héros et héroïnes font preuve de force et d’ingéniosité. Dans ces contes qui n’ont pas de fins heureuses, les enfants sont confrontés à l’échec, mais ils auront appris.

Si les versions des contes de Disney se finissent toujours bien, s’ils ont un méchant facilement identifiable et identifié, ils sont d’autant plus un outil pour ouvrir des pistes de réflexion aux enfants. Car tout parent sait qu’il ne peut lire une histoire sans être interrompu mille fois et avoir à expliquer tous les tenants et les aboutissants du scénario.

Faut-il transformer les contes de fées qui ont bercé notre enfance ? Faut-il les adapter pour qu’ils correspondent aux standards de notre époque ? Ou peut-on les faire découvrir aux nouvelles générations et en parler avec eux, les guider, leur expliquer ce qui peut poser problème aujourd’hui ? Ne peut-on pas écrire de nouvelles histoires avec de nouveaux héros et héroïnes représentant la diversité des peuples humains ? Chacun pourra se faire une opinion quant à ce sujet.

Mais revenons à notre live-action de Blanche Neige et la réponse de Disney à Peter Dinklage.

Les Sept Nains deviennent les « créatures magiques »

Réalisé par Marc Webb (The Amazing Spider-Man, 500 jours ensemble), le live action de Blanche Neige est en développement depuis trois ans déjà ; le studio avait dès le départ réimaginé les personnages nains et avait prévu de les réaliser en images de synthèse/animées.

Dans un communiqué, Disney a déclaré que le remake sera une version actualisée du film original de 1937 et a précisé ceci :

Pour éviter de renforcer les stéréotypes du film d’animation original, nous adoptons une approche différente avec ces sept personnages et nous avons consulté les membres de la communauté naine. Nous sommes impatients d’en partager davantage lorsque le film entrera en production après une longue période de développement.

Des rumeurs venant de TheWrap.com parlent de « créatures magiques » qui viendraient remplacer les nains.

Que l’on soit pour ou contre la réécriture des contes qui ont bercé notre enfance, une chose est sûre, leur réinterprétation actuelle par les studios Disney fait couler beaucoup d’encre et permet d’ouvrir le dialogue.

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1 commentaires sur "Blanche Neige et les sept nains : un remake en live-action qui interroge"
  1. Kevin

    Les « Nains » dans les univers fantastique ne sont-ils déjà pas des créatures magiques ?

    Dans l’univers de Tolkien, « Les Nains sont des créatures humanoïdes de petite taille, vraisemblablement entre quatre et cinq pieds de haut (entre 1 mètre 20 et 1 mètre 50). Ils sont robustes, font d’excellents combattants et sont dotés d’une grande résistance à la faim et à la douleur. Leur espérance de vie moyenne est de deux cent cinquante ans. Un aspect important de leur physique est leur barbe, qu’ils ne rasent jamais et qui est portée par les hommes comme par les femmes. »

    Pourquoi toujours faire l’amalgame entre fiction et réalité ? Les enfants ne sont pas débiles, il suffit de leur expliquer que c’est imaginaire ! Ce ne sont pas les écrits qu’ils faut modifier, juste la façon d’éduquer. A mon humble avis, évidemment.

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