Bob Iger, itinéraire d’une ascension fulgurante

Publié par Joshua Bobée le 13 janvier 2018 | Maj le 13 janvier 2018

Depuis bientôt quinze ans, évoquer la Walt Disney Company sans aborder Bob Iger tient du miracle. Acteur majeur de la remise en marche de l’entreprise, l’autodidacte, père de quatre enfants, fait preuve de discrétion. Marié avec Willow Bay, ancienne correspondante de CNN et désormais journaliste au Huffington Post, le PDG est un businessman novateur et entreprenant. D’abord Monsieur Météo de son campus, il a su, à force de travail et de persévérance, se faire une place jusqu’à devenir président directeur général de la Walt Disney Company. Des premiers pas au cœur d’ABC jusqu’au rachat de la 21st Century Fox, retour sur le fil de cette ascension subtile et efficace du fameux Bob Iger.

Vers une destinée médiatique

Fils d’une institutrice et d’un ancien vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, le jeune Robert Allen Iger voit le jour le 10 janvier 1951 à Oceanside dans l’état de New-York. Porté par l’envie de devenir correspondant pour une chaine d’informations comme NBC, en 1972 Bob intègre l’Ithaca College où il étudie la radio et la télévision au sein de la Roy H. Park School of Communications. Diplômé avec les honneurs, le jeune journaliste qui figure parmi les meilleurs de sa promotion devient le Monsieur Météo de Campus Prode, émission de télévision du campus universitaire.

Un pied dans le monde des médias

Rober Iger

Après cinq mois comme Monsieur Météo à l’université, Bob Iger quitte Ithaca pour New-York pour intégrer les rangs de l’American Broadcasting Company. Désormais superviseur pour le studio, il travaille sur la création et l’élaboration des soaps opéras et jeux quotidiens pendant deux années avant de rejoindre la division sport d’ABC.  Au sein d’ABC Sports, le jeune homme gravit patiemment les échelons. Après avoir supervisé la programmation, il devient vice-président en charge de la planification des programmes et du développement puis vice-président de la grille des programmes de l’année 1987. Ce poste permet à l’ambitieux trentenaire de tenir un rôle important dans le choix des acquisitions et de la programmation de la chaîne, et récolte les lauriers des nombreux succès de la chaîne.

Un talent très vite remarqué

Ses succès dans la petite sœur sportive d’ABC attirent rapidement l’attention de la direction qui le place parmi les équipes de la chaine télévisée dès 1988 en lui offrant le poste de vice-président de la chaine. Un an plus tard, il prend le rôle de directeur de l’exploitation de ABC Entertainment, société de production des programmes d’ABC et en 1993 il prend la tête du ABC Television Network Group. Son travail important sur le renouvellement des programmes et l’acquisition de nouveaux formats permet à la chaine de prendre la place de première chaine des États-unis. Les séries familiales comme Papa Bricole, Notre Belle Famille, Matlock ou encore NYPD Blueétoffées par des programmes tels que American Funniest Home Videofont exploser les audiences et propulse Bob Iger au poste de président-directeur général d’ABC.

Une opportunité à ne pas manquer

Bob Iger, à droite aux studios ABC

Bob Iger, à droite aux studios ABC

Riche d’une bonne réputation, le jeune dirigeant entretient de très bons rapports avec les créatifs, et l’attention qu’il porte à l’innovation lui permet d’accroître son réseau. En 1996, la fusion du groupe Capitol Cities/ABC avec The Walt Disney Company offre l’occasion unique pour Bob Iger de devenir président et directeur d’exploitation du fraichement nommé ABC Group. Toujours omniprésent dans les choix stratégiques de la chaine ABC, il impose une ligne très familiale avec une forte présence de l’univers Disney sur le Network. Instigateur de nombreux grands succès, il a porté a l’antenne Qui veut gagner des millions, entre autres.

Premier pas dans les rangs de la Walt Disney Company

A partir de 1999, déjà président-directeur général du ABC Group, Bob Iger prend aussi le poste de président de Walt Disney International avec des objectifs clairs et affirmés. En effet, désormais en charge de porter les marques et services de la compagnie à l’international, le président créatif possède de grandes ambitions pour l’empire de Mickey. En plus de vouloir augmenter la présence des produits Disney sur le marché international, il fait de l’implantation sur les nouveaux marchés tels que la Chine une priorité. L’année 2000 sonne la fin de l’aventure ABC pour Bob Iger qui désormais se tient au stratégique poste de directeur d’exploitation de la Walt Disney Company.

Un acteur de l’ombre

Michael Eisner et Robert Iger

Michael Eisner et Robert Iger

Désormais numéro deux de la compagnie, Bob Iger intègre le conseil d’administration et devient un étroit partenaire de Michael Eisner, actuel PDG du groupe. Les deux hommes travaillent étroitement ensemble, malgré le fait qu’Eisner, ayant épuisé un certain nombre de directeurs d’exploitation, n’ait pas un caractère facile. En plus de son implication dans les négociations concernant l’implantation future du Disneyland de Shanghai, Bob Iger ne perd pas son affectif pour ABC. En effet, il participera, en coulisses,  au renouveau de la chaine qui après une période difficile retrouve une place de leader avec l’arrivée de Lost, Grey’s Anatomy, Desperate Housewives ou encore Danse avec les stars.

Bob Iger, le successeur idéal ?

En pleine campagne du Save Disney lancée par Roy Disney, petit-fils de l’illustre fondateur, le conseil d’administration plie sous la pression des actionnaires et fait le choix de changer l’équipe de direction, dont le PDG Michael Eisner. Très rapidement, Bob Iger se place naturellement en tête des candidats, même s’il est indéniablement associé à l’équipe d’Eisner. Concerné par le développement technologique, l’expansion vers de nouveaux marchés et la consolidation des fragiles revenus de l’entreprise internationale, en 2005, il devient le PDG du groupe suite au vote du directoire.

Artisan d’une nouvelle époque

Bob Iger et Jhon Lesseter

Bob Iger et John Lesseter

Maintenant président-directeur général de la Walt Disney Company, Bob entame une profonde mutation du groupe, avec notamment la restructuration du groupe autour de trois grandes entités, Disney, ABC et ESPN. La diversification des sources de revenus est aussi une priorité pour le récemment nommé PDG. Ainsi la multinationale s’implante en Inde, en Chine et en Russie grâce à plusieurs acquisitions de médias. Bob Iger pense que l’autre moyen d’augmenter l’exposition du groupe et de ses marques est de reprendre le développement de l’existant. Ainsi, Disney Channel devient l’une des chaines les plus regardées du monde grâce à sa diffusion internationale. Mais pour l’entrepreneur, le groupe doit bénéficier de plus de marques pour toucher un public plus large. C’est ainsi que débute la vague de rachats effectués par la compagnie. Pixar, studio génie que la Walt Disney Company distribue depuis ses débuts passe ainsi sous pavillon Mickey en 2006, MARVEL Entertainment suivra en 2009 et Lucasfilms en 2012. Acteur sur tous les fronts, il s’allie avec Apple et pose la première pierre de l’industrie de la vidéo à la demande en propulsant les séries d’ABC sur le déjà florissant Itunes.

Un nouvel âge d’or

La consolidation du groupe porte ses fruits. Dès 2012, les choix portés par Iger permettent à la compagnie américaine de tripler ses revenus. Les succès des grandes franchises, l’impact culturel du studio Marvel et de ses super-héros, la hausse constante de la fréquentation dans les parcs, la bonne marche d’ABC et d’ESPN et la vague Star Wars. Le groupe et ses marques s’implantent durablement avec la politique mise en place par Bob Iger. La révolution n’est pas qu’une histoire financière, Rober Iger entraine aussi une mutation des studios Disney, des princesses sans princes telle Elsa de La Reine Des Neiges ou l’apparition de couples homosexuels dans les séries animées. Il est un homme de son temps, et à ce titre agit aussi pour le vieillissant héritage des classiques des studios d’animations, faisant des adaptations en prises de vues réelles une priorité largement payante.

Entre grands enjeux et avenir politique

Bob Iger et Rupert Murdoch, propriétaire de la Fox

Bob Iger et Rupert Murdoch, propriétaire de la Fox.

L’homme de soixante-six ans semble avoir d’autres aspirations que l’empire du divertissement qu’est la Walt Disney Company. Soutien affirmé et actif d’Hilary Clinton  durant la campagne présidentielle, l’homme d’affaires est devenu conseiller temporaire de Donald Trump. En effet, en tant que PDG d’une des plus grandes entreprises américaines, il a rejoint le conseil économique du président Américain. Le retrait de l’administration Trump de l’accord sur le climat de Paris a entrainé son retrait immédiat en tant que conseiller. Adepte de Twitter, il tacle régulièrement la politique migratoire de l’actuel président des États-unis. Il a même depuis admis avoir évoqué la course à la Maison Blanche avec sa femme, mais la mise en chantier du rachat de la 21st Century Fox semble avoir changé les priorités de l’entrepreneur. Annoncé sur le départ pour 2019, le PDG initiateur de l’acquisition de la Fox a été de fait reconduit jusqu’en 2021 pour accompagner l’intégration de la major au sein de la compagnie, qui imposera la Walt Disney Company comme le plus grand groupe de divertissement au monde.

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