Un Raccourci dans le Temps la critique du film Disney

Publié par Pauline Bertin le 13 mars 2018 | Maj le 14 avril 2018

Ce mercredi 14 mars sort la dernière production des Studios Disney : Un Raccourci dans le Temps. Le projet, officialisé depuis 2014 voit la réalisatrice Ava DuVerney prendre les commandes. Adapté d’un roman jeunesse écrit par Madeleine L’Engle’s, Un Raccourci dans le Temps est une histoire définitivement positive qui pousse les plus jeunes à croire en eux. Un Raccourci dans le Temps semble se classer dans cette catégorie de films qui peuvent nécessiter un second visionnage, ou un échange, pour essayer d’en tirer toutes les richesses. Mélange d’une réaction à chaud plutôt médiocre et d’une analyse à tête plus reposée plus encourageante, notre critique revient sur les forces et les faiblesses du film.

Le film Un Raccourci dans le Temps

Affiche Un raccourci dans le Temps

  • Production : Disney
  • Titre original : A Wrinkle in Time
  • Titre français : Un Raccourci dans le Temps
  • Sortie française : 14 mars 2018
  • Sortie américaine : 9 mars 2018
  • Réalisateur : Ava DuVernay
  • Scénario : Jennifer Lee
  • Musique :  Ramin Djawadi

Du livre au film : synopsis

Le livre Un Raccourci dans le Temps est un classique dans les programmes scolaires aux États-Unis. Sorti en 1962, le roman de fiction a traversé les générations pour diffuser au plus grand nombre ses messages positifs aux enfants et adolescents. Vendu à 23 millions d’exemplaires dans le monde, le livre met en scène une jeune adolescente de 12 ans : Meg Murry. Présentation de son histoire et son parcours.

Âgée de 12 ans, Meg Murry fait partie de ces adolescents qui ne sont pas les plus populaires au collège, loin de là. Pourtant, Meg possède un don et une intelligence rare, tout comme son petit frère adoptif Charles Wallace. Fille de deux physiciens, Alex et Kate Murry, la science a toujours fait partie du quotidien de Meg. Bercée par des notions de physique depuis son plus jeune âge, Meg comprend le monde d’une autre façon et est en avance sur ses camarades. Tout va basculer lorsque son père disparaît subitement après avoir tenté bon nombre d’expériences sur l’Espace et le Temps. Lancée dans une quête originale pour retrouver son père, Meg se voit accompagnée de trois « fées » toutes très originales, de son petit frère et de Calvin, un camarade de classe. Ce voyage initiatique s’apprête à faire évoluer Meg à bien des raisons.

Des personnages aux rôles inégaux

Cette dernière production des studios Disney est riche d’un casting de qualité puisqu’on y retrouve notamment Oprah Winfrey, Reese Witherspoon et Chris Pine. C’est ce même casting qui sauve en partie le film puisque les jeux de chacun sont très réussis. Si le jeu est bon, ce n’est pas toujours le cas de la profondeur donnée à chaque personnage. Une chose à noter, la majorité des personnages est féminin. Afin d’apporter un peu d’équilibre, le personnage du medium est un homme dans le film alors que c’était une femme dans le livre original. Il est d’ailleurs joué par Zach Galifianakis que l’on a déjà vu dans Very Bad Trip. Place à un tour d’ensemble des personnages. 

Meg et son frère

Meg, son petit-frère adoptif, Charles Wallace et Calvin

Meg est une ado un peu perdue qui a totalement lâché prise après la disparition de subite de son père. Si on ne peut pas lui reprocher cette attitude, son évolution lors de sa quête est très lente. On a presque envie de lui répéter autrement tout ce que les personnages qui l’accompagnent s’évertuent à lui expliquer. Finalement, on se trouve soulagés une fois qu’elle finit par assimiler tous les conseils prodigués. Mais ça aura été très long et le risque est ainsi de perdre un certain degré d’attachement pour la jeune fille. Par ailleurs, elle qui a beaucoup de recul sur les choses et est passionnée de physique, ne s’interroge pas trop et ne s’inquiète pas quand trois « fées » débarquent pour la guider dans sa quête. Côté jeu, on sent que Storm Reid est appliquée et prometteuse même si on peine parfois à s’attacher pleinement à sa cause.

Tout au long de son périple, Meg est accompagnée par son petit frère adoptif : Charles Wallace (Deric McCabe). C’est un petit génie qui ne fait pas tâche au milieu de cette famille de scientifiques, loin de là ! Le personnage mis en place est touchant et on s’attache à lui. Tiraillé entre son jeune âge et ses capacités intellectuelles particulières, on comprend son attitude qui peut parfois être détonante. Cependant, on sent qu’il est dirigé par des adultes et certaines de ses scènes transpirent des attitudes d’adultes que même un enfant de son niveau n’aurait pas forcément. D’autant plus que ce sont des situations déjà vues et revues, donc on imagine facilement les inspirations de l’acteur et de ceux qui l’ont dirigé.

Calvin

Calvin accompagne Meg et Charles Wallace pendant toute leur aventure. C’est le seul personnage masculin de l’âge de Meg qui soit à ses côtés aussi longtemps. Malheureusement, son utilité dans le déroulement de l’histoire est limitée. Il fait partie de ces personnages qui n’ont pas été assez creusés, ou maladroitement, et pour lequel on a du coup du mal à s’attacher.

Mesdames Qui, Quidam et Quiproquo

Trois Madames

Autres personnages centraux de l’histoire ; les trois « Madame » hautes en couleurs. A savoir, Madame Qui, Madame Quidam et Madame Quiproquo. Ces trois Madames, sont des êtres de lumières qui vont aider Meg à faire son chemin à travers l’ombre du Ça, la figure négative des personnages. Chacune a un rôle bien particulier et des attributs complémentaires qui apporteront un degré de réflexion dans l’évolution de Meg.

Madame Qui (Mindy Kaling) arbore une figure maternelle, son discours à base de citations des grands personnages de l’Histoire est le plus souvent pertinent. Si les citations sont bien trouvées, l’effet ressenti par le spectateur peut être déroutant. Façon originale de faire s’exprimer un personnage, cela a tendance à faire sortir du dialogue en place.

Madame Quidam (Oprah Winfrey) se pose clairement comme le leader du trio si particulier. Elle apparaît comme une figure sage qui va ouvrir le chemin de l’évolution de Meg. Toutefois,  son aspect étrange sur l’écran (taille variable, transparente) fait que l’on est un peu désemparé face au personnage.

Madame Quiproquo (Reese Witherspoon) est la plus jeune des trois, même si, sachez-le elles sont toutes âgées de plusieurs centaines d’années. C’est le personnage un peu plus décontracté qui permet de trancher avec le côté trop bien pensant et parfois trop mièvre des ses deux comparses. Comme elle n’est pas du genre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer, elle est souvent un vecteur d’humour et de sympathie qu’il est agréable de trouver.

Globalement, les discours de ces trois « fées » revisitées ont un effet trop rabâché, trop enfantin. Il est difficile d’y adhérer à 100% à tel point que l’on pourrait croire parfois que ce sont des extraits de tests psychologiques lus dans un magazine pour ados.

Les parents de Meg dans le film

Chris Pine

Les parents de Meg ressortent comme des personnages facilement oubliables, notamment sa mère. Comme sa fille, elle qui a un esprit très scientifique, très carré, ne s’interroge pas trop sur certaines choses qui se produisent, ce qui est relativement étonnant. Quant au père, joué par Chris Pine, son rôle est essentiel puisque c’est la motivation de Meg dans sa quête mais il n’est pas assez approfondi pour que l’on ait autant envie que Meg de le retrouver. Il aura d’ailleurs, lors d’une scène particulière, une attitude somme toute étonnante qui pourrait presque le rendre moins sympathique qu’il n’y parait.

Un Raccourci dans le Temps : un univers coloré pour raviver notre imagination

Un Raccourci dans le temps paysage

Point fort du film, les décors et les costumes des personnages sont tous hauts en couleurs. Ils nous emmènent dans un univers bien particulier qui éveille l’imagination. Tout au long de sa quête, Meg en apprend plus sur les notions d’ombre et de lumière. Les paysages, costumes et décors reflètent parfaitement ces deux réalités. Toutefois, certains effets numériques sont parfois assez grossiers et ont tendance à casser quelque peu l’ambiance installée. Une scène impliquant la transformation d’une des Madame souffre notamment d’un rendu très étrange.

Autre réussite à souligner dans la réalisation d’Un Raccourci dans le Temps, c’est la représentation qui est faite de la part d’ombre. L’univers mis en place est à la fois inquiétant, complexe et entremêlé d’éléments cachés dont Meg et ses acolytes doivent se méfier.

Cette distinction entre ombre et lumière est bien mise en place, même si la réalisation finale lui porte parfois préjudice. On ne peut que sentir l’effort fait sur ce point tant il est important pour le déroulé de l’histoire et la compréhension que Meg peut avoir d’elle-même.

Une bande originale Disney ajustée au mot près

Autre élément positif du film sa bande originale. Réalisée par plusieurs artistes tels que Shade, Sia et Demi Lovato, les musiques sont bien choisies et entraînantes. Il y a une réelle connexion entre les images et les chansons, ce qui était une volonté totale de la part de la réalisatrice Ava DuVernay.

Certaines paroles pourraient être des mots énoncés par les personnages s’ils avaient eu à parler à l’instant où la musique commence. La bande originale donne au film une ambiance pop et dynamique ! Elle plaira aux jeunes et permet de réveiller le spectateur qui s’est peut-être, entre temps, perdu dans le film, et ça, c’est une bonne chose !

Un discours positif mais énoncé maladroitement

Dans l’ensemble que ce soit l’œuvre originale ou cette adaptation, plusieurs messages positifs transitent à travers les personnages et les aventures de Meg. Cependant beaucoup de ces discours ont du mal à s’insérer de façon harmonieuse dans le scénario. Ils nous donnent presque l’impression d’être là parce qu’ils doivent être là et qu’il faut à tout prix les placer.

Mrs A wrinkle in time

C’est la faute à deux choses majeures qui sont les gros points noirs de ce film :

  • le sens donné au scénario
  • la façon d’y intégrer des messages importants

Pendant tout le film, on ne comprend pas toujours où le scénario veut nous emmener. Certaines choses qui auraient été importantes à expliquer ou approfondir ne le sont pas. De ce fait, on a, à la fin de la projection le sentiment d’être laissé sur notre faim.

Pour ce qui est des messages, ils sont donc perdus au milieu de l’histoire. Répétés sans cesse, ils ont tendance à perdre de leur portée. Ils offrent un sentiment partagé entre leurs fondements positifs (et nécessaires) et leurs formes presque forcées et contre-productives.

Au final, quand on sort de la projection, il reste un bon nombre de questions en suspend qu’il aurait été intéressant de creuser. Cela aurait offert une meilleure compréhension et un plus grand attachement aux enjeux vécus par les personnages, notamment Meg.

Ava DuVernay semble s’être fait un peu dépasser par tous les messages forts qui lui tiennent à cœur et qu’elle a voulu distiller tout au long de son film. Il est question de féminisme et de diversité mais tout n’est abordé qu’en surface et on n’en perçoit que des bribes. C’est dommage car ces idées, comme d’autres du film, sont plus d’actualité que jamais. Et ce, même plus de 50 ans après la sortie du livre qui s’avérait être une œuvre réellement précurseur.

En conclusion sur le film Disney

Affiche un Raccourci dans le Temps

Lorsque la dernière image est passée, il est facile de comprendre certaines réactions à chaud négatives. Le film semble creux et ennuyeux. Trop long et trop rempli de discours mièvres et bien pensants : la première heure pourrait être réduite en 15-20 minutes. Un Raccourci dans le Temps est l’un de ces films pour lequel il faut arriver l’esprit ouvert et prêt à creuser entre les lignes, ou plutôt les images. Cependant, ce n’est pas forcément ce que l’on attend d’un film comme celui-ci qui s’adresse à un public relativement jeune. Un Raccourci dans le Temps fait beaucoup penser à des productions telles que A la Poursuite de Demain ou The Lone Ranger.

En tout cas une chose est sûre, c’est le type de film qu’il faut voir afin de se bâtir son propre avis, quitte à aller à contre-courant des retours globaux !

Les points forts du film :

  • Le casting et les personnages
  • L’imaginaire mis en place
  • Les idées qu’on a voulu proposer
  • La bande-originale et les musiques du film

Les points faibles du film

  • Le scénario du film
  • La manière de diffuser les discours
  • Des éléments importants traités trop en surface
Un Raccourci dans le Temps la critique du film Disney
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