Décidément, à environ un mois et demi de son ultime représentation sur les planches de Mogador, La Belle et la Bête – Le Musical, sous l’égide de Stage Entertainment France et The Walt Disney Company Francecontinue encore et toujours de ravir ses spectateurs et ses fans avec l’organisation d’événements tous plus spéciaux les uns que les autres.

Après François le Roux, Andreas Deja découvre la Belle et la Bête

Après la rencontre exceptionnelle entre la troupe et le doubleur français de Gaston, François le Roux (entretien accordé à RDC), après l’accueil pour 25 représentations exceptionnelles de Vincent Niclo dans le rôle de La Bête (première du chanteur Vincent Niclo), après les nombreux showcases de la troupe dans des centres commerciaux franciliens, hier soir, mardi 10 juin, la représentation en tout point habituelle s’est finie comme toujours en beauté. Et le qualificatif est d’autant plus significatif que la présence honorable de l’animateur pour Disney Andreas Deja fut un réel moment privilégié pour le public ravi et les quelques blogueurs chanceux, dont nous faisions partie.

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Un animateur des studios Disney

Andreas Deja incarne au paroxysme le modèle de l’animateur singulier et imaginatif au plus haut point que l’on peut trouver parmi la jeune génération au sein des Walt Disney Animation Studios. Depuis les années 1980, il a su imposer son style original dans des créations toutes plus diverses que variées pour la firme aux grandes oreilles et s’impose donc comme l’une des figures incontournables et respectées du monde de l’entertainment Disney.

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Né à Gdansk en 1957, le jeune garçon quitte très vite sa terre natale de Pologne pour rejoindre avec sa famille l’Allemagne,  où il y est naturalisé. Passionné dès le plus jeune âge pour l’univers Disney, il se découvre une véritable révélation pour le domaine de l’animation, subjugué devant Le Livre de la Jungle. S’entame alors un véritable dévouement qui se transformera petit à petit en vocation professionnelle. Essuyant naturellement un premier échec en voulant se faire embaucher chez Disney alors qu’il n’a même pas achevé ses études du secondaire, Andreas Deja ne compte pas en rester là. Il rentre tout bonnement dans l’école d’arts graphiques d’Essen, la Folkwang-Schule, où il y apprend les bases du métier et y fait ses classes. C’est à l’âge de 23 ans que le jeune diplômé pénètre officiellement dans la sphère disneyenne, embauché par les studios, réalisant ainsi son rêve le plus intense. Durant cinq années, Andreas Deja nourrit sa formation aux côtés d’un des pairs les plus influents et emblématiques des studios, Eric Larson. C’est avec ce « sage » qu’il commence à rentrer dans le vif su sujet avec Taram et le Chaudron Magique : création de personnages, recherches visuelles, travail sur les costumes… C’est par ailleurs sur ce projet qu’il rencontre le prometteur Tim Burton, cloîtré artistiquement dans la commande de création.

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A partir de ce moment-là, Andreas Deja n’arrêtera pas un instant de s’impliquer dans les projets phares des Walt Disney Animation Studios, passant de simple créateur de personnages à superviseur de l’animation pour des projets conséquents tels que La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin ou encore Le Roi Lion. Après avoir excellé pour donner vie aux Vilains Disney, l’animateur prend part à des longs métrages où il occupe un poste de créateur de « Héros » Disney. On lui doit à ce propos les personnages d’Hercule (Hercule), Lilo (Lilo & Stitch), Mickey Mouse (Fantasia 2000), la Reine Narissa (Il Etait une FoisMama Odie (La Princesse et la Grenouille) ou Tigrou (Winnie L’Ourson). Ce dernier film signe pour l’artiste son ultime collaboration avec Disney, souhaitant voguer vers des projets plus personnels. Enfin, Andreas Deja a également participé à la restauration de certains Grands Classiques Disney en vue de leur ressortie en haute qualité comme Blanche Neige et les Sept Nains ou encore Pinocchio.

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Films Disney de Andreas Deja :

1985 : Taram et le Chaudron magique ;
1986 : Basil, détective privé, animateur de la Reine des souris ;
1988 : Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, animateur superviseur pour Roger Rabbit ;
1988 : Oliver et Compagnie, animateur personnage ;
1989 : La Petite Sirène, animateur superviseur pour Roi Triton ;
1990 : Le Prince et le Pauvre, Mickey Mouse ;
1991 : La Belle et la Bête, animateur superviseur pour Gaston ;
1992 : Aladdin, animateur superviseur pour Jafar ;
1994 : Le Roi Lion, animateur superviseur pour Scar ;
1995 : Mickey perd la tête ;
1997 : Hercule, animateur superviseur pour Hercule ;
1999 : Fantasia 2000, animateur segment Rhapsody in Blue et Mickey Mouse pour les inter-séquences ;
2002 : Lilo & Stitch, animateur superviseur pour Lilo ;
2004 : La ferme se rebelle, animateur superviseur pour Slim et Junior ;
2004 : Mickey, il était deux fois Noël ;
2006 : Bambi 2 ;
2007 : Comment Brancher son Home Cinemaanimateur superviseur de Dingo ;
2007 : Il était une fois ;
2009 : La Princesse et la Grenouille, animateur superviseur pour Mama Odie ;
2011 : Winnie l’ourson, animateur superviseur pour Tigrou.

Retour sur la soirée du mardi 10 juin 2014 au Théâtre Mogador :

Aimablement convié par Disney France dans le cadre du Disney Social Club, Radio Disney Club a redécouvert le spectacle La Belle et la Bête – Le Musical avec toujours autant d’engouement, de plaisir et d’esprit critique évidemment… C’est depuis les corbeilles du théâtre à « l’anglaise » que nous avons applaudi à nouveau, dès les coups de 20h, toute la troupe principale presque au grand complet (David Eguren remplacé par Olivier Podesta dans le rôle de Big Ben). En effet, force est de constater les évolutions d’un tel poids lourd du théâtre musical adapté en français, plusieurs mois après ses premières. Si un certain cadre artistique typique de la verve américaine est inéluctablement figé chaque soir sur scène, il n’en reste pas moins une part de magie et d’esprit Broadway décliné à la française, et qui, au fil du temps, s’est glissé sous-jacentement non seulement dans le jeu propre à chaque membre de la troupe parisienne, mais aussi dans l’impression générale qui se dégage du show. Il est facile, rappelons-le, d’observer dans la mise en scène pensée par Glenn Casale une force émotionnelle véritablement frenchie. Là où les mises en scènes originales d’outre-Atlantique donnaient la part belle au spectacle, Glenn Casale choisit très finement d’intégrer l’histoire dans la culture classique de l’Hexagone, à commencer par les références au film de Cocteau. Nous avions déjà mentionné ce fait lors des premières représentations. Il n’est pas question d’exclusivement calquer l’intrigue du film d’animation et y rajouter quelques éléments complémentaires pour édifier un relief scénique, à la manière de l’adaptation new-yorkaise. Il s’agit dans ce projet d’amener beaucoup plus de théâtre qu’auparavant, de rendre l’intrigue plus viscérale et d’y apporter des complexités philosophiques plus proches du conte originel que du dessin animé. C’est dans cet esprit laissant suggérer pleinement des ouvertures en terme d’interprétations, que les comédiens s’en donnent à cœur joie. On ressent avec eux l’extrême enivrance de jouer ces personnages et d’en faire ressortir l’essentiel. Les bonnes deux heures trente nous confortent par ailleurs dans l’idée que les deux stars qui volent la vedette non sans aisance aux duo amoureux de Belle et la Bête restent définitivement Lumière et Gaston, incarnés sur scène respectivement par Dan Menasche, aux multiples nuances de jeu et à la prestance enchanteresse, et Alexis Loizon, colosse au charisme et à la fougue omnipotentes.

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La Belle et la Bête – Le Musical

On constate également, en puriste que nous sommes, que de toutes petites modifications de mise en scène ont été effectuées depuis le mois d’octobre 2013. A concevoir plutôt comme des corrections que de réelles modifications, contrairement au Roi Lion, il y a quelques années, qui, sur cette même scène, s’était vu retiré une scène et demie en trois ans d’exploitation.

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Sans rentrer dans une nouvelle critique détaillée du spectacle, nous pouvons revenir sur le caractère exceptionnel qu’a pris cette soirée. Car, la présence dans le public de l’animateur Andreas Deja était on ne peut plus marquante et symbolique hier soir. L’animateur de Gaston a chaleureusement été invité sur la scène au moment des saluts habituels par le metteur en scène résident à Paris, Véronique Bandelier. Sous un tonnerre d’acclamations du public, apprenant pour sa majorité le contenu de l’oeuvre de ce génie de l’animation, Andreas Deja a échangé quelques mots. Il est ainsi revenu brièvement sur ses grandes créations de personnages et a partagé ses impressions de la version Mogador du show La Belle et la Bête – Le Musical, qu’il découvrait pour la première fois et qui l’a littéralement conquis.

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Un cadeau pour Alexis Loizon

Mais la surprise de sa présence en décelait une autre… L’animateur s’est empressé de remettre fièrement au comédien Alexis Loizon, l’interprète principal de Gaston, un cadeau particulièrement sublime. Le découvrant d’abord à l’audience, l’animateur dévoile ainsi un dessin sur lequel est représenté son Gaston (tiré du film d’animation) portant à bout de bras la Princesse Ariel dans son corps mi-humain, mi-poisson. Pour la petite histoire, la compagne d’Alexis est en fait fanatique du personnage de La Petite SirèneAlexis Loizon, très touché de cet honneur, remercie affectueusement Andreas Deja, sous les ovations de la salle. La troupe ainsi que l’animateur saluent une dernière fois le public avant que le rideau bleu royal ne se baisse définitivement.

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Tandis que les spectateurs quittent tranquillement la salle, nous sommes invités, privilège de la soirée, à rejoindre l’équipe de la production parisienne, directement sur la scène, en passant par les coulisses. Un moment unique mais de courte durée nous est proposé. Nous sommes autorisés à prendre en photo Gaston « scène, Gaston « dessiné » et Papa de Gaston devant les décors du Château de La Belle et la Bête. Tous les deux ou entourés de toute la joyeuse troupe (y compris le petit Zip du soir), les photos affluent par dizaines. Après quelques bons moments d’échanges avec certains acteurs comme Alexandre Faitrouni (Le Fou) ou Dan Menasche (Lumière), les blogueurs prennent quelques instants afin d’échanger avec Andreas Deja… La soirée se termine allègrement et nous quittons le plateau de Mogador, des étoiles plein les yeux. Cette soirée restera pour nous une véritable « Histoire Éternelle« …