Lone Ranger : Naissance d’un Héros

Publié par Kevin Gauthier le 3 septembre 2013 | Maj le 30 juillet 2026
  • Production : Jerry Bruckheimer Films et Silver Bullet Productions
  • Titre original :  The Lone Ranger
  • Titre français : Lone Ranger, Naissance d’un Héros
  • Sortie française : 07 août 2013
  • Sortie américaine : 03 juillet 2013
  • Durée : 149 minutes
  • Réalisateur : Gore Verbinski
  • Scénario : Ted Elliott, Terry Rossio et Justin Haythe

 

Critique : Lone Ranger, Naissance d’un Héros

Dès ces débuts, Lone Ranger, Naissance d’un héros (The Lone Ranger) faisait preuve de réticence et de timidité au sein des studios Disney. Impossible de le nier, cet audacieux long-métrage était un projet risqué et c’est après un visionnage de 2h30 que nous comprenons pourquoi son budget grandissant engendrait sa mise en péril. Et bien que l’ensemble de sa promotion (bandes annonces, affiches et produits dérivés) émoustillait notre curiosité et notre enthousiasme au fil des jours, l’ouvrage final n’arrive guère à nous convaincre. Le héros, solitaire et masqué, est né depuis un feuilleton radiophonique de Fran Striker en 1933 avant d’apparaître dans une série télévisée, notamment connue sur la terre américaine. Accouplant les principaux codes du western américain, un genre qui trouve difficilement un large public aujourd’hui, avec ceux de l’univers cinématographique Disney, Gore Verbinski, le réalisateur de la trilogie Pirates des Caraïbes, livre un film porté essentiellement sur la phénoménale performance de Johnny Depp en indien, telle une relecture du personnage de Jack Sparrow qu’il incarna dernièrement dans La Fontaine de Jouvence (2011) de Rob Marshall. Même si l’année avait pourtant bien débuté avec Le Monde Fantastique d’Oz (2013) de Sam Raimi, enchaîner les réussites reste une réelle difficulté, même pour un studio aussi glorieux et renommé que Disney – on se rappelle tous du fiasco de John Carter (2012) d’Andrew Stanton. A coup sûr, la déception proviendra de son scénario excessivement trop classique :

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Le vénérable et sage Tonto (Johnny Depp) nous conte la transformation de John Reid (Armie Hammer), de simple défenseur de la loi à justicier masqué, connu sous le nom de Lone Ranger ou de Kemo Sabe (« pas le bon frère » en langue indienne). Le tandem devra dès lors apprendre à faire équipe afin de contrer la cupidité et la vanité des hommes de l’Ouest dont le repoussant Butch Cavendish (William Fichtner).

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D’un contexte de piraterie à la conquête de l’ouest, les majeures personnalités de l’équipe conservèrent leur rôle : Gore Verbinski dirigeait un film écrit par Ted Elliott et Terry Rossio et produit par Jerry Bruckheimer, le rôle principal étant accordé à Johnny Depp sous une musique composée par le sensationnel Hans Zimmer. L’ensemble des arguments était ainsi réuni, alors, à titre de comparaison, pourquoi un tel changement ? Pourquoi une « équipe gagnante » engendre t-elle une désillusion aussi marquée ? Et cependant, le producteur affirme à cet effet : « Si vous cherchiez un film aussi chouette que Pirates des Caraïbes, vous aurez Lone Ranger ». La cause fondamentale découle de son scénario trop prévisible, préférant se concentrer sur l’humour, qui, de ce point de vue, est une véritable victoire. Il est absolument inconcevable de ne point laisser apparaître, ne serait-ce qu’un sourire, sous les dires de Tonto. Justement, tout le problème est là, nous nous dirigeons encore et toujours vers la même finalité : Johnny Depp. L’avancée de la quête de Reid, bien qu’intéressante, ne suscite pas notre attention. La plupart des protagonistes peu travaillés, comme Red Harrington (Helena Bonham Carter) ou Rebecca (Ruth Wilson), se retrouvent vite mis à l’écart pour ne montrer que le meilleur, à notre grand désarroi. Il n’est point surprenant de constater l’extrême similarité entre Jack Sparrow et Tonto, de sa gestuelle jusqu’à son costume et maquillage de Joel Harlow. Les décors phares du Far West, comme le désert, le saloon, la mine ou la ligne de chemin de fer sont honorablement retranscrits. De tels paysages méritaient évidemment un tournage en décor naturel, ce qui induit un tournage plus long et plus difficile, Verbinski précisant que « C’est un tournage énorme, très dangereux et très difficile » – à ce propos, nombreuses ont été les catastrophes qui compromirent la bonne fin du film.

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Un bon film passable pour DIsney

Certes, le film conserve de sa fraîcheur par des scènes d’actions, d’humours et parfois de répulsions – nous ne convions pas les plus jeunes d’entre nous qui pourraient être impressionnés par certains passages sanglants au même titre que pour Jusqu’au bout du Monde (2007) ; ce qui est plus restrictif pour l’animation reste plus libre pour une fiction. L’ambiance est d’autant plus marquée par des couleurs harmonieuses plutôt foncées (gris, marron…). Le spectateur, bloqué dans l’étreinte des effets spéciaux, n’arrive pas à libérer ses sentiments et son émotivité et il faut bien admettre que la bande originale composée par Hans Zimmer ne nous aide pas. Et malgré une multitude d’instruments typiques du Far-West (harmonica, banjo…), le compositeur ne tire pas parti de ce qu’il aurait avoir à disposition pour préserver son style épique qui lui sied si bien. Citons à contre exemple Il était une fois dans l’Ouest (1969) de Sergio Leone (musique composée par Ennio Morricone) ou Retour vers le Futur 3 (1990) de Robert Zemeckis (musique composée par Alan Silvestri). Mais ainsi, on ne retient par de thème marquant hormis le grand remix du William Tell Overture de Rossini, perdurant pendant une bonne dizaine de minutes.

L’omniprésence de l’action détruit la part de réalisme du film. Ceux qui cherchent de l’action, tel un Iron Man 3 (2013) de Shane Black, y trouveront leur compte, ceux qui cherchent en revanche leur retrouvaille avec le western classique seront outrés. Malgré de bons éléments, nous en attendions peut être trop, sans vraiment négliger qu’il deviendra, seul l’avenir nous le dira, une franchise à succès. Découvrez Lone Ranger, Naissance d’un héros, à partir du 7 août 2013 dans votre salle de cinéma…

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Notre critique : Lone Ranger : Naissance d’un Héros (2.5/5)

Réunir Gore Verbinski et Johnny Depp après le succès de Pirates des Caraïbes devait relancer le western pour Disney, mais le résultat déçoit : deux heures et demie qui hésitent en permanence entre parodie décalée et fresque épique, sans jamais choisir. Depp campe un Tonto plus excentrique que réellement drôle, tandis qu’Armie Hammer peine à exister en héros masqué. Le film se réveille dans son dernier acte, avec une poursuite de train virtuose sur l’Ouverture de Guillaume Tell qui rappelle le savoir-faire de Verbinski. Un divertissement inégal, plombé par un budget démesuré et un ton bancal, qui reste regardable mais loin du classique espéré.

Ce qu’on a aimé :

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  • La poursuite de train finale, rythmée par l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, est un vrai morceau de bravoure
  • Des décors et une photographie de l’Ouest américain soignés, dignes des grosses productions Disney
  • Quelques cascades et gags physiques efficaces qui rappellent l’énergie de Pirates des Caraïbes

Ce qui pèche :

  • Une durée excessive de près de 2h30 avec un rythme qui traîne dans son long milieu
  • Un ton bancal qui oscille sans arrêt entre comédie burlesque et western violent
  • Un Tonto joué par Johnny Depp souvent gênant, à la caractérisation critiquée du personnage amérindien

Note de la rédaction : 2.5/5

Questions fréquentes

Le film Lone Ranger vaut-il le coup ?

Lone Ranger vaut surtout pour sa poursuite de train finale spectaculaire et ses décors, mais son ton hésitant et sa longueur excessive en font un divertissement inégal. Ce fut un des plus gros échecs commerciaux de Disney en 2013.

Qui joue dans Lone Ranger : Naissance d’un Héros ?

Johnny Depp incarne Tonto et Armie Hammer joue John Reid, le Lone Ranger. Le film est réalisé par Gore Verbinski, déjà à l’origine de la trilogie Pirates des Caraïbes avec Depp.

Où voir Lone Ranger en streaming ?

Lone Ranger : Naissance d’un Héros est disponible en streaming sur Disney+, la plateforme qui héberge les films produits par Disney.

À lire aussi : Pirates des Caraïbes : la Vengeance de Salazar · The Finest Hours · L’Appel de la Forêt

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