Ce qui relie le monde de Monstres et Compagnie à Coco

Publié par Elsa Lourenço le 17 octobre 2017 | Maj le 17 octobre 2017

Depuis plusieurs mois maintenant nous vous parlons de Coco, le tant attendu chef-d’œuvre Disney Pixar de cette fin d’année 2017. De fil en aiguille, nous avons découvert avec vous l’ambiance inattendue et unique de ce film d’animation. Dans un peu plus d’un mois, nous découvrirons enfin les aventures de Miguel et plongerons dans un univers inconnu… Mais que nous connaissons déjà malgré nous. Un monde inconnu et parallèle, auquel nous avons déjà touché d’une certaine manière, dans un autre succès de Disney Pixar : Monstres et Compagnie. Un lien entre entre ces deux films ? Découvrons lequel…

monde des esprits

Coco : l’appel d’un monde « au-delà » de nos vies

Lorsque nous avons eu connaissance du projet de création de Coco, lorsque le thème de ce film a été évoqué pour la première fois par Disney Pixar, la surprise a été notre première réaction : tout un dessin animé sur le thème de la mort ? Avec des squelettes ? Pour des enfants ? Mais pourquoi un tel choix ? Disney Pixar, le maestro du film d’animation se lancerait dans l’épouvante…? Mais l’effet de surprise est vite retombé, car après l’expression de ces craintes fusant comme des réflexes, la lumière, la musique et les couleurs de Coco ont eu raison de nos peurs, pour laisser place à l’émerveillement.

L’approche de la mort et notre vision de l’au-delà ne sont pas du tout les mêmes d’un pays à l’autre, et encore moins d’un continent à l’autre. Ainsi, en faisant pour la première fois du thème de la mort le thème central d’un film d’animation, et en abordant pleinement la croyance d’une vie au-delà de la nôtre, Disney Pixar prenait un gros risque : celui d’être boudé par un public pour qui la mort est un sujet tabou, et dont on ne parle pas aux enfants.

Conscients de cette vision tellement différente d’un côté ou de l’autre de la planète, il a semblé naturellement évident aux créateurs de Coco de raconter cette histoire dans un pays où cette vision est tout autre : le Mexique. Au Mexique, durant El Dia de Los Muertos, on célèbre dans la musique et les couleurs tous ceux qui nous ont quittés. Et cette façon de nous rappeler d’eux est une manière de les garder toujours en vie, où qu’ils soient. Et parce que la mort fait partie de la vie, c’est un thème qu’il est possible d’aborder avec des sourires et de la gaieté, même dans un dessin animé.

A la découverte d’un monde (in)connu

La volonté des créateurs de Coco était de créer un univers le plus familier possible, de faire découvrir aux spectateurs un Monde des Ancêtres pas si éloigné de celui dans lequel nous vivons, nous, Vivants.

Ainsi, en projetant sur l’écran un univers joyeux, coloré, dans lequel la vie continue de la même manière que du côté des Vivants, on démystifie l’après-vie, on découvre un au-delà que nous connaissons déjà au final, puisqu’il apparaît comme le prolongement de notre existence… mais « au-delà » d’une frontière invisible.

Les repères sont les mêmes que dans le Monde des Vivants : il y a dans le Monde des Ancêtres une gare, des maisons, des rues, des Esprits qui ont un métier, les journées suivent leur cours et la vie continue d’une autre manière.

Pour Lee Unkrich, un des créateurs de Coco, cette familiarité est un élément important dans la construction d’un univers à porter à l’écran.

« Nous aimons trouver une logique à tout ce que nous faisons et ne pas simplement inventer des choses pour inventer des choses. Je trouve personnellement que plus un monde est fantastique, moins il est racontable, et une sorte de distance émotionnelle s’installe alors (…). En fait, je comparerais un peu le Monde des Ancêtres à ce que nous avons fait dans Monstres et Compagnie, où nous avons créé Monstropolis, ce monde familier mais fantastique, rempli de choses uniques et incroyables, mais aussi enracinées dans un monde que nous connaissons. Nous avons fait la même chose ici dans notre vision de l’au-delà »

De cette manière, l’idée qu’un monde et une vie puissent exister après la nôtre est envisagée avec douceur et plus de sérénité. Se projeter dans un monde qui ressemble en tout point à celui que l’on connaît est plus rassurant. Il est clairement réconfortant d’imaginer et croire en une suite à notre existence, colorée et joyeuse, loin de l’image d’un néant sombre et effrayant.

Au fond, envisager l’au-delà ainsi, permet de vivre pleinement, de fêter la vie à chaque étape de notre existence, en la saupoudrant de couleurs et de musique. Cela fait partie intégrante de la culture de bon nombre de peuples, dont les Mexicains. En se projetant ainsi, l’immersion dans le monde de Coco est alors totale. Tel est le pari des Studios Disney Pixar.

De Monstropolis au Monde des Ancêtres

A Monstropolis, les monstres, sous leurs airs effrayants, ont tous un métier, une maison, vont au restaurant, se promènent, ont des enfants, vont à l’école… Bref, beaucoup de repères qui sont les nôtres, mais transposés dans un univers fantastique malgré tout !

Ce qui nous plonge dans un univers familier, et ainsi l’impact émotionnel n’est pas le même.

On se plaît alors à découvrir un monde parallèle au nôtre, là, juste derrière la porte de ce placard, mais pas visible de tous, un monde qui se nourrit des peurs de tous les enfants, puis de l’énergie de leurs éclats de rires, pour exister.

Dans le Monde des Ancêtres, c’est la même chose, la même envie de créer cette familiarité, pour nous laisser découvrir sans crainte ni a priori, un univers qui n’est pas si effrayant que cela au bout du compte. Nous y trouvons le même schéma qu’à Monstropolis. Les Esprits, sous leur apparence squelettique, sont plutôt sympathiques et souriants, ils continuent à vivre leur vie en occupant le même métier que dans le Monde des Vivants, font la fête et tirent des feux d’artifice !

Seule différence avec Monstropolis, l’aspect intemporel. Dans le Monde des Ancêtres, le temps ne semble pas passer, pas de vrais repères dans le sens où on ne retrouvera pas « d’évocations rigolotes » à des enseignes bien connues de notre 21e siècle, ou des références à des habitudes de la société de consommation, comme Disney Pixar aime parfois à le faire. Par exemple, ne vous attendez pas à voir Mama Imelda, l’arrière-arrière-grand-mère de Miguel, manger des sushis dans un restaurant du centre-ville, comme à Monstropolis !

C’est justement cette coupure avec le temps tel que nous le connaissons qu’ont voulu les créateurs de Coco. Car pour eux, le Monde des Ancêtres existe bel et bien, mais juste à côté de nous, dans un genre de dimension indépendante de la nôtre. Cette différence devait être marquée.

 » Je veux que les gens regardent ce film dans 75 ans », dit Lee Unkrich, « et qui sait ce qui sera dans le monde alors ? ».

On peut imaginer que le Monde de nos Ancêtres, lui, sera toujours le reflet, ou plus exactement, la suite du nôtre.

Ce qui relie le monde de Monstres et Compagnie à Coco
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2 commentaires sur "Ce qui relie le monde de Monstres et Compagnie à Coco"

  1. JONAT

    Ce n’est pas vraiment le 1er film d’animation sur le thème de la mort et d’une vie dans l’au-delà puisqu’il existe déjà La légende de Manolo ( The book of life en VO). D’ailleurs j’attends de découvrir Coco pour voir si il se démarque suffisamment de son prédécesseur…

  2. Elsa Lourenço Post author

    Bonjour !
    Il s’agit effectivement du premier film d’animation sur le thème de la mort chez Disney.
    La légende de Manolo, auquel les gens pensent logiquement en voyant les articles et bande-annonces sur COCO, a pourtant une histoire bien différente, il s’agit d’une histoire d’amour; ici, c’est la famille et les liens transgénérationnels qui sont au coeur de l’histoire.
    Evidemment l’histoire des deux films se situent à la même période de l’année, durant El Dia de los Muertos, mais ce n’est pas pour autant qu,ils raconteront la même histoire :) Prenons en exemple les films et dessins animés sur Noêl… Racontent ils tous la même histoire? Même si le Pere Noêl est dans les parages..? Pour avoir eu la chance de plonger dans l’univers de ce nouveau film, nous sommes certains que vous ne serez pas déçus en voyant COCO, n’hésitez pas à partager votre ressenti une fois que vous l’aurez vu ! Bonne journée à vous !

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