Iron Man : notre critique du film de Jon Favreau

Publié par Florence Varaldi le 15 mars 2014 | Maj le 28 juin 2020

Avec Avengers : Endgame, Tony Stark a tiré sa révérence de la plus noble des façons. C’est un long parcours qui l’a mené devant Thanos à enfiler le gant portant les pierres d’Infinité. Un parcours tumultueux qui a complètement transformé l’homme qu’il était lorsque que nous avons fait sa connaissance en 2008 dans le film de Jon Favreau. De plus, Iron Man est le film d’ouverture du MCU (Marvel Cinematic Universe) ! Et ça, ce n’est pas rien. Un pari risqué pour Marvel Studios et Paramount à l’époque. Retour sur la toute première aventure d’Iron Man.

Iron Man, de Jon Favreau, 2008

Iron Man, de Jon Favreau, 2008

Informations et synopsis de Iron Man

  • Date de sortie française : 30 avril 2008
  • Durée : 2 h 06 min
  • Réalisateur : Jon Favreau
  • Scénaristes : Mark Fergus, Hawk Ostby
  • Genres : Aventure, Science Fiction, Super-héros
  • Compositeur : Ramin Djawadi
  • Distributeur : Marvel Studios et Paramount Pictures
  • Budget : 140, 000, 000 $
  • Box office mondial : 585,366,247 $

Synopsis

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d’armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Afghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu’il utilise pour s’échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l’améliorer et de l’utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.

Iron Man, un film qui doit presque tout à son acteur principal

Qui est Tony Stark ? Dans les films des Marvel Studios, Tony Stark est un inventeur de génie, PDG de Stark Industries, entreprise familiale héritée de son père (personnage trouble que l’on rencontre dans Endgame), faisant essentiellement dans la vente d’armes. Adoré et détesté par tous, c’est un technicien de génie, à l’intelligence supérieure. Ce qui ne l’empêche pas d’être un imbécile fini dans ses relations avec les autres êtres humains. Playboy milliardaire imbu de sa personne, c’est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Cynique, ses traits d’humour font souvent mouche et vous arracheront plus d’un sourire pendant le film.

Sa vie aurait pu continuer à se dérouler dans le luxe et la facilité, si ce n’était un petit voyage en Afghanistan. Après la présentation de son dernier missile, le Jéricho, à des militaires américains stationnés dans une base afghane, il se fera prendre en otage par des terroristes. Gravement blessé, des éclats de shrapnel dans le cœur, il s’alliera avec un autre homme retenu lui aussi prisonnier : le docteur Yinsen, interprété très justement par Shaun Toub. Afin d’échapper à leurs tortionnaires, les deux hommes s’allient et construisent à eux deux le très petit mais surpuissant générateur ARK ainsi qu’une armure de fer. C’est ainsi que naît Iron Man. De retour aux États-Unis, Tony Stark, prend enfin conscience des conséquences de ses ventes d’armes. Il décidera de mettre son intelligence et sa fortune au service de ceux qui ne peuvent se défendre seuls. Tout en restant très imbu de sa personne, narcissique et sans-gène !

Si on n’imagine pas un autre comédien que Robert Downey Jr. pour incarner Iron Man, d’autres acteurs ont été pressentis pour incarner Stark comme Nicolas Cage ou encore Tom Cruise. Le choix de Robert Downey Jr fut une énorme prise risque à l’époque. Marvel Studios et la Paramount ont tenté un véritable coup de poker en l’engageant. L’acteur n’avait rien d’un enfant de chœur. Emprisonné à plusieurs reprises, accusé de consommation et ventes de drogues et d’armes à feu, il a passé une année en prison. Sans compter d’autres passages derrière les barreaux. De quoi rendre frileux n’importe quel producteur de cinéma. Mais l’acteur est l’exemple vivant que chacun a droit à une deuxième chance et que notre passé ne définit pas qui l’on est. Cependant, on peut s’interroger. Avec le rachat de Marvel par Disney, est-ce que Robert aurait été choisi par la Walt Disney Company pour incarner un super-héros ? Rien n’est moins sûr.

Tony Stark, en train de présenter son missile Jericho aux forces armées américaines

Philosopher en regardant Iron Man, c’est possible

Quand on lance une super-production américaine confortablement installé dans son canapé, ce n’est pas vraiment dans l’objectif de réfléchir sur le sens de la vie. Mais les films Marvel ont toujours su trouver une place à ce type d’interrogation, en second plan certes, mais cependant bien présente.

Le tout premier Iron Man est peut-être le plus sombre de la trilogie. Même si le personnage principal, dans son rôle de playboy excentrique génial, nous fait rire plus d’une fois pendant les deux heures de visionnage, il permet aussi de s’interroger sur des thèmes profonds. Le film de Jon Favreau servira ainsi de support à notre questionnement moral.

Si, si. Comment ? Tony Stark, meurtri par son expérience en Afghanistan se remettra (enfin) en question. L’argent suffit-il pour donner sens à la vie ? Tout est-il vraiment tout blanc ou tout noir ? Ne peut-on accepter de vivre dans une palette de gris ? Le cynisme est-il vraiment une voie à arpenter de nos jours ? La guerre, notamment les guerres extérieures pour les américains, sont-elles vraiment nécessaires ? Quel est donc cet ennemi que veulent nous vendre les autorités ? Sont-ils vraiment les monstres qu’on nous décrit ? Et les populations civiles ? Méritent-elles de passer leur vie avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête ?

L’enlèvement de Tony va l’amener à transformer son regard sur le monde. Et surtout, pour notre plus grand plaisir il faut l’avouer, à créer un super-héros en armure, un chevalier des temps modernes. Il découvre un sens à sa vie, en dehors de sa bulle de confort, et décide de faire régner la justice et de défendre les populations opprimées, souvent rendues invisibles. Il retrouve ainsi le sens du Bien et du Mal.

Toutefois, ses repères apparaissent fragilisés dans la trame de son histoire. Un manichéisme moral est maintenu (nous sommes tout de même dans un film de super-héros, pas dans un long métrage indépendant), mais celui-ci est tout de même interrogé au long du récit.

De plus, Tony Stark, alors même qu’il est désormais du côté du Bien, reste ironique notamment à l’égard de lui-même, permettant ainsi une distance par rapport aux super-héros plus classiques. Confronté aux séductions de notre monde post-moderne, le super-héros reste travaillé par les doutes contemporains. Il révèle aussi des faiblesses face à son principal adversaire, qui donnent à sa victoire un goût d’inachevé. Tony Stark reste enfin Tony Stark : avec son insolence et son incapacité à ne pas se vanter, notamment en public. Ce super-héros a des failles aussi bien techniques que personnelles. Et c’est peut-être cela qui fait tout son charme. Il reste profondément humain. Imparfait et humain.

Iron Man premier du nom, permet donc de s’interroger sur la nécessité des guerres, sur la menace « terroriste » et ses liens avec les industries d’armement américaines, sur le capitalisme et sa logique de profit qui ne génère que guerre, avarice et perte de sens.

Le cinéma hollywoodien offre ainsi une réflexion critique, dans un film de super-héros en armure !

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