Disney à la conquête de l’industrie du jeu Vidéo

Publié par Priscillia Dubois le 17 juillet 2018 | Maj le 17 juillet 2018

Le regard vitreux, la mâchoire grande ouverte, les doigts qui s’agitent, voilà une drôle de manière de s’amuser ; et pourtant depuis les années 1950, le virus du jeu vidéo s’est installé dans tous les foyers. Les poupées et les petites voitures sont très vite délaissées par les enfants qui, aujourd’hui, préfèrent se plonger dans les aventures immersives et interactives des consoles vidéo. Ainsi, pour assouvir les désirs des enfants et continuer de subsister dans l’industrie du jouet, Disney autorise la déclinaison de ses films animés en jeux vidéo Disney, jusqu’à l’année 1994, année où Disney décide d’adapter lui-même ses animés en jeu. C’est alors que Disney Interactive Studio vit le jour. Une industrie qui semble fonctionner car chaque année, dans le monde entier, les jeux vidéo Disney se vendent à environ 2 millions d’exemplaires. Et ce n’est certainement pas le réalisateur et producteur Tim Burton qui dira le contraire. En effet, en 2009, lors d’un entretien à MTV à propos de la sortie de son film Alice au pays des merveilles, il déclarait : « je ne suis pas vraiment un hardcore gamer. Je m’intéresse, cependant, beaucoup [aux jeux vidéo] […] Je pense que Disney Interactive Studio fait un bon travail avec, vous le savez, le peu de contenu que nous leur donnons ».

Jeux vidéo disney

Au fil des années, les jeux vidéo ont évolué, tant par leur esthétisme que par leur forme. Quels étaient les jeux d’antan et quels sont les jeux d’aujourd’hui ? Yeux sensibles veuillez-vous abstenir, car certaines images de cet article risquent de vous piquer les rétines.

Game and Watch : la console électronique devenue fossile

Micky Mouse sur Game and Watch de Nintendo

Voici un exemple de console qui s’est fossilisée avec le temps. Pourtant dans les années 1980, la console électronique de Nintendo, la Game and Watch, était une révolution dans l’industrie vidéoludique. Composée d’un seul jeu, cette console éveillait l’esprit de compétition. L’attention du joueur était alors convoquée. Pour gagner un maximum de points, il devait réceptionner, à l’aide son avatar Mickey, les œufs lancés par Minnie. Une Minnie qui n’a aucune pitié pour le pauvre Mickey, puisque celle-ci le fait courir de droite à gauche de plus en plus vite.

Le décor fixe et coloré accueille des animations en noir et blanc. Les dessins sont, quant eux, remarquables pour l’époque ; ils sont reproduits fidèlement du dessin animé. Aujourd’hui, comme tous les fossiles, la console a pris de la valeur sur le marché, elle est devenue une console de collection, mais surtout, elle témoigne d’un passé, d’une histoire, celle des jeux vidéo.

Quelques années après, les aventures de nos héros ont été adaptées sur console vidéo (console qui se branche à la télévision ou ordinateur), avec des dessins… assez caricaturaux, presque abstraits.

Voyage dans les mondes caricaturaux des jeux vidéo Disney

Snow White sur Atari

Avec la console Atari 2600, cette énorme console aux dessins simplistes qui caricaturent les héros Disney, les développeurs intègrent la notion de mondes. Ainsi, l’objectif des joueurs change, il ne s’agit plus d’accumuler des points mais de finir le jeu, de gagner tous les mondes pour arriver au niveau ultime. Aussi, le joueur se balade dans les divers univers des films Disney. Dans Snow White par exemple, le joueur qui est ici représenté par le chasseur, doit affronter tous les obstacles des mondes proposés : esquiver les lanternes qui lui tombent dessus ou encore les arbres de la forêt, tout cela sur la musique stridente du film animé. Il en est de même pour les autres adaptations sur cette console : Dumbo’s flying circus, Donald Duck, Sport Goofy et Sorcer’s apprentice.
C’est ainsi que les jeux d’aventure sont nés.

Les héros ont besoin de nous… En avant l’aventure !

Les jeux se compliquent, les héros de nos dessins animés ont besoin d’aide dans leur quête ! Les joueurs sont invités, ou plutôt immergés dans leurs films préférés. Seulement cette fois, ils participent à l’aventure. Ils deviennent les héros du jeu. Pour immerger un peu plus le joueur dans une réalité fictionnelle, les développeurs ajoutent des cinématiques, c’est-à-dire des scènes de non-jeu sous forme de petits films explicatifs qui précipitent instantanément le joueur dans la trame narrative. Dans Ducktales, The quest for Gold (1990) sur Amiga (une sorte d’énorme ordinateur), le joueur assiste à une conversion de Picsou avec son père. Ce dernier, énervé, entre dans le bureau de Picsou et confie qu’il « [est] fatigué d’être le deuxième canard le plus riche au monde » et qu’il aimerait être le plus riche avant la fin de l’année. L’aventure est ainsi lancée et c’est au joueur de résoudre le conflit.

A cette époque les personnages de jeux n’ont pas encore de voix, seule une musique rythme les aventures. De fait, les développeurs insèrent des cinématiques sous forme de bande dessinée. D’ailleurs, « le jeu vidéo n’est pas seulement un art technique, c’est aussi un art visuel, directement lié aux arts et industrie culturelle qui se sont développés avant lui, tels que le cinéma, la photo, l’animation et la bande dessinée », déclare Martin Picard dans Les enjeux esthétiques du jeu vidéo : entre art, stylistique et interactivité.

Par ailleurs, des dispositifs sont introduits pour inviter le spectateur à jouer. Les personnages communiquent avec les joueurs, sous forme de questions :

Duck Tales, The quest for gold sur Amiga Commodore

Ou bien sous forme de texte explicatif comme dans Winnie The Pooh (1985) sur Sierra  :

Winnie the pooh sur Sierra
Les développeurs sont en quête de réalisme, d’une représentation visuelle du sensible. L’esthétisme du jeu vidéo imite au mieux le visible dans un monde métaphorique, parallèle à notre réalité.

Bienvenue dans la réalité fictionnelle des classiques Disney

En 1990, le joueur se déplace, de manière linéaire, dans un décor réaliste qui imite remarquablement le graphisme des dessins animés, bien connu du joueur. Les rues sont animées, le joueur rencontre des ennemis ou croise des passants, les cheminées fument, des oiseaux volent et le personnage qu’il incarne est plus agile, plus dynamique et reprend les mimiques du héros. Aladdin par exemple, de Nintendo adapté sur Game boy et Game boy color a une démarche plutôt souple, ses sauts sont maitrisés et il marche le dos constamment fléchi : il est en position de combat. Contrairement à Mulan qui saute avec grâce et élégance avec les deux pieds joints, elle grimpe aux cordes jambes tendues et serrées et marche le dos droit et est fière, ce qui rappelle son statut de guerrière et de femme.

Mulan sur Game boy de NintendoAladdin sur Game boy Advance
Il en est de même pour tous les personnages adaptés sur console : Pinocchio, Roger Rabbit, Mickey Mouse, La Petite sirène, La Belle et La Bête, Blanche Neige, Le Livre de la jungle, Le Roi Lion, Dingo et Max, Donald, Toy Story, Pocahontas, Cendrillon… et bien d’autres.

Les jeux vidéo adaptés des films animés Disney attirent les enfants qui souhaitent participer aux aventures enchantées de leurs héros et les parents dont les personnages connus sur les jaquettes sont dignes de confiance. Ainsi, les jeux Disney ont été adaptés sur toutes les consoles : Game and Watch de Nintendo, Atari 2600, Commodore, Amiga, Sierra, Game boy, Game boy color, Game boy advance, Super Nintendo, Sega, Playstation… Les Disney sont de grandes sources d’inspiration pour de nombreux développeurs tels que Kemco, Capcom, Ubisoft, et depuis 1994 par Disney Interactive Studio.

A chaque film ou série, son jeu vidéo. Aujourd’hui Disney Interactive Studio adapte tous les dessins animés sur console et portable : Tarzan, Hercule, Nemo, Rebelle, Kim Possible, Atlantide… Le graphisme est maintenant d’un réalisme subjuguant.

Ratatouille sur Playstation

Les traits des dessins sont fins, élégants et extrêmement détaillés. Des détails qui renforcent le réalisme de la vidéo. La palette de couleurs est plus large que d’antan, ce qui permet d’effectuer des zones d’ombre et de lumière époustouflantes. Loin des déplacements linéaires des premiers jeux, le joueur est libre de tous déplacements dans le jeu : il peut regarder autour de lui, revenir en arrière, pénétrer dans une pièce, puis dans une autre autant de fois qu’il le souhaite. L’entrée au niveau supérieur n’est plus visible, le décor évolue au fur et à mesure que le personnage avance. Par ailleurs, les cinématiques sont de véritables films d’animation.

Les jeux vidéo Disney séduisent petits et grands et continueront d’enchanter le public, le dernier en date étant sur Les Indestructibles.

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