Space Mountain : l’attraction mythique des parcs Disney

Publié par Esther L. Héron le 4 mai 2023 | Maj le 11 mai 2023

Space Mountain est un emblème incontournable des parcs à thème Disney à travers le monde. En effet, la simple mention du nom de cette attraction mythique (qui signifie littéralement « montagne de l’espace » en anglais) suffit généralement aux personnes qui l’entendent pour se remémorer de quoi il s’agit, y compris les non-fans Disney. Et même au delà des parcs Disney, Space Mountain incarne ni plus ni moins que l’exemple par excellence de « l’attraction à sensations », ce qui confirme incontestablement son statut de véritable icône pop-culturelle à part entière.

Nous vous proposons aujourd’hui un focus complet et détaillé sur cette attraction Disney aussi fascinante que populaire. Parés au lancement ? C’est parti !

« Space Mountain », un hommage à la conquête spatiale

Quelques années après l’ouverture du tout premier parc Disney à Anaheim (Californie) en 1959, les imagineers avaient commencé à mettre au point un projet de montagnes russes, afin de compléter l’offre du parc en matière d’attractions à sensations. En effet, seule l’attraction Matterhorn Bobsleds en faisait alors partie, à savoir un parcours de type montagnes russes en plein air.

Afin de diversifier les différents types d’expériences proposées au sein du parc et ne pas risquer une simple redite d’une attraction déjà existante, il est alors question de créer un tout nouveau concept qui consisterait en un parcours de montagnes russes mais cette fois-ci en intérieur, et donc totalement invisible du public depuis l’extérieur, y compris pendant la file d’attente, tendant ainsi à renforcer le mystère et l’idée d’immersion dans un autre univers. Autrement dit, les concepteurs voulaient que les visiteurs pénètrent à l’intérieur d’un gigantesque bâtiment sans réellement savoir ce qui les attendait derrière… Une démarche s’inscrivant dès lors parfaitement dans l’essence même des parcs Disney voulue par Walt Disney lui-même, à savoir un lieu où le public serait libre de laisser son esprit s’envoler vers des mondes imaginaires et inaccessibles au cours de la vie quotidienne.

Le projet connaîtra malheureusement bon nombre de difficultés dans sa mise en œuvre – notamment techniques du fait de l’époque – et ne verra donc concrètement le jour pour la première fois qu’en 1975 à Walt Disney World, en Floride. Pour des raisons de cohérence visuelle et de storytelling, l’idée première des imagineers d’intégrer une autre version de Matterhorn Bobsleds au sein du Magic Kingdom de Walt Disney World est alors écartée au profit du projet Space Mountain, ressorti des cartons pour l’occasion.

Puisque c’est au sein du land Tomorrowland (un land reprenant les thèmes du futur et de l’innovation) que se situe alors l’emplacement privilégié pour accueillir une nouvelle attraction, les imagineers affinent le concept de « montagnes russes de l’espace » pour que celui-ci s’incorpore impeccablement dans la cohérence esthétique et thématique du land. C’est donc après avoir donné un aspect futuriste au bâtiment depuis l’extérieur que le cœur de Space Mountain va être dévoilé : puisqu’il s’agit de montagnes russes « en intérieur », et donc dans le noir, les concepteurs utilisent alors l’obscurité comme un élément de storytelling à part entière. Tout comme dans le cas d’un véritable voyage dans l’espace, les guests demeurent dans l’incertitude de ce qu’ils vont découvrir jusqu’au dernier moment, puis, une fois à bord de l’attraction, commence pour eux une excursion à toute vitesse dans les confins de l’espace, entre obscurité, jeux de lumière et effets sonores.

Aujourd’hui, Space Mountain est présente dans chacun des parcs Disney du monde, à l’exception de Shanghai Disneyland. Cela fait donc bientôt 50 ans que Space Mountain passionne toujours autant adolescents, jeunes adultes et personnes avides de sensations fortes et d’expériences sensorielles dans les parcs à thème.

Une aventure qui n’est d’ailleurs pas prête de se terminer, étant donnée la détermination des imagineers à constamment faire évoluer l’attraction avec son époque et son public; et c’est d’ailleurs ce que vous comprendrez plus amplement dans la suite de cet article.

Space Mountain à Disneyland Paris

Petite escale à présent du côté du parc parisien. En effet, ce dernier dispose lui aussi de sa propre version de l’attraction mythique, et le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci aura effectivement bien évolué au fil du temps, depuis sa première ouverture en 1995.

« Entre la Terre et la Lune commence l’aventure »

« Concept Art pour « Space Mountain : de la Terre à la Lune »

Si cette formulation vous dit quelque chose, vous faites probablement partie des fans de la première heure, car elle est issue d’un spot promotionnel notamment inclus au début des cassettes VHS Disney à la fin des années 1990, coïncidant ainsi avec la date d’inauguration de la toute première version du Space Mountain de Disneyland Paris, en 1995.

Il est intéressant de noter qu’à l’origine, la zone que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Discoveryland était au départ censée s’intituler Discovery Mountain et être entièrement inspirée des univers littéraires de Jules Verne. En effet, les imagineers souhaitaient que le parc parisien présente une identité propre, nécessairement influencée par celles de ses cousins américains, mais avec tout de même ses propres spécificités tant au niveau de ses inspirations visuelles que de ses influences culturelles et historiques.

Mais le land originellement imaginé par les imagineers avant l’ouverture du parc dans les années 1980 était d’une telle envergure (de nombreuses attractions, restaurants ou encore parcours scéniques à pied étaient prévus, le tout intégralement inspiré des univers de Jules Verne avec un très haut niveau de thématisation et de détails) que le projet dut finalement être abandonné, car les travaux n’auraient fatalement pas pu être terminés à temps pour l’ouverture du complexe parisien en 1992. Il a donc fallu repenser le concept en conséquence, car l’ouverture d’une attraction à sensations principale au sein du parc demeurait malgré tout une nécessité, au vu du succès des versions floridienne et californienne auprès des visiteurs. Il était donc absolument question d’incorporer une attraction de type « montagnes russes en intérieur » à Disneyland Paris ; restait seulement à savoir quelles allaient être la thématisation et la storyline de celle-ci.

Finalement, la version parisienne de Space Mountain s’incorporera dans les codes visuels steampunk de sa zone d’attache, Discoveryland, un land sur les thèmes du voyage, de la découverte et de l’aventure, qu’elle soit spatiale (avec donc Space Mountain et désormais aujourd’hui Star Tours ou encore Buzz Lightyear : Lazer Blast), sous-marine (avec Les mystères du Nautilus) ou même terrestre (avec Autopia).

Le land n’est donc finalement pas entièrement centré autour de Jules Verne mais l’influence reste très présente car les références y sont nombreuses, y compris pour Space Mountain qui s’intitule alors à son ouverture au public en 1995 Space Mountain : de la Terre à la Lune, offrant donc aux visiteurs la simulation d’un voyage vers la Lune tout comme dans le roman éponyme du célèbre auteur français.

Space Mountain : Mission 2, la suite logique

Inaugurée en 2005 pour remplacer Space Mountain : de la Terre à la Lune, Space Mountain : Mission 2 est l’illustration parfaite de toute la créativité et l’ingéniosité des imagineers de Disneyland Paris à cette époque. En effet, « Mission 2 » ne fait pas simplement office d’argument marketing seulement destiné à attirer de nouveaux visiteurs avides d’un renouveau constant concernant l’offre d’attractions au sein du parc. Bien que cette première hypothèse aurait été tout à fait plausible et même logique, les concepteurs de l’attraction ont malgré tout bien pris soin de créer une véritable cohérence entre les deux versions. Ainsi, là où « de la terre à la lune » proposait une excursion spatiale en direction de la lune à ses passagers, « Mission 2 » revient avec l’ambition de cette fois-ci aller encore plus loin, et d’ainsi faire découvrir aux visiteurs les confins de l’espace et de la galaxie et donc de se rendre là où personne n’était encore jamais allé. Il s’agit donc là d’une véritable montée en puissance, dans tous les sens du terme, de l’expérience d’immersion proposée au public. Si le parcours de l’attraction à proprement parler ne fut alors pas modifié (les « sensations » au sens littéral sont demeurées les mêmes), les effets sonores et visuels avaient quant à eux été retravaillés afin d’offrir aux guests une toute nouvelle expérience, tout en restant dans la cohérence de l’ancienne.

Hyperspace Mountain : l’influence de la pop-culture cinématographique

C’est en 2017 que la direction artistique et créative qui guidait jusqu’alors la conception de Space Mountain à Disneyland Paris prend un autre chemin. Désormais, l’époque est à la satisfaction du public et de ses préférences quant aux univers représentés au sein du parc parisien. En ce sens, il n’est donc plus question de poursuivre la storyline inspirée de la vision de la conquête spatiale décrite en littérature par Jules Verne, mais bien de marquer une nouvelle évolution visuelle et inspirationnelle en mettant cette fois-ci à l’honneur l’univers esthétique et scénaristique de la saga cinématographique Star Wars.

Les différentes versions de Space Mountain à travers le monde

Space Mountain est donc une attraction qui a fait preuve d’un caractère véritablement évolutif au fil du temps, même au sein d’un seul et même parc. Mais elle incarne aussi et surtout un dénominateur commun à quasiment tous les parcs Disney dans le monde ; chaque version actuelle présentant ses propres caractéristiques.

La version de Floride : le Space Mountain originel

La première version de Space Mountain, à Magic Kingdom en Floride @Walt Disney World

L’actuelle version de Space Mountain présente au Magic Kingdom de Walt Disney World en Floride (le tout premier Space Mountain, donc, comme mentionné précédemment) est un peu particulière puisqu’elle est équipée de, non pas un, mais deux trains de wagons dont le départ se fait simultanément à chaque tour, afin de donner aux visiteurs à bord l’impression d’une sorte de course dans l’espace entre les deux, ce qui donne un côté assez ludique et familial à l’attraction. D’ailleurs, sa vitesse maximale n’atteint que 43km/h, là où le Hyperspace Mountain de Disneyland Paris peut atteindre jusqu’à 75km/h.

Aussi, les passagers sont installés les uns derrière les autres et non pas côté à côte dans les wagons, exactement comme dans Matterhorn Bobsleds. La version floridienne de Space Mountain a donc vraiment conservé son concept et son essence d’origine, en étant directement inspirée de Matterhorn Bobsleds dans sa forme de parcours, tout en présentant un caractère novateur avec son thème spatial.

La version californienne

Space Mountain à Disneyland Resort @wikipedia

Elle est moins grande en terme de taille, tout simplement du fait de la superficie réduite du Disneyland de Anaheim par rapport au Magic Kingdom de Orlando. Mais la version californienne n’a pour autant rien à envier à sa cousine floridienne. La file d’attente y est notamment très travaillée au niveau de ses décors, avec une thématisation axée sur la reconstitution d’un vaisseau spatial rappelant fortement celle de Star Tours. Puis, l’embarquement se fait cette fois-ci à bord d’un train de type roller coaster avec des places côte à côte comme à Disneyland Paris, avant d’être propulsé dans un voyage à travers la galaxie où s’entrecroisent de nombreux effets de lumière.

La version de Hong Kong : un autre Hyperspace Mountain

A Hong Kong Disneyland, Space Mountain a aussi été rethématisé autour de Star Wars @Hong Kond Disneyland Resort

Pour ce qui est de Hong Kong Disneyland, comme pour la version plus récente de Disneyland Paris, c’est la thématique de Star Wars qui a été retenue. Le parcours a donc été conçu pour rappeler l’univers intergalactique de la saga et est accompagné du thème musical des films, ce qui s’inscrit parfaitement dans la cohérence du land au sein duquel l’attraction se situe, à savoir Tomorrowland, celui-ci étant désormais, dans sa version la plus récente, un land principalement consacré aux univers Marvel et Star Wars.

Une conception inédite de Space Mountain à Tokyo Disneyland en 2027

La version actuelle de Space Mountain à Tokyo Disneyland, semblable à celle de Anaheim en Californie @Tokyo Disney Resort

Enfin, il n’était pas possible de parler de Space Mountain dans sa globalité sans évoquer celui de Tokyo Disneyland, qui s’apprête à une réhabilitation massive dont le résultat sera dévoilé à l’issue de pas moins de 3 ans de travaux. En effet, la version actuelle (calquée sur celle de Californie) va fermer ses portes en 2024 pour n’être rouverte qu’en 2027.

Concept Art de la future version de Space Mountain à Tokyo Disneyland, qui ouvrira en 2027 @Tokyo Disney Resort

Si le concept original de montagnes russes « en intérieur » sera conservé, le parcours, les effets ainsi que l’architecture du bâtiment seront quant à eux entièrement repensés. C’est même en réalité toute la zone entourant l’attraction qui va être rethématisée, au profit d’une réinterprétation inédite des codes visuels et éléments caractéristiques d’un land Disney consacré au « futur ». C’est donc une toute nouvelle vision qui va être proposée par les imagineers en charge de ce projet à Tokyo Disneyland, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’une conception moderne et très novatrice de l’attraction et de ce qu’elle peut incarner ; conception portée par l’idée d’espoir d’un futur meilleur.

En effet, l’un des éléments principaux sera notamment la végétation (qui n’est habituellement pas extrêmement présente dans des lands tels que Tomorrowland ou Discoveryland dans les autres parcs Disney), pour symboliser l’idée selon laquelle la notion d’avenir devrait être assimilée à une reconnexion entre les humains et la nature. Le land ainsi nouvellement thématisé serait donc dès lors la représentation d’un espace galactique végétalisé, comme pour montrer que le progrès et l’évolution futuristes ne doivent pas pour autant nécessairement être synonymes d’une industrialisation intégrale de l’architecture et de l’environnement qui nous entoure, impliquant la disparation de la nature et de la végétation. Au contraire, ce nouveau land incarnera l’équilibre entre évolution et respect de la nature.

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