Mary Poppins : critique et analyse du chef d’œuvre de Walt Disney

Publié par Colombe le 27 décembre 2018 | Maj le 27 décembre 2018

Étonnante jeune femme aussi stricte qu’imaginative, Mary Poppins est à l’image du vent, une bourrasque fraîche et vivifiante qui vient faire le ménage dans nos vies parfois chaotiques. Dans la rigueur de ses mots, sa tendresse touche, aussi bien pour les enfants qui cachent leur tristesse, que pour les parents qui se sont perdus en chemin. Intemporelle, Mary Poppins sait agir en tout temps et mieux encore nous émouvoir, malgré le grand âge de son film apparu en 1964. Et pourtant ! Que de difficultés il y a eu pour mettre son histoire en scène ! Cela vaut-il, peut-être, qu’on y prête un regard attentif ? Et puis, mieux vaut réviser sa leçon si nous tenons à la retrouver au cinéma ! Alors, attention au vent venant de l’Est chers amis, ça va secouer !

Mary Et Bert vous saluent pour cette analyse!

Mary Poppins, ou l’histoire d’un ange muni d’un parapluie.

  • Production: Walt Disney Pictures
  • Titre original : Mary Poppins
  • Titre français : Mary Poppins
  • Diffusion française : 15 Septembre 1965
  • Diffusion américaine : 27 août 1964
  • Réalisateur : Robert Stevenson
  • Scénario : Bill Walsh et Don DaGradi
  • Musique : les frères Sherman

Synopsis

Difficile pour Monsieur et Madame Banks de s’occuper de leurs turbulents enfants, surtout quand ils font des siennes à leurs nounous ! Mais où trouver une gouvernante qui satisfasse autant le besoin des enfants que celui des parents ? Le vent vient alors de l’Est, laissant entrevoir dans le ciel, un parapluie étonnant déposant élégamment une belle et jeune femme à leur porte…

Mary Poppins !

Les origines du film

Avant toute chose, Mary Poppins n’est pas une comédie musicale… mais un livre !

Mary Poppins est adaptée de l’histoire originale écrite par Pamela L.Travers (ou Helen Lyndon Goff de son vrai nom), en 1934. Romancière, actrice et journaliste australienne, P.L. Travers est née le 9 août 1899 à Maryborough puis décédée à Londres le 23 avril 1996. Elle est principalement connue pour avoir écrit une série de romans sur son héroïne de toujours qui connaîtra un réel succès, au point même d’être traduit dans plus de vingt langues ! Le huitième et dernier tome apparaît d’ailleurs en 1988, sous le titre de « Mary Poppins and the House Next Door » (Mary Poppins et la porte de la maison voisine).

Pour autant, le livre n’est pas aussi féerique que l’adaptation cinématographique que nous connaissons. P.L. Travers nous décrit Mary Poppins comme une gouvernante froide, sévère, peu souriante et plus que vaniteuse. Elle est à peine polie, ne répond à aucune question et nie tout rapport à la magie alors qu’elle en génère dans chacune des tâches qu’elle effectue avec Jane et Michael. Et c’est ce qui rend la lecture de cette histoire à chaque fois féerique et exceptionnelle. Mais un tel contraste est étonnant et nous fait même poser quelques questions : est-ce que l’auteure a écrit ce livre dans le but d’offrir un peu de magie aux enfants, ou est-ce une œuvre autobiographique qui lui a permis de tourner la page sur son passé ?

Dans tous les cas, le livre étonne et fait rire. Et il plaît tellement aux enfants qu’il en devient un vrai succès… et ne passe pas inaperçu aux grandes oreilles de Walt Disney !

L’autorisation du film

Walt Disney voit très rapidement en Mary Poppins le succès d’une adaptation au cinéma. Et c’est avec témérité qu’il cherche une collaboration avec P.L. Travers. Mais l’écrivaine est têtue et très attachée à ses personnages. Elle refuse catégoriquement une adaptation en dessin animé, convaincue même que cette dernière ne rendra pas justice à l’univers qu’elle a créé. Et Walt Disney devra patienter 17 ans avant d’obtenir enfin l’autorisation d’une production en prise de vue réelle en 1960. Néanmoins, sous conditions : que P.L. Travers choisisse le rôle-titre et valide le scénario !

C’est d’ailleurs cette longue période de tractation et d’échanges vifs entre l’auteure et Walt Disney qui est mise en avant dans le film « Dans l’ombre de Mary » sorti en 2014, et réalisé par John Lee Hancock. Même si ce pan d’histoire a été beaucoup romancé, le film reste assez vrai sur les interminables sessions correctives du scénario qu’enregistrait P.L. Travers au cours des réunions.

La production du film

Une fois la mécanique en marche, les scénaristes Don DaGradi et Robert Sherman ne perdent pas de temps à la tâche. Sept chapitres du livre sur les 12 sont sélectionnés, avec la nécessité soulignée par Disney d’expliquer en début de film ce que signifie une « nounou ».

Mais malgré tous les efforts de la préproduction du film pour plaire à P.L Travers, l’histoire de Mary Poppins devient une adaptation beaucoup plus adoucie et joyeuse qu’escomptée. Confrontée à « la machine Disney, déjà trop avancée pour pouvoir reculer » (« Mary Poppins, She Wrote » de Valerie Lawson), l’auteure voit son livre changer radicalement. Et qu’importe ses dernières directives à la validation définitive du scénario… le tournage commençait déjà.

Le tournage du film

A partir de cette étape, les archives (« The Triumph of American Imagination» de Neal Gabler) estiment la présence constante de Walt Disney sur le plateau, pour veiller à ce que le caractère joyeux du film ne soit pas terni. Chaque scène est minutieusement tournée, voire répétée quand il y a un décalage de quelques centimètres. Et finalement, le tournage sera aussi lent et épuisant que l’écriture du scénario !

Quant aux effets spéciaux, on préfère notamment le tournage des prises de vue réelles, que de la rétroprojection qui implique le tournage des acteurs après l’animation. Le film utilise également d’autres effets spéciaux comme l’enregistrement image par image et le défilement inversé qui servira à la scène du rangement de la chambre des enfants.

Julie Andrews, Walt Disney et P.L.Travers

L’animation du film

On arrive enfin au sujet qui a suscité un long litige entre Walt Disney et P.L. Travers qui refusait toute animation dans cette adaptation. Pourtant, Walt Disney a eu le dernier mot, et propose une longue séquence d’animation qui est celle de la balade de Mary Poppins dans les toiles de Bert. La réalisation durera environ 11 mois et sera réalisée après tournage.

La composition du film

Les frères Sherman sont aux commandes de l’adaptation musicale de l’œuvre. Ils composeront en premier lieu « Feed the Birds » (Nourrir les p’tits Oiseaux). Et si certaines chansons sont conçues pour satisfaire le scénario, d’autres sont écrites selon l’imagination débordante des frères, comme « Chim Chim Cher-ee » (Chem Cheminée), « A Spoonful of Sugar » (La médecine à couler) ou « Let’s Go Fly a Kite » (Laissons-le s’envoler), en s’inspirant de leur enfance.

Récompenses

Le film Mary Poppins est montré finalement comme une adaptation libre du livre original. Contrairement à ce dernier, le film est plus que joyeux, plongé dans un univers édouardien et fantaisiste avec des sentiments innocents, le tout rythmé par de très nombreuses chansons. Les effets spéciaux sont travaillés avec soin et les danses sont synchronisées à l’animation, au geste près. Le film est considéré comme « l’un des plus magnifiques exemples de divertissement venus d’Hollywood » (Hollis Albert dans le Saturday Review) et gagnera de très nombreuses récompenses comme par exemple :

  • Les Oscars en 1965 pour la meilleure actrice, les meilleurs effets visuels, le meilleur montage, la meilleure musique originale et la meilleure chanson originale (Chem Cheminée),
  • Le Golden Globes en 1965 pour la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie,
  • Le Grammy Awars en 1965 pour la meilleure musique originale pour le cinéma ou la télévision,
  • L’Américan Cinema Editors Awards en 1965 pour le meilleur film…

Et le succès vient aussi grâce aux choix des acteurs, comme Julie Andrews qui recevra une ovation pour son interprétation de Mary Poppins. Par ailleurs, connaissez-vous la voix française des acteurs américains ayant joué dans le film ?

  • Julie Andrews (Mary Poppins) : Eliane Thibault (qui lui prête sa voix pour trois autres films),
  • Dick Van Dyke (Bert) : Michel Roux (qui prête aussi sa voix à Peter Sellers dans le retour de la Panthère Rose, mais aussi… à Elvis Presley),
  • David Tomlison (Mr Banks): Roger Tréville (qui prête sa voix à Rex Harrison dans Cléopâtre en 1963),
  • Glynis Johns (Mme Banks) : Anne Germain (qui prête sa voix à … Catherine Deneuve pour le chant dans les films musicaux comme Les Demoiselles de Rochefort et Peau d’âne !).

C’est parti pour la critique!

Critique du film Mary Poppins

Avec un film qui a connu autant de succès, difficile de donner une critique objective ! Mais même les plus grands chefs-d’œuvre ont leurs défauts, surtout quand on les revoit 54 ans après sa sortie. La meilleure question que l’on pourrait alors se poser alors serait de savoir si Mary Poppins a bien vieilli avec son temps !

La reprise du roman

Commençons par le point qui fâche, l’adaptation du roman. Comme expliqué auparavant, le livre n’est merveilleux que dans les balades que proposent Mary Poppins aux enfants. Mais enlevez ces passages joyeux et vous retrouverez la rigueur stricte et tristement célèbre des gouvernantes londoniennes. Les enfants sont menés à la baguette; l’ordre et l’éducation sont de mises et surtout, les frivolités sont interdites ! Quel changement par rapport à la manière d’élever nos bambins aujourd’hui : on les écoute, on les couve, souvent un peu trop, souvent pas assez. Parfois même, mènent-ils la danse avant que nous ayons eu le temps de les calmer ! Le contraste est étonnant et fait du livre Mary Poppins, une histoire ancrée dans son époque.

A l’instar du livre, le film va aussi dans ce sens. Même si Walt Disney a toujours eu sa manière féerique d’adoucir les contes les plus extrêmes, l’histoire de Mary Poppins reste encore ancrée dans une certaine rigueur qui n’existe plus aujourd’hui. Un mal ou un bien ? peut-être seulement une évolution différente. Mais de fait, il n’est pas adapté à notre époque et peut donner un sentiment un peu vieilli.

Son plaisant casting

On s’arrêtera à deux acteurs phares : Julie Andrews et Dick Van Dyle !

Et commençons par la plus belle…

Julie Andrews ne connaît que la scène de Broadway à ses débuts, gagnant même en popularité grâce à son rôle féminin principal dans My Fair Lady d’Alan Jay Lerner et Frederick Loewe. Elle enchaînera même des rôles de princesse jusqu’à être aperçue par Walt Disney, venu la voir à l’un de ses spectacles. Le charme fait mouche et il lui propose directement le rôle de Mary Poppins, pour sa voix mais aussi pour savoir siffler avec justesse ! La suite est celle que l’on connaît maintenant : Mary Poppins sera l’un de ses plus grands succès et lui permettra de connaître de grandes opportunités comme La Mélodie du Bonheur ou Victor Victoria. Elle se consacre même à quelques rôles légers comme… la reine Clarisse dans « Princesse malgré elle » ou bien prêtant sa belle voix à la narratrice du film « Il était une fois ».

Et puis il y a Dick…

Il est un peu comme un couteau-suisse : producteur, scénariste, et réalisateur américain, Dick Van Dyke a tout d’abord commencé en tant que présentateur à la télévision puis se lance dans les comédies musicales, où il fera aussi son expérience à Broadway. Et puis, les années 1960 passent, jusqu’au succès de son premier film « Bye Bye Birdie » où il sera interpellé pour jouer Bert dans Mary Poppins. A l’origine, son personnage n’était pas autant développé dans le livre : présenté dans l’histoire originale comme un simple artiste de rue, Bert devient rapidement le pendant féminin de Mary Poppins dans le film, et devient même un homme touche-à-tout avec sa philosophie et son propre thème musical. Un rôle qui va à ravir à Dick Van Dyke, lui permettant de connaître à son tour son succès et de développer sa carrière entre grands et petits rôles comme… celui de M. Dawes Jr dans le Retour de Mary Poppins !

Mary Poppins

Un couple efficace !

Une musique… « supercalifragilisticexpialidocious » !

Une chose que l’on peut tous dire : c’est que la musique rythme le film avec brio. C’était encore une époque où l’on savait appuyer le geste d’un personnage avec un air de flûte montant dans les aigus, ou la note d’un violon jouée longuement pour soutenir un regard sérieux. Voir Mary Poppins sans sa musique et ses chansons, c’est un peu comme profiter d’un bon gâteau au chocolat sans le chocolat.

Mais parfois, on peut se sentir un peu trop noyé par le flux de la musique, surtout quand elle accompagne la chorégraphie des danseurs. La scène des ramoneurs notamment, traîne rapidement en longueur et nous donne un sentiment de lenteur alors qu’on se rapproche de la fin. Un moyen comme un autre de retarder l’imminent départ de Mary Poppins ?

Des décors et des effets soignés

Les costumes, la rue des cerisiers, le charme anglais d’une rue londonienne… en plein cœur d’un tournage américain ! La magie de Walt Disney Pictures se trouve bien là. A chercher autant la perfection, il permet une meilleure immersion dans l’univers des films qu’il nous propose de découvrir. Le détail est tellement poussé à son extrême que tout paraît simple et magique, comme l’animation implantée dans les images filmées en prises de vue réelles ou bien les quelques cascades de Mary Poppins s’envolant dans les airs. On ne voit aucun fil, aucun défaut, à moins de réellement chercher la petite bête. Et comparé à ce que l’on peut voir aujourd’hui, le film donne l’effet même d’un travail de longue haleine accompli et parfait !

Et pour conclure ?

Mary Poppins est un excellent film pour son époque et qui techniquement, n’a absolument pas vieilli. On pourrait même dire que sa perfection pourrait être donnée en exemple à nos réalisateurs d’aujourd’hui qui oublient parfois un micro ou un technicien durant une prise.

Mais hélas, si Mary Poppins reste intemporelle, l’univers dans lequel elle évolue ne l’est pas pour autant. Malgré toute sa douceur, le film montre un aspect vieilli, surtout accentué par sa musique et ses couleurs saturées. Pour autant, il ravit le cœur des enfants comme des adultes, grâce à ses chansons entraînantes et souvent réconfortantes.

Pour conclure, Mary Poppins est un peu ce genre de film que l’on apprécie à certaines époques de l’année, comme à Noël par exemple. Là où l’espoir se réveille et nous amène à croire à la réalisation de tous nos rêves. Ou même dans nos moments de chagrin : c’est un peu « le morceau de sucre qui aide la médecine à couler ! »

Il le savait… l’analyse venait de l’Est!

Analyse du film Mary Poppins

Nounou certifiée favorite par tout enfant et tout parent, Mary Poppins a le chic pour apparaître et faire le ménage là où l’on ne s’y attend pas. L’analyse voudrait que nous parlions de sa véritable présence dans la maison Banks. Serait-elle vraiment présente pour aider les enfants ? Ou ne serait-ce qu’une feinte pour s’occuper réellement de leur parent et Mr Banks en priorité ?

Le film « Dans l’ombre de Mary » a son opinion sur le sujet, qui fait que nous allons résumer simplement cette théorie pour nous concentrer sur une autre lecture plus enfouie qui tournera autour de … Bert ! Eh oui, le ramoneur a bien sa place dans cette histoire adaptée. Là où Mary Poppins ne peut pas agir, Bert intervient pour chanter sa philosophie de vie et agir tel un vent d’Est sur la famille Banks !

La Philosophie de Bert

Chem cheminée, chem cheminée, chem chem tchéro !  / Moi j’aime bien ce que je fais car j’fais rien que c’que je veux / Aussi chaque jour je crayonne ainsi sur le pavé /Je peux dire que je suis artiste… Faut le faire remarquer / Afin de trouver tant de choses je gamberge dans ma grosse tête

[…]  / Pour avoir de la chance, prends ta chance telle qu’elle vient / Chem cheminée, chem cheminée, chem chem tchéro !  / Dans vos mains je trouve chaque fois mon étoile d’or !

Ces paroles sont dites avec tellement de légèreté, qu’on en oublie parfois leur profondeur. Pourtant, Bert ne semble pas malheureux quand il les chante au vent, en compagnie des habitants du quartier, des oiseaux ou bien même des enfants Banks. Bert est présenté humblement ainsi : un homme à tout-faire, capable de démarrer un nouveau métier chaque jour. Une fois musicien, le lendemain peintre et le jour suivant, ramoneur !

Pour Bert, chaque jour est une nouvelle occasion de démarrer une nouvelle vie, à condition seulement d’aimer ce que l’on fait. Pourtant cette philosophie est totalement contraire à celle que l’on peut vivre aujourd’hui, ou à l’époque du film : là où le plus important est de gagner sans escompter, gagner en compétence et en renommée, l’artiste ici se contente de vivre avec ses propres choix et ses propres idées, même si la vie n’est pas toujours clémente. Mais l’est-elle pour n’importe qui ? Bert le sait mieux que personne, lui qui se dit au bas de l’escalier.

Pourtant il ne perd jamais courage, il réinvente chaque jour un nouveau moyen d’avancer sans discontinuer. Il n’est peut-être pas aussi ambitieux ou fortuné que Mr Banks, mais il a quelque chose pour lui qui le rend tout aussi riche : son cœur et ses croyances. Croire c’est pouvoir et il pourrait très bien y arriver s’il le souhaitait. Peut-être même qu’il a finalement atteint ce qu’il souhaitait : il travaille dur mais il sait profiter de chaque instant de la vie, ce que beaucoup ont tendance à oublier quand le travail surpasse la détente.

Sa rencontre avec Mary Poppins

Oh, quelle jolie promenade avec vous, Bert / Des hommes pareils y’en a peu / Vous êtes un diamant à l’état brut, Bert / Dans votre cœur tout est bleu /Vous ignorez le profit de votre avantage / Vos manières d’être sont une marque de noblesse / Je suis assez fière, c’est vrai, à votre bras.  / Vous êtes gentil, sincère et délicat / Oh quelle jolie promenade avec vous, Bert

A tant d’altruisme parfois, on oublie souvent qui on est. Sa promenade avec Mary Poppins le souligne bien d’ailleurs : Bert est un homme droit et juste qui sait écouter et parler aux gens comme il faut, le cœur sur la main et toujours partant pour rendre service. Aussi, les louanges de Mary Poppins ne sont pas feintes : « Son cœur est bleu » montre que Bert est un vrai prince en son âme ; qu’importe finalement sa condition ou son travail d’ailleurs. Le plus important est ce qu’il en fait et comment il évolue.

Et Mary insiste sur cet avantage. Car au-delà d’être un homme multi-tâches, c’est un homme qui sait écouter au bon moment, comme pour les enfants Banks. En alternance avec Mary Poppins, il veille sur Jane et Michael tout en les rassurant sur leur relation avec leur père, tout en exprimant même son opinion : Il faut comprendre que ces bouts de choux sont chéris quand ils ne vont pas bien. Mais personne ne chérit leur père quand lui ne va pas bien ; il travaille et garde ses problèmes dans son cœur car il ne peut se confier à personne d’autres.

Mais pourtant, Bert a aussi son opinion sur l’attitude de Mr Banks…

Sa discussion avec Mr Banks

Savez-vous ce qu’elle a fait ? À présent je le sais / Elle s’est arrangée pour que je conduise les enfants à la banque / Et ça été la source de tous mes ennuis

[…]

Oui mais quand les gosses se mettent à crier / Vous n’avez pas le temps de les distraire / Regardez pourtant leurs petits sourires / Qui vous disent qu’ils sont fiers / Parce que leur père sait toujours bien ce qu’il faut faire

Oui, évidemment, cependant…

[…]

Pendant qu’on gagne, gagne, gagne sa situation / Jeunesse s’éclipse et glisse comme du sable / Les gosses ont grandi et puis se sont envolés / Il est trop tard pour leur donner / Juste ce morceau de sucre qui vous aide la médecine à couler / La médecine à couler, médecine à couler

Encore une fois dans le rôle du confident, Bert est là quand il faut pour entendre la complainte de Mr Banks. Pourtant, n’est-il pas aveugle de travailler autant sans regarder véritablement ce qui constitue sa plus belle richesse, ses enfants ? Et Bert a les mots qu’il faut pour le dire, puisqu’il reprend les paroles même de la chanson de Mr Banks pour appuyer ses propos. Parfois, on dit des choses qui à nos oreilles semblent logiques, mais venant des autres, quelque chose cloche. Cette morale là est, bien sûr, celle principale de l’histoire. La plus belle richesse est celle de prendre soin de sa famille. Mais il fallait bien deux interlocuteurs comme Mary Poppins  et Bert, pour qu’enfants et parents comprennent la leçon !

Conclusion

Un morceau de sucre rend plus doux le chemin

Et vous devez en manger votre part chaque matin

Une phrase véridique que murmure Bert vers la fin de ce film. Même quand la vie est ingrate, il faut savoir profiter des petits moments doux de la journée. Cela passe par une chose que l’on aime et quelqu’un que l’on aime. Une pensée positive chaque jour est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler !

Bert vous salue!

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