La Belle et La Bête (2017) : analyse du teaser

Publié par Sara Razowski le 25 mai 2016 | Maj le 4 juin 2017

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Les Walt Disney Studios ont débuté la semaine en beauté en dévoilant la première bande-annonce de leur film La Belle et la Bête, avec Emma Watson et Dan Stevens dans les rôles-titres. Cette réalisation de Bill Condon sortira sur nos écrans français le 29 mars 2017. Pour commencer, nous vous invitons à regarder ce teaser trailer.

L’introduction

Cette bande-annonce est un hommage en soi au Grand Classique du même nom, sorti en 1991. Ce visuel débute avec la représentation de la maison de production et son emblématique château, où nous pouvons apercevoir Clochette allumer une lumière dans l’un des donjons représentant « l’aile ouest » de celui de la Bête, accompagné du logo « Disney » sous la neige, ce qui nous donne un premier indice sur la saison durant laquelle se déroule l’action. Pourquoi l’hiver ? Si nous nous remémorons l’introduction du film d’animation, le Prince a refusé de loger une vieille dame qui souffrait du froid « un soir d’hiver« . La malédiction est tombée sur le château ce soir-là et tout au long du trailer, nous observons la neige se transformer en glace et prendre possession des murs de la bâtisse et ainsi recouvrir les lieux du sortilège. Un procédé aujourd’hui populaire avec Disney, qui aime customiser et changer au gré de ses films son générique d’introduction et par la même occasion son emblématique château.

Capture d'écran du logo du trailer

Capture d’écran du logo Disney du trailer

La musique du teaser

La musique extradiégétique est une réécriture de la mélodie que nous entendons en introduction dans le dessin animé. Intitulée « Prologue« , elle nous contait les origines de la malédiction qui a transformé le Prince en Bête et ses serviteurs en objets domestiques. Cette partition a été retravaillée par Alan Menken, qui avait composé la première version. La musique est jouée dans un rythme plus lent, qui résonne dans chacune des pièces et plante le décor dans lequel l’action évoluera. De plus, la douceur des notes au piano, plus marquées que dans la version originale, associées au lent déroulement des plans descriptifs, anime ce lieu en le plaçant dans un autre espace-temps, un endroit plein de magie qui met en avant le côté intemporel de cette fabuleuse aventure dont les leçons de vie sont toujours d’actualité et font de ce conte de fées une histoire éternelle.

Alan Menken interprète La Belle et la Bête

Alan Menken interprète La Belle et la Bête

Le château de la Bête

L’extérieur

La bande-annonce plante le décor. Nous avons un panoramique extérieur du château, filmé en contre-plongée, avec des prises de vue identiques à celles du film d’animation. La contre-plongée accentue la démesure et l’immensité de la demeure princière, faisant ainsi écho à la puissance du châtelain.

L’intérieur

L’intérieur du château est décomposé en deux types de luminosité, que nous pouvons différencier par les couleurs utilisées. Nous commençons par pénétrer dans une grande salle (sans doute celle de bal) baignée par une lumière naturelle mais qui semble vide de toute vie, seul un piano trône au milieu, avec des lustres dans la pénombre. Puis, nous poursuivons notre visite dans une succession de pièces éclairées par une lumière artificielle diffusée par des bougies, mettant en valeur une splendeur révolue. Ces différents plans, qui mettent en scène de nombreux chandeliers et lustres éclairés à la bougie, sont un bel hommage au film réalisé par Jean Cocteau en 1946.

Tous ces plans comportent une part d’obscurité recouvrant progressivement l’intérieur de la demeure. Cela est amplifié par les fondus au noir qui clôturent chacun des plans descriptifs.

D’ailleurs, la nature prend le dessus puisque les feuilles se posent sur le sol. Le gel, causé par le froid, envahit le château pour faire disparaître le passé glorieux et laisser place à la malédiction présente. Le travail sur le son a été remarquablement réalisé, nous permettant d’entendre le bruit de la glace prenant possession des murs et du sol, rendant le château lugubre et glacial, lui donnant des allures gothiques et une atmosphère de maison hantée dans laquelle les fantômes du passé attendent la fin du sortilège, une ambiance similaire à celle de Crimson Peak de Guillermo Del Toro.

Puis, nous arrivons dans une chambre éclairée à la bougie, dominée par un luxueux portrait de famille, entouré d’ornements, d’instruments scientifiques et de livres qui montrent que le châtelain est une personne qui a reçu une éducation. Tous ces signes de richesse permettent de retranscrire l’intérieur d’un château français du XVIII en y ajoutant beaucoup de féerie et créent un contraste avec le mur effrité, signe que quelque chose fait défaut à cette famille. Le travelling avant vers le tableau est suivi d’un très gros plan sur le visage du jeune garçon, lorsqu’un geste rapide griffe profondément la toile. Ainsi, le portrait de l’enfant est déchiré comme dans le film d’animation où la Bête avait aussi saccagé son portrait.

Le bruit de la déchirure est mis en lien avec un fondu au noir et un rugissement est émis durant cet acte. Par cette mise en scène du geste, nous avons une rupture entre la passé glorieux et le présent maudit. Cet enfant n’existe plus et le rugissement que nous entendons en off ressemble à un cri de désespoir et d’angoisse, qui se mélange au grincement d’une porte. Lorsque celle-ci s’ouvre, la musique change et devient apaisante. Puis, la lumière du jour pénètre dans ces lieux pour la première fois depuis de longues années. Un nouveau jour arrive et l’espoir renaît !

Les personnages secondaires

La porte est seulement entrouverte, nous évoluons dans un fondu au noir dans lequel murmurent des voix off qui appartiennent aux résidents : celle de Lumière (Ewan McGregor) prononce approximativement, avec une intonation de voix qui se veut être francisée, la même réplique que dans la version animée, au moment où il aperçoit pour la première fois Belle. La seule différence est que dans le film d’animation, il est sûr que « c’est elle, c’est elle qui est venue rompre le charme » alors que dans le film en prises de vue réelles, il émet une supposition : « et si c’était celle que l’on attendait ». Lumière parle à son acolyte Big Ben (Sir Ian McKellen), dont la voix est plus grave mais toujours aussi sarcastique.

Le seuil

S’en suit un plan fixe de l’extérieur du château qui est plus lumineux, la tempête de neige a cessé, le ciel a viré au gris, un espoir est en train de naître, la porte d’entrée est ouverte et montre l’intérieur de la demeure, ce qui permet au public de se demander : Oserons-nous franchir le seuil pour vivre cette aventure ?

Capture du seuil du château

Capture du seuil du château de la Bête

Belle et la Rose

A nouveau, un fondu au noir nous fait pénétrer dans le château où s’élève une douce voix féminine, pas franchement rassurée. La première phrase en off de Belle, jouée par Emma Watson, est identique à la version française du dessin animé lorsqu’elle dit « Il y a quelqu’un ? ». De plus, dans la version originale de la bande-annonce, nous entendons Belle dire « Hello« , qui est la réplique même du film d’animation. Un vrai travail de traduction a été fait pour rester au plus proche du texte d’origine. Puis, nous avons un zoom arrière sur la Rose, le symbole du temps qui s’écoule, permettant de se remémorer les termes de l’enchantement. Dans un plan fixe, la fleur tournoie pour montrer le décor et elle est située en face du miroir. Dans un plan rapproché, à travers le miroir, le visage de Belle apparaît, celle-ci s’avance vers la Rose. Elle tend sa main gauche vers elle (sous entendu vers nous). Nous pouvons apercevoir une bague, élément nouveau puisqu’elle est absente du film d’animation, celle-ci est une référence au conte écrit par Jeanne Marie Leprince de Beaumont et a le pouvoir de déplacer son possesseur d’un espace-temps à un autre. Mais quel rôle joue ce bijou ? Aura-t-il la même fonction que dans le conte ou sera-t-il un simple accessoire ? Cette séquence est suivie par cette phrase de la production, « Soyez Notre Invité« , qui nous invite à vivre cette histoire éternelle le 29 mars 2017. Nous pouvons noter un changement du slogan, puisqu’à l’origine, nous aurions dû voir apparaître la phrase qui symbolise ce conte, « L’Histoire Éternelle« .

La stratégie marketing

Par ce trailer, Disney a commencé sa campagne de commercialisation. Les studios ont opté pour un teaser qui met en avant la nostalgie du film d’animation et ainsi accentue l’aspect intemporel et transgénérationnel de ce conte de fées. De plus, ces premières images nous dévoilent uniquement le thème principal et un seul personnage visuellement, Belle, sous les traits d’Emma Watson, puisque les autres ne sont présents que vocalement. La production a opté pour une bande-annonce qui interpelle les fans mais aussi toutes personnes qui ont connaissance de cette histoire, tout en créant l’événement autour de ce long-métrage qui se veut être le film de l’année 2017. Les Walt Disney Studios ont remis en marche la stratégie commerciale qui a fait ses preuves et contribué au succès de Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force.  

Emma Watson est Belle

Emma Watson est Belle

Cette bande-annonce plante le décor et l’intrigue de ce chef-d’œuvre et présente quelques-uns des protagonistes. Elle se veut rassurante en faisant des références précises au dessin animé d’après lequel le film est adapté et souligne parallèlement quelques nouveautés qui pourraient nous surprendre. Alors, préparez-vous à renouer avec ce Grand Classique de l’animation en prises de vue réelles pour retrouver ce château avec tous les personnages qui ont bercé notre enfance. Revivez ce conte de fées et cette magnifique histoire d’amour au son des mélodies d’Alan Menken. L’invitation est envoyée, à vous d’y répondre avant que la Rose ne se flétrisse.

La Belle et La Bête (2017) : analyse du teaser
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