Black Beauty : notre avis sur le film disponible sur Disney+

Publié par Fiona Rodrigues le 29 janvier 2021 | Maj le 29 janvier 2021

Qui n’a jamais rêvé de chevauchées sauvages, au milieu des contrées américaines en compagnie de mustang ? Black Beauty est un incontournable pour les fans d’équitation, que ce soit en littérature, ou maintenant avec l’adaptation en film de Disney+, et pour les fans de beaux films tout simplement. Alors que nous réserve ce magnifique cheval sauvage ?

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Fiche technique de Black Beauty

  • Titre original : Black Beauty
  • Réalisatrice : Ashley Avis
  • Casting : Mackenzie Foy, Fern Deacon, Claire Forlani, Iain Glen, Calam Lynch, Max Raphael, Hakeem Kae-Kazeem, Matt Rippy
  • Voix originales : Kate Winslet (Black Beauty)
  • Voix françaises : Anneliese Fromont, Laura Blanc, Adeline Chetail, Jérémie Covillault, Jim Redler, Fabrice Lelyon
  • Scénario : Ashley Avis d’après le livre du même nom d’Anna Sewell
  • Musique : Guillaume Roussel
  • Sociétés de production : Constantin Film, JB Pictures, Bolt Pictures
  • Plateforme de diffusion & société de distribution : Disney +
  • Durée : 1 h 51 minutes
  • Date de sortie : le 27 novembre 2020 sur Disney +

Synopsis :

« Dans cette réinterprétation du classique d’Anna Sewell, Black Beauty, jument sauvage et libre de l’Ouest américain, est capturée par des chasseurs et arrachée à sa famille. Amenée aux écuries Birtwick, elle y rencontre Jo Green, une adolescente déterminée. Beauty et Jo forgent un lien indestructible qui aidera Beauty à garder espoir au fil des épreuves et des aventures de sa vie. »

Se mettre à la place de l’animal

Le long-métrage nous plonge directement dans l’esprit du cheval, et son ressenti, tout comme dans le livre sans que cela nous semble trop long ou trop lourd. C’est d’ailleurs à travers la voix de Kate Winslet que nous sommes amenés tout droit vers la problématique initiale du film : un cheval arraché à son milieu naturel et propulsé au cœur d’un ranch. Cependant, si l’on compare le livre au film, l’histoire centrale, qui est la vie de Black Beauty, y est très allégée. En effet, seule sa vie au ranch est développée dans le film, pour passer au centre son amitié avec la jeune femme et donc donner un véritable sens au film. On ne voit alors pas beaucoup la vie des autres chevaux, où même la longueur des 7 ans qui séparent nos deux amies.

Il ne faut pourtant pas penser que cette jument noire est l’unique cheval dont le film se soucie. On découvre alors de nouvelles têtes comme Ginger ou bien Merrylegs, toutes plus attachantes les unes que les autres ! Le parti pris du film pour la défense des chevaux est moins dur que dans le livre, puisque le bien-être animal est d’actualité et beaucoup moins austère que dans les années 1800. Ce qui diffère également est le fait que la jument n’est pas un cheval sauvage dans le livre, mais le film apporte alors une justification à sa dureté à être apprivoisée, de par justement sa nature sauvage.

La vision de Black Beauty reste cependant centrale, au point de devenir le fil conducteur du film. On peut alors se mettre à la place de l’animal, ressentir son mal-être, sa compassion ou bien encore ce que ce cheval pourrait bien penser. L’histoire principale est donc bien celle de la jument et non celle de la jeune fille, même si les deux histoires cachent au fond des blessures similaires. Ces deux âmes remplies de rancœur vont-elles réussir à s’apprivoiser ? Toute la problématique du film est ici. Le fil conducteur reprend alors celui du livre, où chaque changement dans la vie de la jument la fait renaître de ses cendres comme un phœnix, qui nous apprend au fur et à mesure, une leçon de vie à chaque étape de ses mésaventures.

Black Beauty : une amitié hors du commun entre Beauty et Jo

On remarque très vite que le lien qui unit la jeune Jo à la jument n’est pas anodin. D’une part, on sait que les chevaux sont des animaux sensibles, mais d’une seconde part il est toujours plaisant de voir naître ce genre de relation fusionnelle. La sensibilité, présente dans le livre comme dans le film, relate extrêmement bien les relations que l’on retrouve dans le quotidien des centres équestres, où il n’est pas rare de voir les enfants s’attacher plus en particulier à l’un des chevaux. Leur lien ne repose plus simplement sur le sport, les deux compères deviennent de vrais partenaires, que l’on vient voir même lorsque l’on ne le monte pas. Mais qui n’a jamais eu l’envie de partager une amitié hors du commun avec un animal ?

Ce qui est surement le plus agréable dans le film est que la jeune fille n’est pas forcément familière avec le monde des chevaux. On peut alors facilement se mettre dans la peau de Jo, mieux se lier avec le personnage et vouloir comprendre son passé, ainsi que son amitié avec Black Beauty. Le film est donc très inclusif, que l’on soit un adulte ou un enfant, puisque l’on transpose aisément la trame, qui est assez classique dans son entièreté. Contrairement au livre, certains détails sont scindés, ou parfois écourtés. Mais ce choix de la production est tout à fait compréhensible, pour mettre l’histoire à notre époque. Le film offre donc une possible envie de lire le roman initial, qui de plus est aussi accessible aux enfants puisqu’il est classé dans le domaine de la lecture jeunesse.

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D’un côté, le fait de montrer ce type de relation homme/cheval pousse les plus jeunes à vouloir respecter les animaux sauvages et les laisser évoluer dans leur milieu naturel, mais aussi ceux présents par exemple dans les centres équestres, en comprenant que ces derniers ne sont pas des peluches et nécessitent beaucoup de tendresse et d’attention. D’un autre côté, il est important de voir que les équidés ne sont pas forcément respectés à leur juste valeur, et cela même par les humains les plus proches d’eux, qui sont en général leurs cavaliers. Pour ce qui est du livre, la jeune fille y est beaucoup moins présente, uniquement au début et à la fin de l’histoire, comme pour montrer une naissance et une finalité à cette fable d’un autre temps. La réalisatrice étant elle-même cavalière, a voulu montrer cette particularité qui unit certains humains aux équidés.

Adapter le livre au format film de Disney +

Initialement écrit en 1877, par Anna Sewell, le roman de ce mustang intrépide restera le seul de son auteur. Le plus dur est donc d’adapter une histoire datant d’un autre siècle, vers une époque qui est la nôtre sans créer de failles ou fausser l’histoire. Pour nous autres Français, le récit de ce cheval fougueux est plus connu sous le titre de Prince Noir dès 1965. On distingue bien ici, que les traductions sont parfois au détriment de l’écrit de l’auteur : la jument devient un mâle dans la version francophone, ce qui n’est pas le cas dans le film Disney+, qui lui respecte bien ce choix de l’auteur. Si l’on se base sur l’époque d’écriture, on peut aisément croire qu’Anna Sewell, femme d’un autre temps n’a pas fait le choix d’une jument par hasard. Il est possible que ce choix transpose également un mal-être bien plus humain : celui des femmes des années 1800, que l’on emmenait parfois loin de leur famille, sans leur demander leur avis.

Du côté historique, il faut aussi savoir que le roman d’Anna Sewell, bien que très libre d’interprétation des sentiments d’un animal, a contribué au changement et à l’amélioration du sort des chevaux londoniens, qui étaient parfois bien plus que surexploités. À travers les pages du livre, on remarque aussi que cette femme n’a pas écrit sur un sujet inconnu. En effet, les termes employés montrent qu’Anna Sewell était proche du milieu équestre, voire même passionnée par les chevaux. On ressent dès les premières phrases toute l’attention et l’admiration portées aux chevaux en général, puisque tous ceux du livre, qu’ils soient Pur-sang ou bien Shetland, sont mis sur le même pied d’égalité. Ce qui est par ailleurs vraiment bien repris dans le film de 2020, pour le plus grand plaisir des passionnés d’équitation.

Disney+ offre ici le moyen de redécouvrir un classique de la littérature anglaise. De plus, ce roman montre d’une part comment les chevaux sont parfois traités dans des établissements où la réussite prime sur le bien-être animal, et d’une autre part le lien que l’on peut entretenir avec un équidé. Un souci qui est actuellement très en vogue et qui remet parfois en question l’utilisation non adaptée aux besoins des animaux dans certains métiers. Ce film est plutôt bien ficelé et idéal pour la fin d’année. Avec sa touche familiale, il nous porte dans une toute autre ambiance, malgré un sujet principal assez noir et triste. Mais qui a dit que tout finissait mal ?

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