Jeux vidéo : quand les films Disney leur rendent hommage

Publié par Brocéliande Nausicaa le 22 février 2019 | Maj le 22 février 2019

Disney façonne des univers et ce, depuis toujours. Les studios sont friands de vastes contrées à explorer, de quêtes dangereuses et ardues et de personnages hauts en couleurs. S’ils sont des médiateurs de la magie et des histoires à raconter, ils ne sont pas les seuls à s’y exercer. Quid des jeux vidéos ? Disney a bien compris qu’il pouvait y insuffler son univers foisonnant au service des gamers grâce à de multiples adaptations de ses films mythiques. Une façon pour le spectateur de devenir un véritable acteur au cœur de son histoire préférée. L’incontournable Kingdom Hearts en est un parfait exemple. Au-delà de la simple rêverie, Disney et les jeux vidéo ont un point commun, ce désir insatiable d’une technologie toujours plus puissante, toujours plus pointue et qui saura immerger, au maximum, le spectateur et le joueur.

Aujourd’hui, l’avancée numérique est considérable mais cette dernière n’aurait pu voir le jour sans une longue épopée composée d’imagination et de prises de risques. De la même manière que la fabuleuse odyssée de Walt Disney dans son amour de la perfection, le jeu vidéo et les studios Disney ont eu droit à une véritable symbiose dans les deux films dont nous allons porter notre intérêt. Deux films bien éloignés dans le temps l’un de l’autre et qui ont su marquer, à leur manière, certaines générations faisant partie intégrante de la pop culture. Ils ont réussi l’exploit de gommer les frontières entre l’art du cinéma et celui du jeu vidéo dans une ère digitale toujours plus exigeante en termes de technologie et d’électronique.

Tron et l’industrie des jeux vidéo

Et à parler d’électronique, on assure une transition évidente vers Tron, un film qui ne reçut la gloire que bien des années plus tard et qui ne fut enfin compris et reconnu à sa juste valeur qu’au début du XXIème siècle. Replaçons le contexte, nous sommes en 1982 et la généralisation de l’informatique est encore balbutiante alors que la souris d’ordinateur n’est même pas encore démocratisée.

jeux vidéo

Les Lightcycles de Tron

Tron : un incompris

Tron voit le jour sous un soleil sceptique bien que Disney tente, tant bien que mal de rivaliser avec Star Wars qui contribuera largement à mettre la science fiction au devant de la scène. Après l’échec cuisant du film Le Trou Noir, Disney hésite à se relancer dans un projet du même style mais un certain Steven Liesberger débarque avec une idée qui allait façonner une grande partie de la pop culture. Non sans quelques réserves, Disney accepte tout de même et Tron pouvait désormais entamer sa production.

Tron fut alors le premier film à utiliser des effets spéciaux conçus par ordinateur de façon quasiment intégrale et nous noterons le courage des ingénieurs qui auront travaillé de très longues heures à coder les différents effets, entièrement au clavier. Malgré un travail acharné, un scénario plutôt conséquent et un nouvel univers bien typé, Tron n’aura pas le succès escompté et sera un échec commercial. Pourtant, Tron lia une alliance unique et jamais vue entre le cinéma et les jeux vidéo alors que ce dernier point de plus en plus le jour. Tron s’immiscera lui-même en un jeu vidéo et sera rendu populaire par le jeu d’arcade mettant en scène un véhicule devenu culte dans l’histoire du cinéma : la Lightcycle. Ces motos lumineuses et dangereuses deviendront une marque de fabrique à la manière du sabre laser pour Star Wars.

La grande raison de l’échec de Tron est certainement son arrivée trop précoce face à un public encore peu habitué aux nouvelles technologies. Ce même public qui ne verra en Tron qu’une succession de « tricheries » là où il avait été habitué à des effets spéciaux plus artisanaux. Ce n’est qu’avec le recul du temps que Tron trouva la grâce aux yeux des spectateurs et des créatifs qui reconnaissent en lui, une véritable mine d’or de création dont un certain John Lasseter qui ne manquera pas de s’inspirer du travail acharné du film pour concevoir le célèbre Toy Story. Tron, de par sa conception, est une véritable déclaration d’amour à l’univers prometteur des jeux vidéo, inspirant d’ores et déjà les futurs gamers et ceux de l’époque. Pour l’anecdote, il y avait des bornes d’arcade sur le tournage du film, rendant l’expérience plus immersive encore. C’est ainsi qu’un premier lien fort et unique entre le cinéma et le jeu vidéo se cristallise dans le monde de la pop culture.

Tron : L’Héritage affiche un tout autre design

Du génie à la conquête de son public

Quid d’un second volet après l’ampleur discrète mais vivace du phénomène Tron ? L’on pourrait penser qu’il serait idéal de réaliser un nouveau film avec les technologies d’aujourd’hui. Il faudra attendre 28 ans pour qu’un jeune réalisateur encore inconnu du grand public, s’empare de la suite de Tron. Cette même suite qui portera le nom presque évident de Tron : l’Héritage.

Avec un recul de presque 30 ans, Tron revient plus beau que jamais avec un design épuré, d’une netteté quasiment agressive et un univers beaucoup plus sombre et lumineux à la fois. Une suite rendue possible grâce à un spot de publicité tourné pour Halo 3 et réalisé par Joseph Kosinski, le futur papa de Tron 2.0. C’est alors le monde des jeux vidéo qui rendra service au film. Ce dernier surfe sur la technologie de 2010, avec ses qualités et ses défauts que l’on décèle avec le recul aujourd’hui et ce, presque 10 ans après. D’ailleurs, il ne semble pas avoir vieilli. Tron : l’Héritage travaille la Motion Capture grâce à l’épatante performance de Jeff Bridges, acteur phare de Tron et qui reviendra pour ce second opus. Là où Tron a marqué les esprits c’est que, si Tron tend à vouloir chercher la  plus qualitative des technologies et ce, à tout prix, Tron : l’Héritage, quant à lui, tendra à renseigner son public sur ses dangers.

Si Tron s’est décliné sous plusieurs formes avec une série animée sur Disney XD : Tron : Uprising et le jeu vidéo Tron : Evolution, l’univers semble compromis sur son avenir. L’échec du film Tomorrowland signe un glas fatal pour la science-fiction made in Disney qui mettra le projet d’un troisième opus en pause sous le regard éploré de la communauté de fans de Tron. Cela n’empêchera pas pour le film de s’immiscer dans de nombreux cartons de la pop culture comme Les Simpsons ou South Park ainsi que les Daft Punk dont Tron sera une véritable source d’inspiration. Plus récemment, Tron fera un apparition de choix dans le dernier volet des (les) Mondes de Ralph, ce qui fait suite à une deuxième déclaration d’amour aux jeux vidéos de la part de Disney.

Vers Les Mondes de Ralph

C’est en 2012, deux ans après Tron : L’Héritage que Les Mondes de Ralph sort en salles. Suscitant la curiosité, ce film d’animation allait faire l’effet d’une bombe et réalise le paris fou de mêler plusieurs jeux vidéos en une histoire unique et à la fois touchante. Pourtant ce n’était pas gagné, après deux tentatives infructueuses de créer un film rendant hommage aux jeux vidéos, c’est finalement ce film qui obtînt grâce aux yeux des studios Disney.

Les Mondes de Ralph, visuel promotionnel

Ralph : un concentré de pop culture tirée des jeux vidéo

Agissant comme un vrai crossover, Les Mondes de Ralph tente de réunir des jeux mythiques, les rendant comme de véritables héros permettant à Disney de s’engouffrer dans une possibilité nouvelle de raconter des histoires en entremêlant celles qui existent déjà. Les Mondes de Ralph est un équivalent de Qui veut la peau de Roger Rabbit des temps modernes et affiche sans honte, des licences qui, d’ordinaires, n’auraient aucun lien avec Disney. Le tout, sous l’égide minutieuse des éditeurs de jeux vidéo qui ont quand même suivi scrupuleusement Disney afin que leurs œuvres soient respectées.

Dans d’autres studios, le film Pixels ou encore Ready Player One confirmeront, plus tard, l’intérêt du public pour la pop culture et sa partie gaming. Ce qu’il y a d’incroyable avec le cas des (Les) Mondes de Ralph c’est qu’il a prouvé que le jeu vidéo est devenu une part intégrante de notre imaginaire collectif faisant ressentir le besoin de le faire découvrir aux jeunes générations car oui, Les Mondes de Ralph n’est pas seulement né pour faire plaisir à un public nostalgique résolu mais bien pour initier de nouvelles générations au travers du média incontournable qu’est le cinéma. Le film se permet de mélanger les genres, allant rendre hommage à Tron de par son concept jusqu’aux jeux vidéo les plus récents comme Call of Duty en passant par les incontournables comme Sonic ou encore Mario Kart.

Zangief (Street Fighter) et Bowser (Mario Kart), deux personnages célèbres dans le monde du jeu vidéo

Une histoire originale et unique

Les Mondes de Ralph ne perd pas de son identité malgré tout et si le film part perdant car trop occupé à faire du fan service, il réussira néanmoins à transformer l’essai en proposant un scénario palpitant et mettant en scène deux personnages qui vont devenir de vraies figures disneyennes pour les générations d’aujourd’hui. Ralph et sa meilleure amie Vanellope construisent une amitié sincère et touchante qui vont les propulser à travers des univers plus dangereux les uns que les autres. Le film crée ses propres codes et joue avec les personnages emblématiques du gaming comme Zangief de Street Fighter, leur insufflant une dimension nouvelle et franchement drôle.

Les Mondes de Ralph répond à une curiosité, non sans imagination, à propos du quotidien des personnages des jeux vidéo, leur créant une vraie routine. Le film se permet même la liberté de créer ses propres jeux comme le désormais célèbre Sugar Rush, élément clé du film ou encore Fix-It Felix Jr qui tire ses inspirations du mythique Donkey Kong. Et explorer des univers tout en en créant, Disney a brillé avec Les Mondes de Ralph et ce, en présentant quasiment 200 personnages différents et près de 70 décors différents. Une effervescence voulue car le spectateur s’amusera à jouer avec le film, le décortiquant savamment pour énumérer toutes les références judicieusement placées tout au long de l’intrigue.

Chaque spectateur peut, en effet, nouer un lien spécial avec le film en retrouvant son jeu ou son personnage préféré même si ces derniers ne sont que des caméos. Comme une grand chasse aux œufs de Pâques, Les Mondes de Ralph cristallise le lien si proche entre le cinéma et les jeux vidéo. Un lien qui aboutira à une suite, Ralph 2.0, un nouvel opus qui délaissera la nostalgie pour explorer notre présent actuel dans les méandres de l’Internet. Un support privilégié pour le gaming qui symbolise également la quintessence de notre ère digitale.

Si Tron cherchait à mettre subtilement en garde son spectateur sur les dangers de la technologie, Les Mondes de Ralph s’en amuse tout en étant conscient de ses facéties. Ce qu’il ne faut surtout pas perdre de vue c’est que Tron et Les Mondes de Ralph répondent à un besoin singulier d’explorer les possibilités infinies qu’offre le monde digital et s’avèrent être une mine d’or d’imagination. Ils repoussent les frontières générationnelles et tend à affiner la barrière entre le monde virtuel et le monde réel car, qui ne s’est jamais demandé ce qu’il pouvait se passer une fois l’ordinateur éteint.

Vous souhaitez en savoir davantage sur les liens entre la Walt Disney Company et l’univers des jeux vidéo ? Ce dossier a été réalisé en collaboration avec Le Serpent Retrogamer. La deuxième partie, « Les attractions des parcs Disneyland dans les jeux vidéo », est disponible sur le site de notre partenaire spécialisé dans le retrogaming. N’hésitez pas à aller le lire !

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