Tron l’héritage

Publié par Cyril le 4 décembre 2017 | Maj le 10 mai 2018
  • Production : Walt Disney Pictures
  • Titre original :  Tron Legacy
  • Titre français : Tron l’héritage
  • Sortie française : 9 février 2011
  • Sortie américaine : –
  • Durée : 2h06
  • Film live 3D
  • Réalisateur : Joseph Kosinski
  • Scénario : Adam Horowitz, Richard Jefferies, Edward Kitsis, Michael Arndt
  • Musique : Thomas Bangalter

LE SYNOPSIS du film Tron l’héritage

Sam Flynn, 27 ans, est le fils expert en technologie de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables et de jeux mortels où vit son père depuis 25 ans. Avec la fidèle confidente de Kevin, père et fils s’engagent dans un voyage où la mort guette, à travers un cyber univers époustouflant visuellement, devenu plus avancé technologiquement et plus dangereux que jamais.

 

 

Notre critique de Tron

La notoriété de la franchise Tron est inscrite dans la pop culture. Aujourd’hui, elle palpite gentiment de rumeurs à propos d’un troisième opus par exemple. Elle s’est déclinée, aussi, en un coaster devenu d’ores et déjà mythique à Shanghaï à tel point que Walt Disney World veut le sien. Avant tout cet engouement autour de l’univers de la Grille, Tron c’est surtout une histoire gravée dans la mémoire des hautes technologies, un symbole futuriste à l’aube du XXIème siècle et surtout une grande prise de risque. Cette même prise de risque qui sera répétée avec un second film mené par Joseph Kosinski en 2010 : Tron : Legacy ou Tron : L’Héritage en français.

Tron l'héritage

L’affiche de Tron : L’Héritage

Introduction à la critique

Un titre brillamment choisi pour mener ce choc de cultures entre un premier film déjà bien vieilli et intemporel et un second qui se répand en prouesses techniques et en beauté visuelle. Pourtant, si Tron : L’Héritage se vante d’une qualité visuelle extraordinaire, le film offre un regard bienveillant envers ses origines à commencer par le casting qui reprendra Jeff Bridges (True Grit) et Bruce Boxleitner (Babylon 5), deux acteurs du casting original. Des acteurs devenus vieux mais qui n’ont pas perdu de leur charme. Le casting qui accueille aussi une nouvelle génération de personnages dont celui de Sam incarné par Garrett Hedlund (Eragon, Friday Night Lights) ou encore Quorra par Olivia Wilde (Dr. House). Si le film noue une relation étroite avec le premier opus, elle se veut discrète, relevant de l’hommage et n’a pas vocation à influencer sur le scénario de Tron : L’Héritage. Ce dernier se veut épuré et propose une nouvelle intrigue, plus simple et moins délicate que son aîné. Beaucoup de critiques ont souligné des ratés dans le scénario jugé trop insipide avec de trop nombreux raccourcis. Cette remarque marquera notre entrée dans notre second point.

Tron l'héritage

Olivia Wilde est Quorra, un fascinant programme

Avant toute chose, résumons le synopsis : Sam Flynn (Garrett Hedlund), fils de Kevin Flynn (Jeff Bridges), part à la recherche de son père disparu alors que celui-ci travaillait sur un projet informatique extraordinaire. Tandis que la société de Kevin Flynn dont Sam est héritier tend à devenir une multinationale cupide, le monde ne se doute pas que la Grille abrite un danger en puissance.

Contrairement au premier film, Tron : L’Héritage ne commet pas l’erreur d’une intrigue parfois complexe au détriment de la saveur inégalable des merveilles techniques qui nous sont exposées à l’écran. Tron : L’Héritage savoure une homogénéité assumée qui rend le film cohérent sans pour autant être délicat et cela suffit entièrement pour avoir une histoire passionnante dans un univers entièrement revu et modernisé à l’image de notre époque. En cela que cette suite est un pari plus que réussi.

Tron l’héritage : au plus fort de l’esthétique visuelle

On n’en parlera jamais assez mais le parti pris esthétique est le gros point fort de ce second opus. Partie de couleurs criardes sur des fonds plutôt noirs ou gris et de textures typiquement informatiques, cette nouvelle Grille se dépeint en des étendues brillantes et lustrées avec peu de nuances. Plus qu’un aspect futuriste, les décors apparaissent irréels et sublimés par ces lumières tantôt orangées tantôt bleues. L’Héritage aura travaillé son nouvel univers jusqu’à en déceler un sens caché. En 2010, l’informatique a envahi nos foyers et n’est plus une exclusivité et l’introduction du film prend dès lors tout son sens. La Grille reprend des éléments de notre vie quotidienne comme des habitations, un mobilier familier en allant jusqu’à la météo car il existe bel et bien des orages dans la Grille. Ces lignes très droites, cette symétrie perturbée de temps à autre par des rochers, le ciel très sombre et des rayons de lumière parfaitement parallèles, la Grille c’est aussi la recherche de la perfection. Le monde réel et elle ne forment plus qu’un et lequel semble être le plus dangereux ? C’est au spectateur d’en décider. Plus dangereuse encore ? C’était le but de cette nouvelle plateforme de jeu, entre des courses de lightcycles (motos lumineuses) plus stratégiques, des combats de disques violents et la cruauté d’une dictature basée sur l’endormissement des foules, d’un génocide et d’une sombre quête, la Grille de L’Héritage distille peut-être des messages d’alerte sur notre propre monde. Ce qu’il faudra souligner aussi c’est l’utilisation intelligente de la 3D qui n’apparaîtra qu’au moment voulu et le film se démarque par son originalité à jouer avec les différents formats cinéma pour donner une structure de réalisation cohérente avec son intrigue. L’effet Tron ne sera alors pas que diégétique mais elle envahira tout le film, au sens propre comme au sens figuré.

Aperçu des paysages de la Grille

Du choc générationnel à une relève assurée

Tron : L’Héritage c’est aussi de nouveaux personnages comme Sam, Quorra ou encore Castor et tous se démarquent par leur part de mystère et un côté robotique. On est loin des personnages plus chaleureux du premier film. Sam ne se retrouve pas réellement dans cette définition bien qu’il apparaît comme un garçon farouche mais tout de même sensible. Olivia Wilde nous offre une prestation remarquable avec Quorra, ce programme touchant mais à la fois rebelle et vif. La plupart du jeu d’acteur repose sur un certain mystère, une certaine retenue comme Castor, plus excentrique certes, mais qui cache de nombreux secrets et le film se base également sur ces appâts qui peuvent s’avérer dangereux. L’Héritage veut proposer des personnages plus redoutables, plus nuancés et qui renforcent le caractère périlleux de l’aventure. Les fans pourront être ravis de retrouver Kevin comme en 1982 grâce à la Motion Capture qui aura fait un excellent travail, bien qu’aujourd’hui, il paraîtra quelque peu vieillot, déjà ! On sent que les choses ont changé et c’est ce qui plaît. On ne sait réellement ce qu’il s’est passé 28 ans entre le premier film et le second, mais ce dernier nous laisse imaginer une infinité d’histoires qui le rend plus savoureux encore.

Kevin Flynn et son fils Sam

Une bande originale exceptionnelle

Un autre point qu’on ne peut oublier de mentionner c’est bien entendu la musique. Nominé aux Oscars pour la meilleure bande originale, Tron : L’Héritage c’est aussi le pari d’un habillage musical unique et peu accessible de prime abord. Au comble de leur source d’inspiration, c’est Daft Punk qui a accepté d’être aux commandes de cette tâche dont ils ont été honorés. Le duo français, cultivant un amour réciproque pour Tron, s’est attelé à la musique de cinéma non sans génie, mêlant orchestre symphonique et musique électronique. Elle évoque des rythmes saccadés parfois déraillés et rappelle sans nul doute des bruits d’ordinateur tout en alliant de l’émotion et du suspens. Daft Punk semble avoir eu carte blanche pour proposer une telle œuvre qui sort des sentiers battus et qui va bien au-delà des bandes originales classiques et purement symphoniques. On notera la prouesse des morceaux Rinzler ou encore Derezzed qui seront à même de donner un aperçu de l’ambiance du film. Les deux robots auront même le privilège d’apparaître en caméo pour le plus grand plaisir des fans.

Daft Punk à l’avant-première du film

Un succès discret mais tenace dans la pop culture

Si le film n’a pas reçu le succès escompté bien qu’il soit rentré dans les frais des Studios Disney avec 400 millions de dollars de recettes pour un budget de 170 millions, il semble être victime de la même malédiction que son prédécesseur. Malgré une intégration dans Disney Infinity ou la création d’une série : Tron : Uprising, c’est aujourd’hui que le film semble conquérir un public plus large jusqu’à même coloniser gentiment les parcs Disney avec le coaster Tron : Lightcycle Power Run. Les actualités autour d’un troisième opus sont largement suivies et les fans de la franchise ayant même fait circuler une pétition pour que ce dernier voit le jour. Tous sont d’accord, et nous avec, pour dire que Tron, à l’image de Star Wars ou de Pirates des Caraïbes, est digne d’une véritable saga avec des possibilités de scénarios infinies et un univers propice à toutes les prouesses visuelles possibles. Les nombreux messages distillés intelligemment sur l’alliance de notre monde réel et de celui de la technologie peuvent créer des enjeux puissants et des histoires toujours plus fascinantes. Tron est un grand incompris dans la sphère disneyenne mais fort heureusement, le génie de la franchise n’a jamais été remis en question.

Une lightcycle

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