Toy Story 4, critique des dernières aventures de Woody et ses amis

Publié par Joshua Bobée le 23 juin 2019 | Maj le 23 juin 2019

Neuf ans après la fin pas si définitive proposée par Toy Story 3, Woody et compagnie reviennent pour de nouvelles aventures dans un dernier épisode à la fois nostalgique et frais. Un retour sur grand écran dont le développement a été long et tortueux, avec de nombreux changements d’équipe et réalisé durant la mutation profonde de l’équipe de direction des studios Pixar. Ces difficultés n’ont semble-t-il pas impacté le processus créatif de Josh Cooley et ses équipes, puisque Toy Story 4 propose une aventure unique, riche en émotions, en rires, en action, mais est surtout bien loin d’être la suite de trop. Nos équipes ont eu la chance de pouvoir découvrir le dernier volet de la saga Toy Story, en salles dès le mercredi 26 juin en France. Voici ce que nous en avons pensé.

Logo de Toy Story 4

Toy Story 4

  • Titre :  Toy Story 4
  • Sortie française : 26 juin 2019
  • Sortie américaine : 21 juin 2019
  • Réalisateur : Josh Cooley
  • Scénario : Stephany Folson
  • Bande originale : Randy Newman
  • Bande originale version française : Charlélie Couture
  • Voix originales : Tom Hanks (Woody), Tim Allen (Buzz l’éclair), Joan Cusack (Jessie), Annie Potts (la Bergère), Tony Hale (Fourchette),  Keegan-Michael Key et Jordan Peele (Ducky et Bunny), Christina Hendricks (Gabby Gabby) et Keanu Reeves (Duke Caboom)
  • Voix françaises : Jean-Philippe Puymartin (Woody), Richard Darbois (Buzz l’Éclair), Barbara Tissier (Jessie), Pierre Niney (Fourchette), Jamel Debbouze (Ducky), Franck Gastambide (Bunny), Angèle (Gabby Gabby) et Audrey Fleurot (la Bergère).
  • ProductionPixar Animation Studios
  • Distribution : Walt Disney Pictures

Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Fourchette, un nouveau jouet qui ne veut pas en être un, dans la chambre de Bonnie, met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

Toy Story, une saga iconique

Arrivé en 1996 dans les salles de cinéma françaises, Toy Story s’est imposé comme une révolution technique et narrative pour le monde de l’animation et du septième art en général. Un bouleversement attribuable à John Lasseter, Andrew Stanton et Pete Docter, un trio de choc rapidement rejoint par d’autres esprits créatifs, acteurs plus ou moins actifs de l’évolution de la saga ainsi que de son renouvellement. C’est dans cette optique que Josh Cooley aborde Toy Story 4, une suite respectueuse de l’univers original tout en étant très atypique dans sa construction. En effet, ce quatrième volet entraîne Woody, et dans une moindre mesure Fourchette, dans une quête identitaire inédite sur la signification du rôle de jouet. Cette réflexion profonde s’impose comme l’essence du film et bouscule autant le célèbre cow-boy que les spectateurs. Une projection des affects humains au travers des jouets, marque de fabrique de la saga depuis son lancement. Cependant, Toy Story 4 porte le message à un niveau inédit. Si le ton est parfois grave, le réalisateur utilise avec intelligence les nouveaux personnages et seconds rôles pour donner souffle et rythme au récit et surtout une bonne dose de second degré. Cette construction équilibrée entre humour et émotion très identitaire des studios Pixar permet à ce dernier volet de satisfaire à niveau égal les adultes comme les plus jeunes, chacun trouvant son bonheur durant le visionnage.

Des retrouvailles et des nouveaux venus

Les bandes-annonces ne font pas de mystères : si l’un des grands enjeux du long-métrage d’animation est l’arrivée de Fourchette, le second est bien évidemment le retour de la Bergère. En effet, après avoir disparu des radars durant le troisième volet, la Bergère revient grâce à une heureuse rencontre avec Woody durant les vacances de Bonnie et ses parents dans un camping-car. Sa disparition après Toy Story 2 était un choix volontaire des scénaristes. C’est d’ailleurs l’explication de cette disparition qui ouvre le long-métrage de Josh Cooley. Et rapidement, sa relation avec notre cow-boy favori revient sur le tapis, une amourette mettant face à face les envies de liberté de la Bergère et les principes fondateurs concernant la vocation d’un jouet animant Woody.

Toy Story 4

Une partie des protagonistes de Toy Story 4, de gauche à droite : Gabby Gabby entourée des deux de ses gardes du corps, la Bergère avec l’officier Giggle McDimples sur l’épaule, Woody, Fourchette, Buzz l’éclair ainsi que Ducky et Bunny.

Côté nouveaux venus la liste est longue, mais Fourchette prend la tête tant sa place dans le développement du récit est importante. Fourchette est un jouet fabriqué par Bonnie à partir de déchets lors de sa journée d’adaptation en maternelle, un jouet devenu instantanément le préféré de la jeune fille. C’est dans ce contexte que le scénario propose le personnage le plus intéressant et attachant de la réalisation, à la fois déchet et jouet, et embarqué dans une sorte de schizophrénie identitaire. La petite fourchette entraîne Woody dans une aventure cérébrale et une mission sauvetage avec de nombreux gags, et avec, en prime, un doublage absolument parfait signé Pierre Niney. Autre nouvelle venue : Gabby Gabby, une poupée des années 50 cherchant désespérément à plaire aux enfants quitte à passer du côté obscur. Doublée par Angèle dans une élocution à la fois froide et rassurante, Gabby Gabby et ses gardes du corps ventriloques évoquent subtilement le cinéma d’horreur de l’âge d’or d’Hollywood avec, là aussi, une dérision parfaitement dosée. Elle participe également, et parfois malgré elle, à la quête personnelle que porte notre Woody dans ce long-métrage.

Duke Caboum, nouveau personnage de Toy Story 4

Duke Caboom, nouveau personnage de Toy Story 4

Duke Caboom rejoint aussi les rangs des personnages de Toy Story 4. Énergique et émotif, le cascadeur canadien au bel accent québécois apporte de belles scènes d’action, mais aussi de nombreuses scènes très amusantes. Doublés par Franck Gaztambide et Jamel Debbouze, Bunny et Ducky sont deux peluches drôles, bourrues et à l’imagination extravertie, à la recherche d’un enfant. Les deux peluches trop mignonnes arrivent un peu par hasard dans l’aventure mais tiennent rapidement une place importante, d’autant qu’ils atténuent efficacement le ton grave de certaines scènes par un humour, il faut l’admettre, assez déconcertant. La dernière venue, c’est l’officier Giggle McDimples, une partenaire de la Bergère, elle aussi très drôle, et sûrement le plus petit personnage jamais vu dans un long métrage Toy Story, un mini jouet énergique, soutien affirmé et total de notre Bergère.

Toy Story 4, plus réaliste que jamais

Après avoir révolutionné l’industrie du cinéma d’animation, il est difficile de se maintenir au-dessus des autres studios, d’autant que la concurrence est de plus en plus rude pour Pixar,comme le montre par exemple Spider-Man New Generation. Toutefois, le studio ne s’endort pas sur ses lauriers passés et propose avec Toy Story 4 une qualité visuelle inégalée dans les récentes productions des studios Disney. L’univers de la fête foraine, riche en détails et en couleur, est un excellent moyen de mettre en valeur ce travail, la fluidité et le réalisme de l’image. Mieux encore, le long-métrage réalisé par Josh Cooley propose certains plans dignes des plus grandes réalisations du septième art. Une fois de plus, Pixar s’impose comme créateur permanent en constante évolution pour le plus grand plaisir de nos yeux.

L’histoire d’une fin ou la fin d’une histoire

Les réflexions philosophiques sur la place de jouet et la fidélité portée au bonheur de l’enfant jalonnent Toy Story 4. Mais le long-métrage apporte aussi une notion forte de liberté et de libre arbitre peu présente dans les volets précédents ; un jouet décidant de prendre son destin en main plutôt que d’attendre sur une étagère sous la poussière. Cette nouvelle façon d’aborder le destin de Woody et de ses amis donne une consistance et un enjeu bien plus fort au récit. Assurément, le troisième volet offrait une conclusion idéale, à la fois nostalgique et positive, une vision très différente de cette dernière production où des choix et un destin inédit proposent une évolution plus satisfaisante pour de nombreux personnages à défaut d’offrir une conclusion globale. Toy Story 4 marque aussi un grand pas pour le studio, puisque, après une longue période de suites, il s’agit à ce jour de la dernière produite. Effectivement, les studios ne proposeront que des productions originales après Toy Story 4 avec, en tête de file, En Avant et Soul.

L'improbable duo formé par Woody et Fourchette dans Toy Story 4

L’improbable duo formé par Woody et Fourchette dans Toy Story 4

Nos trois personnages préférés de Toy Story 4

Au milieu des jouets présents depuis les premiers instants avec Andy, des fidèles amis de Bonnie et des nombreux nouveaux venus de cette énième aventure, certains personnages se révèlent plus marquants. C’est le cas dans Toy Story 4 où trois personnages s’imposent à nos yeux.

Woody : partenaire de la première heure

Si avec Toy Story 4 Josh Cooley propose une nouvelle histoire de jouets, le long-métrage d’animation s’impose peut-être avant tout comme l’histoire d’un jouet : Woody. Depuis plus de vingt ans nous suivons les aventures du cow-boy, de la chambre d’Andy jusqu’au sac à dos de Bonnie en passant par l’éprouvante aventure à Sunny Side. Un personnage charismatique doublé par Tom Hanks et Jean-Philippe Puymartin en France qui mériterait sa place à la table des pères fondateurs des studios Pixar. Avec Toy Story 4, la personnalité de Woody s’affirme un peu plus. Autrefois leader incontesté, il entre désormais dans une quête autour de son identité vraie, de sa place dans un monde ne lui appartenant plus. Là aussi les lectures sont multiples et il s’agit du talent des créatifs de chez Pixar. Cette aventure personnelle pourra évoquer pour certains le rôle d’un père face à ses enfants devenus grands, la perte d’un rôle ou d’une fonction, un changement de vie ; chacun retrouve des bouts de son histoire. Pixar investit avec talent, subtilité et intelligence le spectateur. Celui-ci trouve ainsi une résonance plus ou moins familière à sa propre histoire, et cette projection passe avant tout par Woody dans Toy Story 4

La Bergère, un retour en force

Après nous avoir quitté au terme du second volet, la Bergère fait un retour en force au cœur de Toy Story 4 accompagnée de ses trois moutons : Bee, Bop et Lula. Si dans Toy Story elle voyait l’avenir comme Woody servant le bonheur de son enfant Molly, elle est désormais portée par un esprit libre et indépendant. Une nouvelle Bergère affublée d’un nouveau style et d’aspirations très éloignées des envies de Woody. Elle joue un rôle clé dans cette dernière aventure et sa position indépendante évoque une nouvelle fois la connexion des studios Pixar avec les enjeux de la société. De plus, l’exploration de sa relation avec Woody donne encore plus de place à un personnage vraiment abouti par rapport aux précédentes apparitions.

La Bergère et le sergent Giggle McDimples dans Toy Story 4

Fourchette, de déchet à jouet

Voilà un jouet unique à plusieurs égards. Fabriqué à base de déchets par Bonnie, sous l’impulsion de Woody, Fourchette ne se reconnaît pas dans un rôle de jouet et n’imagine son avenir qu’en tant que déchet. Une arrivée inopinée dans la chambre de la jeune fille en tant que nouveau favori offre la possibilité à Woody, déchu de sa place de choix auprès de Bonnie, de retrouver un rôle dans la chambre. Une relation nait rapidement entre les deux jouets autour d’une mission de surveillance avec de nombreuses scènes hilarantes et l’arrivée d’une chanson inédite interprétée par Charlélie Couture. Fourchette est un personnage à l’évolution très intéressante ; faire-valoir et en même temps acteur du renouveau, il est drôle et d’une bienveillance incontestable. C’est de toute évidence la révélation de Toy Story 4.

Toy Story 4 est donc une excellente conclusion pour cette saga mythique, une dernière ronde forte en émotions, en rires, en nouveautés et d’une qualité visuelle assez époustouflante. Quelques regrets persistent concernant le manque de présence consistante de certains personnages notamment les historiques ; des regrets minimes face à la qualité narrative et visuelle du long-métrage d’animation. De plus, cette fin laisse une porte ouverte concernant un éventuel retour de l’univers de Toy Story, un sujet, selon les producteurs, qui n’est pas à l’ordre du jour actuellement. Toy Story 4 de Josh Cooley est à découvrir au cinéma à partir du mercredi 26 juin.

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