Babysitting Night

  • Production : Disney Channel US
  • Titre original :  Adventures in Babysitting
  • Titre français : Babysitting Night
  • Diffusion française : –
  • Diffusion américaine : 24 juin 2016
  • Réalisateur : John Schultz
  • Scénario : Tiffany Paulsen, basé sur le long-métrage Nuit de Folie de Chris Colombus.
  • Musique : Richard Gibbs

Deux filles passionnées d’art mais que tout oppose, se retrouvent en charge d’enfants pendant une soirée entière ! Seul souci : l’un des enfants sera porté disparu au cours de cette soirée et il faudra nécessairement faire équipe pour le retrouver. Mille et une aventures aussi drôles qu’étranges vont les attendre. Qui plus est, sur un fond de rivalité car Jenny Parker est une adolescente responsable, studieuse et une babysitter prévenante tandis que Lola Perez, n’a aucune expérience pour garder des enfants et préfère plutôt s’amuser que de respecter les règles. A cause d’un quiproquo de départ, les deux filles et leurs enfants qu’elles gardent vont faire face à de nombreuses aventures…

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Babysitting Night : critique

Babysitting Night est non seulement officiellement le 100ème téléfilm du catalogue des Disney Channel Original Movies mais également le tout premier à mettre en scène la jeune comédienne Sabrina Carpenter. Diffusé pour la première fois sur Disney Channel USA le 24 juin 2016, il est remarquable pour ses qualités scénaristiques. Sans prétention, sans réelle profondeur, il s’avère être un excellent divertissement pour le jeune public et sert de modèle parfait au téléfilm type bourré de pitreries et de scènes rocambolesques sur fond moral limpide.

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Un remake d’une comédie générationnelle

Disney Channel présente donc ce téléfilm comme son 100ème dans sa liste officielle Disney Channel Original Movie, depuis La Momie d’Halloween sorti en octobre 1997. C’est d’ailleurs à l’occasion d’un marathon télévisuel hors-norme que le long-métrage a été révélé en clôturant l’événement audiovisuel sur certains canaux internationaux de la chaîne thématique comme aux Etats-Unis. Le nombre « 100 » s’est d’ailleurs glissé sur l’affiche du téléfilm. Babysitting Night est par ailleurs un remake pour le support télévisé du film Nuit de Folie de Chris Colombus datant de 1987 et produit par Touchstone Pictures. Cette nouvelle adaptation est signée du réalisateur John Shultz.

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Né le 3 septembre 1960 à Raleigh (Caroline du Nord), John Schultz est non seulement réalisateur mais également producteur et scénariste. Il débute sa carrière en écrivant et réalisant le documentaire The Making of ‘Jurassic Park’ en 1995. Il a signé depuis plusieurs comédies américaines légères telles que Bandwagon (1996), Drive Me Crazy (1999), Magic Baskets (2002), When Zachary Beaver Came to Town (2003), Pour le Meilleur et Pour le Pire (2005), Les Zintrus (2009) et Judy Moody and the Not Bummer Summer (2011). Il collabore pour la première fois avec Disney en tournant en 2015 à Vancouver le Disney Channel Original Movie Babysitting Night.

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Quiproquos et loufoqueries au programme

Ici,  la scénariste Tiffany Paulsen a opéré quelques menus changements, notamment au niveau du postulat de départ. Si les deux héroïnes étaient comme chien et chat dans la première version de Chris Colombus et que l’une d’entre elles partait à son secours avec les enfants, là, il s’agira plutôt de proposer une histoire plus conformiste dans le genre où un enfant disparu reste le prétexte bateau à la construction de l’histoire. Le résultat s’en fait sentir : certes, il s’agit là d’un moment très agréable à passer en famille mais le téléfilm n’excelle pas par sa profondeur psychologique et intellectuelle quand d’autres prédécesseurs de son label ont prouvé que l’on pouvait concilier les deux et, de ce fait, ne pas prendre nécessairement la tranche majoritaire de son public pour ce qu’elle n’est pas. L’histoire quant à elle est assez rythmée et stimulante pour que le téléspectateur en ressorte avec un très bon souvenir.

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Même si les protagonistes ont été décris le plus schématiquement du monde, leur aspect simpliste et cartonné est largement compensé par les relations entre chacun d’entre eux bien plus intéressantes. L’antagonisme béat entre les deux héroïnes, Jenny, incarnée par Sabrina Carpenter (Maya Hart dans la série Disney Channel Le Monde de Riley et en contrat avec le label musical de Disney Hollywood Records), et Lola, par Sofia Carson (Evie dans la franchise Disney Channel Descendants et en contrat avec le label musical de Disney Hollywood Records) suit quant à lui une évolution très attendue mais bienvenue, tant le potentiel exceptionnel engagé des actrices pour faire vivre cette histoire suffit à nous faire oublier le trop-plein de façonnage artificiel de l’histoire. La tribu d’enfants gardés par les deux comparses souffre également de traits de caractères trop caricaturaux. Encore une fois, le jeu très dynamique de chacun des petits comédiens efface quelque peu ce défaut : Mallory James Mahoney joue la petite Katy Cooper, passionnée par les strass et paillettes, Nikki Hahn dans la peau d’une pré-adolescente, Emily Cooper, qui veut affirmer sa différence et son identité par rapport aux autres, Max Gecowets dans la peau de l’aîné Trey Anderson prêt à tout pour échapper à la loi parentale, Jet Jurgensmeyer dans celle de Bobby Anderson, véritable petit cuisinier en herbe, et Madison Horcher dans celle de AJ Anderson, une enfant qui ne jure que par ses patins à roulettes.

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Si ce ne sont ni les personnages ni le scénario qui font le job, il sera assez étrange de constater que la réussite de ce téléfilm repose avant tout sur des scènes d’action et d’humour rocambolesques et très inventives pour certaines, renouant avec la comédie jeunesse type à la ‘Chris Colombus’ justement. Les manigances loufoques et les rebondissements du téléfilm se suivent et ne se ressemblent pas dans le fil conducteur de l’histoire que les deux babysitters et leurs enfants sont bien obligés de suivre. Toutefois, le premier problème qui leur fait face induit inéluctablement un second. Et le but de l’histoire pour eux est finalement d’en résoudre un afin d’en résoudre l’original. Alors qu’ils tentent d’affronter ce nouveau problème, un autre encore émerge… Bref, sans cet outil dramatique simpliste, le téléfilm n’aurait, il est vrai, pas grand intérêt. Une intrigue qui, de minute en minute, pétille de folie mais qui, dans le même temps, réduit davantage l’aura des personnages et notamment des principaux, cantonnés à de simples adolescentes qui en tirent une petite leçon de vie.

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Mais pourquoi les péripéties sont-elles si attrayantes ? C’est parce que chacune d’entre elles est construite dépendamment de l’autre. Avec un lien plus ou moins fort et une construction scénaristique assez ingénieuse, elles sont pour le téléspectateur cocasses et palpitantes à souhait. A l’image d’un enfant qui a assemblé plusieurs jouets entre eux pour en construire un plus gros, Babysitting Night enchaîne les problèmes pour nos personnages à partir d’une situation précédente. Non, il ne s’agit pas d’une simple série de cabrioles que nous pourrions aisément diviser en plusieurs courts-métrages, mais bel et bien d’une aventure nocturne à prendre dans son ensemble. Chaque moment est connecté à l’autre et il serait malhabile de couper l’une de scènes du téléfilm finalement. C’est en cela qu’il est très réussi et définit le propre du téléfilm ébouriffant et toujours surprenant, basé sur un enchaînement logique de contraintes à résoudre.

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Un comique de situation excellemment mené

Autre point fort de Babysitting Night : son humour. Le comique de situation prime sur celui des personnages toujours si fades. Les moments où Jenny est confrontée à des situations à l’opposé de ses principes et qui la placent dans une position soit frustrante soit énervante pour elle sont tous plus drôles les uns que les autres. Un vieil adage comique mais qui fonctionne admirablement bien quand on rajoute autour l’éventail de personnages tous susceptibles de jouer un rôle dans l’une de ces scènes. Mais à chaque fois, un nouveau problème se place sur son chemin alors qu’elle est sur le point d’en résoudre un autre… Cela en fait sans doute le personnage le plus sympathique du téléfilm auquel on pourra s’identifier : Jenny affronte une quantité de problèmes durant des heures noires et c’est sans doute là qu’on pourra picorer des références à notre propre vie, étant forcément passé par un ou des problèmes de ce genre. On prendra ainsi plaisir à voir ce personnage en baver tout au long de cette soirée folle entourée d’une tribu d’enfants frappadingues et pas nécessairement aidée par son acolyte Lola. Cette dernière, également très convaincante, révélera une part insoupçonnée de son existence de jeune adulte rebelle et bien plus hors des règles que Jenny.

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Nous relèverons un léger défaut sur ce téléfilm : le seul inconvénient qui lui fera fausse note est la bataille de rap entre les deux héroïnes. Dans la version originale de l’histoire des années 1980, les enfants s’essayent au blues alors que là, pour le modernisme facile, se voient imposés un rap peu convaincant et bien trop juvénile et amateur. Les auteurs auraient pu profiter de cette respiration dans l’histoire pour proposer un numéro musical plus diversifié et moins prévisible, d’autant qu’au final, le rendu de la scène musicale est sans intérêt par rapport au reste des péripéties.

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Finalement, ce 100ème téléfilm résumera peut-être l’essence même de ce qu’est un Disney Channel Original Movie avant toute chose : 1h30 de loufoqueries et de divertissement sans nul besoin de réexaminer en profondeur la vie ou d’apporter un degré moralisateur trop prononcé. Le programme a été suivi le 24 juin 2016 par 3,45 millions de téléspectateurs américains. Une aventure qui jouit d’une réalisation pointue au niveau du rythme, du contenu très bien pensé de chacune de ses scènes et de l’héroïne jouée par Sabrina Carpenter qui pourra nous évoquer des expériences personnelles. Babysitting Night reste un téléfilm plaisant à regarder en famille avec son grain de folie et sa part de réflexion philosophique non présomptueuse. L’humour enrobant l’histoire et la présence de Sabrina Carpenter mature à l’écran sont aussi de bons prétextes pour, pourquoi pas, se réunir entre adultes, devant Babysitting Night.

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