Cannes : Disney sur la Croisette durant 70 ans

Publié par Florian Mihu le 31 mai 2016 | Maj le 4 juin 2017

Cannes Disney

Le 69ème festival de Cannes touche à sa fin et comme vous le savez sûrement, les studios Disney étaient présents sur la Croisette pour assurer la promotion du film Le BGG – Le Bon Gros Géant, dont le réalisateur n’est autre que le seul et l’unique Steven Spielberg. Afin de fêter dignement la clôture du Festival, pourquoi ne pas se remémorer l’histoire partagée des Walt Disney Studios et du Festival de Cannes ?

Revenons 70 ans en arrière, lors de l’ouverture du tout premier Festival de Cannes ou plutôt le Festival International du Film, comme il avait été nommé à l’époque. La ville est alors le centre du monde cinématographique et le fameux tapis rouge est pour la première fois déroulé sur les marches du Palais des Festivals. En cette année 1946, les studios Disney sont fondés depuis 23 ans et ils ont bien grandi depuis la sortie de Steamboat Willy. C’est donc en toute logique que la firme d’animation est présente, non pas une, ni deux, mais trois fois dans la sélection officielle.

Mickey dans Steamboat-Willie

Les trois films retenus à l’époque :

  • Peinture Fraîche (Wet Paint) est un court-métrage d’animation mettant en scène Donald qui éprouve quelques difficultés à repeindre sa voiture, et pour cause, un petit oiseau est venu se poser sur la peinture encore fraîche. Vous vous en doutez, il n’en faut pas plus pour énerver notre fameux canard colérique.
  • Le Chiot Dérobé (The Puploined Pup) est également un court-métrage dont le héros, au sens propre comme au figuré, est Pluto. Dans ce petit film, il tente de libérer le chiot Ronnie, capturé par l’infâme Butch.
  • Enfin, La Boîte à Musique (Make Mine Music) est le 10ème long­-métrage d’animation des studios : il s’agit d’une compilation de dix courts-métrages musicaux dans l’esprit de Fantasia mais avec des styles musicaux plus variés. Imaginez des dessins animés accompagnant des rythmes de jazz ou de swing chantés par des stars de l’époque, voilà de quoi séduire le public cannois.

La Boite a Musique - Image 1

Le jury a tranché, sur ces trois films, seul La Boîte à Musique recevra un prix, mais pas des moindres, puisqu’il s’agit du Grand Prix International du Dessin Animé. Les Studios Disney ont donc marqué le festival dès sa création, en remportant la plus haute distinction dans son genre, mais l’Histoire ne s’arrête pas là…

Un an plus tard, les studios étaient de retour sur la Croisette avec un éléphanteau dans leurs bagages. En effet, un poids lourd des classiques Disney nommé Dumbo a été sélectionné pour ce deuxième festival. La magie a opéré pour la seconde fois consécutive et les studios sont à nouveau récompensés par le Grand Prix International du dessin animé. Comme on dit, jamais deux sans trois, L’Île aux Phoques (Seal island), continuant sur cette lancée, remporte le Prix pour le reportage filmé lors du 3ème festival.

affiche-ile-phoques-true-life-adventures

Malheureusement, les éditions suivantes se déroulent sans aucune production Disney au programme, mais en 1953, Walter Elias Disney dit Walt fait en personne un retour triomphal à Cannes. Effectivement, cette année-là, alors qu’il est venu présenter Peter Pan durant le festival, Walt Disney reçoit la légion d’honneur des mains d’Émile Hugues, Ministre de l’information, et en présence de Jacques Flaud, Directeur du Centre du Cinéma. Seulement, la poussière de fée ne suffisant pas, l’éternel petit garçon s’inclina face à The Romance of Transportation in Canada, réalisé par Colin Low, et Walt Disney lui­-même avouera par la suite avoir été déçu par le personnage de Peter Pan. En 1954, l’année suivant cette ultime distinction, M. Disney a été sélectionné pour Les Instruments de Musique (Toot, Whistle,Plunk and Boom) et Le Désert Vivant (The Living Desert), qui décrochèrent respectivement le Prix du film de divertissement et le Prix International, ex­ aequo avec huit autres films. À croire que les jurés n’ont pas réussi à s’entendre lors de cette édition !

Après cette période prospère en récompenses, les studios s’effacent des radars du festival et n’y referont que des apparitions ponctuelles entre 1965 et 2011.

walt disney au festival de cannes

Durant ce laps de temps, la firme a présenté 6 films hors compétition :

  • Mary Poppins en 1965,
  • La Petite Sirène (The Little Mermaid) en 1990,
  • La Belle et le Bête (Beauty and the Beast) en 1992,

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Présentation de Là-Haut au Festival de Cannes (2009)

Présentation de Là-Haut au Festival de Cannes (2009)

Un unique film sera sélectionné pour participer à la compétition en 1999, il s’agit de Une Histoire Vraie (The Straight Story), qui d’ailleurs ne remportera aucun prix. Cette absence soudaine de films Disney au festival s’explique notamment par le fait que les jurés du festival ont boudé les films d’animation pendant près de 50 ans, seuls quelques courts-métrages d’animation ont été primés, mais aucun long-métrage et surtout aucune production des studios Disney n’a eu les faveurs du jury. Ce n’est qu’en 2001, avec l’apparition d’un ogre vert appelé Shrek, que la course à la palme d’or a recommencé à s’ouvrir à nouveau au monde de l’animation. Mais le film de DreamWorks Animation n’a pas remporté le trophée tant convoité. Dès lors, des longs-métrages d’animation sont régulièrement sélectionnés, en compétition ou hors compétition. Cette année par exemple, le festival a programmé trois films d’animation dans des sélections différentes. Quant à la firme de Mickey, elle est revenue sur la Croisette l’an dernier avec les émotions de Vice-Versa (Inside Out) et cette année avec Le BGG – Le Bon Gros Géant, tous deux hors compétition.

Steven-Spielberg-avec-la-jeune-star-du-film-Ruby-Barnhill (1)

Au fil des années, le jury du festival de Cannes a tour à tour aimé ou renié les Studios Disney mais on peut quand même retenir qu’ils demeurent incontestablement des habitués de la Croisette. Espérons que l’avenir nous réserve encore de belles montées de marches et pourquoi pas une palme d’or pour les studios ?

La fameuse Coccinelle n°53, héroïne des films de Walt Disney et de la série télévisée, ici sur la Croisette en 2005 lors du Festival de Cannes

La fameuse Coccinelle n°53, héroïne des films de Walt Disney et de la série télévisée, ici sur la Croisette en 2005 lors du Festival de Cannes

Petit aparté, cet article ne traite pas des films MIRAMAX qui ont obtenu des récompenses entre 1993 et 2010, à l’époque où le studio appartenait à Disney. Si cela vous intéresse, vous trouverez une liste ci­-dessous :

  • La Leçon de Piano (Palme d’Or) en 1993,
  • La Leçon de Piano (Prix d’Interprétation Féminine : Holly Hunter) en 1993,
  • Adieu, ma Concubine (Prix de la Critique Internationale) en 1993,
  • Pulp Fiction (Palme d’Or) en 1994,
  • Grosse Fatigue (Prix du Scénario) en 1994,
  • Grosse Fatigue (Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français) en 1994,
  • La Reine Margot (Prix d’Interprétation Féminine : Virna Lisi) en 1994,
  • La Reine Margot (Prix du Jury) en 1994,
  • Exotica (Prix de la Critique Internationale) en 1994,
  • She’s So Lovely (Prix de l’Interprétation Masculine : Sean Penn) en 1997,
  • La Vie Est Belle (Grand Prix) en 1998,
  • La Chambre du Fils (Palme d’Or) en 2001,
  • Les Invasions Barbares (Prix du Scénario : Denys Archand) en 2003,
  • Les Invasions Barbares (Prix d’Interprétation Féminine : Marie­José Croze) en 2003,
  • Fahrenheit 9/11 (Palme d’Or) en 2004,
  • Sin City (Prix Vulcain de l’Artiste­Technicien) en 2005.

Encore un beau palmarès pour les studios, il faut croire que la magie Disney a, une fois de plus, opéré.

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