Critique et analyse d’un chef d’œuvre d’animation Disney : Peter Pan!

Publié par Colombe le 23 janvier 2019 | Maj le 11 février 2019

Qui n’a jamais rêvé de s’envoler vers la deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin ? Qu’un soir inopportun, un petit garçon souriant aux oreilles pointues, arrive dans votre chambre pour y chercher son ombre… et vous emporté avec lui au Pays Imaginaire, par la même occasion ?

Peter Pan, le film d’animation qui aura suscité pour les enfants de nouvelles carrières en tant que pirate, sirène, indien ou pilote dans les airs ! 18e long-métrage d’animation et le 14e « Classique d’animation » des Studios Disney, Peter Pan fait partie de l’âge d’or pour l’animation du Studio, tant pour sa réalisation que pour sa réadaptation enchantée, à l’image des valeurs du studio même. Si son succès perdure encore aujourd’hui dans le monde, au point même de l’avoir sacralisé en tant qu’attraction dans le merveilleux parc de Disneyland Paris (par exemple), la production de Peter Pan aura eu des débuts difficiles et plus d’années de préparation qu’on ne le pense. A la sortie d’une seconde guerre mondiale où tout le monde a besoin de renouveau, Peter Pan arrive avec sa rêverie pour ramener un brin d’espoir. Et cet espoir, nous vous proposons de le voir en détail, au travers de sa critique et de son analyse. Allez, ayez une pensée agréable et volez avec nous dans cet article !

Et c’est parti pour découvrir un nouvel univers!

Peter Pan, l’histoire d’un enfant qui ne voulait pas grandir!

  • Production : Walt Disney Pictures
  • Titre original : Peter Pan
  • Titre français : Les aventures de Peter Pan
  • Diffusion française : 18 décembre 1953
  • Diffusion américaine : 5 février 1953
  • Réalisateur : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske
  • Scénario : Milt Banta, Bill Cottrell, Winston Hibler, Bill Peet, Erdman Penner, Joe Rinaldi, Ted Sears, Ralph Wright
  • Musique : Oliver Wallace

Synopsis

Alors que Monsieur et Madame Darling s’empressent de se préparer pour partir en soirée, leurs enfants Wendy, Jean et Michel jouent dans la chambre avec grand bruit. Cela n’est pas du goût de leur père qui considère leur imagination beaucoup trop débordante, au point d’en critiquer leur univers, et surtout le héros de leur histoire : Peter Pan. Les enfants s’insurgent, expliquent qu’il est réel. Wendy même aurait caché son ombre dans un tiroir de la chambre. Mais Monsieur Darling ne veut rien entendre. Demain, Wendy devra grandir et ce soir sera la dernière nuit qu’elle passera dans la chambre des enfants!

La dispute se passe et les parents s’en vont après que les enfants se soient endormis. Mais une fois que le silence s’installe, Peter Pan arrive par la fenêtre ouverte, pour justement chercher son ombre…

Peter à la Recherche de son ombre!

Les origines du film

A l’origine, Peter Pan est… une pièce de théâtre

Pièce éponyme de J.M. Barrie mise en scène en 1904, puis réécrite sous forme de roman en 1911, Peter Pan raconte une histoire telle que la connait, celle d’un petit garçon qui ne veut pas grandir et qui emmène trois frères et sœur au Pays Imaginaire. Si l’adaptation des studios Disney reprend l’histoire dans les grandes lignes, la pièce en elle-même détaille sur des valeurs plus noires ou plus égoïstes du caractère même de chaque personnage. Car l’époque s’y prêtait où l’inspiration de l’auteur amenait à cet état de fait, la pièce avait aussi pour but de sacraliser des moments forts de la vie de J.M. Barrie et de son passé.

D’ailleurs, parlons un peu de l’auteur. J.M. Barrie est un auteur et dramaturge écossais né le 9 mai 1860. S’il a déjà l’idée de Peter Pan dans le Roman « Le Petit Oiseau Blanc » en 1902, il travaille réellement l’histoire et le caractère du personnage en racontant ses aventures aux enfants d’une amie, Sylvia Llewelyn Davies qu’il adoptera au décès de cette dernière. Pour certaines personnes, Peter Pan serait en réalité, un hommage au frère de J.M. Barrie, David, décédé à l’âge de 13 ans. Pour l’auteur Andrew Birkin (« J.M. Barrie and the Lost Boys » – « J.M. Barrie et les garçons perdus ») :

« Si Margaret Ogilvy [la mère de J.M. Barrie – ndr], trouvait du réconfort dans l’idée que David en mourant enfant, resterait un enfant à jamais, Barrie y trouva son inspiration. »

Une inspiration qui bouleversa Walt Disney

Selon John Grant (« The Encyclopaedia of Walt Disney’s Animated Characters » – « L’encyclopédie des personnages animés de Walt Disney »), Walt Disney n’était encore qu’enfant quand il vit avec son frère une représentation de Peter Pan en 1913.  Et il en ressort bouleversé par cet univers aussi imaginaire que palpitant. Et si les années passent à la suite de cette représentation, Walt Disney garde toujours cette idée magique d’interpréter ce monde imaginaire avec ses propres yeux d’enfants. En 1935, la conception du film d’animation était prévue mais ce n’est qu’en 1939 qu’il obtient un accord avec la Great Ormond Street Hospital qui détient les droits de la pièce de J.M. Barrie depuis 1929, et Paramount Pictures qui elle, revend les droits de l’adaptation en animation.

Pourtant, il faudra encore attendre. Malgré les études préliminaires qui ont commencé, d’autres projets sont en cours et demandent plus d’implications comme Pinocchio et Fantasia qu’il faut sortir. Mais les Studios Disney sont surtout réputés pour leur imagination débordante et travailler sur plusieurs sujets à la fois fait partie de leur quotidien ! Peter Pan est donc initialement prévu à la suite de Bambi en 1942.

Et puis la seconde guerre mondiale et une crise de licenciements en 1946 retardent la production du long-métrage, en même temps que d’autres projets. Ce n’est qu’en 1949 que la tâche reprend intensivement avec un travail plus approfondi. Le scénario enfin validé par Walt Disney en 1951, la réalisation peut enfin commencer !

Et à chaque personnage à ses caractéristiques spécifiques

Pour humaniser chaque personnage, les Studios Disney utilisent une méthode très simple qui a déjà fait ses preuves pour « Blanche-Neige et les Sept Nains » (1938), « Cendrillon » (1950) et « Alice au Pays des Merveilles » (1951) : filmer de vrais acteurs ! Ainsi, la pré-production et ce film a servi de base à l’animation des personnages et des scènes du film.

Une fois cette base posée, il est temps de passer sur le détail et le comportement des personnages. Pour Peter Pan, ses caractéristiques sont directement issues de la pièce de J.M. Barrie : une tenue moulante verte, le chapeau conique surmonté d’une plume, une apparence juvénile et sa capacité à voler. Milt Kahi, alors désigné pour l’animation du héros, se charge d’ajouter un trait plus animalier à son visage, pour évoquer le Dieu de la Nature Pan ou un satyre. Pour Wendy on la dessine jeune malgré ses grands airs maternels. Pour le Capitaine Crochet, ses traits correspondent à un vrai méchant de théâtre, aux émotions bien visibles sur son visage ; il est stéréotypé alors comme une parodie des gentlemen anglais.

Pour la fée Clochette il y eut une étude plus approfondie. L’idée était de la présenter comme personnage bien visible et non comme un point lumineux comme elle l’est suggérée dans la pièce de J.M. Barrie. Elle devient alors une jeune femme très séduisante, coquette qui au lieu de se montrer discrète dans la pièce, s’affiche avec un caractère bien trempé dans le dessin animé !

Image des archives de la production

Récompenses du film Disney

Et la patience de Walt Disney n’aura pas été vaine. Le film d’animation Disney sort le 5 février 1953 aux Etats-Unis et c’est un triomphe. On y salue l’esprit du film qui correspond à la vision de Walt Disney : Ne jamais renoncer à son enfance. Pour un budget de 4 millions de dollars, Peter Pan en rapporte environs 87 millions de dollars. Et c’est aussi un véritable succès en France : plus de 7 millions de spectateurs ! Mais il ne recevra qu’une seule récompense en 1953, à la sélection officielle en compétition du festival de Cannes.

Par ailleurs, au-delà de son succès, Peter Pan influence le cinéma contemporain. Parmi les plus fervents admirateurs du film, on retrouve Steven Spielberg, qui adapte l’œuvre de Barrie dans Hook ou la revanche du Capitaine Crochet.

Par ailleurs, savez-vous qui ont prêté leur voix aux personnages emblématiques de cette histoire ?

  • Peter Pan : Claude Dupuy pour la première version en 1953 puis Hervé Rey (la voix de Misch dans Hook ou la revanche du Capitaine Crochet) en 1992
  • Wendy Darling : Mathé Altéry (la voix de Julie Andrews pour la Mélodie du bonheur) en 1953 puis Séverine Morisot et Bénédicte Lécroart pour la voix chantée (La voix officielle de Belle depuis 1991 !) en 1992.
  • Capitaine Crochet : Jean-Henri Chambois pour les deux versions (Edgar dans les Aristochats)
  • Mouche : Camille Guérini (Jiminy Cricket dans Pinocchio, Mickey Mouse dans Fantasia, le roi dans Cendrillon ou César dans la Belle et le Clochard) en 1953 et Teddy Bilis (Gepetto dans Pinocchio, le roi de Cœur dans Alice au Pays des Merveilles, le Sultan d’Agrabah dans Aladdin) en 1992.

 

Critique du film Peter Pan

L’accueil de ce chef d’œuvre eut un succès retentissant, qui a nécessité lors de sa production, la succession de bons nombres d’artistes qui souvent, ne répondaient pas aux exigences d’un Walt Disney précis sur ses idées et la manière dont il voit les choses. Jusqu’à sa mort, notre producteur favori a su influer sur toutes les histoires qu’ils contaient, gardant l’idée originale de chaque histoire pour en adoucir la mesure sans en atténuer une morale souvent rude, qui sont encore en tendance à l’époque. Pour mieux apprendre à un enfant, les fins n’étaient pas souvent les plus joyeuses, mais l’univers qu’on leur offrait permettait de leur donner une vision d’espoir dans un contexte réaliste et noir. Qu’en est-il alors pour Peter Pan ?

Féerie o trop scénarisé ?

D’un point de vue scénaristique

Techniquement, Peter Pan est le dernier film sur lesquels les Neufs Sages de Disney ont travaillé ensemble et où chaque membre a supervisé une scène marquante du film : Frank Thomas pour la scène où Crochet séduit Clochette afin de déterminer la planque des enfants perdus ; Eric Larson quand Peter Pan et les enfants Darling survolent Londres pendant la nuit, par exemple. Et tous sont d’accord sur un point : c’est un chef-d’œuvre du studio d’animation Disney qu’ils sont en train de produire. Pourtant l’écriture du scénario est compliquée, reprise, raturée et modifiée avec les années.

Peter Pan n’est pas un être aussi héroïque que le conte nous le fait entendre. Selon la pièce, c’est un enfant qui est certes joyeux, innocent mais surtout sans cœur. Il tue les enfants-perdus qui grandissent car grandir ne fait pas partie des règles du pays imaginaire. Il est sans compassion, ne connait pas l’amour et ne fait aucune différence entre le jeu et la réalité. Autant de difficultés à contextualiser et dessiner cela dans un long-métrage qui doit aspirer la confiance et la sympathie tout en gardant sa morale.

D’un point de vue graphique

Le film a fait l’usage de la caméra multiplane qui a permis notamment de développer la scène du vol de Londres sur 20 niveaux de peintures, décors et cellules. Pour faire simple, la caméra Multiplane est un système crée par les studios Disney et amélioré par les studios Disney pour donner un effet de profondeur aux dessins animés : en superposant des calques que l’on appelle « cellulos » les uns sur les autres. Le premier calque sur cette scène étant la ville de Londres probablement, puis les autres une superposition de nuages pour enfin arriver aux personnages.

D’un point de vue musique

Qui de mieux pour accompagner l’enchantement du film d’animation Disney qu’un compositeur ayant déjà composé pour cet univers ? Oliver Wallace est un excellent choix, quand on sait qu’il a travaillé sur 137 courts métrages avec les Studios Disney et quelques chefs d’œuvre comme… Cendrillon, Alice au Pays des Merveilles, Dumbo et La belle et le Clochard !

Mais n’oublions pas les compositeurs de chansons, comme Sammy Fain et Sammy Cahn qui composent « Teh Second Star to the Right » (la deuxième étoile à droite), « You can Fly » (Tu t’envoles) par exemple !

Oliver Wallace, un grand homme

Conclusion du dessin animé Disney

Au-delà de son triomphe, c’est le triomphe aussi de « la philosophie Disney » qui inscrit définitivement sa patte dans l’air de l’animation et pour les prochaines décennies à suivre. Garder la morale d’un conte en y montrant que le côté positif, et cachant la double lecture froide et sombre au travers de chansons ou de scènes plus douces. C’est ce qui sera d’ailleurs le plus critiqué ou respecté dans les Studios Disney : le fait de déformer un conte et de ne pas respecter lettre pour lettre ce qu’il en est dit. Pourtant, les livres de contes que l’on donne aux enfants sont-ils plus joyeux dans leur contexte ? Non, car on habille la dureté de l’histoire par une poésie des mots qui filtrent l’interprétation. Une mort dans un livre devient un sommeil long et calme. La trahison d’une promesse devient un simple oubli, et la cruauté d’un geste est dû seulement à l’insouciance d’une personne qui n’a pas conscience de son geste.

Un enfant qui lit un conte aura sa propre manière d’imaginer la scène. Il va l’imaginer selon ce qu’il voit de la réalité et de son environnement. Et c’est ce qui déterminera son imagination dans les années à venir, son comportement et sa manière de voir les choses par la suite. Il s’imagine son propre univers. Et contrairement aux livres, les films d’animations ne peuvent créer une image spécifique pour chaque enfant. Ce sont des influenceurs d’images qui imposent la vision de ceux qui ont travaillé sur son développement. Une vision adulte de leur propre enfance ou ce qu’ils voient à travers la vision de leurs enfants. Est-ce qu’un film devrait alors être aussi implacable qu’un livre ? Ou peut-on se permettre d’imaginer une action sous un aspect différent qui aura la même signification que celle décrite dans un livre ?  C’est en cela que réside la force des films Disney : Un conte vu positivement, sans que sa morale n’en soit tâchée.

Analyse du film Peter Pan

Peter Pan en a des choses à dire ! Personnages secondaires ou principaux, chacun d’entre eux est lié à Peter par une morale glissée. Crochet, Clochette, Wendy, Jean, Michel, les indiens, les enfants perdus, les pirates ! Tous sont sujets à bon nombre d’interprétations qui peuvent varier selon l’avis de chacun ! Le plus compliqué maintenant est de choisir le sujet le plus pertinent à vous raconter. Et comme tourne autour autours de Peter, commençons par lui !

Le monde de Peter Pan

« Au fond du ciel, une étoile/ Lance un rayon doré / Et vous dit « Faites vite un vœu /Je l’exaucerai »

Pour votre joie que dévoile / Mon merveilleux mystère / Et vous mène au pays qu’on nomme / Pays imaginaire » (premier doublage)

Qu’on se le dise. Peter Pan est un monde à lui-même. Il est le Pays Imaginaires et en établit ses règles et ses conséquences. Il amène qui il veut, en fait partir qui il veut. Il est la seule stabilité dans ce monde enchanté où les choses semblent avoir tendances à bouger. Un méchant qui disparait sera toujours remplacé par un autre. Un enfant perdu, une fois grand, voudra partir de ce monde et un autre le remplacera. Même, d’après la pièce, les fées ont une apparition variante et courte. Quel est donc le phénomène Peter Pan, au-delà du syndrome qui porte son nom ?

La vision d’un enfant plein d’imagination : Peter

Peut-être que c’est tout simplement la manière dont un enfant réel, imagine et perçoit son propre monde. Les pirates sont cruels, perfides… et ce sont tous des adultes. Les enfants perdus, loyaux, joueurs et qui sont partants pour toutes les aventures qu’on leur propose… ce sont les amis qu’un enfant voit passer dans sa vie.  Et Clochette, toujours présente quand il le faut, n’est pas un guide ni une pensée. Elle fait partie de l’univers de Peter Pan et se balade autour de lui comme un sentiment sur-exprimé, l’émotion vive sur le moment.

Il ne faut pas oublier que Peter Pan est un petit garçon. Il ne veut pas grandir parce que les adultes sont méchants, mentent et trichent quand il le faut. Il ne veut pas voir ses amis partir car s’ils deviennent des adultes, il les détestera à leur tour et il ne pourra plus jouer avec eux. Il est égoïste et veut les garder auprès de lui car il les aime, tout simplement. Il aime danser avec les indiens pour se raconter des histoires à partir de rien ; et il aime se vanter de ses exploits auprès des sirènes, car il aime capter l’attention et se sentir héroïque. Peter n’a pas créé cet univers pour rien, mais pour répartir ce qu’il aime, ce qu’il déteste et mieux comprendre ce qu’il souhaite. Et s’il déteste les adultes en tant que pirates, c’est qu’il ne veut pas devenir aussi méchants qu’eux. Pourtant ne l’est-il pas quand il empêche ses amis de partir de son univers ? C’est égoïste mais c’est inconscient et l’enfant ne fait pas encore la différence. Quelqu’un pourtant le fait. Et c’est Wendy.

Le rêve de Wendy

« Mais maman, je n’ai aucune envie de grandir ! »

Wendy a une imagination débordante qu’elle tient probablement de sa mère. On pourrait même supposer comme théorie que c’est elle qui a créé l’univers de Peter Pan, et qu’elle n’en est qu’une actrice secondaire. Pourtant, malgré son rôle, elle observe et comprend ce qu’il se passe. Elle ne veut pas grandir et pourtant, elle a la maturité d’une grande fille. Elle a seulement peur qu’en devenant adulte, elle ne puisse plus imaginer ou rêver comme elle le fait maintenant. Le monde de Peter Pan a pour but ici de rassurer. Les sirènes à son égard ne sont pas aussi gentilles avec elles qu’avec Peter. On ne veut pas lui parler et même… on souhaite la noyer ! Les enfants perdus ne jouent pas avec elles et la considèrent peu à peu comme une vraie maman. Les indiens ne la laissent pas danser pendant la fête mais l’imposent de chercher du bois pour maintenir le feu allumé. Seuls les pirates cruels la respectent sur un point : au lieu de lui imposer une sentence, il lui donne le choix de sa sentence : devenir pirate ou passer sur la planche. Même si le choix est morbide, ce sont bien les seuls qui lui démontrent une forme de respect particulière.

Mais alors, n’est-elle plus adaptée à ce monde ? Est-il trop tard ? Wendy pourtant en revient et en tire des conclusions merveilleuses de son escapade. Même si elle a plus subit que les autres, elle a su faire la part des choses et apprécier son moment. Elle sait qu’elle pourra continuer d’y rêver et d’imaginer bon nombre d’histoires, même si elle grandit. Car, quand elle est entrée au Pays Imaginaire, sans le savoir, Wendy était déjà grande.

Une jeune fille assez mature finalement!

Crochet, un enfant qui a grandi trop vite.

« Capitaine Crochet : Mille tonnerres Mouche ! Parce que c’était poli de la part de Peter Pan de me faire ça, à moi ?

Monsieur Mouche : Mais Capitaine, il ne vous a tranché la main que pour vous faire une petite blague, voilà tout !

Capitaine Crochet : Oui, mais il l’a jeté en pâture au crocodile et cet horrible monstre m’a tellement trouvé à son goût qu’il me poursuit sans relâche depuis en se léchant les babines et à l’idée d’avaler le reste s’il le peut ! »

Cela n’en tient qu’au rédacteur, mais il semblerait que Crochet voit aussi le Pays Imaginaire avec recul, comme le fait Wendy. Mais avec une conclusion moins joviale. A jouer avec un enfant perdu à la bagarre, il s’est blessé et a vu sa main coupée et mangée par un crocodile. Il essaie ’approcher les sirènes, mais il fait trop peur pour qu’on lui adresse la parole. Il craint les indiens, car ils sont amis avec les enfants perdus. Quant à eux… eh bien quand on sait que le chef de la troupe vous a coupé la main et qu’il ne regrette rien, c’est difficile de vouloir en faire des amis !

C’est un peu comme si Crochet n’avait pas pu profiter pleinement du Pays Imaginaire, qu’il était passé trop vite à côté des événements pour en tirer quelque chose de merveilleux. Et à force de rancune, il n’a plus le cœur à sourire comme un enfant, sauf quand il se venge. Crochet est donc devenu un adulte pressé par le temps qui est représenté par le crocodile ayant avalé un réveil. Imaginer, rêver, jouer, c’est une perte de temps et ça blesse plus que ça n’aide ! Il doit rattraper son temps perdu !

Cette mentalité ne vous rappelle pas celle d’un certain Monsieur Darling ? pourtant, quand Monsieur Darling prend enfin le temps de regarder un nuage en forme de bateau dans le ciel avec sa famille, il se rappelle qu’il a été aussi un enfant, qui a vécu les mêmes aventures, les mêmes déboires, et s’est posé les mêmes questions. Alors peut-être qu’au lieu de courir après le temps, pourquoi ne pas le prendre afin d’apprécier les bons moments et remplacer les souvenirs tristes par un instant merveilleux ?

Conclusion : « Rêve de ta vie en couleurs, c’est ça le secret du Bonheur ! »

Chacun possède son univers, que l’on développe selon nos envies, nos passions, nos influences ! Bien sûr, on peut inviter chaque personne à y rentrer. Mais si vous forcez la main, vous risquez de plus vous blesser que de blesser l’invité ! Et être adulte ne signifie pas qu’il faut obligatoirement abandonner ses rêves et son imagination débordante ! On peut le garder, le nourrir et peindre la réalité avec notre univers et davantage de couleurs. C’est ça le secret du Bonheur !

Et vous, quel est votre Pays Imaginaire?

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