Analyse et critique du film Hocus Pocus, les Trois Sorcières !

Publié par Colombe le 27 octobre 2018 | Maj le 28 octobre 2018

S’il fallait résumer ce film, retenez trois noms : Sarah, Mary et Winifred Sanderson, que l’on pourrait nommer respectivement comme le bon, la brute et le truand ! Diablement attachantes avec leur caractère bien trempé, ce sont bien elles, les véritables stars de cette histoire bon enfant. Incontournable en cette période d’Halloween, Hocus Pocus est un film original qui mérite donc une attention toute particulière… Aidés de Fantômes, de vampires et de farfadets facétieux, nous vous avons donc préparé une présentation détaillée d’un film devenu aujourd’hui culte pour son histoire et ses simples effets spéciaux !

Hocus Pocus

La critique approche… tremblez sorcières!

Hocus Pocus, ou l’histoire de trois sorcières déjantées

  • Production : Walt Disney Pictures, Walt Disney Studios, Touchwood Pacific Partners 1, Rhythm & Hues Studios
  • Titre original : Hocus Pocus
  • Titre français : Hocus Pocus, les trois sorcières
  • Diffusion française : 26 janvier 1994
  • Diffusion américaine : 16 juillet 1993
  • Réalisateur : Kenny Ortega
  • Scénario : Mick Garris, Neil Cuthbert d’après une histoire imaginée par Mick Garris et David Kirschner
  • Musique : John Debney

Synopsis de Hocus Pocus

Salem, le 31 octobre 1993. Nous sommes en pleine période d’halloween, avec tous ses enfants déguisés qui font le tour des maisons pour mériter leurs confiseries. Tous ? Non ! Un sceptique dans son genre, Max Dennison, considère que cette fête est sans intérêt. Pourtant il viendra accompagner sa sœur Dani dans sa ronde de bonbons, jusqu’à rencontrer une amie de son lycée, Alisson, que Max aime en secret. Bien décidé à lui plaire comme il se doit, Max propose à Dani et Alisson de visiter une obscure demeure aux légendes encore présentes dans son vieux bois craquelant et ses toiles d’araignées abandonnées. Et pour faire le beau devant sa belle à courtiser, Max ne recule devant rien pour montrer sa témérité… jusqu’à allumer une vieille bougie à flamme noire qui réveille trois sœurs sorcières disparues depuis 300 ans…

Ce n’était pas forcément la meilleure des idées…

Les origines du film Hocus Pocus

Avant toute chose, remettons les événements dans leur contexte.

Historiquement, Halloween signifie « veille de la Toussaint », et est à l’origine une fête païenne d’origine irlandaise qui annonçait le nouvel an celtique ! Nuit célébrant le dieu de la mort Samain en Irlande, Halloween était une période close en dehors du temps, où les barrières séparant le réel de l’irréel s’abaissaient, afin de permettre aux hommes de communiquer avec l’autre monde. Fantômes et créatures nocturnes venaient donc profiter de ce moment unique pour venir dans le monde des mortels et hanter les vivants. Mais quel est le meilleur moyen pour éviter les mauvais tours des esprits farceurs ? Tout simplement de leur ressembler grâce à un costume effrayant !

Par la suite, cette fête s’est rapidement répandue aux Etats-Unis par les colonies irlandaises qui s’y sont installées. Halloween a continué alors d’être célébrée chaque année avec ses rituels répétés et son ambiance aussi mystique qu’effrayante. Et plongé dans cet univers automnal, il est alors très facile d’imaginer nombre d’histoires sombres pour effrayer les cœurs les plus sensibles, comme celle d’Hocus Pocus !

L’origine du film Hocus Pocus

A l’origine, Hocus Pocus aurait dû être un simple téléfilm. Mais l’engouement de son scénario, écrit par David Kirschner, met la puce à la grande oreille de Walt Disney Studios qui signe tout de suite pour la production du film. Steven Spielberg était d’ailleurs le premier averti pour produire le film mais il refusa. Pour la bonne et simple raison que Disney était son concurrent principal à l’époque !

Hocus Pocus est produit dans les studios de Burbank, où les décors y sont réalisés par William Sandell. A un détail près, l’introduction est tournée dans le Massachusetts pour plus d’authenticité.

Pour la bande originale, James Horner est le principal engagé. Mais faute de temps, il n’écrit finalement que la chanson « Garden of Magic » (Jardin de Magie) que Mary Anderson chante pour envoûter les enfants de Salem. Il est alors remplacé par John Debney qui propose un accompagnement empreint d’humour, de magie et de mystère. Quant à la chanson principale « I Put A Spell on You », (Je vous jette un sort), c’est Jay Hawkins qui la compose en 1956 et qui est reprise par l’actrice principale Bette Midler alias Winifred Sanderson !

Et qu’en est-il de leurs récompenses ?

Récompenses pour Hocus Pocus

Pour un budget estimé à 28 millions de dollars, le film rapportera  seulement 39 millions de dollars ainsi qu’un Saturn Award en 1994 pour ses meilleurs costumes. Une petite victoire pour ce film qui n’aura pas eu la considération du public, même si… on en comprend la raison : après tout, un film d’halloween sortant en pleine période de l’été, cela n’a pas forcément été la meilleure idée venant de Walt Disney studios !

Mais comme le chante Winifred Anderson, elle a surement dû « jeter un sort » sur ce film ! Car Hocus Pocus gagne en popularité quelques années après sa sortie et s’impose au rang des films cultes à visionner pendant la période d’Halloween.

Quant à sa sortie très discrète en France, le charme s’est aussi rapidement répandu dans les chaumières pour gagner en popularité. D’ailleurs, voici un petit aperçu des personnes qui ont prêté leur voix à la traduction française d’Hocus Pocus !

  • Winifred Sanderson: Elisabeth Wiener (voix de Glenn Close qui interprète Cruella d’Enfer dans les 101 Dalmatiens)
  • Sarah Anderson: Marie Vincent (voix de Kirstie Alley qui interprète Mollie Jensen dans Allô maman, ici bébé)
  • Mary Anderson: Monique Thierry (voix de Anjelica Huston qui interprète Morticia Addams dans la Famille Addams)
  • Allison : Laurence Crouzet (voix de Lucille McBernick dans la Famille Pirate)

 

Critique du film Hocus Pocus

Hormis une date mal calculée, les critiques ont été largement mitigées à la sortie d’Hocus Pocus. Effets spéciaux simples et un peu mal vieillis aujourd’hui, personnages surjoués au doublage français mal fait, il y a beaucoup à dire sur ce film qui pourtant dégage… une véritable nostalgie.

Commençons par l’histoire abracadabrante.

Au départ, cela sonne comme une histoire pour enfants : trois sorcières cherchent à priver la jeunesse des enfants de Salem pour rester éternellement jeunes et belles. Pourtant, rien ne se passe comme prévu et un jeune garçon intervient pour réduire leurs monstrueux plans à néant. Excédées, les trois sorcières le transforment en chat noir immortel avant d’être arrêtées par les habitants de leur village. Sur le point d’être pendues, les sœurs Anderson prédisent alors leur retour grâce à… une âme pure et vierge qui allumera leur bougie à flamme noire.

Et là, on part dans un humour décalé, aussi audible pour les adultes que pour les enfants. La condition sine qua none amuse beaucoup, surtout lorsqu’elle se calque aux difficultés adolescentes de Max Dennisson, ou bien à l’histoire du zombie Billy, aux lèvres cousues par Winifred Sanderson parce qu’il l’avait trompée avec sa sœur Sarah. Tout est prétexte pour un cliché bien fait qui se laisse regarder avec un sourire aux lèvres. On rit quand on voit les sorcières hurler de frayeur devant une voiture qui n’existait pas encore à leur époque ; on chante quand les sœurs Anderson lancent un sortilège en pleine soirée de gala sur toute une assemblée en émoi ; et… on pleure avec Dani à la fin du film qui est pourtant une belle conclusion.

Néanmoins, le rythme montre parfois un peu de lenteur. On le voit nettement au début du film, qui pose maladroitement le décor et les conditions dans lequel vit Max Dennisson, entre amourette et harcèlement en ville. Et on le voit aussi entre la fin du premier affrontement des héros face aux sorcières et leur retour « inattendu » pour se venger ; cette transition, particulièrement, montre une insouciance un peu trop surjouée, mais qui a le mérite de glisser un peu de romance et de tempo dans ce film où tout bouge en permanence.

Quant au casting, un menu de choix.

C’est peut-être l’un des points forts de ce film : un casting de choix. Et qu’on se le dise, c’est bien les trois sorcières Anderson qui sont les vrais personnages principaux de l’histoire !

Commençons d’abord par Bette Midler, qui interprète Winifred dit « Winnie » Anderson.

De prime abord, Bette Midler n’est pas actrice, mais chanteuse se produisant dans des cabarets new-yorkais. C’est pourtant cette carrière qui lui permettra de grimper les échelons et de participer à quelques productions de films, dont Hocus Pocus. Folle, drôle et outrancière dans ses gestes, Bette Midler surjoue son personnage et la rend incroyablement agaçante… et attachante. On aime Winnie pour sa voix, son maquillage mal fait, ses cheveux crépus, sa gestuelle maniérée et ses plans machiavéliques qui n’aboutissent jamais !

En second, voici Kathy Nijimy, qui joue le rôle de Mary Anderson.

Incontournable dans les deux opus de Sister Act ou Descendants quand elle incarne la Reine Grimhilde, Kathy Nijimy joue un personnage un peu empoté et jovial, tirant son bonheur du mal qu’elle commet avec ses sœurs. On pourrait la considérer comme la plus empathique de la fratrie, et pourtant… les enfants devraient se méfier de son infaillible odorat. Et rien que pour ce décalage, on aime cette cadette ! Surtout quand elle essaye de faire un peu de méditation pour calmer son affolante ainée !

Et enfin, parlons de la benjamine. C’est Sarah Jessica Parker qui joue le rôle de Sarah Anderson.

Loin d’être une inconnue, la jeune femme tient le rôle de Carrie Bradshaw dans la série Sex and the City. L’actrice, toute jeune et pleine de potentiel à cette époque, joue donc une rêveuse délurée, qui incarne parfaitement ce qui manque à ses deux sœurs : l’insouciance et… une certaine beauté. Loin d’être pressée par le temps, Sarah Anderson aime s’arrêter pour un rien et surtout jouer de ses charmes avec les premiers hommes qu’elle rencontre… ce qui n’est pas pour enthousiasmer son ainée. C’est pourtant son charme qu’on apprécie : caricature de la pure blonde écervelée, elle donne du piment supplémentaire à l’histoire et à la complicité de la fratrie !

Quant au reste des acteurs…

On applaudit le zombie Billy joué par Doug Jones qui aura son mot à dire à la toute fin ; Dani Dennisson jouée par Thora Birch, qui est attachante malgré son air souvent effronté ; et notre cher ami Max Dennisson joué par Omri Katz même si… on regrette que Leonardo DiCaprio n’ait pas accepté de jouer le rôle pour s’engager dans un autre long-métrage !

« Pauvre Léo… bien dommage ! »

Une musique rythmée

Macabre, rythmant aussi bien l’action que les émotions des sœurs Anderson, la bande-son de Hocus Pocus est une œuvre intemporelle qui possède autant les rondeurs d’une musique comique que les tintements légers d’une musique douce et enchanteresse. Chaque scène est accompagnée avec finesse, donnant une profondeur et une immersion complète. Simples dans leurs répétitions et pourtant très efficaces, les morceaux s’écoutent facilement et arrivent à nous faire peur bien que la scène puisse être décalée !

Et bien sûr, on notera la belle performance de Bette Midler et Sarah Jessica Parker qui ont chacune leur manière de nous faire frissonner…

Des décors soignés

Les décors sont originaux, bien faits, avec une mention particulière pour les costumes des sœurs Sanderson qui les rendent complètement atypiques, ainsi que le maquillage du zombie Billy qui met bien en évidence son rôle décalé.

Et même si le long-métrage a été tourné en 1993, Hocus Pocus ne donne pas la sensation d’être un film qui se vieillit : les effets spéciaux sont très simples mais bien montés, rapides et donnant un très bon rythme aux actions des personnages. La maison des sœurs est aussi mystique que rustique, ce qui colle assez bien à l’idée que l’on se fait d’elles.

Et pour conclure ?

Hocus Pocus est un concentré de nostalgie ! On respire à pleins poumons l’innocence des années 1990 et l’audace autrefois osée des Walt Disney Studios qui arrivaient à glisser beaucoup de sous-entendus dont seuls les adultes pouvaient rire. C’est aussi pour cette raison que ce film est intemporel. Qu’importe l’âge où on le découvre ou redécouvre, il amusera autant qu’il émouvra. Et l’objectif de Hocus Pocus est simple : partager un moment simple et amusant à son échelle, sans se prendre la tête sur des morales ou des sous-morales qui n’ont pas lieu d’être. C’est un bon conte d’Halloween à partager entre amis, en famille, ou tranquille un soir d’automne avec son plaid et un thé à la citrouille.

A croquer, non?

Analyse du film Hocus Pocus

Qu’on se le dise tout de suite, un film comme Hocus Pocus n’a pas besoin d’une moindre analyse ! Bon enfant et juste très attachant, Hocus Pocus est la définition même du film que l’on voit sans réfléchir. On rit pour son absurdité parfois outrancière, on pleure pour les petites émotions singulières, mais surtout, on se laisse aller à la rêverie et à l’humour décalé du film. Mais s’il fallait vraiment retenir trois morales ce seraient bien celles-ci :

La famille c’est important

Que vous soyez sorcière, chat immortel ou bien tout simplement adolescent en peine de cœur, rien n’est plus important que ceux qui vous entourent et vous aime.

Dani Dennisson a la langue bien pendue et aime taquiner son grand frère ! Pourtant l’affection de Max compte pour elle et n’osera jamais s’éloigner de lui… et réciproquement. Max Dennisson a beau faire le fier, il protège sa petite sœur tant bien que mal et cherchera toujours à la réconforter si elle est malheureuse.

De la même manière, les sœurs Sanderson montrent le même exemple : Winnie aimerait un peu plus de pouvoir que ses cadettes et pourtant, elle ne serait rien sans Mary qui repère les enfants et Sarah qui les attire. Complices, avec un humour vache entre elles, les trois sorcières montrent au moins un objectif flagrant : elles arriveront à leur fin ensemble… ou pas du tout.

Dire au-revoir n’est pas un mal

C’est une remarque qui est liée plus à la fin du film de Hocus Pocus, notamment un moment particulier où intervient le chat Thackery.

Il faut savoir que ce dernier était lié directement à la malédiction des sorcières ; Thackery était donc condamné à vivre éternellement sous la forme d’un chat, tant que les sœurs n’étaient pas définitivement mortes. Mais vivre séparé de sa famille pendant trois cents ans laisse supposer qu’il se sent incroyablement seul. Il parle d’ailleurs souvent de sa sœur qui lui manque et qu’il ne peut rejoindre. Touchée par sa triste malédiction, Dani est prête à lui offrir un nouveau foyer accueillant, où sa descendance s’occupera de lui encore et encore.

Mais à la fin du film, à la suite du long combat contre les sœurs Sanderson, les trois héros découvrent le chat noir inerte sur le sol. Les sorcières disparues, Thackery n’a plus de raison de rester sur terre et peut enfin rejoindre sa sœur dans l’autre monde, qui vient d’ailleurs le chercher à l’aube du premier novembre. Dani pleure et refuse de le voir partir et pourtant… Aurait-il été plus heureux à une vie immortelle en voyant disparaître ses amis un par un ? Parfois, les fins les plus tristes sont les plus heureuses à souhaiter.

Et enfin… Méfiez-vous des bougies noires

Juste, méfiez-vous des bougies noires : un soir d’Halloween, dans une maison lugubre recouverte de toiles d’araignée, et avec un livre possédant un œil sur sa couverture.

Ah oui et méfiez-vous des aspirateurs et des balais qui peuvent vous emporter dans les airs !

Genre… CETTE bougie!

Conclusion : « I put a spell on you ! « 

Au tour de Radio Disney Club de « vous jeter un sort » : regarder un de ces films incontournables pour le soir d’Halloween et laissez-vous charmer par le caractère décalé de trois sorcières aux caractères bien trempés !

« Soyez bénis! »

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