Dumbo en live-action : Tim Burton et Eva Green confient leurs impressions

Publié par Camille Esteve le 24 mars 2019 | Maj le 6 avril 2019

C’est dans le somptueux décor de l’hôtel parisien Le Bristol que s’est tenue la conférence de presse pour la promotion du film Dumbo, le 18 mars 2019. Le réalisateur Tim Burton et l’actrice Eva Green étaient présents pour apporter leur regard sur le film, qui sortira en salles dès le 27 mars prochain.

Tim Burton Eva Green Dumbo

Tim Burton et Eva Green lors de la conférence de presse du 18/03/19. Crédits photo : Radio Disney Club

Tim Burton, l’enfant particulier

Tim Burton

Tim Burton

« Ce que j’aime dans Dumbo, c’est cette façon de parler comme une fable. Ce qui m’intéressait, c’était d’abord la simplicité et la beauté de cette image, ce que véhiculent d’ailleurs tous les anciens films Disney. »  Tim Burton

Des univers cinématographiques plus proches qu’il n’y paraît

Considéré parfois comme le « vilain petit canard de Disney« , le célèbre réalisateur Tim Burton a su trouver sa place dans le monde du septième art, grâce à des films aux univers très particuliers et sombres, tels que Edward aux mains d’argent ou Sleepy Hollow : La légende du cavalier sans tête. Côté Disney, il avait déjà apporté sa patte graphique à trois longs-métrages : le film en stop motion L’Étrange Noël de Monsieur Jack, dont il avait écrit le scénario, et les deux live-action Alice au pays des merveilles et Alice de l’autre côté du miroir, dont il avait assuré la réalisation du premier et le scénario des deux opus. Avec Dumbo, une alliance entre le monde féerique et coloré de Disney et l’univers sombre et torturé de Burton semble à nouveau possible.

Le réalisateur l’explique :

« Si l’on y pense, tous les films Disney nous permettaient d’aborder tous les thèmes de la vie, de la mort, de la tristesse, que finalement, en tant qu’enfant, on a du mal à comprendre. Il y a Dumbo, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres personnages, comme Pinocchio. Et finalement, de quoi se souvient-on le plus souvent [dans un film Disney] ? On se souvient des parties les plus effrayantes ou les plus tristes. Et Walt Disney le faisait très bien. Je ne fais pas vraiment de différence entre ces deux univers. Ils sont semblables. »

Des personnages bizarres et incompris

Parmi la large gamme de personnages qui peuplent la filmographie Disney, le choix du cinéaste s’est finalement posé sur Dumbo. Un choix logique, dans la mesure où le petit éléphanteau aux grandes oreilles est rejeté tout au long du film à cause de sa différence et ignore que sa particularité fait sa force. Un trait de personnalité que partagent bien des personnages de la filmographie Burton et ce dernier expose ainsi les motivations de son choix :

« Pour moi, le symbole de cet éléphant volant, c’est d’abord une métaphore très belle.  Mais c’est aussi une histoire plus personnelle : celle d’un personnage un peu étrange, qui n’a pas l’air de rentrer vraiment dans le moule. […] La raison principale de mon attirance pour Dumbo, c’est finalement une ressemblance extrême avec qui je suis. C’était un peu la risée de tous, un personnage bizarre, mais en même temps c’est un personnage particulier, spécial… Et puis, bien sûr, je célèbre comme toujours la beauté d’être différent et, évidemment, la beauté d’être finalement accepté par les autres. »

Tim Burton se confie par ailleurs sur la motivation de son projet :

« Ça implique, à un autre niveau, mon histoire personnelle avec Disney : une histoire belle et longue, donc je me suis aussi servi de cette proximité avec ma propre expérience. […] Je suis très proche de ce que représente Dumbo, dans le sentiment qu’il éveille, et c’est pourquoi je voulais faire ce film. Je veux toujours faire quelque chose qui me parle et auquel je suis très attaché, profondément et intimement. »

« Ce que j’aime c’est d’avoir autour de moi des gens un peu bizarres… »

Côté réalisation, le casting constitué pour Dumbo n’a pas été laissé au hasard. Pour accompagner le personnage principal réalisé en images de synthèse, la sélection d’acteurs et d’actrices pour incarner les rôles principaux du film n’est pas anodine pour Tim Burton.

« J’ai eu beaucoup de chance – confie-t-il –  parce que j’ai réuni une troupe de gens extraordinaires et aussi un peu barrés. […] J’ai été très heureux de retrouver Michael Keaton avec qui j’ai travaillé il y a de nombreuses années, Danny de Vito bien sûr et Colin Farrell, dont j’ai immédiatement ressenti que je le connaissais depuis toujours. J’aimais l’idée que tout cela fasse une famille un peu dysfonctionnelle. […] Ce que j’aime, c’est d’avoir autour de moi des gens un peu bizarres qui vont aussi être en osmose avec un animal un peu bizarre. […] J’ai adoré évidemment que tous ces fous soient d’accord et aillent avec moi jusqu’au bout de ma propre vision. »

Une troupe d’acteurs, qui n’est pas sans rappeler les troupes que l’on retrouve dans les cirques. A ce sujet, le cinéaste admet que dans un film,  « il y a la même dynamique [que dans un cirque], avec ces incroyables artistes qui sont autour de vous« .  « Dans un sens – conclue-t-il avec un sourire – je suis un personnage de cirque« .

Eva Green, l’oiseau engagé

Eva Green

Eva Green

« J’ai grandi avec Dumbo et cette histoire m’a toujours beaucoup bouleversée. Je pense qu’il n’y a personne d’autre que Tim pour mettre en scène cette histoire, parce qu’il comprend les incompris et qu’il apporte toujours sa poésie, sa magie. » Eva Green

Collette Marchant, icône glamour et oiseau en cage

Dans cette nouvelle version de Dumbo, l’actrice française Eva Green (vue dans Dark Shadows et Miss Peregrine et les Enfants particuliers) interprète un nouveau rôle, celui de la trapéziste Collette Marchant. Pour définir ce personnage de composition, Eva Green explique :

« C’est une artiste typique de l’âge d’or d’Hollywood, du cinéma muet, très glamour, que Vandemere, joué par Michael Keaton, a trouvé dans les rues de Paris et en a fait une superstar en la ramenant à Dreamland. C’est un bel oiseau en cage qui va finir, comme Dumbo, par s’envoler. »

Un personnage toutefois historique, car Colette Marchand était une véritable danseuse et actrice française, qui avait, tout comme le personnage, un côté glamour très prononcé.

C’est donc un rôle profond et complexe que joue l’actrice, qui signe ici sa troisième collaboration avec Tim Burton. Une alliance à laquelle elle semble avoir pris goût et qu’elle explique en ces termes :

« On n’a même pas besoin de lire un script, on sait toujours que c’est un univers [cinématographique] particulier, haut en couleurs, où on joue un rôle qu’on n’a jamais joué. Les rôles qu’il m’a offerts ont toujours été extrêmement divers. »

Collette Marchant, femme forte et féministe

Initialement sous la coupe du fourbe VandemereCollette Marchant incarne finalement le rôle d’une femme qui s’émancipe peu à peu et qui reste fidèle à ses principes. Un personnage qui n’est pas sans rappeler d’autres rôles de femmes fortes et émancipées brillamment incarnées par Eva Green, telles que la femme fatale Ava Lord dans le deuxième opus de Sin City ou la machiavélique Angélique Bouchard dans Dark Shadows.

Avec Collette Marchant, l’actrice incarne donc à nouveau un personnage féminin et complexe.

« Je ne choisis pas un rôle en me disant « il faut que ce soit féministe » – précise Eva Green –  mais c’est vrai que j’aime les femmes fortes, pas les femmes soumises. J’aime les femmes qui font un voyage, comme Collette, où il se passe quelque chose, où c’est comme une espèce d’oiseau en cage qui va prendre conscience que sa vie est superficielle et qui s’émancipe. J’aime les femmes fortes, les femmes complexes, les femmes qui ont du courage, les femmes modernes… »

« On avait l’impression de retourner à l’âge d’or du cinéma hollywoodien. C’était grandiose. »

Interrogée sur la réalisation du film, Eva Green confie surtout son émerveillement en découvrant la vie du cirque.

« Une des premières scènes que j’ai tournées – raconte-t-elle – était celle où nous étions tous dans la voiture et où nous arrivions dans Dreamland. Et le luxe qu’on avait, c’était qu’il n’y avait pratiquement pas d’écran vert. On avait les attractions, les figurants, les acrobates, un groupe de jazz… C’était extraordinaire, on avait l’impression de retourner à l’âge d’or du cinéma hollywoodien. C’était grandiose ! « 

Souffrant initialement d’acrophobie (peur du vide), l’actrice confirme avoir pu surmonter sa peur pour jouer son rôle de trapéziste, justement grâce aux membres du cirque qui l’ont épaulée :

« C’est vraiment grâce à la patience et à la passion des acrobates, qui m’ont appris à faire des choses dingues là-haut, que j’ai réussi à vaincre ma peur du vide. »

Une passion qui lie les membres du cirque entre eux et qui fascine la jeune actrice :

« Je m’entraînais tous les jours dans un chapiteau où ils vivent tous ensemble, comme une grande famille. Et ils s’entraident : les clowns aident les trapézistes, par exemple… Il y a un grand soutien, un amour et c’est vraiment fascinant de les regarder, c’est assez impressionnant. »

C’est donc sous le signe de la magie et de la poésie qu’est placée cette nouvelle version de Dumbo. Une histoire qui promet d’être toujours aussi touchante et émouvante, que chacun et chacune pourra découvrir au cinéma, dès le 27 mars.

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