Hans Zimmer, histoire d’un génie de la musique

Publié par Joshua Bobée le 5 novembre 2017 | Maj le 5 novembre 2017

Aborder l’univers des musiques de films sans parler du virtuose Hans Zimmer est impossible, avec presque cent cinquante productions à son actif, il est depuis plus de trente ans un acteur majeur de cette discipline. De sa première création à la dernière, les sons produits par le compositeur sont marqués dans tous les esprits, la transcendance d’Inception, la subtilité du Dernier Samouraï, la gravité de Twelve Year a Slave, la pression de Dunkerque, le légendaire du Roi Lion. Ce musicien de la première heure adepte de la fusion entre musique moderne et musique classique est un artiste du son qui ravit les oreilles et par un travail de coordination offre une dimension sonore unique et des thèmes perceptibles immédiatement même hors des longs-métrages, l’histoire du producteur, musicien et talentueux compositeur dont le prochain projet n’est autre que la version live du Roi Lion.

Un musicien de la première heure

Hans Florian Zimmer voit le jour près de Francfort en Allemagne, le 12 septembre 1957, fils d’un ingénieur, il est initié aux concerts de musique classique dès sa troisième année. Autodidacte, le musicien exprime assez vite un esprit hors de toutes conventions et n’apprécie pas le cadre strict de l’apprentissage traditionnel, en effet, à l’âge de trois ans, et en deux semaines de leçons, il réussit à décourager son professeur de piano, plusieurs écoles suivront et il finira son apprentissage seul avec le piano familial. La musique deviendra son refuge suite au décès de son père et le jeune Hans y mettra toute sa passion et son temps, mais ce n’est que lors de son départ pour Londres que sa carrière prendra son envol.

Les Années New Wave

Hans Zimmer

Hans Zimmer deuxième à droite avec le groupe Krakatoa

Désormais Londonien, Hans développe un intérêt grandissant pour la musique électronique, naissante à cette époque, adepte des claviers et autres synthétiseurs, il explore différents genres de musiques en rejoignant plusieurs groupes. Il débute sa carrière avec le groupe Krakatoa, suivi de The Buggles, un groupe de rock new wave, Hans fera d’ailleurs une apparition dans le clip de Video killed the radio Star, première vidéo musicale diffusée sur MTV. Il devient ensuite le joueur de synthé du groupe italien Krisma, et participe à leur troisième album, Cathode Mamma, un bref passage chez Helden, Macone, Shriekback et The Damned achève ces années new wave.

Les premiers pas de Hans Zimmer au cinéma

En plus d’écrire des jingles publicitaires pour Air-Edel, le musicien touche à tout fait la rencontre du prolifique compositeur de musique de film Stanley Myers, d’abord assistant, il devient rapidement compositeur et entame une longue collaboration avec le compositeur. Ensemble, ils travaillent sur la fusion de la musique classique et de la musique électronique, qui aujourd’hui encore fait partie de l’empreinte musicale de Zimmer. Travail au noir, My Beautiful Laundrette, Panique sur la ville, Paperhouse, ils collaboreront pendant dix années. La première production solo du musicien pour Terminal Exposure en 1987 sera suivie d’Un Monde à Part de Chris Menges, composition qui lui offrira son ticket pour Hollywood.

Premiers succès Hollywoodiens

Hans Zimmer en Studio

Barry Levinson, réalisateur de Rain Man, était à la recherche d’un compositeur pour son film, et Zimmer a été repéré grâce à la femme du réalisateur, admirative de la bande originale d’un Monde à Part. La composition qui en découle lui vaut d’être nommé aux Oscars, et la musique du film suivant, Miss Daisy et son chauffeur, devient un énorme succès critique, confirmant aux réalisateurs les qualités artistiques du compositeur. Plusieurs productions suivront, Burning Secret, Black Rain, première collaboration avec Ridley Scott, Comme un oiseau sur la branche, Jour de tonnerre, Fenêtre sur pacifique, Croc-Blanc. En 1991, sa seconde participation à un projet de Ridley Scott pour Thelma et Louise lui offre une nomination aux BAFTAS, et il devient de fait l’un des compositeurs de musiques de films les plus demandés, les musiques créées par Hans Zimmer semblent évoluer et grandir au même rythme que le long métrage, le son devient un acteur capable de transmettre.

Le haut de l’affiche

A raison de cinq projets par an, l’artiste est omniprésent, les musiques s’enchainent, toujours riches de qualité, chacun reconnaît l’incroyable capacité d’Hans Zimmer a donner vie aux émotions par le son, et offrir une autre dimension aux réalisations. C’est ainsi que les Walt Disney Studios s’intéressent à son travail pour leur prochain film d’animation, Le Roi Lion, une première pour l’artiste, le choix de la production a été fait suite à l’écoute de la musique originale du film La puissance d’un Ange, ou l’alchimie entre la composition de Zimmer et le chanteur sud-africain Lebo M correspondait parfaitement à l’esprit recherché. La collaboration avec Elton John et Tim Rice joue un rôle évident dans le succès du film d’animation, et devient l’un des disques les plus vendus de l’année, en plus d’un Grammy Award, d’un Golden Globe et d’un Oscar. L’année suivante, l’utilisation impressionnante des cœurs dans l’USS Alabama de Tony Scott,  impressionne Steven Spielberg qui décide de nommer Hans Zimmer à la tête du département musical de son nouveau studio Dreamworks SKG. Nommé trois années de suite pour l’Oscar des meilleures musiques de films, avec La femme du pasteur de Penny Marshall, pour le meilleur et pour le pire de James L. Brooks et la ligne Rouge de Terrence Malick qui deviendra l’une de ses pièces maîtresses avec plus de quatre heures d’enregistrements, les réussites se suivent sans se ressembler.

L’apprenti devenu Mentor

En 1989, Hans Zimmer décide avec son collaborateur Jay Rifkin de fonder Media Ventures, une société de production de bandes originales de films ayant pour but de promouvoir les nouveaux talents et de leur fournir un appui matériel, financier et l’expérience du compositeur. La société a notamment promu Mark Mancina compositeur des musiques de Bad Boys, des Ailes de l’Enfer ou encore de Training Day, il est aussi un collaborateur régulier de la Walt Disney Compagny avec à son actif Tarzan et Frères des Ours en collaboration avec Phil Collins, Planes ou plus récemment Vaiana : la légende du bout du monde‚ il est aussi le co-compositeur de la musique du logo des Walt Disney Studios. John Powell sur Happy Feet, Chicken Run ou encore FourmizHarry Gregson-Williams compositeur d’Armagedon, le monde de Narnia,  Shrek et tant d’autres, Nick Glennie-Smith auteur du Roi Lion 2, Rasta Rockett, et collaborateur régulier d’Hans Zimmer et Klaus Badelt pour Pirates de caraïbes notamment, ils sont tous des talents que Zimmer a soutenu vers de grands projets. La société désormais Remote Control Productions suite à un désaccord entre les deux amis est toujours, à ce jour, un vivier de talents, actifs sur le monde cinéma, de la télévision avec récemment les thèmes de Génius et The Crown, et même du jeux-vidéo.

Dreamworks, le conteur de rêves

Hans Zimmer

Suite à son passage au sein de studios Dreamworks, Hans Zimmer est resté très attaché aux studios d’animations, après l’énorme plébiscite du Prince d’Égypte, il continuera son travail pour la compagnie et travaillera sur La route d’Eldorado, Spirit : L’étalon des plaines, Gangs de requins, la trilogie Madagascar, Megamind, la trilogie des Kung-Fu Panda et le dernier-né Baby Boss. Rarement seul aux commandes, il travaille en collaboration sur une forme de douceur qui permet au compositeur de créer des musiques plus légères et d’élargir toujours plus ses champs d’action.

Un succès publique

Au début des années deux-mille, le musicien devient un producteur-compositeur majeur dans l’industrie du cinéma, abonné aux Blockbusters, la trame sonore stupéfiante de Pearl Harbor, la finesse des musiques du Dernier Samouraï qui lui offre une nouvelle nomination aux Oscars, l’émotion des Larmes du Soleil d’Antoine Fuqua avec qui il collabore de nouveau pour l’épique Roi Arthur, un incroyable voyage. Grâce à sa société, le compositeur travaille en collaboration sur de nombreux projets, Iron Man de Jon Favreau, The Holidays et Pas si Simple de Nancy Meyers, Transformers 2 de Micheal Bay, Sherlock Holmes et Jeu d’Ombres de Guy Ritchie, Capitaine Phillips de Paul Greengrass, l’adaptation grand écran des Simpson de David Silverman, Twelve Years a Slave de Steeve McQueen, The Amazing Spider-Man de Marc Weeb, Le Petit Prince de Marc Osbourne, le travail sur l’univers DC Comics de Zack Snyder ou encore le récent Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, la liste est longue, et à chaque projection l’effet est là, s’il y a bien un style Zimmer, chaque film bénéficie d’une ambiance sonore unique et immersive en cohésion totale avec le visuel.

Un partenaire assidu

Hans Zimmer à gauche et Christopher Nolan, le réalisateur de la saga the dark knight

Zimmer devient le compositeur attitré de plusieurs réalisateurs, tout d’abord Ridley Scott pour qui il réalisera quatre trames sonores, Hannibal, la Chute du Faucon noir, Les Associés et avec la chanteuse Lisa Gerrard il réalisera l’une des plus belles bandes originales des années deux-mille avec Gladiator, récompensé d’un Golden Globe. Ron Howard est aussi un adepte du compositeur, Da Vinci Code, Anges et Démons, Rush, Frost/Nixon, le Dilemme et Inferno sont ses œuvres, Christopher Nolan ne jure que par le génie et lui confie tous ses projets qui offriront des partitions gravées dans l’histoire du cinéma, la trilogie The Dark Knight, Inception, Interstellar et Dunkerque,  des longs-métrages ou chaque émotion est associée à un son, une note, un bruit. Un autre partenaire régulier pour le musicien est Gore Verbinsky, pour qui il produira le célèbre He is a Pirate et l’ensemble de la musique de Pirates des Caraibes, avec l’aide de Klaus Badelt pour le premier, il réalisera aussi la bande son de l’effrayant The Ring et des désopilants Lone Ranger et Rango.

 

Après avoir fait une tournée mondiale en 2017, il semble qu’Hans Zimmer se concentre désormais sur son prochain grand projet, l’adaptation live du Roi Lion par Jon Favreau, avec au casting Beyoncé Knowles en Nala, Donald Glover en Simba et le retour de James Earl Jones en Mufasa, reste à savoir si l’Histoire de la Vie, Hakuna Matata et Can you fell the love Tonight auront une seconde vie.

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