Zootopie : De la réalité à l’animation

Publié par Sara Razowski le 5 avril 2016 | Maj le 4 juin 2017

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Zootopie est LE dessin-animé de ce début d’année 2016. Fort de son triomphe à travers le monde, il devient le troisième plus gros succès de The Walt Disney Animation Studios. Mais quelle est la recette de cette réussite ? Les réalisateurs de la ville animalière de Zootopie, Byron Howard (Raiponce, Volt Star Malgré lui…) et Rich Moore (Les Mondes de Ralph) se sont prêtés à une interview pour empireonline.com dans laquelle ils nous racontent la genèse de ce récit avec des anecdotes et des révélations inédites sur la production. De plus, ils nous expliquent comment une équipe, qui fait appel à des corps de métiers bien distincts, collabore pour qu’une idée prenne vie grâce à la magie Disney.

Zootopia-Concept-Art

Une inspiration maison

L’enfance de nos deux réalisateurs a été bercée par les personnages de Disney et cela se ressent tout au long du film. En effet, Byron Howard est un grand fan de Robin des Bois et il s’en est grandement inspiré pour concevoir les deux personnages principaux. Il a repris des traits de caractères de notre cher Robin pour les insuffler à Nick Wilde, tout en faisant de ce dernier un héros à part entière. C’est grâce à des travaux réalisés sur Bambi et Robin des Bois que Judy Hopps a pris vie puisque les animateurs ont pris le meilleur de Pan Pan et de Bobby pour la créer. La conception de Judy Hopps fut donc rapide parce qu’ils bénéficiaient du savoir-faire et de la technique d’animation pour les lapins

Nick, Judy, Robin et Bobby

Une étude de terrain

Si le monde de Zootopie et de ses citoyens semble si réaliste, c’est grâce à l’étude des animaux dans leur habitat naturel, dans des parcs animaliers (dont un au sein même du Walt Disney World Resort) et en studio.  Ainsi, l’équipe artistique a pu observer le comportement des animaux, leurs manières de se mouvoir, de communiquer entre eux et leurs expressions faciales selon leurs ressentis dans différentes situations pour les retranscrire à l’écran et créer des personnages plus vrais que nature qui ont remporté l’adhésion des spectateurs. Pendant l’interview, Byron Howard explique de façon technique le travail fourni sur Judy Hopps. Par exemple, un dessinateur a prêté une attention toute particulière à la manière dont le lapin bouge son nez lorsqu’il est nerveux ou excité. Ce mouvement est reproduit par Judy Hopps dans différentes scènes du film. Chaque animal a été anthropomorphisé, c’est-à-dire humanisé, tout en conservant ce qui le caractérise.

Concept Art Judy

L’importance des concept-arts

Tous les concept-arts ont été conçus sous la tutelle du directeur artistique des personnages, Guy Loftis. Pour permettre aux héros de se mouvoir, les modeleurs et les animateurs ont besoin d’avoir une vision précise de la manière dont les dessins existeront à l’écran. De ce fait, les illustrations sont très pointues et détaillées pour permettre aux modeleurs de savoir où et comment positionner les « rigs » (squelette du personnage) pour ensuite poser la texture et envoyer le travail aux animateurs pour qu’ils puissent obtenir le mouvement voulu.

Le tour de force de The Walt Disney Animations Studios est d’avoir créé un langage visuel dans les concept-arts. Ainsi, l’équipe peut retranscrire l’esthétisme des planches dessinées sur le logiciel d’animation tout en le liant au réalisme voulu. Le rendu final nous offre de véritables personnages charismatiques et humanisés sans rien perdre de leur animalité (un renard reste un renard, un lapin reste bien un lapin).

Un point essentiel pour les animateurs est d’avoir connaissance du ton du film. Grâce à cela, ils savent de quelle manière faire bouger les personnages. D’ailleurs, le ton se retrouve aussi dans les concept-arts. L’équipe affiche les dessins partout dans le bureau pour avoir un visuel et la ligne directrice du récit à suivre.

Zootpie Dessin et Modelisation

La conception des villes et des quartiers

             Bunny Burrow

Au départ, Byron Howard et Rich Moore ont imaginé une ville fermière où Judy Hopps aurait vécu avec ses centaines de frères et sœurs. Les différents terriers devaient être reliés par une multitude de tunnels, comme dans un labyrinthe. Mais cette idée fut abandonnée au profit de l’actuelle Bunny Burrow, qui est une campagne plus rurale ressemblant à l’iconographie des villes du Kansas. Les réalisateurs ont pris la série Smallville comme exemple. De plus, l’utilisation des couleurs pastel convient parfaitement à l’idée de la campagne.

             Rainforest District

Ce quartier a été l’un des premiers conçus. Le directeur artistique des environnements, Matthias Lechner, a imposé le réalisme dans tous les lieux du film. Rainforest District lie les éléments naturels de la forêt avec une architecture propre aux bâtiments d’Amérique du Sud. Par exemple, Byron Howard explique sur ce concept-art que les grands arbres que nous pouvons admirer sont en réalité des tuyaux permettant l’écoulement des cascades d’eau auquel ont été ajoutées des pommes d’arrosage qui diffusent de l’air.  

 

              Little Rotendia

Si les réalisateurs devaient décrire en un quartier New-Yorkais la ville des rongeurs, ce serait une version miniature de Greenwich Village. Cet endroit est un mélange architectural entre des villes européennes et asiatiques, tout en s’inspirant des façades d’anciennes écoles new-yorkaises datant du XVIII-XIX siècle.

D’ailleurs, au sein même de Zootopie, les petits rongeurs ont toute une infrastructure adaptée à leur taille, comme les portes des wagons de train, ou encore un métro avec une entrée spécifique pour éviter de se faire piétiner. C’est un réseau à part entière que l’équipe artistique a dû réaliser et ajouter au plan de la ville de base. Le plus important était que toute cette infrastructure soit pratique et intéressante pour répondre à de véritables besoins, tout en s’intégrant dans le fonctionnement de la cité.

Bouche métro rongeur

                Sahara Square

Au premier abord, lorsque nous découvrons le quartier de Sahara Square, nous pensons directement à Dubaï et son hôtel, qui est ici représenté en forme d’oasis et fait plus de 1000 pieds, soit plus de 300 mètres de hauteur. Mais Rick Moore précise bien qu’ils ne se sont pas inspirés de Dubaï mais bien des casinos, des hôtels et d’anciennes configurations des villes de Beverly Hills et de Las Vegas. Ils ont d’ailleurs pu y faire un long séjour pour s’imprégner des lieux et les retranscrire au plus proche de la réalité.

                Toundra Town

Cette ville est issue du travail de Cory Loftis. Ici, il fait un clin d’œil à l’architecture de la Russie. Le but de chaque plan présent est de plonger le spectateur dans le décor naturel de ce pays comme s’il se promenait dans les rues de Moscou ou autres lieux typiques. Par ailleurs, les dômes des habitations sont des références directes aux styles slaves et byzantins.

Après toutes ces révélations fournies par Byron Howard et Rich Moore, ce voyage en plein cœur de la réalisation de Zootopie nous a permis de découvrir comment cette idée a pu prendre vie. Nous remarquons l’importance accordée au réalisme, autant sur la conception des personnages que des environnements. Il est à noter que plus d’une centaine de photographes ont été envoyés dans le monde entier pour prendre des clichés sur le terrain afin de s’imprégner de l’atmosphère des différents pays, permettant de retranscrire toute l’essence et l’ambiance qui se dégagent de ces lieux.

Une question existentielle était restée sans réponse. Beaucoup d’entre nous se demandaient si les carnivores étaient devenus végétariens ? Byron Howard et Rich Moore ont mis fin à l’interrogation. Non. Les carnivores continuent de manger de la viande ! Pour ce faire, ils se rendent au plus réputé fast-food, le Bug Burger. Au menu, des burgers aux criquets ou des crickets and chipsRich Moore explique à ce sujet que les insectes et les poissons ne sont pas conscients dans ce monde parce qu’ils sont restés dans leur état primitif et peuvent donc être mangés. Comme le réalisateur le stipule, tous les héros de 1001 pattes et du Monde de Nemo peuvent être servis au menu… Par conséquent, Dory et Nemo peuvent devenir de très bon encas ! Pas de panique, entre personnages Disney on ne se mange pas, et pour preuve, rendez-vous le 22 juin 2016 avec Le Monde de Dory pour vous assurer qu’ils n’ont pas fini en sushis !

zootopia districts

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