Présenter Tony Baxter en une simple biographie relève quelque peu du défi. S’il y a bien un nom à retenir dans l’univers très complexe des coulisses des parcs Disney, c’est celui-là. En effet, cette légende vivante est tout bonnement le responsable originel du projet de construction d’Euro Disneyland ouvert en 1992, soit notre parc Disneyland Paris. Mais il est également un peu plus que cela…

Qui est Tony Baxter

Né en 1947, il passa son enfance en Californie, et commença a travailler à Disneyland à 17 ans au poste de vendeur de glaces sur Main Street, USA. Il enchaîna ensuite différents postes au sein du parc, avant d’être repéré grâce à un portfolio de concepts d’attractions et d’être embauché par WED Enterprises (l’actuel département Walt Disney Imagineering, division responsable de la conception et la création des parcs à thèmes Disney), où il y travaille depuis plus de 30 ans.

Au cours de sa carrière, il a donc été responsable de la conception des attractions les plus cultes que nous connaissons à travers les parcs Disney : Big Thunder Moutain pour la première et la plus célèbre, mais aussi Star Tours, Indiana Jones, Splash Moutain…

Entrée Adventureland par Tony Baxter

Euro Disney( Disneyland Paris) et Tony Baxter

Mais, comme écrit plus haut, si Tony Baxter mérite d’être connu de nous, petits francophones, c’est avant tout parce qu’il a dirigé de A à Z le développement de notre parc de Marne-la-Vallée. A l’aide de cinq autres Imagineers, chacun attaché à un land, ils s’inspirèrent du plan du parc original de Disneyland à Anaheim, conçu par Walt Disney lui-même, mais en tentant d’adapter certains détails et attractions au public européen, afin de rendre le parc plus attractif et mieux intégré dans le pays. Un exemple de cette démarche est la création exclusive du Bazar d’Adventureland. Le choix d’un quartier sur le thème d’Aladdin et d’Agrabah s’est basé sur la vision très « 1001 Nuits » des européens de la culture orientale. C’est également le premier land ainsi thématisé qui fut conçu au sein d’un parc Disney, suivi ensuite par un exemple au Magic Kingdom du Walt Disney World, et à Tokyo DisneySea avec son Arabia Coast.

Le Château de la Belle au Bois Dormant

Le Château de la Belle au Bois Dormant

Mais l’élément ayant demandé le plus de travail de ce côté-là est Le Château de la Belle au Bois Dormant. En effet, le public européen est habitué aux châteaux : entre ceux de la Loire, de Versailles ou de Bavière… Une simple reproduction grandeur nature du château de Cendrillon comme à Walt Disney World ou Tokyo Disney Resort, ou de celui de la Belle au Bois Dormant comme à Disneyland Resort Anaheim ou Hong Kong Disneyland, eux-mêmes inspirés des modèles européens, avait peu de chance de charmer les difficiles habitants du Vieux Continent. Les Imagineers sont alors allés puiser l’inspiration, entre autres, dans les illustrations du livre ‘ Les Très Riches Heures du duc de Berry’ ainsi que dans des photos du Mont-Saint-Michel en Normandie. Leur but était de créer un véritable château de conte de fées, qui à la fois ne ressemblerait à aucun existant tout en étant leur parfaite synthèse. Et ainsi naquit « notre » château de la Belle au Bois Dormant, le plus beau de tous !

Actuellement, Tony Baxter est le vice-président principal et développeur créatif (Senior Vice President, Creative Development) de Walt Disney Imagineering. Il était présent le 12 avril dernier à Disneyland Paris pour fêter les 20 ans du parc, et tenait à cette occasion une conférence à Videopolis animée par les ambassadeurs, intitulée « Du concept à la réalité ». Cette conférence reprenait la chronologie et les éléments marquant de la conception et construction de notre parc. Et à la fin, une séance de dédicaces et photos était organisée avec l’Imagineer, pour les plus chanceux qui s’étaient rués à l’autre bout de la salle assez tôt, puisque le temps accordé était limité.

Tony Baxter à disneyland paris

En somme, sans lui, le parc que nous connaissons, que nous aimons, que dis-je, que nous vénérons, existerait sûrement, mais peut-être pas de la même façon. Et ce serait drôlement dommage tout de même.