Jessica Jones saison 3 : critique sans spoilers de l’ultime saison

Publié par Florence Varaldi le 26 septembre 2019 | Maj le 26 septembre 2019

Voilà, c’est fini ! La triste rupture entre Marvel et Netflix est consommée. Nous avions déjà fait nos adieux à Luke Cage, Iron Fist et Daredevil. C’est au tour de la belle Jessica Jones de tirer sa révérence. Les équipes de production, au courant de l’annulation de la série, ont pu clôturer dignement les aventures de la super-héroïne.

Jessica Jones

Jessica Jones et son bourbon

Jessica Jones, une héroïne complexe

Alcoolique solitaire toujours en colère et amère, Jessica Jones, dans cette saison, se rapproche malgré elle, de plus en plus d’une super-héroïne conventionnelle en essayant de jouer fair-play et d’aider les gens dans le besoin. 

La saison 3, composée de 13 épisodes, reprend avec une Jessica tentant vainement d’oublier que sa mère était une meurtrière psychotique et essayant d’honorer sa mémoire en devenant l’héroïne qu’elle voulait que Jessica soit. La détective privée se noie plus que jamais dans sa bouteille de bourbon, mais elle accepte des cas pro bono et apprend à vivre avec un certain niveau de célébrité, inévitable pour quelqu’un qui se fait prendre en vidéo en train de jeter par terre des hommes adultes comme s’ils n’étaient que de vulgaires déchets. Mais toutes les émotions compliquées qu’elle essaie d’éviter lui reviennent en plein visage, quand sa mère adoptive Dorothy Walker (Rebecca De Mornay) engage Jessica pour trouver sa propre sœur et ancienne meilleure amie, Trish Walker (Rachael Taylor).

Intrigue et thèmes de la saison 3 de Jessica Jones

L’intrigue et les thèmes de la saison 3 sont beaucoup plus entrelacés que ceux de la saison 2. En effet, même s’ils ne sont pas tous égaux, Trish, qui a acquis des super-pouvoirs grâce à une expérience presque mortelle à la fin de la saison 2, part tester ses capacités et devenir une héroïne à part entière. Le phénoménal deuxième épisode, « You’re Welcome », réalisé par Ritter elle-même, suit entièrement Trish à partir de la fin de la saison 2 et se termine là où son intrigue et celle de Jessica se croisent dans l’épisode 1. L’épisode présente Hellcat (Trish) mais il raconte aussi le développement de la jeune femme.

Jessica essaie de travailler dans le respect de la loi, avec l’aide de l’inspecteur Eddy Costa (John Ventimiglia), qui est prêt à contourner les règles pour la détective privée. Son aspect grincheux, qui dément un souci sincère pour Jessica et un désir de quelque chose de plus pour lui-même, autre que le travail, fournit une dynamique qui fonctionne particulièrement bien pour l’esthétique noire de la série.

Trish (Rachael Taylor) et Jessica (Krysten Ritter)

Un grand méchant plus humain que les précédents

Mais les limites de la loi sont mises à rude épreuve lorsque Jessica fait face à Gregory Salinger (Jeremy Bobb de Russian Doll), un tueur en série prudent, diplômé en droit, qui se présente comme une victime innocente d’une « sur-femme » hors de contrôle. Il considère Jessica comme inférieure à lui intellectuellement, mais la véritable question est de savoir si Jessica combat dans sa catégorie en poursuivant un criminel conventionnel (bien qu’extrêmement dangereux), après avoir lutté pendant deux saisons contre des super-méchants plus traditionnels. La saison 3 soulève la question de savoir s’il serait acceptable de tuer Salinger pour l’empêcher de commettre de futurs crimes, ou si Jessica et Trish ont même raison de s’en prendre à des criminels non punis. La question de savoir quelles règles les super-héros devraient suivre est au cœur de Captain America : Civil War, mais, dans un contexte où les héroïnes sont aux prises avec des menaces que la police devrait pouvoir gérer, plutôt que de lutter contre les invasions extraterrestres ou de démêler des conspirations mondiales.
Jessica Jones

Gregory Salinger (Jeremy Bobb), un psychopathe très humain

Trish, véritable adversaire de Jessica ?

Mais la saison appartient véritablement à Trish, qui semblait irrémédiablement perdue après ses actions de la saison 2. Grâce à la performance de Rachael Taylor, le personnage s’étoffe, prend vie. Les deux épisodes les plus forts de la saison (2 et 11) sont tous deux racontés du point de vue de Trish plutôt que de celui de Jessica. Avec l’épisode 2, « You’re Welcome » (dirigé par Krysten Ritter) elle nous offre l’origin-story de Hellcat lorsque Trish développe des pouvoirs surprenants après l’expérience du Dr. Malus. Si désireuse (voire désespérée) de devenir une héroïne, alors que Jessica a passé sa vie à repousser ce statut, le contraste entre elles et leur façon de gérer leurs dons et ce qui en découle (un grand pouvoir implique de grandes responsabilités) est l’intrigue la plus convaincante de la saison, même (et surtout) lorsque cela les oppose.

Trish (Rachael taylor) et Geri (Carie Ann Moss)

Notre avis sur l’ultime saison

Alors que Jessica Jones saison 3 semble initialement raconter une histoire de tueur en série plus traditionnelle que ses précédentes saisons, l’introduction de Gregory Salinger ouvre quelques défis moraux convaincants pour Jessica et ses alliés. L’accent mis sur le travail de détective de Jessica peut sembler trop lent pour les fans de Marvel qui préfèrent voir leurs héros se battre à coups de poings, mais ce mystère méticuleusement conçu récompense votre patience. Si c’est la dernière fois que nous voyons Jessica Jones dans sa forme actuelle (bien que nous espérons que ce ne soit pas le cas !), la saison 3 est un adieu approprié pour cette fascinante et complexe héroïne.

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