Jungle Cruise : notre avis sur le film d’aventures Disney

Publié par Séverine Jacquard le 23 août 2021 | Maj le 23 août 2021

Que ce soit au sens propre comme au figuré, Jungle Cruise a tout pour donner un sacré coup de vent dans les crinières les plus disciplinées. En effet, si l’on parle de l’attraction d’origine, d’abord créée pour Disneyland en Californie, avant de se voir déclinée dans plusieurs parcs à travers le monde tels que Walt Disney WorldTokyo Disneyland et Hong Kong Disneyland, ce n’est pas un secret qu’il s’agit de la plus folle traversée qui existe dans les parcs Disney. Et concernant son adaptation cinématographique, sortie en France le 28 juillet 2021, elle risque fort, elle aussi, de vous entraîner dans un tourbillon d’aventures dont votre brushing va se rappeler. Pardonnez l’humour pour le moins potache de ces quelques lignes, mais il semblerait que les célèbres blagues des skippers de Jungle Cruise aient quelque peu déteint sur nous…

Extrait du film Jungle Cruise

Fiche technique du film Jungle Cruise

  • Titre original et français : Jungle Cruise
  • Réalisation : Jaume Collet-Serra
  • Musique : James Newton Howard
  • Durée : 127 minutes
  • Sortie : le 28 juillet 2021

Synopsis

Chercheuse intrépide, la doctoresse Lily Houghton quitte Londres pour l’Amérique du Sud à la recherche d’un remède miraculeux. Pour descendre le fleuve Amazone, elle engage Frank Wolff, un capitaine roublard aussi douteux que son vieux rafiot délabré, La Quila. Bien décidés à découvrir l’arbre séculaire dont les extraordinaires pouvoirs de guérison pourraient changer l’avenir de la médecine, tous deux se lancent dans une quête épique. L’improbable duo a priori mal assorti va dès lors faire équipe pour affronter d’innombrables dangers – sans parler de forces surnaturelles – dissimulés sous la splendeur luxuriante de la forêt tropicale. Alors que les secrets de l’arbre perdu se révèlent peu à peu, les enjeux s’avèrent encore plus grands pour Lily et Frank. Ce n’est pas seulement leur destin qui est en jeu, mais celui de l’humanité tout entière…

Quelques mots sur l’attraction Jungle Cruise

Vous le savez certainement, le film Jungle Cruise s’inscrit en droite ligne derrière les films Disney inspirés d’attractions célèbres du parc. Le grand écran a déjà connu dans la même veine des films tels que la saga Pirates des Caraïbes ou encore Le Manoir Hanté et les 999 fantômes, reprenant respectivement les univers des attractions Pirates of the Caribbean et The Haunted Mansion. Sans oublier le film inspiré de l’attraction The Country Bear Jamboree, sorti en 2002, ou encore À la poursuite de Demain, totalement ancré dans l’univers de Tomorrowland. La télévision a également eu droit à ces remakes, avec la sortie en 1997 du film Le fantôme d’Halloween, qui s’inspirait très nettement du scénario de La Tour de la terreur. Ainsi, si de nombreuses productions Disney ont inspiré des attractions à Walt lui-même ainsi qu’à ses Imagineers, certaines attraction originales, telles que Jungle Cruise, ont à leur tour inspiré de grandes œuvres cinématographiques, offrant au public une expérience complètement immersive.

Pour revenir plus en détails sur l’attraction Jungle Cruise telle qu’elle est proposée dans les parcs américains, il faut savoir qu’il s’agissait d’une volonté de Walt de permettre au public de vivre une véritable épopée sauvage, et ce sans avoir à prendre l’avion ou à débourser des sommes importantes pour découvrir ces contrées lointaines. Aidé entre autres de Harper Goff et du jardinier Bill Evans (celui-là même qui avait aidé Walt à créer son propre chemin de fer miniature dans son jardin), et inspiré par la série de documentaires Disney True-Life Adventure, Walt va réussir à reconstituer un véritable fleuve tropical, ponctué de rencontres animales et scénographiques toutes plus drôles et dépaysantes les unes que les autres. Et que serait cette attraction sans la présence des célèbres Skippers, des cast members présents sur les embarcations et dont le rôle est de « manœuvrer » ces dernières, et surtout de commenter chaque étape de cet incroyable voyage, avec un humour pour le moins détonnant. L’idée de rendre l’attraction plus immersive avec la présence marquée d’un capitaine de croisière et de ponctuer l’expérience de gags a été apportée en 1962, soit environ 10 ans après l’inauguration de l’attraction, par le célébrissime Marc Davis. Bref, cet univers propre aux parcs Disney, ces gags et cette ambiance à nulle autre pareille se retrouvent sans aucun doute dans l’adaptation cinématographique dont nous allons vous parler à présent.

Un hommage à l’héritage Disney, sur fond d’aventures

Dwayne Johnson et Emily Blunt dans Jungle Cruise

Si la saga Pirates des Caraïbes vous avait conquis par ses références nombreuses à l’attraction chère à notre cœur, sachez que Jungle Cruise reprend exactement la même recette, tout en étant cependant parfois un peu moins subtil dans ses clins d’œil. Par exemple, les premières minutes où nous découvrons Franck Woff et ses expéditions sur l’Amazone peuvent s’avérer un peu trop explicites, et même étonner les spectateurs qui ne connaissent pas, ou peu, l’univers original. En effet, les références peuvent rester obscures, et même paraître un peu hors contexte par rapport à la suite du film pour un spectateur qui ne connaîtrait pas forcément l’univers de l’attraction originale. Malgré cela, la nostalgie fait son effet, et cette scène explicite déjà certains traits de caractères du skipper, qui n’en finira pas de lui jouer de mauvais tours au cours du film. On pardonne donc très aisément ces références un peu « poussives » pour se laisser très vite happer dans un univers très immersif, à commencer par la ville de Porto Velho, dont le rendu final est particulièrement réussi.

Loin de l’usage à outrance des CGI (ou effets spéciaux numériques) dont nous avons fait le plein ces dernières années dans bon nombre de films sur grand écran, la création de la ville portuaire sent bon l’authenticité et l’aventure et nous transporte immédiatement dans l’attraction originale et dans l’ambiance du film. Il est d’ailleurs à souligner que beaucoup de décors réels ont été utilisés dans de nombreuses séquences du film, et ces efforts pour nous offrir un univers cohérent et immersif se ressentent tout au long du film par le réalisme des détails, des costumes ou encore des maquillages. L’authenticité qui ressort du film nous permet d’apprécier d’autant plus le côté mythologique, et parfois même surnaturel, qui s’échappe de certaines scènes du film, rappelant en ce sens la saga Pirates des Caraïbes, avec laquelle il est difficile de ne pas faire de parallèles.

Ainsi, qu’il s’agisse de sa réalisation scénographique ou de ses références à l’univers original, Jungle Cruise effectue un quasi sans faute, si ce n’est quelques références un peu trop poussées. Les spectateurs attentifs apprécieront cependant quelques Easter Eggs bien sentis, tels que la référence à la compagnie fluviale Jungle Navigation ou encore celle du personnage de Sam Trader, qui a subi un changement majeur dans le film, changement d’ailleurs très appréciable et qui inscrit le film dans une modernité qui pouvait manquer à l’attraction d’origine (avant sa réhabilitation, bien entendu).

Un film d’aventure porté par un héritage fort et un casting trié sur le volet

Jungle Cruise

Dwayne Johnson et Emily Blunt

Difficile donc, en regardant ce film, de ne pas faire le lien immédiatement avec la saga Pirates des Caraïbes, mais aussi et surtout avec bon nombre de grands films d’aventure dont Jungle Cruise reprend les ficelles avec efficacité et modernité. On reconnaît tout d’abord sans difficulté les références nombreuses et la similitude de certaines scènes avec le cultissime film L’odyssée de l’African Queen. D’ailleurs, le couple Dwayne Johnson/ Emily Blunt n’est pas sans rappeler celui formé par Humphrey Bogard et Katharine Hepburn, allant même jusqu’à leur emprunter certains costumes, notamment la fameuse casquette et le foulard portés par Dwayne Johnson tout au long du film, ou encore certaines tenues de Emily Blunt lors de la descente du fleuve Amazone à bord de La Quila.

Par ailleurs, Jungle Cruise s’inscrit dans un folklore qui le rattache très clairement à des films tels que ceux de la saga Indiana Jones ou À la poursuite du Diamant Vert, et les fans de ces univers ne pourront qu’être séduits par l’hommage rendu par Disney à ces films d’aventure cultes. La présence d’un antagoniste allemand et quelque peu dérangé est également une référence à peine voilée aux films L’odyssée de l’African Queen et à Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, où les Allemands puis les Nazis sont, eux aussi, les méchants de l’histoire.

Mais, même s’il emprunte tout un pan de son univers à un folklore de films d’aventure très traditionnels, Jungle Cruise pose également une véritable volonté de modernité, à commencer par le personnage du professeur Lily Hougton. En effet, dans les films d’aventure que nous avons cités, l’héroïne, même si elle peut se montrer audacieuse et téméraire, a bien souvent le rôle de la demoiselle en détresse à qui le héros masculin vient en aide. Ici, Emily Blunt ne se laisse pas en raconter par un Dwayne Johnson fort et rassurant, même si son aide lui sera précieuse, voire même essentielle, durant le film. Elle est l’instigatrice de sa propre quête, et c’est elle qui semble incarner à la perfection un Indiana Jones des temps modernes, avec un petit côté philanthrope en plus, qui n’est pas pour nous déplaire, et qui apporte de façon subtile une critique envers l’homme et son traitement de la nature. De plus, son évolution au cours du film va nous montrer une autre facette de sa personnalité qui la pose véritablement comme une héroïne des temps modernes.

Mais il faut bien l’admettre, le fait qu’Emily Blunt donne la réplique à un Dwayne Johnson au sommet de son art est véritablement le point fort du film. En effet, certains passages pouvant paraître « bateaux » ou un peu trop dans la surenchère sont sublimés à l’écran par le couple Johnson/Blunt dont l’entente se ressent à merveille et apporte une touche de modernité et d’élégance, y compris dans certains passages où le comique est peut-être un peu trop poussif.

Le reste du casting n’est d’ailleurs pas en reste avec notamment la présence de Jack Whitehall qui campe le frère de Lily, un personnage très intéressant puisque c’est plutôt lui qui assume le rôle de la personne à secourir, tout en étant drôle, courageux et attachant, même s’il est parfois à deux doigts de tomber dans la caricature.

Et pour finir, les méchants du films sont eux aussi parfaitement campés, notamment par le talentueux Jesse Plemons, à la fois drôle et effrayant dans son rôle de Prince Joachim totalement dérangé, dont les traits caricaturaux fonctionnent à merveille dans le scénario, ou encore par Paul Giamatti, irrésistible dans son rôle de capitaine de compagnie fluviale avide et mesquin.

Ainsi, nous pouvons affirmer sans honte que ce film coche pratiquement toutes les cases d’un film d’aventure réussi. Le scénario, bien ficelé et entraînant, est porté à merveille par des acteurs brillants et par une bande-son créée par un James Newton Howard au sommet de son art. Il propose en effet un mélange de musique épique, comique et tendre, ainsi qu’une revisite de la chanson Nothing Else Matters de Metallica qui transcende littéralement les scènes où la légende nous est dévoilée. Le couple Jonhson/Blunt fonctionne à merveille et nous ne serions pas étonnés si les studios Disney annonçaient une saga dérivée de ce premier film, tant l’alchimie entre les héros est palpable et l’univers fascinant. Une fois n’est pas coutume, il est donc heureux que la chronologie des médias en France ait pu nous offrir ce film sur grand écran, car il est indéniable qu’il mérite sa place au cinéma.

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