Oswald, le lapin chanceux : son cartoon refait surface 90 ans plus tard !

Publié par Séverine Jacquard le 28 novembre 2018 | Maj le 28 novembre 2018

Le mois de novembre 2018 restera dans les mémoires comme étant celui de la célébration des 90 ans de Mickey Mouse, l’un des premiers personnages inventé par Walt Disney lui-même. Mais contre toute attente, Mickey devra partager cette date pour la postérité, et pas seulement avec sa chère Minnie, qui fêtait elle aussi ses 90 ans ce mois-ci, mais avec son grand frère de cœur, né de l’esprit et des coups de crayons des mêmes créateurs. En effet, c’est également à cette date qu’a été retrouvé un véritable joyau de l’animation Disney, le court-métrage Neck’n’neck. Ce dessin animé, d’une durée originelle de 7 minutes, met en scène le prédécesseur de notre cher Mickey, qui répond au nom d’Oswald, le lapin chanceux. Comment ? Vous ne le connaissez pas encore? Alors suivez-nous pour une petite explication sur l’importance de cette découverte.

Extrait générique d’un court métrage de Oswald.

Le cœur de Walt, partagé entre deux amours.

Visuel d’un film de la série Alice comedies

Nous voici donc de retour en 1927. Après le succès grandissant de la série Alice comedies, qui conféra une vraie estime au studio de Walt, celui-ci va décider qu’il est temps désormais de laisser de côté le mélange « toon-live », pour se tourner exclusivement vers l’animation. Son producteur, Charles Mintz, le soutient dans cette démarche et pense tout naturellement que Walt va se tourner vers le héro animé des Alice Comedies : Julius le chat, pour créer une nouvelle série animée. Mais contre toute attente, Walt souhaite se détacher de ce personnage pour en créer un totalement inédit. Il s’agira d’un personnage de lapin, dont Walt travaillera le design avec son compagnon de l’époque, Ub Iwerks. Le succès de ce lapin audacieux est quasi-instantané et engendrera, à l’instar des premiers courts-métrages de Mickey une véritable addiction de la part du public. Fort de son succès, Walt Disney et son équipe se verront commander pas moins de 26 épisodes d’Oswald. La suite de cette success story, vous la connaissez sans doute : en février 1928, Walt se rend à New-York pour discuter, comme il le pense, de la renégociation de son contrat avec son distributeur, Charles Mintz. Mais à la surprise générale, celui-ci lui annonce qu’il a conclu, avec tous les animateurs clés du studio, des contrats à son nom. Pour Walt, pas question de poursuivre l’aventure dans ces conditions. Il laisse donc, à contrecœur, sa première création à Mintz et à son ancienne équipe pour imaginer, avec Ub Iwerks toujours à ses côtés, un nouveau personnage qui ne sera autre que Mickey lui-même.

Les studios Disney, nostalgiques de leur première création

Dessin accompagnant une lettre de Walt Disney, adressée au patron d’Universal.

Après la séparation entre Walt, Charles Mintz et les animateurs ayant signé avec lui, Oswald aura droit à une carrière plus ou moins couronnée de succès, mais sous l’égide d’Universal. Ce n’est qu’en 2006 que Bob Iger, alors PDG de la Walt Disney Compagny passera un étrange marché avec Universal. En échange du transfert d’un présentateur sportif des chaînes Disney sur une de ses chaînes NBC Sports, le studio accepte le rachat par la Walt Disney Company des copyrights du personnage d’Oswald, ainsi que des droits des vingt-six cartoons réalisés par les studios Disney. Cependant, depuis cette époque, nous savons désormais qu’il y avait en réalité 27 courts-métrages, puisque le dessin animé High up a été retrouvé en 2017, et qu’il a été prouvé qu’il a bel et bien été réalisé par les studios Disney. Mais avec la trouvaille de Yasushi Watanabe dans sa collection personnelle, nous pourrons certainement bientôt monter ce nombre à 28.

Une (re)trouvaille historique : le cartoon Neck’n’neck avec Oswald

Oswald, le lapin chanceux.

En effet, le court-métrage Neck’n’neck, longtemps considéré comme perdu, vient de refaire partiellement surface au sein même de la collection d’un historien de l’animation japonais : Yasushi Watanabe. Celui-ci avait acquis le cartoon il y a 70 ans, alors qu’il n’était qu’un jeune lycéen, pour l’équivalent de 4 € seulement ! Récemment, l’historien a découvert, via sa lecture du livre Oswald the Lucky Rabbit : The Search for the Lost Disney Cartoons de David Bossert, le véritable trésor qui dormait dans sa collection. La bobine portait depuis toujours le nom de Mickey Manga spide, d’où la confusion sur sa véritable identité. Le court-métrage met en réalité en scène le précurseur de Mickey, Oswald, au bras de sa chère Miss Lapin et au volant d’une voiture, qu’il a bien du mal à contrôler, après avoir été pris en chasse par la police.

Malheureusement, la copie de 16 mm a été amputée de 2 minutes d’action. L’animation durant à l’origine 7 minutes, il n’en reste désormais plus que 5, qui sont conservées avec soin au Kobe Planet Film Archive, l’une des collections filmographiques privées les plus riches du Japon. Bien conscient de l’importance de sa trouvaille, Watanabe a d’ailleurs contacté très rapidement David Bossert, ainsi que les archives de la Walt Disney Company. Il aurait déclaré, au sujet de son incroyable découverte : « Étant un fan de Disney depuis de nombreuses années, je suis heureux d’avoir pu y jouer un rôle ».

Après la trouvaille du cartoon Sleigh Bells en 2015, puis celle de High up en 2017, la redécouverte de cette copie du dessin animé Neck’n’neck nous prouve que nous n’étions pas encore au bout de nos surprises concernant la richesse du répertoire Disney.

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