Coulisses et secrets de fabrication des longs-métrages Disney

Publié par Joshua Bobée le 2 mai 2019 | Maj le 2 mai 2019

Si l’irruption de la capture motion et des autres fonds verts a profondément changé le monde du septième art, le métier de décorateur n’a pas disparu, bien au contraire. Les productions des Walt Disney Studios conservent aujourd’hui encore une grande partie de décors réels, parfois construits dans des studios ou plus simplement en pleine nature, avec de nombreuses astuces des plus étonnantes pour offrir une véritable expérience au spectateur. Suivez nous pour un voyage dans les coulisses des longs-métrages Disney avec des chiffres ahurissants, des vues époustouflantes, un souci du détail laissant rêveur et une magie intacte.

Imaginer et créer l’impossible

Photo des coulisses de Dans l'ombre de Mary  La Promesse de Walt Disney avec Emma Thompson et Tom Hanks au cœur de Disneyland, © Disney

Photo des coulisses de Dans l’ombre de Mary : La Promesse de Walt Disney avec Emma Thompson et Tom Hanks au cœur de Disneyland, © Disney

Faire vivre la magie à l’écran et en coulisses

Adapter un univers fantastique et plus largement irréel en prises de vues réelles est un processus complexe qui exige beaucoup de technique, mais aussi une bonne quantité d’ingéniosité. Une créativité au service du réalisme de la mise en scène récemment utilisée pour Le Retour de Mary Poppins. En effet, lors de la scène du bain, le réalisateur a fait le choix d’un simple toboggan couvert de bulles ; un processus avec des effets spéciaux aurait, selon lui, profondément dénaturé la scène. Une approche gage de bonheur pour les spectateurs ainsi que pour les acteurs, jeunes ou moins jeunes, dévoilée dans cette vidéo provenant des coulisses. Parfois un tournage offre aussi un voyage dans le temps. C’est ainsi que Dans l’ombre de Mary : La Promesse de Walt Disney nous emmène dans le Disneyland de 1960. Un tournage fastidieux se déroulant tôt le matin avec des zones fermées aux guests et, pour faire les figurants, les cast-members. Pour John Lee Hancock, le réalisateur du long-métrage, le plus difficile était de vérifier constamment qu’aucune attraction postérieure à l’époque n’apparaisse dans le cadrage, un véritable travail de souris, en coulisses bien sûr.

Offrir un spectacle inédit

Le tournage de Pirates des Caraïbes et la Vengeance de Salazar a lui aussi imposé quelques difficultés techniques. Si le physique morbide des quelques membres d’équipage du Silent Mary s’est fait grâce à de la capture motion, une des scènes clés du long-métrage est un florilège d’astuces visuelles. Le point final de l’aventure de Jack Sparrow et ses moussaillons prend place au fond de l’océan. L’équipe de production a donc dû trouver des solutions pour reproduire ce décor naturel au plus vrai. Quelques mois de travail plus tard, les acteurs ont découvert une reproduction de récifs entourée de fines cascades d’eau et d’ingénieux jeux de lumière pour reproduire les effets de la réflexion de la lumière sur l’eau. Un plateau stupéfiant, coloré, fluorescent et humide, une folie visuelle encore plus impressionnante observée depuis les coulisses.

Des décors sans limite

Si les imposants cachets des acteurs sont une partie importante du budget d’un long-métrage, il est évident que la somme allouée à la mise en scène est elle aussi majeure. Ce monde de décors et de coulisses prend vie parfois des mois avant le tournage tant la charge de travail et de conception est immense. Un talent que les artistes des Walt Disney Studios ont récemment exposé avec Le Retour de Mary Poppins. Effectivement, la scène de Mary Poppins accompagnée des Banks déambulant dans la boutique de la truculente Topsy a demandé sept mois de préparation. Toutefois, ce travail de masse n’affecte pas le souci du détail made in Disney. En effet, Gordon Sim, le chef décorateur, a écumé avec son équipe antiquaires, brocantes et autres vides greniers d’Angleterre pour garnir le décor d’objets authentiques. Une récolte culminant à plus de cinq cent petits objets auxquels s’ajoutent les créations des équipes du film, l’ensemble solidement boulonné aux décors pour les besoins de la scène ; une astuce invisible sauf depuis les coulisses.

Des coulisses entre fiction et réalité

Construire un intérieur est souvent complexe. Mais lorsque ces décors s’exportent en extérieur, souvent le grand devient géant. Parmi les récentes sorties des studios Disney, plusieurs réalisateurs ont fait le choix de décors dit « réels ». Ainsi, les plus nostalgiques s’émerveillent devant le retour de l’allée des Cerisiers et ses quelque huit semaines de travail dans Le Retour de Mary Poppins, alors que d’autres sont soufflés face au souci du détail du village de Saint-Martin version Pirates des Caraïbes vu dans la scène d’ouverture de La Vengeance de Salazar. Il est aussi courant que les décorateurs de production utilisent la technique dite du 50/50, avec au moins la moitié des décors en construction dite « réelle », permettant plus d’extravagances dans la création. Une pratique très présente au sein du conte mélodieux de Casse Noisette et les quatre Royaumes et ses scènes aussi féeriques que colorés.

Offrir un voyage aux spectateurs

Comme tous les esprits créatifs, les concepteurs de décors s’inspirent de l’existant. Cette inspiration s’exprime d’autant plus dans les nombreuses adaptations des longs-métrages des studios d’animation Disney en prises de vues réelles. C’est ainsi que le village fictif de Villeneuve, demeure de la charmante Belle, s’inspire de nombreux villages français tels que Conques, Carennac, Scarlat et d’autres. Une inspiration contribuant à l’authenticité du  village de La Belle et la Bête, un décor construit sur un plateau de plus de 2 500 mètres carrés au cœur des studios de Shepperton. Les coulisses sont rarement dévoilées aux spectateurs visibles sur les deux photos des plateaux de tournage ci-dessus. Même aventure pour les chefs décorateurs des Pirates des Caraïbes, ils ont construit les quelque treize navires visibles dans la saga en s’inspirant de navires d’époque, avec, fait exceptionnel, la construction d’une plateforme activée par des cadrans et des plateaux rotatifs pour les scènes avec plusieurs vaisseaux. Impossible n’est pas Disney.

S’inspirer de la nature

Si les décorateurs sont capables de construire l’impossible, la nature est aussi le cadre de nombreux paysages magiques visibles dans les longs-métrages des Walt Disney Studios. A.A. Milne, créateur de l’ourson philosophe le plus célèbre du monde, Winnie, fait référence dans les aventures de Jean-Christophe à la forêt d’Ashdown dans le Sussex. Un lieu désormais communément appelé la Forêt des 500 Acres en référence au nom anglais de la Forêt des Rêves Bleus. Marc Forster, le réalisateur de Jean-Christophe & Winnie, a donc assez logiquement souhaité réaliser l’adaptation en prises de vues réelles dans le fameux bois. Une nature comme décor remarquable visible aussi dans The Lone Ranger : Naissance d’un Héros, l’aventure d’un cow-boy et d’un indien dans un Texas désertique et typique de l’imaginaire western. L’adaptation dans le cadre originel a conduit les équipes à transporter des tonnes de matériel sur place pour construire de véritables villes et plusieurs kilomètres de voies ferrées, et tout cela juste pour le tournage.

Cependant, les contraintes d’un tournage en milieu naturel imposent parfois trop de difficultés pour la production car les moyens demandés pour la mise en place seraient plus coûteux qu’une création de décors en studio. Ainsi, pour l’adaptation de La Belle et la Bête, la forêt enchantée entourant le château a été conçue sur un plateau de 900 mètres carrés avec de vrais arbres, des haies, un lac gelé, des portes de glace de plus de 8 mètres de haut et 20 000 stalactites. Un choix éliminant les contraintes météorologiques mais aussi le risque de fans trop curieux.

De drôles de partenaires de tournage

Emma Watson et Dan Stevens, les coulisses de la Belle et la Bête,© The Walt Disney Company

Emma Watson et Dan Stevens, les coulisses de la Belle et la Bête,© The Walt Disney Company

Les possibilités offertes par la technique ont profondément participé à l’évolution de la façon de faire du cinéma, y compris chez les Walt Disney Studios. En effet, l’apport technologique stimule la création concernant les décors mais offre aussi la vie aux personnages les plus fantastiques. Toutefois, ce progrès génère parfois des photos assez étonnantes provenant des plateaux de tournage, comme sur celui de La Belle et la Bête. La Bête prenant vie visuellement en post-production, l’acteur Dan Stevens portait, durant le tournage, une tenue grise dont la carrure imposante rappelle celle du prince déchu avec un rendu quelque peu perturbant sans les effets spéciaux.

Un apport technologique qui n’est pas légion, par exemple pour les acteurs de Jean-Christophe & Winnie, qui avaient face à eux de vraies peluches pilotées par des mains habiles et dont l’apparence a été retravaillée à l’ordinateur. Cette approche plus classique favorise l’esprit nostalgique et parfois mélancolique qu’évoquent les peluches délavées du long-métrage de Marc Forster. Cette mécanique pleine de charme est perceptible dans la vidéo ci-dessus issue du tournage de Jean-Christophe et Winnie.

Et comme disait Walt Disney : tous nos rêves peuvent devenir réalité.

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