• Production : Pixar animations Studios
  • Titre original :  Cars 3
  • Titre français :  Cars 3 
  • Sortie française : 2 août 2017
  • Sortie américaine : 16 juin 2017
  • Durée : 1h49
  • Long-métrage d’animation 3D
  • Réalisateur : Brian Fee
  • Scénario : Robert L. Baird et Dan Gerson
  • Musique : Randy Newman

Cars 3 : vers une nouvelle ère, le choc générationnel

Rapide… Je suis rapide! C’est dans ce calme avant la tempête que débute le film. 10 ans après le premier opus de la saga, c’est également le temps qui s’est écoulé pour notre « jeune » champion Flash Mc Queen. Jeune ? Tout est relatif ! Car tout comme dans le monde des humains, 10 ans de carrière sportive professionnelle amorcent le début d’une grande réflexion sur une éventuelle reconversion. En effet, pour nous, simples humains, notre corps est mené à rude épreuve auquel le sportif sollicite généralement ses muscles de manière intensive au point d’en provoquer un vieillissement prématuré. Toutefois, notre ami Flash n’a pas pris une rayure en 10 ans, il a su rester intact à rendre ses congénères humains verts de jalousie.

L’inspiration prise dans le monde du sport chez les humains

Au fil des années, Flash évolue sur les circuits en compagnie de ses concurrents de longue date, maintenant devenus des amis au détriment d’adversaires pleins de haine. A cette image, le respect de l’adversaire se retrouve généralement dans les arts martiaux (et régi par un code moral tel que l’amitié, le respect, le contrôle de soi ou encore l’honneur) et appose une très bonne image du sport auprès du public. Cette attitude, Flash l’a déjà acquise à l’issue de sa dernière course dans Cars – Quatre Roues, lorsqu’il porte assistance à Strip Weathers, dit « Le King« , pour la plus grande fierté de Doc Hudson. Ainsi, au début du film, Flash s’amuse à faire des farces avec ses congénères au cours des interviews, avec une certaine réciprocité. Il est tout autant amusant de comparer cet état d’esprit avec les autres sportifs de haut niveau, dont le comportement est similaire.

De manière générale, il est intéressant de comparer les situations similaires entre le film et le monde réel : l’arrivée de la nouvelle génération, la remise en question, la perspective d’avenir, la reconversion, l’acceptation.  Nous n’analyserons pas volontairement tous ces points, afin de ne pas dévoiler certains passages de Cars 3.

L’événement le plus frappant du film restera l’introduction de Jackson Storm à la fin de sa première course. Ce petit nouveau n’aura qu’un seul but : éliminer l’ancienne génération de coureurs avec une arrogance digne des vilains Disney. Ce renouvellement de sportifs s’accompagnera d’une évolution technologique (comparable à l’évolution des combinaisons de natation pour les nageurs ou des semelles pour les coureurs). Enfin, avec une grande adresse, les studios Pixar ont évité le piège du dopage, pourtant souvent associé à ces évolutions. Un sport plus jeune oui, mais un sport toujours propre !

cars 3

Pour conclure cette partie, voulant pousser au maximum ses limites pour ne pas se retrouver abandonné dans son sport favori, Flash va terminer une de ses courses par un tragique accident. Cette scène, pourtant réalisée afin de la rendre la moins violente possible, entraîne le spectateur au cœur de l’action, tel un spot publicitaire pour la prévention routière. Loin de critiquer cette dernière, tous deux ont un rendu similaire tant qu’au ressenti du public, et surtout des enfants, qui ne restent pas de marbre à cette phase tragique du film. C’est alors que notre coureur numéro 95 va se retrouver dans la même situation que Michael Schumacher (suite à son tragique accident de ski), ou encore Magic Johnson (suite à la découverte d’une maladie).

Un conflit générationnel

Ce troisième épisode est presque un choc des cultures générationnelles. Lorsque nous analysons dans le détail, nous retrouvons l’ancienne génération avec le mentor de Dock Hudson (Smokey) accompagné de ses concurrents de l’époque : Louise « Barnstormer » Nash River Scott ou Junior « Midnight » Moon ; en opposition à Jackson Storm, Bobby Swift ou encore Ed Truncan, la nouvelle génération. Flash lui, se situe entre les deux. Il va chercher à atteindre les performances de la nouvelle génération avec les conseils de l’ancienne.

La technologie prend aussi une grande part de l’histoire. Tout commence par l’aérodynamisme des nouveaux modèles, optimisés pour gagner quelques kilomètres par heure, avec un profilage étudié et connecté (comme un grand nombre de nos appareils aujourd’hui). Outre leurs looks agressifs, la manipulation psychologique (ces petites réflexions désagréables qui perturbent les concurrents durant la course) fait passer cette nouvelle génération pour les méchants de l’histoire. Ils utilisent maintenant des simulateurs d’entraînement, tapis de courses, réalité virtuelle et souffleries, permettant de s’entraîner sans pour autant voir la lumière du jour.

Avec une totale opposition, l’ancienne génération se veut plus robuste et plus imposante : des carrosseries nettement plus volumineuses, un aspect purement « vintage » mais avec une solidité presque à toute épreuve. Ces anciens coureurs savent rouler sur tous les terrains et n’ont jamais utilisé de simulateurs pour prendre un virage sur de la terre et maitriser le dérapage contrôlé.

Flash Mc Queen

cars 3

L’aventure de Flash se focalise de nouveau sur la course, faisant ainsi une suite logique au premier épisode Cars – Quatre Roues. Il apporte toujours autant d’attachement à Radiator Springs, mais aussi se veut être très complice avec ses concurrents avec qui il dispute les tours de piste depuis dix ans déjà. Toutes les occasions sont bonnes pour transformer une interview officielle en blague potache entre amis. Pourtant, le temps passe et la nouvelle génération élimine peu à peu les bolides, devenant trop vieux pour la course. Tant bien que mal, notre numéro 95 lutte pour ne pas être éliminé, au risque de passer dans l’anonymat, et sans perspective d’avenir. La crise de la trentaine le guette !

Alors que Flash Mc Queen pousse ses limites au-delà du raisonnable, le drame se produit, lui rappelant son statut de mortel. Dans un terrible accident, il cumule les tonneaux et se retrouve dans un mauvais état pendant que Jackson Storm franchit la ligne d’arrivée. Flash-back : il se retrouve dans la même situation que son mentor quelques années plus tôt, la détresse psychologique en plus à devoir gérer. Fort heureusement, ses amis de la route 66 sont là pour l’aider et le soutenir.

Après une grande remise en cause, Flash décide de reprendre l’entrainement pour se surpasser, accroître ses performances et rivaliser avec Jackson Storm, pour en retrouver sa jeunesse. Sa rencontre avec Smokey (l’entraîneur de Doc) ne se révélera pas n’être qu’un entrainement sportif ou un pèlerinage, mais plus un relais de formateur, une transmission pour une nouvelle génération. Pour la troisième fois, l’acteur américain Owen Wilson prête sa voix au bolide rouge. Pour sa version française, c’est Guillaume Canet qui lui aussi s’est prêté au jeu du doublage.

Cars 3 Guillaume Canet Cecile de France

Guillaume Canet, Alice Pol, Cécile de France et Nicolas Duvauchelle

A l’occasion d’une conférence de presse en juin 2017, nous avons pu approcher Guillaume et partager avec vous son ressenti sur cette nouvelle aventure. Pour lui, reprendre le personnage de Flash pour la troisième fois est toujours un plaisir. Habitué à faire des films pour un public plus âgé, cette activité lui permet de se rapprocher d’un public plus jeune, même si le doublage n’a duré qu’une journée et demie, correspondant à quatre cents lignes de dialogue environ. Depuis le dernier épisode, reprendre la voix du personnage demande à l’acteur un exercice afin de retrouver les intonations qui appartiennent au personnage, mais qui reviennent finalement rapidement.

Au niveau du personnage, Guillaume raconte son point de vue:

 » Je suis heureux de retrouver le personnage de Flash Mc Queen, il évolue à travers les années (en 10 ans, ndlr) […] au début, Flash était un gagneur, un arrogant, mais la perte de Doc, son père spirituel l’a remis en question. Maintenant, son rôle est de transmettre aux autres. […] Concernant son nouveau design (à la fin du film, ndlr), je l’adore, ça a vraiment de la gueule et c’est très symbolique, j’en avais marre du rouge (rires). »

Au niveau du doublage, l’équipe de Disney France (tout comme les acteurs) préfère parler de version française, car le travail n’est pas de traduire en français les textes de la version originale mais plutôt de l’adapter, avec également un certain degré d’improvisation. Guillaume raconte également que c’est le directeur du plateau qui dirige les acteurs, mais il est parfois frustrant de devoir reproduire la même intonation dans le personnage pour cadrer. Mais heureusement, la culture francophone est différente de la culture américaine sur le sujet, et l’improvisation a sa place dans ce travail, et c’est une chance. C’est ainsi que Flash à un caractère légèrement différent dans l’hexagone, de par l’innocence que lui donne l’acteur français.

Enfin, Guillaume Canet nous parle du rapport comparatif entre l’arrivée de la nouvelle génération de bolides et l’arrivée des nouveaux comédiens pour la version française (les voix de Jackson Storm et Cruz Ramirez).

« La nouvelle génération de comédiens pour ce nouvel épisode de Cars se révèle être fascinante et intéressante. Être soutenu d’une autre génération à ses débuts est important pour tout le monde, et ça force le respect. […] Dans la nouvelle génération, un film a maintenant une durée de vie de trois semaines. Il est donc plus difficile de le promouvoir et tout va très vite : les nouveaux veulent tout faire vite pour s’adapter à la production massive (un message qui est passé justement dans ce film).[…] Personnellement j’utilise aussi les réseaux sociaux mais avec plus d’attention ; c’est un outil formidable de promotion qui est reproduit et distribué partout. »

Cruz Ramirez

Cars 3 cruz ramirez

Cruz Ramirez fait partie de ces nouveaux personnages de Cars 3. Mais contrairement à ce que l’on peut croire, Cruz ne restera pas un personnage secondaire bien longtemps. Rassurez-vous, elle ne volera pas la vedette à Flash.

Cruz est la grande prêtresse de la motivation ! Elle fait partie de ces coachs sportifs que nous retrouvons de plus en plus chez nous, au niveau amateur. Toutefois, elle s’occupera surtout du suivi physique et psychologique des coureurs avec un enthousiasme des plus impressionnants ; à croire qu’elle est une grande adepte du yoga (ce qui peut être difficilement imaginable dans ce monde imaginaire), sophrologie ou autres disciplines du genre. Sa rencontre avec Flash Mc Queen, bien que faisant preuve d’une très grande motivation, fut surtout une déception pour ce dernier lorsqu’il apprendra être la base du « projet senior » de Cruz. L’ancien vainqueur de la Piston Cup se voit débuter un entrainement léger et tout en douceur, et est loin d’accéder au fameux simulateur de course dernière génération. Pour lui, les cours de Zumba (danse rythmée et sportive) n’ont pas grand intérêt pour revenir dans la compétition.

Pourtant, Cruz a un rêve depuis son enfance : pouvoir courir sur les pistes et faire de la compétition. Vite découragée par ses proches, elle se résigna à devenir entraîneur. Elle fera cette révélation à Flash, lorsque ce dernier lui reprochera son manque d’empathie.

Le plus grand revirement du film restera le passage où Flash entraîne Cruz loin des machines d’entrainement et du centre, afin de se tester sur un vrai terrain d’entraînement. N’ayant que trop peu d’expérience en extérieur, ce bolide jaune apprendra les rudiments du dérapage contrôlé sur sable, terre et autres terrains non conformes à ses habitudes grâce à son idole de toujours. Elle comprendra vite que la technologie moderne ne fait pas tout dans ce monde, car, bien que férue de gadget (comme son assistant vocal ressemblant étrangement à celui utilisé dans un smartphone très connu), la réalité du terrain est différente.

A cette occasion, Flash a…. un flash (un jeu de mot dont nous ne pouvons nous passer). Il comprend que les rôles sont inversés et l’élève devint le maître. Tout en essayant d’accroître ses capacités, il se rend compte qu’aider Cruz à réaliser son rêve en lui transmettant tout ce qu’il a pu apprendre auprès de son mentor Doc Hudson est devenu indispensable. Il faudra attendre les dernières minutes du film pour que le suspense révèle ce que les animateurs de Pixar nous ont concocté. Ce film ne sera donc pas l’histoire de Flash mais aussi celle de Cruz, comme un passage de relais.

Cruz Ramirez, dans sa version originale, est interprétée par Cristela Alonzo, qui travaille dans les studios Disney. Il en est de même pour Alice Pol, qui double le personnage dans la version française.  Alice avait cette volonté d’interpréter un personnage Disney et « ce fut un réel plaisir d’être contacté par Disney » nous a-t-elle confié, en ajoutant que « c’est une fierté avec une grande liberté de jeu. […] Pour trouver la bonne intonation de Cruz, il a suffi d’être simplement spontané. » Enfin, le doublage a également pris une journée et demie de travail, tout comme Guillaume Canet.

Jackson Storm

Cars 3 jackson storm

Ce nouveau personnage fait son apparition à la fin du premier cycle du film, dans les derniers tours d’une compétition. Furtif comme un véhicule électrique, il remporte la victoire sans grande difficulté et élimine peu à peu ses concurrents d’un autre temps. D’un fuselage plus agressif (du moins nettement moins arrondi que celui de Flash Mc Queen) devenant ainsi plus anguleux et tranchant, il gagne également en vitesse au fil des courses et devient ultrarapide. Pour Jackson, il faut que les anciens laissent la place aux nouveaux, il n’a rien à apprendre de ces voitures de tôle, place au carbone… Il a l’arrogance de Flash à ses débuts, mais il est nettement plus antipathique. Le directeur créatif Jay Ward décrit ce personnage :

 » Jackson Storm est l’ennemi juré de Flash McQueen. C’est le méchant du film, mais ce n’est pas un vrai méchant. Il représente ce qui se passe dans le monde de la course automobile, tant dans le film que dans le monde réel. De nos jours, beaucoup de jeunes pilotes ont plus d’expérience virtuelle que sur le circuit. Et ils gagnent. »

Ce personnage n’est pas au centre du film, on le voit d’ailleurs très peu en dehors des courses, qui ne représentent que quelques minutes dans tout le film. Ses apparitions sont donc assez furtives, tout comme le personnage.

Dans la version originale, Armie Hammer double le personnage, ce qui fut pour lui également une première dans les studios Disney. Et pour la version française, c’est Nicolas Duvauchelle qui y prête sa voix, également pour la première fois.

Et les autres personnages du film?

Cars

Dans cet épisode, on remarque que Martin (interprété par la voix française de Gilles Lellouche) se voit être plus discret que dans les deux premiers volets. Mais il ne reste pas moins fan de son meilleur ami, tout comme Sally (avec la voix de Cécile de France). Mais rassurez-vous, les sentiments que portent Flash à Sally restent intacts. D’une manière générale, l’action est éloignée de Radiator Springs, et par cohésion, les personnages centraux du premier film s’éloignent également.

Ainsi, le troisième opus de Cars voit apparaître de nouveaux personnages d’autres contrées tels que Miss Fritter (un bus scolaire nord-américain atypique, légende du derby de démolition de Thunder Hollow) ou de la génération de Doc Hudson : Smokey (son mentor de toujours), Louise « Barntormer » Nash, surnommée la « Première dame de la course automobile », ou encore River Scott. Ces trois derniers représenteront à eux seuls un « spin-off » de Cars, ou la légende du fabuleux Doc Hudson.

Les références cachées

Comme dans tous les films Pixar, un grand nombre de références cachées (ou easter eggs) y est dissimulé. Nous vous dévoilons une partie d’entre eux, mais nous vous laissons le bonheur de les retrouver. Les références « classiques » de Pixar, comme le numéro A113 (en référence aux premiers locaux des studios) et le camion Pizza Planet de Toy Story ne seront pas difficiles à retrouver. Cependant, une référence cachée à Apple (déjà apparue dans le premier volet dans un coureur au numéro 84, année de sortie du Macintosh) se trouve dans la scène sur la plage. Il s’agira en fait de la musique de démarrage du Macintosh (élément que seuls les personnes de la génération 70-80 peuvent reconnaître : encore une référence générationnelle). Toujours dans la lignée de la firme à la pomme, l’application de reconnaissance vocale Hammilton (en référence au champion de Formule 1 qui prête lui-même la voix) n’est pas sans rappeler ce bon Siri.

Toujours sur cette même plage, une référence au film Le Monde de Némo présente 2 crabes (que nous avons rencontrés sur un tuyau à la sortie de Sidney).

Enfin, un sportif d’origine mexicaine va nous présenter une image du prochain film Disney, Coco ; ainsi qu’une référence à Wall-E par le logo BNL en générique final.

En conclusion

Les premières images et bandes-annonces de Cars 3 ont laissé les parents dubitatifs, à cause de la part sombre qu’elles peuvent laisser transparaître. Toutefois, lors des premières projections, l’inquiétude s’est envolée. Bien qu’en effet différent des premiers films Pixar, l’évolution des mœurs et des générations (encore !) permet de produire des chefs-d’œuvre un peu plus complexes tant au niveau rendu que scénaristique que les enfants sont en capacité de comprendre et gérer.

Au niveau technologie numérique, de nouveaux logiciels apparaissent et permettent un rendu d’image de synthèse à la fois très attendu et redouté dans le monde de l’animation. Devenant plus précis, il est maintenant possible d’augmenter le rendu final, s’approchant de plus en plus du monde réel. En prêtant attention aux détails, les animateurs peuvent maintenant faire apparaître d’infimes rayures sur les carrosseries, tout comme des effets pailletés sur les peintures métallisées, en passant par des reflets calculés en fonction du matériau…

Cars 3 n’en reste pas moins un film familial, qui se regarde jusqu’au bout, et même après son générique final…