Plateforme Disney+ : les enjeux d’un succès

Publié par Camille Esteve le 17 novembre 2019 | Maj le 17 novembre 2019

A peine dévoilée aux États-Unis, la plateforme en ligne lancée par la Walt Disney Company, Disney+, a déjà su trouver son public avec 10 millions d’abonnés en l’espace de vingt-quatre heures. S’il faudra attendre encore avant de profiter de ce service en Europe et dans le reste du monde, l’entreprise aux grandes oreilles ne perd pas de vue ses objectifs à long-terme. Car, en effet, d’après Bob Iger, PDG de l’entreprise, Disney+ est un pari risqué et son succès est crucial pour la firme.

Bob Iger

Enjeu numéro 1 : le coût de la plateforme Disney+

Afin de rester attractif et compétitif face aux autres services de streaming, Disney a bien compris que Disney+ ne pourrait se contenter de proposer les classiques déjà disponibles par ailleurs. Le but pour l’entreprise était aussi, et avant tout, de créer un contenu original, propre à la plateforme, qui pourrait inciter à l’abonnement. Or, le coût de ces contenus originaux est très important, notamment pour ce qui concerne la licence Marvel, dont les séries originales WandaVision et Hawkeye coûteraient 25 millions de dollars par épisode. Par ailleurs, le coût général de la plateforme serait responsable d’une perte de profits à hauteur de 28 % au cours du dernier trimestre de l’année 2019, en comparaison avec ceux générés en 2018 à la même période.

Enjeu numéro 2 : les autres services de vidéo à la demande Disney

En parallèle du développement de Disney +, la Walt Disney Company a également racheté deux autres services de vidéo à la demande : Hulu (que Disney détient à 66%) et ESPN+ (détenu à 80% par Disney). Ces deux plateformes, qui comptent respectivement 28 millions et 3,5 millions d’abonnés, subissent des pertes continues de leurs profits. La Walt Disney Company espère dès lors que Disney+, qui comportera une offre avec les programmes de Hulu et ESPN+, permettra à ces deux services de séduire le public et de générer un apport conséquent de profits et d’abonnés.

Enjeu numéro 3 : la vision à long-terme

Enfin, l’entreprise estime que les réels bénéfices ne se feront ressentir qu’à partir de 2024. D’ici là, la Walt Disney Company s’est fixée comme objectif d’atteindre un nombre d’abonnés compris entre 60 et 90 millions. Bob Iger insiste par ailleurs sur le besoin d’une vision à long-terme, pour ce qui concerne le succès de la plateforme, et avait déclaré en 2017 :

« Disney + marque le début d’une réinvention de la Walt Disney Company. Nous continuerons à soutenir nos propres chaines de télévision sur les supports traditionnels, tant qu’ils continueront de générer des retombées intéressantes, et nous continuerons à présenter nos films sur grand écran au cinéma… mais nous sommes aujourd’hui résolus à devenir distributeurs de notre propre contenu, directement vers les consommateurs, sans intermédiaires. En substance, nous sommes désormais en train de précipiter la fin de nos propres business, et les pertes à court-termes seront de moins en moins significatives. »

Disney+ est donc un véritable investissement sur long-terme et les profits générés au regard des dépenses devront impérativement être significatifs pour que la plateforme se distingue de ses concurrents et puisse placer la Walt Disney Company sur le devant de la scène dans les services de vidéo à la demande.

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