Disneyland Paris en retard sur la « guerre » des attractions à sensations en Europe

Publié par Edouard Cardey le 7 août 2023 | Maj le 7 août 2023

Il est une tendance que l’on observe en Europe depuis quelques années : l’engouement pour les parcs d’attractions. Les différents propriétaires de ceux-ci s’en rendent bien compte et tentent de tirer leur épingle du jeu dans un domaine largement dominé en Europe par la Walt Disney Company au regard de l’affluence du complexe de Disneyland Paris. Néanmoins, même les plus petites structures commencent à investir dans de grosse machines dans le but d’attirer les visiteurs, si bien que les fans que nous sommes nous posons une question : est-ce que Disneyland Paris ne prendrait pas du retard en ne participant pas à cette « guerre » des attractions à sensations fortes…

La « guerre » des attractions à sensations

C’est en tout cas l’impression que laisse le développement actuel des différents parcs à thème d’Europe puisque ceux-ci hésitent de moins en moins à acquérir LA montagne russe qui fera leur réputation et attirera les visiteurs dans un tourisme des parcs de plus en plus important. Pour ne citer quelques exemples, on a pu découvrir ces dernières années :

  • Objectif Mars au parc du Futuroscope (ouvert le 13 juin 2020) ;
  • F.L.Y. au parc Phantasialand en Allemagne (ouvert le 17 septembre 2020) ;
  • Kondaa au parc Walibi Belgium (ouvert le 8 mai 2021) ;
  • Ride to the Happiness au parc Plopsland de La Panne en Belgique (ouvert le 1er juillet 2021) et présent dans le top 10 des meilleurs montagnes russes du monde selon la communauté du site Captain Coaster ;
  • Toutatis au Parc Astérix (ouvert le 8 avril 2023) et déjà 20ème selon le même classement ;
  • Et la prochaine attraction Voltron Coaster et son quartier croate au parc Europa Park prévue d’ouvrir courant 2024 et dont le parcours promet une expérience dantesque.
Photo de l'attraction Ride the Happiness au parc d'attraction Plopsaland La Panna, qui participe à la "guerre" des attractions

Quid de Disneyland Paris ? Et bien pas grand chose. Si on considère toutes les attractions, les dernières nouveautés se résument à Ratatouille : l’Aventure Totalement Toquée de Remy (un dark ride ouvert en juillet 2014) et Spider-Man W.E.B. Adventure, un autre dark ride ouvert en juillet 2022, qui prend place dans le bâtiment de feu Armageddon : les effets spéciaux (donc vu par certains fans comme un « remplacement » plutôt qu’une nouveauté, d’autant plus que c’est une copie d’une attraction présente à Disneyland Resort). Néanmoins, en terme de montagnes russes, les dernières installations remontent à 2007 pour le parc Walt Disney Studio (avec Crush Coaster) et… 1995 pour le parc Disneyland (avec Space Mountain : De la Terre à La Lune).

On voit bien que Disneyland Paris n’investit pas réellement dans les nouvelles machines et se contente de faire des rénovations sur celles existantes. Néanmoins, et vous avez sûrement dû le voir sur les réseaux sociaux : cela ne suffit pas / plus. Les fans de la première heure sont globalement insatisfaits des rendus finaux, détruisant parfois même le cœur de l’attraction concerné, comme ce fut le cas avec les « Mystères » du Nautilus ou encore Avengers : Flight Force (qui, néanmoins jouit d’une remise en beauté 1 an après son ouverture). Pire encore, et on vous renvoie au superbe article de nos confrères DLPWelcome pour en savoir plus, l’usure les montagnes russes existantes se voient de plus en plus et les opérations de maintenance annuelles ne seront bientôt plus suffisantes.

Space Mountain : de la Terre à la Lune, dans la "guerre" des attractions

L’affluence dans les parcs

La raison première d’investir dans de nouvelles machines est de donner aux visiteurs une occasion de revenir dans les parcs à thème. Mais avec la période COVID et toutes les restrictions associées, il est difficile de juger les effets sur l’affluence des parcs. 2022 sonne un retour à la normale de ce côté là pour la majorité des parcs européens selon les chiffres de la Themed Entertainement Association si on compare à ceux de 2019 soit avant la pandémie mondiale. Deux parcs se démarquent en Europe : Disneyland Paris et le Parc Astérix qui ont progressé de 200 000 visiteurs chacun malgré des politiques commerciales différentes. Le second augmente ses tarifs en fonction de ce qu’il propose de neuf : une nouvelle versionde l’attraction phare Tonnerre 2 Zeus. Tandis que le premier propose la transformation d’un ancien land en Marvel Avengers Campus, une orientation premium dans ses services (avec par exemple le système de réservation des billets toujours en place ou la mise en place de coupes files payants). La conséquence reste une augmentation des prix dans tous les domaines (hôtel, restauration, merchandising, tickets…)

Mais force est de constater que malgré une politique tarifaire très critiquée, le resort parisien affiche une affluence avoisinant les 10 millions de visiteurs en 2022 au parc Disneyland et 5,3 millions au parc Walt Disney Studios. Certes, 2022 était encore bien marqué par le revenge travel (les voyages après des mois de confinement) mais cela n’explique pas tout : Disneyland Paris fait rêver, en tout cas assez pour que des familles, étrangères ou non, viennent dépenser de certaines sommes pour un séjour chez Mickey. Considérant ce voyage comme unique, le fameux « une seule dans sa vie », ils profitent d’une expérience différente de celle de visiteurs plus réguliers. La Walt Disney Company en est consciente et profite de cela pour gonfler les tarifs qui ne constituent pas un frein pour cette clientèle..

Le prix faisant partie intégrante de la guerre des attractions

Pour modérer nos propos, il s’agit là des chiffres d’affluence de 2022 où les festivités du 30ème anniversaire commençaient et où il y avait peu ou pas de coupe budgétaire. Ce n’est pas la même chanson pour 2023 et il sera intéressant de regarder les chiffres l’année prochaine surtout avec l’ouverture de Toutatis au Parc Astérix, les différents mouvements sociaux dont Disneyland Paris a souffert et la nouvelle hausse de tarif. Dans ce contexte où les parcs à thèmes attirent un plus grand nombre de visiteurs, les lacunes en terme de sensations du resort parisien amènent nos petits cœurs de fans à se poser des questions…

Pourquoi aller à Disneyland Paris ?

Avec des années à aller dans les parcs Disney, la question du pourquoi se pose régulièrement. Si on enlève le côté financier, la première réponse qui vient en tête c’est : l’immersion. Quand bien même la concurrence en terme de sensations est importante, il n’y a qu’à Disneyland Paris qu’on retrouve un tel niveau d’immersion aussi bien dans les décors que dans les attractions où le storytelling prend une place importante. Et souvent, cela se traduit par des parcours en partie ou totalement fermé, rendant la narration plus simple à développer. Cela n’empêche pas d’avoir des montagnes russes à fortes sensations comme le montre les attractions Guardians of Galaxy : Cosmic Rewind au parc Epcot ou encore TRON à Shanghai Disneyland et depuis au parc Magic Kingdom. Néanmoins, il n’est pas impossible de créer une expérience immersive avec des coasters extérieurs comme le montre l’attraction Raptor à Gardaland (Italie) ou le récent Velocicoaster au parc Universal Studio Orlando où le visiteur est lancé à 113 km/h dans un enclos à vélociraptor. D’ailleurs, le groupe Universal a très bien compris que la « guerre des parcs » passait aussi par le plan de l’immersion comme en témoigne le succès et l’exportation aux États-Unis de Super Nintendo World.

L'immersion aisant partie intégrante de la guerre des attractions

Un autre point qui, à mes yeux, fait revenir le vétéran Disney que je suis, ce sont les spectacles. Même si on peut reprocher une perte de qualité récente suite aux coupes budgétaires, ce sera toujours avec un plaisir certain que je retourne voir Mickey et le Magicien, Disney Dreams ou encore Le Roi Lion et les Rythmes de la Terre. Et qui parmi vous ne souhaiterait pas revoir RAPIDEMENT Mickey et sa Parade Étincelante de Noël (de nuit bien sûr) ? Ou encore des spectacles disparus comme Les Rythmes de la Jungle ou Mickey et le Big Band de Noël (qui, à titre personnel, me manque cruellement).

Ces exemples montrent que Disneyland Paris sait créer des émotions dont on est rapidement nostalgique et qui nous font revenir, parfois plusieurs fois par an, dans ses parcs. Qu’on soit clair : on ne bouderait pas d’avoir de nouvelles attractions à sensations dans notre resort et on reproche le manque d’investissement dans ce domaine. Néanmoins, on ne peut pas lui reprocher entièrement de ne pas en procurer. Et nous aurons également d’autres nouveautés dans les années à venir avec le futur lac du parc Walt Disney Studio et son land La Reine des Neiges.


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