Aladdin : notre critique du remake live-action Disney

Publié par Cyril le 22 mai 2019 | Maj le 25 mai 2019

Il a fallu attendre des années (vingt-sept ans pour être exact) pour voir le grand film d’animation Disney qu’est Aladdin repasser entre les mains des équipes de scénaristes, de compositeurs, de réalisateurs ou encore de production et découvrir en ce 22 mai 2019 le tout nouveau bébé des studios Walt Disney Pictures avec le live-action qui nous fera voyager une fois encore, non pas sur un tapis volant, mais au cœur d’une aventure où l’action, l’humour, la magie ou encore l’amour cohabitent. Ce que nous avons pensé du film ? Découvrez notre nouvelle critique sans plus attendre.

Aladdin

  • Production : Walt Disney Pictures
  • Titre original :  Aladdin
  • Titre français : Aladdin
  • Sortie française : 22 mai 2019
  • Sortie américaine : 24 mai 2019
  • Réalisateur : Guy Ritchie
  • Scénario : John August, Guy Ritchie
  • Acteurs : Will Smith, Mena Massoud, Naomi Scott

Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais…

Aladdin : un Disney culte devenu film

Qui ne connait pas le conte des Mille et Une Nuits appelé Aladin et la Lampe Merveilleuse ? Il n’y a pas de faute, Aladin avec un seul « d », qui, dans sa version traditionnelle, se traduit par « élévation de la religion ». Une histoire traditionnelle que Disney a adapté en 1992 pour sortir le film d’animation au succès phénoménal (dans un vrai mouchoir de poche, NDLR : nous étions obligés de la faire), qui permettra à la firme des studios de se positionner confortablement dans sa période de renaissance.

Ainsi, il a fallu attendre le mois d’octobre 2016 pour que l’annonce officielle et tant attendue soit faite : Guy Ritchie réalisera une nouvelle version en prise de vues réelles, avec certes un tournage qui a débuté avec du retard (il a fallu patienter jusqu’à septembre 2017) par manque d’acteur principal, mais le résultat est là, et nous sommes impatients de vous en dire encore plus. Le casting est ensuite communiqué au fil des mois qui suivent, et quel casting ! Nous le dévoilerons plus tard. Et pour ce qui est du tournage, les équipes se sont posées dans les studios à l’ouest de Londres (Longcross Studios dans le comté de Surrey), pour ensuite prendre leurs quartiers dans le désert Jordanien, en passant par l’incroyable cité de Petra.

L’histoire d’un jeune vaurien

aladdin

Aladdin, copyright Getty Images

Pour tous ceux qui croient que ce live-action n’est qu’une pâle copie du dessin animé de 1992, la déception sera au rendez-vous ! Et pour preuve, dès le début du film, un sentiment de déstabilisation nous a fait installé ce doute : sommes-nous dans la bonne salle ou en train de voir le bon film ? Ainsi, pour le plus grand plaisir des plus grands fans de cette histoire, l’histoire se veut légèrement différente dans un sens plus approfondi et travaillé, avec un scénario nettement plus développé dans certains points qui rendent l’ensemble encore plus intéressant.

Cependant, la trame de fond se veut toujours fidèle à la fois au film d’animation ainsi qu’à nos attentes (et sûrement aux vôtres), avec une reproduction de certaines scènes clés comme la fuite du jeune voleur dans les rues d’Agrabah, la rencontre avec le Génie, l’arrivée du Prince Ali en grande fanfare ou encore cette balade romantique en tapis volant, qui a permis de décrocher trois récompenses dont l’oscar de la meilleure chanson. Ainsi, au delà des apparences, une véritable histoire secondaire s’installe et offre au public un nouveau chef d’œuvre plus mature lorsqu’il est visionné par un spectateur ayant connu la version originale dans l’ambiance de Noël 1992.

Comme nous l’avons annoncé dans l’un de nos articles, la princesse Jasmine a le droit à sa propre chanson, qui s’intitule Parler en version française, ou Speechless dans sa version originale, une chanson qui sera interprétée à deux reprises dans le film. Sans en dévoiler le sens, cette chanson s’intègre parfaitement dans cette production, et donne un coup de jeune intéressant, en le rendant plus contemporain quand à la place de la femme dans la société (qui se veut différente encore en Orient qu’en Occident).

Toujours dans l’esprit facétieux des équipes de production, les plus attentifs remarqueront des clins d’œil (dont Pixar a le secret) pour faire référence à l’univers Disney, que se soit les films mais également les parcs ou encore son emblématique château. A vous de retrouver ces références cachées, comme une référence à Raiponce ou encore la version animée d’Aladdin?

Les personnages et les acteurs d’Aladdin

Aladdin et Jasmine

Aladdin, copyright Getty Images

Parmi les personnages que nous connaissons tous, un seul vient s’ajouter à cette liste : Dalia, la servante de la princesse. Interprété par l’actrice Irano-Américaine Nasim Pedrad, son rôle s’inspire de la comédie musicale (qui elle comporte trois dames de compagnie), et est destiné à remplacer Rajah, qui ne peut avoir sa place sur les planches d’un théâtre. Au niveau de ce nouveau film, Dalia est un personnage secondaire mais qui a une importance dans l’histoire, elle apporte une note d’humour complémentaire qui pimente un peu plus le film, mais nous n’en dirons pas plus afin de ne pas gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même.

Aladdin et Abu

Un duo que tout oppose mais qui finalement les rapproche, voilà comment on peut résumer cette magnifique amitié qui est entrée maintenant dans les histoires éternelles et intemporelles des studios Disney. Même si cela n’est pas vu comme de la galanterie, débutons par le héros éponyme de ce dossier. Après des mois de recherches, l’équipe du film a confirmé le rôle principal à l’acteur canadien Mena Massoud qui a fait son entrée dans les studios Disney, et il faut le reconnaître, son interprétation d’Aladdin est sublime, ce qui fait de lui l’acteur parfait pour ce rôle. Bien que sa tenue quotidienne est différente du personnage d’origine (pour garder un minimum de décence face au public et ne pas montrer un homme à moitié dénudé), ses autres caractéristiques restent inchangées, pour conserver les bases mêmes et l’âme du film, montrant toujours un jeune vagabond extrêmement débrouillard et intelligent. Longtemps mis en doute, le petit compagnon Abu fait également partie de ces animaux qui ont leur place dans cette aventure. A première vue, on pourrait le comparer au singe Jack de la saga Pirates des Caraïbes, mais détrompez-vous, Abu a bel et bien sa personnalité qui lui est propre, et il est encore plus attachant et expressif que son homonyme animé, et ne ressemble en rien à un personnage secondaire.

Jasmine

Dalia et Jasmine

Dalia et Jasmine copyright Getty Images

La Princesse Jasmine était une révolution dans les années 90. Elle était devenue l’égérie d’une nouvelle génération de princesses non soumises à la volonté d’un homme, et qui s’affirmait par son caractère pour faire entendre sa parole, chose relativement contradictoire surtout en Orient. Ainsi, la jeune actrice Naomi Scott (découverte dans le film Disney Channel Original Movie Lemonade Mouth) a elle aussi tenue à affirmer son personnage dans ce monde où la femme doit elle aussi s’affirmer pour conserver sa place. L’actrice, qui a parlé de son personnage en conférence de presse, a de nombreux points communs avec Jasmine, qui font d’elle la meilleure interprète, et avec fierté. Dans cette nouvelle version, Jasmine est un personnage encore plus travaillé et approfondi, qui s’affirme encore plus (oui oui, c’est possible). A cela, le spectateur découvrira une nouvelle complicité avec Dalia, sa servante (associée à une partie comique entre ces personnages), au détriment de Rajah, qui reste présent dans le film mais il faut l’avouer, tenir une conversation avec un tigre n’est en fait qu’un monologue. De plus, une chose qui peut se révéler agréable dans cette production, vient du fait que la princesse est moins caractérielle, laissant ainsi le champ libre à la découverte d’une nouvelle facette bien plus attachante de l’héroïne et prouver que ce live-action s’adresse également à un public plus large et plus âgé en introduisant des notions géopolitiques, ouvrant ainsi l’histoire au delà des frontières d’Agrabah.

A travers Naomi Scott, c’est une toute nouvelle Jasmine que nous découvrons, et au-delà de tout ceci, le scénario nous révèle des informations précieuses sur l’histoire et le passé de la fille du Sultan et des raisons expliquant sa condition et sa protection à l’intérieur de l’enceinte du palais. Elle démontre son affirmation mais aussi sa capacité à prendre la succession de son père à diriger le pays de part son éducation.

Le couple à double personnalité

La relation entre Jasmine et Aladdin est également plus approfondie par rapport à la version animée originale. De nouveau, cela élargit le public ciblé par le film, dont l’interprétation sera différente entre un enfant et un adulte, comme la description individuelle des personnages l’a démontré. Ainsi, le jeu entre les acteurs positionne vraiment l’ensemble du film dans un registre tantôt comédie romantique, tantôt action avec notamment la ou les courses poursuites dans les rues d’Agrabah, pour échapper aux gardes et autres personnes voulant mettre la main sur un voleur, qu’il soit poilu ou non. Enfin, les différentes rencontres entre ces deux personnages ont un rendu tout aussi attachant, voir plus encore, comme la mythique balade en tapis volant, accompagnée de Ce Rêve Bleu (A Whole New World en version originale) : émotion garantie.

Le Génie

Aladdin, Will Smith

La rencontre entre Aladdin et le Génie, un moment… magique

La grande star de ce film est incontestablement Will Smith, de part sa grande carrière et sa popularité par rapport au reste du casting. Non pas que les autres actrices et acteurs sont impopulaires, mais la différence d’âge entre le jeune acteur cinquantenaire et notre couple de vingt ans de moins et leurs carrières respectives font que Will paraît être le meneur de cette belle famille cinématographique. A cela, le personnage du Génie est celui le plus attendu par les fans du monde entier de part son interprétation. Les fans craignent les différences qui pourraient apparaître au point de gâcher purement et simplement le film. L’origine de cette pression provient de l’interprétation majestueuse du regretté Robin Williams, qui a rendu ce rôle si dynamique, enthousiaste, entraînant et ô combien drôle, alors qu’à l’origine, le Génie était prévu… plus calme…

Les premières réactions du public arrivèrent à la suite de la diffusion de la bande-annonce dévoilée à l’occasion des Grammy Awards le dimanche 10 février 2019 divisant en deux les avis, avec d’une part les grands fans, et de l’autre ceux n’aimant pas du tout le nouveau Will Smith bleu. Par la suite, des images du film montreront ce personnage tantôt bleu, tantôt sous une forme humaine non teintée, une totale nouveauté dans cette réinterprétation. Chez Radio Disney Club, notre avis est unanime : on adore.

Un autre point pour lequel l’acteur a longuement été questionné au cours des conférences de presse, Will Smith ne voulait pas reproduire un personnage à l’identique de celui où Robin Williams a donné sa voix, en apportant sa touche personnelle qui limiterait toute comparaison et une perte d’identité. Ainsi, avec sa casquette de musicien, Will Smith a donné au Génie une touche de Hip-Hop qui dynamise encore plus le titre culte Je suis ton Meilleur Ami, agrémenté d’une chorégraphie générale modifiée (et pas seulement sur cette chanson), apportant un tout nouveau style branché qui correspond bien avec le personnage. C’est ainsi qu’est né un tout nouveau Génie, avec certes moins de folie, mais avec une complicité avec Aladdin qui a transformé également l’histoire en apportant une touche originale intéressante.

Pour conclure avec ce personnage, Guy Ritchie, le réalisateur du film, a rendu le Génie sensiblement différent de celui que nous connaissions, en développant ce rôle avec une touche plus contemporaine (tout comme celui de Dalia), et équilibre l’harmonisation des rôles principaux, que Jasmine et Aladdin partagent maintenant. Enfin, son apparence visuelle se veut plus riche avec un collier original en or, tout comme ses bracelets ornés faisant également apparaître des tatouages brillants, son attache capillaire et son kit, et enfin une ceinture toujours rouge mais à motifs d’or.

Iago et Jafar

Aladdin

Jafar copyright Getty Images

Autre point marquant du film d’animation de 1992 : un perroquet caractériel qui non seulement construisait des phrases complètes, et apportait une touche comique dans un registre démoniaque. Malheureusement, Iago a été un peu délaissé dans cette réinterprétation, mais cela s’explique simplement : afin de garder un équilibre global de l’histoire, avec des scènes supplémentaires mettant en avant les autres personnages, conserver Iago à l’identique aurait créé un déséquilibre dans l’histoire et aurait apporté un comique inutile (cassant les phases tragiques ou romantiques). De ce fait, ce nouveau volatile est différent mais sa présence rassure et surprendra quand même le spectateur.

Quand à son maître, le terrible Jafar, ses ambitions sont toujours identiques : être sultan à la place du Sultan. Et bien que cela peut paraître étrange au niveau du casting, c’est l’acteur néerlandais Marwan Kenzari qui a revêtu la robe noire et rouge du sorcier complotiste et adorateur de serpents. Il est vrai que nous nous attendions à voir un acteur beaucoup plus âgé, mais il faut reconnaître qu’une fois de plus Guy Ritchie a su nous surprendre avec ce choix.

Une fois encore, Jafar est un personnage qui a évolué avec le temps et qui se veut être différent et également moins marquant dans cette version du film. Il n’en reste pas moins présent, car après tout, c’est lui la vipère du film… Ainsi, le spectateur remarquera que ce sorcier est plus travaillé, plus construit, avec une histoire personnelle contée, ce qui donne ainsi un film complet, comme les studios Walt Disney Pictures nous ont habitué avec le scénario de La Belle et la Bête en 2017.

Le sultan

En 1992, le Sultan était un personnage secondaire, avec une personnalité étonnante. Déconnecté du monde, il donnait une image caricaturale du souverain avec des occupations récréatives plutôt que politiques. Vingt-sept ans plus tard, nous découvrons un nouveau personnage moins bedonnant, mois enfantin (mais rappelons le, il a été ensorcelé durant un long moment par son conseiller le plus proche), offrant maintenant un véritable chef d’état responsable, mais toujours aussi soucieux de sa famille. Il donne ainsi une image différente dans sa relation avec sa fille, dans une ambiance différente mais étonnamment touchante. Pour interpréter le Sultan, l’acteur Irano-américain Navid Negahban a revêtu la tenue blanche de monarque (enfin pas si blanche que ça dans cette nouvelle production) et laissé pousser la barbe… Un choix judicieux de la production tant par le jeu de l’acteur que dans la revisite du personnage.

La musique envoutante d’Alan Menken

Aladdin

Alan Menken crédit Radio Disney Club

Le grand Alan Menken reprend les partitions d’Aladdin pour la troisième fois, après le film original puis la comédie musicale à succès, et signe son dixième film Disney. Auto-qualifié avec humilité comme un architecte, il nous a confié bâtir la structure musicale, mais en laissant le libre choix aux équipes de la production (comme aux acteurs) la possibilité d’y mettre leur touche personnelle, comme Will Smith l’a voulu pour donner à la chanson Je suis ton meilleur Ami le côté hip-hop dont l’acteur est fan.

Avec plus de douze récompenses, Alan Menken est un incontournable de la musique chez Disney, et son talent n’est plus à démontrer. Ainsi, Pour ce remake d’Aladdin, la partie musicale n’est pas parfaitement identique au film d’animation, et comporte quelques variantes, des couplets supplémentaires, ou parfois un style différent. En outre une toute nouvelle chanson a fait son apparition, et nous vous garantissons qu’elle est sensationnelle. Interprétée par la princesse Jasmine, ce nouveau titre Speechless (ou Parler en version française)  fait également partie des titres préférés du compositeur New-Yorkais.

Toutefois, au niveau de ces nouvelles chansons, nous avons regretté quelques modifications au niveau des paroles emblématiques des titres originaux que nous connaissions tous, sans pour autant comprendre le sens de ces changements qui finalement nous perturbent.

Un film qui offre bien plus qu’un rêve bleu

On ne le cachera pas, et comme indiqué dans le titre de chapitre, le film est tout simplement Génie-Al (un jeu de mots offrant également la contraction de la complicité entre le Génie et Al.). Guy Ritchie a œuvré à anticiper les attentes du public, si bien que notre vœu est exaucé… et de loin. Nous remarquerons toutefois une ombre à ce désert ensoleillé quant au doublage en version française du film, tant à la cohérence entre les mouvements des lèvres et les paroles, mais également dans les musiques et plus particulièrement dans la chanson Ce Rêve Bleu où la voix française chantée d’Aladdin manque de justesse dans certains passages. Retrouver la voix originale doublée de Paolo Domingo (au profit de Julien Alluguette, qui a également doublé Jean-Hubert dans les films Ralph) aurait rendu encore plus de magie à l’ensemble de ce chef d’œuvre, qui n’en reste pas moins un supplémentaire pour Disney. A cela, le film garde une belle fluidité, reconnaissable par le style de Guy Ritchie, qui nous habitue à des scènes relativement courtes mais aussi énergiques, ce qui correspond parfaitement à l’ambiance et l’histoire de ce grand film de qualité, qui restera l’un de nos favoris, tant par l’amour de l’histoire, des décors époustouflants, et de la magie qui nous fait encore pétiller les yeux. En résumé, le Aladdin de 2019 est un film mêlant action, comédie et romance, très abouti, tant au niveau du scénario que de l’histoire, avec l’idée de la narration qui pourrait rappeler une ancienne théorie du film original.

Les studios Disney nous offrent depuis quelques années des revisites en prises de vues réelles, du Livre de la Jungle à Dumbo, avec un résultat toujours aussi impressionnant, permettant au plus jeune public de faire une transition entre les dessins-animés vers les films, et aux adultes de retomber en enfance en redécouvrant les histoires qui les ont bercés.

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