De l’anglais au français : les traductions des titres de films Disney

Publié par Colombe le 23 juin 2018 | Maj le 24 juin 2018

La Petite Sirène, Blanche Neige et les sept nains, La Reine des Neiges ou bien Les Indestructibles… Tant de films de la Walt Disney Company que nous reconnaissons majoritairement pour leur titre avant de les reconnaître pour leurs histoires ! Pourtant, même si la moitié des titres sont littéralement traduits des idées originales en anglais, l’autre moitié a nécessité quelques réflexions supplémentaires pour nos traducteurs adorés et amateurs de Molière qui on du prendre quelques cours d’anglais. Imaginez le temps qu’il leur a fallu pour donner une traduction captant l’essence même du film, à l’instar du titre original ! Un travail de longue haleine qui mérite d’être honoré dans cette article. Voici donc la liste des films de la Walt Disney Company qui ont vu leur titre changé par la traduction française !

Dure dure la vie d’un Traducteur !

Les Films aux récits originaux traduits de l’anglais

Walt Disney Pictures et Walt Disney Animation Studio n’ont pas fait que des réadaptations de récits comme on pourrait le penser ! A l’instar de la compagnie Pixar, il se trouve que les premières idées d’animation en long-métrage étaient souvent originales et parfois psychédéliques en fonction de l’époque !

Les Films Disney

  • «La Boîte à Musique » (1946) : « Make Mine Music » soit « Faire la musique mienne » ou « Composer ma Propre Musique ». Difficile de comprendre le sens du titre ! Mais puisque le film comporte dix séquences indépendantes qui se suivent à la manière d’une compilation d’album, la traduction pourrait donc rappeler le mécanisme des boîtes à musique qui laisse défiler les morceaux les uns à la suite des autres. Pour rappel, La Boîte à Musique est le premier long-métrage qui possède une traduction travaillée et non littérale. On retrouvera notamment « Mélodie Cocktail » soit « Melody Time », littéralement « Temps de Mélodie » qui complète l’idée d’un défilement de musique.
  • « Coquin de printemps » (1947) : « Fun and Fancy Free » soit « Libre d’agir et de rire » ou bien « drôle et sans attaches ». Le long-métrage met en scène deux séquences qui devraient se passer au printemps. Dans les deux histoires, on retrouve la même idée de s’enfuir du quotidien pour partir à l’aventure, le tout dans un sentiment d’espièglerie !
  • « L’apprentie Sorcière » (1971) : « Bedknobs and Broomsticks » soit … Eh bien, si « Broomsticks » veut dire « manches à balais », difficile de traduire « Bedknobs » (qui correspond à la partie sphérique de certains montants de lit), on comprend donc le changement de nom.
  • « Peter et Eliott le dragon » (1977) : « Pete’s Dragon » soit « Le dragon de Peter »
  • « L’étrange Noël de Monsieur Jack » (1993) : « The Nightmare before Christmas » soit « Le Cauchemar avant Noël ». Le titre illustre bien la préparation de Noël par Jack avant que cela ne tourne… au cauchemar !
  • « Dingo et Max » (1995) : « A Goofy Movie » soit « un film Dingo ». On retrouve dans le même thème sa suite « Dingo et Max 2 : les sportifs de l’extrême » ou « An extremely Goofy Movie »
  • « Kuzco, l’empereur mégalo » (2001) : « The Emperor’s New Groove » soit « L’Empereur d’un nouveau genre ». Au moins, la traduction met en avant l’idée d’un dirigeant complètement différent du standard que l’on peut imaginer. On retrouvera notamment sa suite traduite dans le même style. « Kuzco 2 : King Kronk » soit « Kronk’s New Groove ».
  • « Mickey, la Magie de Noël » (2001) : « Mickey’s Magical Christmas : Snowed In At The House Of Mouse » soit « Le Noël Magique de Mickey : Enneigement sur la maison de la Souris »
  • « La Ferme se Rebelle » (2004) : « Home on the Range » ou « La ferme de la prairie »
  • «Lilo est Stitch 2 : Hawaï, nous avons un problème ! » (2005): « Lilo and Stitch 2: Stitch has a glitch » soit « Stitch a un bug ». On peut supposer que le titre original est un jeu de mot entre la fin du prénom « Stitch » et « Glitch » qui signifie plutôt un bug ou une déformation.
  • « Bienvenue chez les Robinson » (2001) : « Meet The Robinson » soit « Rencontrez les Robinson »
  • « La fée Clochette » (2008) : « Tinkerbell » soit « Le carillon bricoleur ». On retrouve notamment les suites de ce film avec des traductions améliorées :
    • « Clochette et la pierre de Lune » : « Tinkerbell and the Lost treasure » ;
    • « Clochette et l’expédition féerique » : « Tinkerbell and the Great Fairy Rescue » ;
    • « Clochette et le secret des fées » : « Secret of the Wings » ;
    • « Clochette et la Fée Pirate » : « The Pirate Fairy » ;
    • « Clochette et la créature légendaire » : « Legend of the Neverbeast »
  • « Milo sur Mars » (2011) : « Mars Needs Moms » soit « Mars a besoin de mamans ». Le film relate l’enlèvement de la Mère de Milo par des martiens et le courage du garçon qui part la retrouver sur Mars. La traduction reste donc cohérente, puisque l’histoire est centrée sur l’aventure de Milo.
  • « Les mondes de Ralph » (2013) : « Wreck-it Ralph » soit « Démolit tout Ralph ! » Ce titre est notamment celui du jeu d’arcade dans lequel Ralph tient le rôle du méchant. Comme le film ne tourne pas forcément autour du jeu, il était surement plus intéressant de mettre en avant le monde dans lequel Ralph vivait. Sa suite : « Ralph 2.» ou « Ralph Breaks the Internet : Wreck-It Ralph 2 » met en rapport une « mise à jour » de Ralph par la découverte d’Internet.

Les Films Pixar

  • « 1001 pattes » (1998) : « A bug’s life » soit « Une vie d’insecte ». Le rapport entre les deux titres est assez subtil mais implicite qu’on raconte l’histoire d’une colonie d’insecte au lieu d’un seul.
  • « Le Monde de Nemo » (2003) : « Finding Nemo » soit « Découvrez Nemo ». Sa suite « Le monde de Dory » soit « Finding Dory » a plus ou moins la même signification. On découvre Nemo et Dory mais surtout leur histoire qui implique des rencontres et des évolutions morales comme celle de Marin ou Hank.
  • « Les Indestructibles » (2004) : « The Incredible » soit « Les Incroyables » ou « Les Fantastiques »
  • « Rebelle » (2012) : « Brave » soit « Courageuse » (ou « Guerrière » en natif américain.)
  • « Monstre Academy » (2013) : « Monsters University » soit littéralement… une mauvaise traduction anglaise. Pour la peine, il aurait mieux valu garder le nom de départ. Parfois, les traducteurs français aiment changer les mots anglais par des « synonymes » parfois plus compréhensifs pour les spectateurs. Une tendance commerciale qui malheureusement ne rajoute rien de plus à l’idée originale… Mais ce n’est pas la première fois que les média jouent avec les mots !
  • « Vice Versa » (2015) : « Inside Out » soit « A l’envers ». Les deux traductions se joignent puisqu’au lieu de vivre l’histoire du point de vue de Riley, on le découvre au travers de ses émotions.

Les Films Disney aux récits inspirés

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… ou d’aventures vécues ! Très tôt, Walt Disney a voulu mettre en avant plusieurs contes et légendes du monde entier. Un moyen incroyable de propager la diversité des morales et la manière dont chaque pays a pu vivre ou évoluer au travers de ses histoires. A la suite de sa mort, cette tradition est restée, quitte à « embellir » les plus vieux contes pour un visuel plus réel. Mais saviez-vous que tous n’étaient pas forcément inspirés de contes de fées ? Certains s’inspirent parfois d’univers, de romans, ou même de théâtre ! Et c’est dans cette partie que nous vous proposons de découvrir ces différents films… aux titres arrangés !

Histoire vraie

  • « Pocahontas : une légende indienne » (1995) : ou juste « Pocahontas ». Inspiré de l’histoire de Matoaka, une jeune amérindienne qui était surnommée par son peuple « Pocahontas ». Un titre que les français auraient dû garder tel quel puisqu’elle n’était pas indienne… mais amérindienne ! On retrouve aussi sa suite qui a été légèrement modifiée « Pocahontas 2 : Un nouveau monde » soit « Pocahontas II : Journey (voyage) to a new World »

Univers et Mythologie

  • « Les Énigmes de l’Atlantide » (2003) : « Atlantis : Milo’s return » soit « Atlantide : le retour de Milo » qui est inspiré de la mythologie grecque. Le titre original implique le retour de Milo à la civilisation afin d’accomplir une quête, tandis que le titre français suppose que les énigmes de l’Atlantide nécessiteront le retour de quelques personnages connus, ayant déjà percé ses secrets.
  • « Vaiana : La Légende du Bout du Mond» (2016) : soit tout simplement « Moana », sachant que le prénom n’est pas une traduction littérale. Moana signifie « mer » et Vaiana « Eau de roche ». Si la traduction française ne rime pas avec son appellation originale, c’est tout simplement à cause d’un problème d’appropriation ! En effet, l’institut Nationale de la Propriété Industrielle a révélé plusieurs marques ayant déposé en France l’intitulé « Moana » ou un de ses dérivés. De fait, il fallait trouver un arrangement à l’amiable.
  • « Basil, détective privé » (1996) : « The great Mouse Detective » soit « La Fabuleuse Détective Souris ». Inspiré de l’univers de Sir Conan Doyle comme Sherlock Holmes !
  • « Les Nouveaux Héros » (2014) : « Big Hero 6 » soit « 6 Grands héros ». C’est le premier film d’animation Disney inspiré de l’univers Marvel depuis son rachat ! Il met en avant une équipe de super-héros nommés Big Hero 6. Dans la version originale par exemple : Baymax est un synthézoïde qui se transforme en dragon. Dans la version Disney, les techniques des héros sont inspirées des pouvoirs de leurs homologues Marvel, mais adapté à leur actualité technologique. De fait, la question pour la traduction du titre se pose : doit-on les appeler comme dans l’univers Marvel ou juste les présenter comme… des nouveaux héros ?

Théâtre

  • « Le Roi Lion 2 : l’honneur de la Tribu » : « The Lion king II : Simba’s Pride » soit « Le Roi Lion 2 : Le préjugé de Simba ». Les deux titres reviennent à impliquer une notion d’honneur ou de fierté quand on fait partie d’une tribu. Le film est notamment inspiré de Hamlet de Shakespeare et le Roi Léo d’Osamu Tezuka.  On retrouve notamment sa suite « Le Roi Lion 3 : Hakuna Matata » au lieu de « The Lion King 1 ½ ». Une seconde erreur de traduction qui démontre ce que ce n’est pas une suite mais une histoire alternative racontée par Timon et Pumba.

Contes de fées Disney

  • « La Belle au Bois Dormant » (1959) : « Sleeping Beauty » soit « La Belle Endormie ». Il aurait été étrange de garder la traduction littérale en anglais, sachant que nous connaissions déjà le conte de Perrault sous la forme française
  • « La Bande à Picsou, le film : Le Trésor de la Lampe Perdue » (1990) : « Ducktales, The Movie : Treasure of the Lost Lamp » soit « Les Contes de Canards, le film ! Le trésor de la Lampe perdue ». Ducktales fait ici référence à la Bande de Picsou, dont le récit est raconté sous la forme d’un conte. L’histoire est notamment inspirée de celui d’Aladdin.
  • « Cendrillon 2 : Une vie de Princesse » (2002) : « Cinderella II : Dreams Come True » soit « Cendrillon 2 : Les rêvent se réalisent ». La traduction est assez respectée puisque l’on parle de la vie de princesse Disney tant espérée de Cendrillon qui se réalise On retrouve de la même manière sa suite « Le Sortilège de Cendrillon » ou « Cinderella III : A twist in Time » (littéralement « Un coup de théâtre dans le passé »).
  • « Le Secret de la Petite Sirène » (2008) : « The little Mermaid : Ariel’s Beginning » soit « La petite Sirène, le commencement d’Ariel ». Les deux titres expliquent l’intérêt d’Ariel pour la musique qu’elle apprend en secret.
  • « Le drôle de Noël de Scrooge » (2009) : « A Christmas Carol » soit « Un conte de Noël » inspiré de Charles Dickens. L’histoire en elle-même reste très connue, mais la traduction française met en avant le personnage Scrooge car c’est ce dernier qui va vivre ce conte !
  • « Raiponce » (2010) : « Tangled » soit « Cheveux emmêlés ». Adapté des contes de Grimm
  • « La Reine des Neiges » (2014) : « Frozen » soit « Figé / gelé » selon l’interprétation. Adapté des contes homonymes de Andersen.

Romans et nouvelles Disney

  • « Danny le petit mouton noir » (1948) : « So Dear To my Heart » soit « Si cher à mon cœur », adapté du roman de Sterling North : « Midnight and Jeremiah ». Le titre original est aussi celui de la première chanson que l’on entend dans le film. La traduction française met donc en avant l’histoire de Danny, avant celui de son compagnon humain.
  • « Le Crapaud et le Maître d’école » (1946) : « The Adventures Of Ichabod and Mr. Toad » soit « Les aventures d’Ichabod et de Monsieur Toad », inspiré de la nouvelle de Washington Irving pour Ichabod et le roman de Kenneth pour Mr. Toad.
  • « Merlin l’Enchanteur » (1963) : « The Sword in The Stone » soit « L’épée dans la Pierre », inspiré du roman de Hanbury White. Mais comme l’histoire est d’avantage centrée sur l’enseignement de Merlin, la traduction française met ce dernier en avant dans le titre du film.
  • « Rox et Rouky » (1981) : « The Fox and the Hound » soit « Le Renard et le Chien de chasse », connu ainsi grâce à la nouvelle écrite de Daniel P. Mannix.
  • « Les Aventures de Winnie l’Ourson » (1977): « The Many Adventures of Winnie the Pooh ». Difficile de donner une traduction littérale, puisque que « Pooh » est une onomatopée qui signifie « Pouah ! ». Mais comme Alan Alexander Milne, auteur des histoires de Winnie, avait l’habitude d’interpeller le petit ourson comme « Pooh Bear » (« Pouah Ours ! ») ou « Winnie the Pooh », il était peut-être plus facile de combiner ses deux appellations pour donner en français « Winnie l’Ourson ». D’ailleurs la plupart des suites de Winnie l’Ourson possèdent des traductions réarrangées :
    • « Winnie l’Ourson 2: Le Grand Voyage » ou « Pooh’s Grand Adventure; the Search for Christopher Robin »
    • « Winnie l’Ourson: Joyeux Noël » ou « Winnie the Pooh: Seasons of Giving »
    • « Winnie l’Ourson: Bonne Année » ou « Winnie the Pooh: A Very Merry Pooh Year »
    • « Winnie l’Ourson : Je t’aime toi ! » ou « Winnie the Pooh : A Valentine for You »
    • « Winnie l’Ourson : les Aventures de Petit Gourou » ou « Winnie the Pooh : Springtime with Roo »
    • « Winnie l’Ourson : 1 2 3 » ou « Winnie the 123’s – Discovering Numbers and Couting »
    • « Winnie l’Ourson : Lumpy fête Halloween » ou « Pooh’s Heffalump Halloween Movie »
  • « Bernard et Bianca » (1977) : « The Rescuers » soit « Les sauveteurs », adapté du roman « The Rescuers and Miss Bianca » de Margery Sharp. La suite de ce film possède aussi un titre réadapté en français, « Bernard et Bianca au pays des Kangourous » ou « The Rescuers Down Under »
  • « Taram et le Chaudron magique » (1985) : « The black Cauldron » soit « Le Chaudron noir », inspiré des « Chroniques de Prydain », de Lloyd Chudley Alexander.
  • « La Belle et le Clochard 2 : L’appel de la Rue » (2001) : « Lady and The Tramp II : Scamp’s Adventure » soit « La Belle et le Clochard 2 : les Aventures de Scamp », inspiré du roman « The Whistling Dog » de Ward Green Happy Dan. Les titres anglais et français se rejoignent dans le fond : Scamp répond à l’appel de la rue et part à l’aventure.

Ce qu’on conclut après tout cela !

Il y aurait beaucoup à dire sur le choix des traductions, que ce soit en termes de synonyme, de fond ou même de poésie ! Il est souvent difficile de respecter la totalité des traductions originales, mais la complexité de la langue française nous permet parfois quelques fantaisies plaisantes. On ne peut donc que saluer la réflexion posée sur ces choix de titre qui, une fois cités dans une conversation, nous amène à pousser gaiement la chansonnette !

De l’anglais au français : les traductions des titres de films Disney
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