Prévention

Nous le savons tous, les princesses Disney font partie des personnages les plus emblématiques et les plus appréciés des millions de fans de la firme aux grandes oreilles. De Blanche Neige en 1937 à la toute nouvelle venue Vaiana en 2016, les princesses et leurs histoires d’aventure et de romance n’ont cessé de nous faire rêver. Néanmoins, la vie ne se limite pas au mariage dans un grand château et pour « vivre heureux jusqu’à la fin des temps », certaines précautions sont nécessaires, même pour nos princesses préférées. C’est pour cette raison que la sexologue américaine Danielle Sepulveres et l’illustratrice Maritza Lugo ont travaillé ensemble sur une campagne de prévention mettant en scène diverses héroïnes Disney dans des situations plus ordinaires.

Ainsi, nous pouvons voir Tiana, héroïne du dessin-animé La Princesse et la Grenouille, se faire administrer le vaccin HPV, contre les infections du papillomavirus (qui diminue les risques du cancer du col de l’utérus), Mulan en consultation chez son gynécologue ou encore Aladdin et Jasmine recevant l’aide du planning familial.

Un projet ambitieux de prévention…

Ce projet a ainsi vu le jour grâce à l’initiative de Danielle Sepulveres, dont le site web est dédié aux questions de sexualité et de prévention. Dans le but d’attirer l’attention de nombreuses femmes et jeunes filles, elle a décidé de réaliser cette campagne originale, afin de les sensibiliser à cette cause qui est, selon elle, primordiale.

En effet, selon les statistiques réalisées par le CDC (Center for Disease Control and Prevention, soit le centre de la prévention et du contrôle des maladies), près de 12 000 femmes ont été atteintes d’un cancer du col de l’utérus en 2013 aux États-Unis et 4 000 d’entre elles n’y ont pas survécu. En France, il s’agit du 12ème cas de cancer féminin le plus fréquent et il aurait touché en 2015 plus de 2 000 femmes, d’après les statistiques de l’Institut National du Cancer.

… mais soumis à la controverse

Selon Sepulveres, ce cancer pourrait être pratiquement éradiqué grâce au vaccin HPV et à des contrôles réguliers auprès de professionnels de santé. Néanmoins, les doutes des médecins et la controverse qui subsistent autour de ce vaccin ralentissent le processus de prévention : « Il existe une forme de stigmatisation autour du HPV et du cancer du col de l’utérus », a déclaré Sepulveres, ajoutant « qu’une majeure partie des individus sexuellement actifs contracteront au moins une souche virale du HPV dans leur vie ». Ainsi, selon la sexologue, la polémique autour du vaccin couplée à un accès parfois difficile aux services de santé ainsi qu’à une éducation sexuelle jugée inefficace, peuvent empêcher les femmes de surveiller leur santé et de prendre soin de leur corps.

Cette campagne qui, l’espère-t-on, portera ses fruits, rejoint désormais les nombreuses utilisations de personnages d’enfance à des fins de prévention et de sensibilisation. Lugo et Sepulveres espèrent que, dans un premier temps, ces images pourront au moins instaurer un  dialogue concernant les questions de contraception, de contrôles, de vaccination et de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles.